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 LE TERRORISME ET LE TERRORISME POLITIQUE,
Par Mouammar El  Kadhafi

 

 [MCR.21.04.2008 13:05]


La notion de terrorisme est une notion relative comme toutes notions en relation avec la vie sociale et politique, c’est pourquoi l’utilisation de cette notion diffère d’un point d’un auteur à l’autre, d’un parti à un autre. Il faut ajouter que cette utilisation ne se concrétise d’habitude qu’à travers un programme de medias ou une campagne informationnelle dans lesquels on vise à influencer l’opinion publique pour l’amener à changer d’avis et à se ranger derrière l’intérêt de celui qui adopte cette notion, cet intérêt est généralement politique même sous des couverts humanitaires.

Il faut signaler que le mot terrorisme, répandu dans les journaux, les revues et les moyens d’information générale porte sur le terrorisme politique déterminé. Le terrorisme non politique ou criminel est synonyme de l’instinct animal qui pousse l’individu à n’importe quelle action, si monstrueuse qu’elle soit, pour se préserver. Le chômeur, en Europe qui défonce les demeures de vieilles personnes dans la campagne ou en ville dans le but de les dévaliser, utilise généralement une arme pour terroriser les victimes avant de les voler et de prendre la fuite. Ce terroriste, utilisateur de la violence et de l’arme pour atteindre un résultat criminel égoïste et illégal est un individu voulant mater les autres afin de se rassasier matériellement.

Cet individu, vivant de la loi de la jungle à l’ombre de la civilisation humaine (loi du plus fort), ne se diffère pas des animaux quant au comportement général… Cet individu criminel sera considéré comme un hors-la-loi et la justice le poursuivra sur ce chef agent porté atteinte aux libertés privées constituant un droit reconnu aux autres pour assurer leur repos personnel et leur bien-être matériel et peut-être moral.

La notion de terrorisme privé et individuel visant à régler un problème privé sans plus, aux dépens des intérêts privés d’autres individus, diffère du terrorisme politique relaté dans les journaux occidentaux qui essaient de mélanger les deux notions en ramenant le terrorisme politique au terrorisme criminel, les « hors-la-loi » qui atteignent les libertés privées si chères à l’individu civilisé. Le jeu de mots et d’images dans les masses medias tentent de simplifier les choses en faisant croire aux gens que les deux empruntent la violence et la pression et entraînent l’écoulement de sang innocent même par erreur, la réalité est différente et les deux notions sont distinctes.

Le but poussant le criminel à utiliser la violence et le terrorisme diffère radicalement du but recherché par le serviteur d’une cause qui se trouve astreint à se livrer à des moyens de pressions violents et répugnants pour lui personnellement afin de réaliser un but intéressant un peuple en entier. L’intérêt visé par le serviteur d’une cause et se servant du terrorisme, est un intérêt général non particulier, il ressemble au soldat qui utilise la violence et la force pour défendre les frontières nationales. Le motif du port d’armes est politique, qui dit politique dit général et public; l’usage privé de la violence par les armes a pour effet la réalisation d’un intérêt populaire large qui n’a rien d’individuel ou d’égoïste.

Ceci nous conduit à dire que les pays occidentaux avec les Etats-Unis à leur tête, entreprennent de façon voulue à travers leurs mass médias une campagne mélangeant entre la notion de terrorisme et la notion des mouvements populaires de libération afin de déformer la lutte des peuples pour leur liberté et de mater leur action sur le chemin de la libération par tous les moyens conspirateurs et agressifs.

Ceci se passe dans le cadre de l’exécution de la politique d’hégémonie sur le monde entreprise par les Etats-Unis, cette politique veut soumettre les peuples en écrasant leurs buts révolutionnaires et détruisant les mouvements de libérations qui guident les peuples hors de la domination coloniale et de l’hégémonie politique, économique et culturelle. Il faut clarifier la différence entre la notion du terrorisme et la notion de la violence révolutionnaire qui est l’instrument de lutte pour les mouvements de libération partout dans le monde afin de pouvoir distinguer entre le terrorisme et la lutte pour la liberté et la justice.

