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Le colonel
Khadafi poursuit le rapprochement de la Libye
avec l’Italie, son ancienne puissance coloniale.
Mais il entend le faire dans une pleine
reconnaissance du passé. Lors de son dernier
voyage officiel dans la péninsule, il arborait
sur sa veste une photo du chef de la Résistance
libyenne au colonialisme italien, Omar el-Muktar.

Visite officielle de Muhammar
Khadafi en Italie (11 juin 2009) : le chef
d’Etat libyen arbore sur sa poitrine la photo
d’Omar al Mukhtar, chef de la Résistance à
l’occupation coloniale italienne (1862-1931).
Venu en visite
officielle en Italie, le leader libyen Muhammar
Kadhafi est descendu d’avion avec, sur la
poitrine, la photo d’Omar al Mukhtar, le chef de
la Résistance à l’occupation coloniale italienne
au moment où il fut capturé par les militaires
italiens en 1931. La polémique contre la visite
de Kadhafi, suscitée par les « partis
d’opposition » [1]
a fait oublier la signification de cette photo :
fenêtre ouverte sur l’histoire du colonialisme
italien, que le Partito Democratico et l’Italia
dei valori se sont empressés de refermer.
Car, peut-être, encore d’une actualité brûlante.
Au début du 20ème
siècle, l’Italie, demeurée puissance coloniale
de deuxième plan, décida d’occuper la Libye,
partie de l’empire ottoman qui était en train de
s’effriter. Derrière cela se trouvaient les
intérêts de la finance, de la finance vaticane
surtout, qui avait déjà pénétré en Libye à
travers le Banco di Roma, et ceux de l’industrie
lourde qui voulait une guerre pour qu’augmentât
la dépense militaire. Précédé par un
bombardement naval, le premier contingent
italien débarqua à Tripoli le 5 octobre 1911.
L’occupation de la Libye, à laquelle s’opposa
(même si c’est de façon tardive et faible) le
Parti socialiste italien, fut préparée et
accompagnée par une forte propagande
nationaliste. Tandis que dans les journaux
(surtout les journaux catholiques liés au Banco
di Roma), on écrivait « notre droit sur cette
colonie a été affirmé par le canon » et que dans
les cafés-concerts on chantait « Tripoli, bel
suol d’amore », dans l’église pisane de Santo
Stefano dei Cavalieri, adoubée des drapeaux
arrachés aux Turcs au 16ème siècle, le cardinal
Pietro Maffi bénissait les fantassins italiens
en partance pour la Libye, en les exhortant à
« croiser leurs baïonnettes avec les
cimeterres » pour ramener dans l’église
d’ »autres drapeaux jumeaux » de façon à
« redonner à l’Italie, notre terre, de nouvelles
gloires ».
L’invasion de la
Cyrénaïque et de la région de la Tripolitaine,
avec un corps expéditionnaire de plus de 100 000
hommes, commandés par 24 généraux, suscita la
résistance immédiate de la population. À la
révolte, qui éclata le 23 octobre dans l’oasis
de Sciara Chat et dans la proche Tripoli,
participèrent des hommes et des femmes, des
vieillards et des enfants. La répression fut
impitoyable : c’est à la lumière de projecteurs
qui, depuis les navires, balayaient la côte, que
les troupes italiennes déchaînèrent une
véritable chasse aux arabes. 4 500 personnes
furent fusillées ou pendues, parmi lesquelles
des centaines de femmes et d’enfants. Nombre
d’autres furent déportés à Ustica, Ponza, Gaeta,
Favignana ( [2]
où quasiment tous moururent de faim ou de
maladies.....(Lire..)
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