|
Gilbert Léonard
Alors que le Président de
la République Française instaure dans nos écoles
primaires la discrimination mémorielle, Alors
qu'il [ab]use de son pouvoir pour hisser une
mémoire douloureuse de France au rang de
"universel" et relègue ainsi les autres mémoires
douloureuses de France au rang de détails "qu'il
ne faut pas ressasser sans cesse, car
expliquait-il, la France ne passera pas son
temps à la repentance [quel aveu de culpabilité
tout de même!]".
Cette semaine, un fils
d'Africains déportés et esclavisés durant des
siècles par la France comparait devant les
tribunaux français parce qu'il ose réclamer très
haut sa part de mémoire et de respect. Il a osé
réclamer très fort car dans le climat actuel en
France, le racisme anti-nègre, anti-Arabes,
anti-non-Blancs se banalise et se généralise
dans le tissu français.
Au foot, on l'a encore vu
ce week-end avec le joueur Noir Abdeslam OUADDOU
qui a écopé un carton jaune parce qu'il a fait
ce que l'arbitre aurait dû décider face aux
pires injures racistes qu'il a essuyé pendant
toute la première mi-temps.
Dans "les banlieues", à
Villiers-le-Bel, où ce lundi à l'aube, 1500
policiers ont débarqué pour rafler des jeunes
"Nègres et Arabes" dans le cadre d'une affaire
qui a vu la mort de deux jeunes, un Noir et un
Maghrébin, Larami et Moushin, dans des
circonstances qui mettent en doute la version
officielle de la police; comme lors des
événements de Clichy où deux jeunes, encore un
Noir et un Maghrébin, Bouna et Zyed ont trouvé
la mort dans un transformateur d'EDF parce que
poursuivis par la Police alors qu'ils n'avaient
rien fait. Cela avait conduit aux "émeutes" de
Clichy.
Une trentaine de policiers
sont entrés vers midi et demi chez les parents
de feu Larami pour arrêter son frère qui ne se
cachait pas, il n'avait rien à se reprocher.
Avec l'affaire "arche de
zoé", où le chef l'Etat français a déclaré
publiquement qu'il ramènerait en France les
'arche de zoé' "quoi qu'ils aient fait" malgré
la gravité des actes qui leur étaient reprochés
au Tchad à l'encontre de 103 enfants Africains
et de leurs parents, d'ailleurs, scoop raté pour
Sarkozy: il s'apprête à aller cette semaine au
Tchad pour "récupérer la grâce des six" des
mains de "son" ami Deby le Président du Tchad..
Et ce racisme anti-nègre
est accentué quand on accuse les Noirs de
concurrence mémorielle, voire de haine des
Juifs. Ainsi dans l'affaire nommée "gang des
barbares", alors que 3/4 des victimes du gang
n'étaient ni de confession, ni d'origine juive,
ce que confirmait le témoignage des victimes, la
vindicte politico-médiatique a décrété que "le
gang s'attaquait aux Juifs parce que les Juifs
sont riches" et donc que le crime était
antisémite, et tant pis pour les 3/4 des
victimes riches mais non juives. Il faudra
d'ailleurs que l'on nous explique comment le
gang savait l'origine juive du 1/4 des victimes.
Ce gang qui n'était pas composé uniquement de
Noirs et de Maghrébins, disposait-il d'agents de
renseignement ? C'est ainsi que le chef présumé
du gang, Youssouf Fofana, Nègre, est mis en
examen notamment pour ["actes de tortures et
barbarie commis en raison de l'appartenance de
la victime, vraie ou supposée, à une ethnie,
race ou religion" et "assassinat commis en
raison de l'appartenance de la victime, vraie ou
supposée à une ethnie, race ou religion"] On
apprend ce lundi que Youssouf Fofana, Noir, est
renvoyé devant la cour d'assises des mineurs (il
a 27 ans) et le procès aura vraisemblablement
lieu à huis clos de crainte que "la publicité ne
soit dangereuse pour l'ordre ou les mœurs".
Et ce n'est pas fini
hélas, demain mardi à 9h00 au TGI (Tribunal de
Grande Instance) de Paris, Salif Kamaté, qui
avait été tabassé à bord de l'avion d'Air France
devant le ramener à Bamako comparait une
nouvelle fois devant la justice française. Il
avait été relaxé en première instance où il
devait répondre de "coups et blessures sur
agent" pour avoir mordu l'un des policiers qui
l'étranglait. La justice avait conclu qu'il
avait agi en "légitime défense face à une
brutalité démesurée" des forces de l'ordre. Le
procureur a fait appel.
Il est interdit de
résister.
C'est dans ce contexte
très négrophobe que, d'abord ce mardi 19 février
à 13h30 à la 17ième chambre du tribunal de
Paris, puis le surlendemain jeudi 21 février à
13h30 à la 11ième chambre du TGI de Paris, Kémi
Séba comparait devant la justice française. A la
17ième chambre, on lui reproche de prôner la
haine raciale (alors que dans ses meetings il y
a toutes les races et toutes les religions) et
il risque 7 ans de prison et 45000 euros
d'amende.
A la 11ième chambre, il
doit répondre pour ses propos qui exprimaient la
douleur profonde et étouffée des Noirs depuis
des siècles et qu'il a utilisés la référence
bien connue des horribles camps nazis pour dire
sa douleur.
Où est dont le pays qui se
dit de droit de l’homme ? La France saurait-elle
se placer en donneur de leçons des droits de
l’homme ? Elle a à mon avis, besoin de se
ressourcer ailleurs ou les droits de l’homme
sont véritablement respectés. |