La première question qui se pose, porte sur le terrorisme international, qu’en est-il ? Et qui est le terroriste ? Cette question est délibérée en permanence dans les réunions des Nations Unies. Les américains et les sionistes qualifient de terrorisme international, la lutte des arabes et des autres peuples de la terre, la lutte armée. A cette allégation on peut répliquer clairement pour convaincre tout le monde dans le cadre des Etats appartenant aux Nations Unies.

Le terme terrorisme signifie linguistiquement l’action de terroriser les civils et d’agresser à leur vie et aux propriétés des innocents afin de réaliser des demandes personnelles. Le terroriste est la personne non dotée de cause juste et manquant de moralité humaine et de responsabilité sociale qui entreprenne des agressions sur les autres.

Le terrorisme est donc pratiquement l’exercice d’une activité cherchant à terroriser les civils. Il est connu que ce genre de terrorisme est répandu dans les pays occidentaux et spécialement aux Etats-Unis d’Amérique où les fous, les psychopathes, les aventuriers, les criminels et les voleurs se livrent à ce genre d’activité pour réaliser leurs desseins et intérêts personnels, ils prennent des otages et demandent des rançons.

Ce genre de terrorisme est condamnable, et refusé par tout raisonnable, aucune conscience ne peut l’accepter puisqu’il est dirigé contre des civils innocents, le criminel se range derrière eux et les utilise comme des choses pour se protéger comme d’une barricade. Cette violence, ce terrorisme, qui nuit à l’autre et lui fait perdre ses qualités humaines, est refusé catégoriquement, les usagés des peuples le rejettent et tout être raisonnable doit le refuser parce qu’il dispose de la liberté d’un autre être pour parvenir à des fins privées et individuelles.

L’otage, ici est une simple chose, instrument que le criminel prive de son humanité pour réaliser ses instincts et non son humanité, c’est pourquoi la raison rejette automatiquement cette activité qui ne concorde pas avec les conceptions humaines et logiques, et ne correspond pas à la conception de la civilisation humaine.

Le détournement d’avions et la prise d’otage pour demander des rançons entrent dans la conception du terrorisme, ce genre d’activités peut être classifié comme comportement sauvage et anarchique. N’entendons-nous pas de temps en temps qu’aux Etats-Unis des individus détournent des avions civils pour retirer de l’argent ou pour une raison plus simple voyager gratuitement parce que le terroriste ne peut couvrir les frais de voyage ? D’autres fois, les détourneurs d’avion visent la propagande des médias en se voyant publié, photo et nom dans les journaux.

Les excès informationnels sur ces activités barbares non civilisées sont sans aucun doute inexcusable, les préoccupations de l’opinion publique occidentale sont au contraire compréhensibles car si ces activités avaient eu lieu dans nos sociétés nous les aurons condamnées avec fermeté. La société civilisée n’accepte pas l’atteinte portée à ses réalisations et craint toujours le retour aux périodes barbares et sauvages d’antan, la réaction s’accompagne de répugnance et de dégoûts touchant l’opération entière, forme et contenu. Le civilisé refuse au nom de la civilisation le comportement capricieux et barbare qui laisse dans l’oubli les longues années que l’humanité a passé pour lutter et obtenir les droits stables légaux au niveau de la justice, et l’équité et des libertés individuelles, et du même chef rejette la loi de la jungle et tous les comportements qui lui appartiennent.

Les acquis de la civilisation ne peuvent être dilapidés sous prétexte qu’un criminel ait voulu imposer son comportement sur les autres, l’attachement des citoyens à leur coutume et à leurs lois apparaît dans leur réprobation intuitive et directe de l’agression sur les réalisations de la civilisation. C’est pourquoi l’opinion publique se fait une, face à de telles agressions notoires sur les droits de l’homme; sauf quand ces droits entrent dans le jeu politique déformant son contenu humain. C’est ce qui se passe concernant la notion du terrorisme politique où l’opinion publique se partage en adoptant deux opinions distinctes ; l’opinion des concernés qui demandent la reconnaissance de droits politiques et l’opinion de ceux qui suivent les médias occidentaux et sionistes déformant le but de l’opération et qualifiant la cause de terrorisme criminel (insistance par exemple de l’information sioniste sur le terme de «éléments destructeurs» pour signifier les fedayins palestiniens ou les éléments de la résistance nationale au sud Liban.

La division de l’opinion publique se fait au niveau de la portée politique de l’opération : Qui a intérêt dans l’opération la considère juste et la comprend comme une opération visant un intérêt général et populaire et voulant effacer une lésion politique frappant un peuple tout entier à cause d’un équilibre de force politique déterminé à un moment donné.

L’autre opinion, qui n’a pas intérêt dans l’opération, déclenchera une campagne politique contraire à travers les moyens d’informations la qualifiant de barbare, de sauvage et de «terroriste ». C’est là que nous utilisons le terme entre guillemets pour exprimer notre réserve parce que la notion ainsi conçue est erronée et déforme la vérité pour leurrer l’opinion publique en dissimulant la vérité juste et la remplacer par un intérêt politique injuste. Le palestinien détournant un avion, ressent une motivation reposant sur un droit politique ignoré : son territoire est occupé, son peuple dispersé, à travers son action il vise à attirer l’attention du monde à sa cause ; tant que le monde est indifférent et se suffit de le considérer comme réfugié, il est de son droit et de son devoir de choquer l’opinion publique et d’utiliser dans ce but tous les moyens utiles à la réalisation de son but. Comme défenseur d’une cause il réalise quel est le moyen le plus adéquat pour attirer l’attention du monde sur la réalité de son peuple, sur les conditions misérables d’existence à cause des décisions politiques mondiales dans l’intérêt du colonialisme et de ses collaborateurs.

Nous n’ignorons pas que le détournement d’avions est une opération très sensible parce que, en relation au concept de la civilisation moderne et ayant lieu dans des aéroports civils où il est difficile de dissimuler l’opération et les buts recherchés par les détourneurs d’avion et c’est peut-être pour cela que le palestinien ait choisi ce moyen, l’écho de ce qui se passe dans les aéroports est inévitablement mondial, il est adéquat avec la cause exposée internationalement qui a fait que l’organisation des Nations Unies ait reconnue l’entité sioniste au détriment de la nation palestinienne.

Quand un combattant détourne un avion, tout individu se sent menacer personnellement dans tout voyage par avion c’est pourquoi la compréhension des motifs du fedayin conduira à la prise de conscience de sa cause sous le choc. Ce choc le mènera à réaliser progressivement l’importance des motifs de cette opération. La philosophie du détournement des avions appartenant aux mouvements de libération repose sur cette idée. Le but de l’opération est politique et informationnel plutôt que militaire ou «terroriste».

L’opinion publique réagit progressivement et considère que pour faire disparaître le détournement d’avions, il doit comprendre les raisons de ces opérations. Celui qui détourne les avions demande à l’opinion publique mondiale une meilleure compréhension de sa cause il est propriétaire d’une terre d’où il a été expulsé et c’est pour cela qu’il veuille une plus grande participation, une compassion et finalement une position pour retourner chez lui, dans sa patrie et chez les gens qui y sont restés. Nous savons que les palestiniens ont modifié le moyen de détournement d’avions parce qu’ils ont pu répandre leur cause valablement, les moyens utilisés sont diverses, ce qui veut dire que le «terrorisme» qu’on attribue, n’est pas un terrorisme pour soi mais un moyen d’éveil politique et informationnel qui a remué la conscience mondiale. La tactique donc a été modifiée parce que le problème a été soulevé et la cause palestinienne répandue dans le monde et adoptée par les larges masses.

Le but du détournement d’avion n’est pas le terrorisme, c’est pourquoi le palestinien a délaissé cet instrument dès la réalisation du but informationnel requis, alors que le criminel terroriste a pour métier le terrorisme pour le terrorisme ; il ne délaissera son activité que dès qu’il aurait pu dévaliser un vieux et une bonne femme, mais il continuera son chemin à l’infini ou jusqu'à son arrestation et son emprisonnement. La méthode du criminel terroriste repose sur le terrorisme, il ne connaît pas d’autres moyens de subsistance alors que le détourneur d’avion utilisa ce moyen provisoirement, il ne constitua pas pour lui une méthode de travail permanente sans fin.

Delà apparaît la différence entre le terrorisme pur et le terrorisme politique, ce dernier repose sur un fondement de principe respectant les droits de l’homme, alors que le terrorisme criminel ne reconnaît pas ces droits.

Il faut signaler que le détournement d’avion s’accompagnait toujours de publication de communiqués expliquant à l’opinion publique les buts de l’opération. Le criminel terroriste ne publie pas de communiqués et ne revendique pas des droits politiques, c’est un simple cambrioleur hanté continuellement d’arrestation et quand il est arrêté, il se cache le visage par crainte de diffamation, le détourneur d’avions n’a pas honte de son action bien au contraire il en est fier parce qu’il a fait son devoir national à la perfection et à servi son peuple dispersé dans le monde.

Il est regrettable que certains détournements d’avion aient été concomitants avec des détournements d’avion en Amérique et en Europe occidentale dans le but de demander des rançons, ce qui a conduit l’opinion publique à mélanger entre le politique et le terrorisme pur. Les buts personnels accompagnant les secondes opérations et trompant les gens en leur faisant croire que la méthode est une, mais les différences étaient claires pour celui qui avait l’esprit critique, à noter que la stratégie des médias modernes vise à étouffer l’esprit chez les spectateurs et les auditeurs pour les transformer en consommateurs dociles de tout ce qui leur est présenté jour et nuit. Il est sans nul doute que les détournement d’avions ne sont pas acceptables mais nul ne peut les arrêter sans avoir donner une solution au problème principal qui leur a donné naissance.

Cette clarification est utile pour les membres du congrès américain ou des membres du parlement, s’ils veulent comprendre le problème, leurs libérations doivent adopter ce point de départ, quand ils sont informés qu’un palestinien a détourné un avion transportant des vieux, des enfants et des femmes innocents, il faut aussi leur dire les raisons de cette opération, ils doivent savoir que les sionistes occupent ses terres et que leurs états respectifs soutiennent les sionistes dans leur projet d’occupation. Le membre du sénat ou le parlement pourra aboutir à la conclusion simple que la responsabilité des détournements d’avions incombe à l’entité sioniste et à l’Etat américain lui-même. L’occupation pourra être adressée au président américain en lui disant : C’est toi qui a détourné cet avion, c’est toi le responsable parce que tu aides l’occupant sioniste qui a poussé le palestinien à recourir à ce procédé qu’il rejette personnellement, mais là dans l’impasse politique où il est placé, il est bousculé à adopter un tel comportement afin d’exprimer sa frustration du fait de sa privation de son pays.

Il faut que les membres du sénat et du parlement américain comprennent que l’approche du problème par le gouvernement américain est légère à leurs égards et vis-à-vis du peuple américain qu’ils représentent : Cacher la vérité ne sert à rien puisque les responsabilités sont claires, la vérité est plausible malgré les nuages d’occasion.

Comme au Vietnam, les choses vont se clarifier pour les responsables et l’édifice sioniste finira par s’écrouler sur ceux qui s’y tiennent.

Si la lutte du peuple palestinien, chassé de son territoire en 1948, vivant dans les camps de réfugiés fondés par l’ONU et nourris par l’UNRWA, est du terrorisme, nous acceptons et admettons ce terrorisme de bonne volonté. Si le fait de supporter les peuples noirs dans leur juste lutte contre la discrimination raciale est du terrorisme, nous l’acceptons. Les conceptions vont changer et le terrorisme deviendra autre chose.

Le terrorisme deviendra une action légalisée et légitime ; il signifiera la lutte légitime contre le colonialisme et le racisme, et dans ce cas le mot de terrorisme ne sera plus gênant.

Comme l’occidental ou l’européen s’est habitué au mot colonialisme ou au mot colonial, les arabes s’habitueront au terme terrorisme ou au mot terroriste. Le mot colonial n’a pas en Europe le même sens péjoratif qu’il a dans les pays du tiers monde, dans l’esprit européen le colonialisme n’a été que positif, il ne peut le concevoir que comme action constructive et positive. En disant à un français ou un allemand ou un britannique tu étais colonialiste ou tu colonises toujours certains pays, la réponse se fera rapide : C’est vrai nous avons colonisé le monde pour le développer et le civiliser, notre action a été positive et bénéfique.

L’européen comprend le colonialisme comme étant une opération de construction de la terre qui était en ruines, il ne reconnaît pas que la civilisation est antérieure à la machine à vapeur et à la technologie occidentale. Le monde prend pour repère le 19e siècle et l’expérience industrielle européenne. Les gloires des autres pays et leur passé sont ignorés même si leur grandeur a influencé la civilisation européenne dans beaucoup de domaines (la civilisation arabe qui a influencé la civilisation chinoise ou indienne), l’occidental comprend le monde à travers l’expérience européenne qu’il considère centrale pour le monde et l’univers, il ne voit de positif et de développement qu’a partir de lui ou du contact avec ces réalisations. Le racisme culturel pousse l’européen et l’occidental en général à ne pas reconnaître l’autre et son développement indépendant. S’il a laissé des empreintes c’est la civilisation et le développement, sinon c’est la barbarie et la sauvagerie et le sous-développement à tous les niveaux.

La logique conduit le successeur du colonialisme occidental contemporain à faire du colonialisme son hymne et à considérer les peuples du globe des mineurs ayant besoin du tuteur occidental pour devenir capable. L’occidental par le colonialisme a construit la terre et établit le développement technologique, éducationnel et culturel. Il ne ressent aucun remord du fait de son appartenance à la civilisation coloniale, chose étrange mais véritable et sans exagération. Cette logique nous conduit à louer le terrorisme, au même titre que sa conception du colonialisme faite de développement de construction et de progrès, notre conception du terrorisme est faite du soutien des causes vraies et justes telles que la cause palestinienne, la lutte contre le racisme, à ce titre nous sommes pour le terrorisme politique juste et droit, non entachés de négativisme et de péjoratif.

Les sionistes sont terroristes, ils ont attaqué avec leur aviation écoles et usines et ont provoqué le martyr de beaucoup de citoyens arabes à Abou Zaabal et à l’école de Bahr el Bakar en Egypte, au sud Liban, dans les camps palestiniens sur tout le territoire libanais.

La grande erreur réside dans la description des mouvements de libération nationale comme mouvements terroristes. Les mouvements de libération luttent pour la liberté et la justice et s’oppose à la répression, l’exploitation et le barbarisme, libérer l’individu du joug de l’esclavage est une question juste sans équivoque qu’il faut soutenir comme une obligation.

Il existe une grande différence entre les mouvements de libération et le terrorisme : Les mouvements de libération combattent pour une cause juste et un peuple opprimé alors que le terrorisme ne cherche que des buts très étroits et très individuels.

Ajoutons qu’il existe une grande différence entre le terrorisme et la révolution.

La révolution est l’action d’un peuple luttant pour son indépendance, il est du droit de tous les libéraux du monde de soutenir ce peuple et de l’aider. Mais si ce peuple utilise cet appui pour procéder à des activités considérées terroristes, la responsabilité n’incombe pas à ceux qui l’appuient. Dans ce cadre, on peut placer l’Irlande du Nord sous l’occupation britannique, son mouvement de libération est un mouvement honnête et juste, et non un mouvement terroriste.

Quand les libéraux du monde soutiennent la lutte de ces peuples opprimés, certaines voix occidentales s’élèvent pour les accuser de soutenir le terrorisme. Il est du devoir des peuples libres de refuser l’accusation portée contre le peuple palestinien comme étant un peuple terroriste, car nous ne sommes plus en présence de terrorisme mais bien d’une lutte pour l’indépendance et de causes justes. Les peuples libres acceptent volontiers ce chef d’accusation et se sentent honorer parce qu’ils aident les peuples opprimés pour récupérer leur terre souillée et leurs droits violés.

Le mot terrorisme ne doit pas leurrer le tiers-monde, la lutte contre les coloniaux n’est pas du terrorisme. Peut-on considérer la résistance française contre l’occupation nazie comme terrorisme ? Bien sur que non !

Les Etats-Unis d’Amérique célèbrent chaque année son indépendance du colonialisme britannique : les américains avaient entrepris des attaques contre les navires et les institutions britanniques pour les détruire et avaient combattu les brigades britanniques entraînées et bien équipées, ils célèbrent leur victoire par la violence. Acceptent-ils de qualifier leur libération de mouvement terroriste ? Bien sur que non !

La violence est intimement liée aux opérations de libération nationale sauf si le colon monte une opération ressemblant à une indépendance en instituant des collaborateurs pour assurer sa mainmise sur les affaires économiques culturelles et politique.

Quand le problème se rapporte à un pays du tiers-monde les occidentaux manquent de mémoire et refusent de reconnaître aux autres ce qu’ils se sont permis. Cette position équivoque est étrange. L’occidental est soudain frappé d’amnésie quand le problème soulevé concerne d’autres que lui surtout quand il a dans l’esprit de retour au colonialisme sous d’autres appellations.

C’est pourquoi il est nécessaire de rappeler les peuples occidentaux de leur passé pour mieux voir et comprendre la logique des révolutions et des mouvements de libération dans le monde. Le moteur principal, qui active les forces avides de liberté et d’indépendance, est constitué par la violence révolutionnaire. Cette violence est un recours final et dans des circonstances extrêmes afin de faire parvenir la révolution populaire à ses buts. Cette violence révolutionnaire requiert une capacité et un grand éveil de la part de ceux qui le pratiquent, c’est une arme à double tranchant, elle peut être source de dégâts pour la cause, si elle est utilisée abusivement et transformée d’une violence, dirigée dans un but sublime recherché par un peuple, en une violence pour la violence servant un but individuel.

L’exercice de la violence révolutionnaire avec précaution (comme ce fut le cas dans les détournements d’avions par les palestiniens à un moment donné) empêche le glissement vers le terrorisme qui tue l’homme et étouffe la cause. Le fait de tomber dans le piège de la violence criminelle, terrorisme pur, constitue un dérapage mortel des causes de libération en les faisant tourner dans un cercle vicieux sanguinaire ; toute rectification de trajectoire demeure très difficile voire impossible.

L’histoire de certaines révolutions fut noires pour son exercice du terrorisme pur au nom de la violence révolutionnaire. Il faut distinguer de façon précise entre la violence révolutionnaire et le terrorisme qui étouffe la liberté et tue la cause. La violence révolutionnaire est une conception démocratique qui doit synchroniser avec l’autorité du peuple et sa conscience, elle doit se développer avec le développement de la conscience populaire et de l’autorité populaire dans un climat démocratique loin de toute oppression. Tous les changements historiques qui se sont opérés dans le domaine national, religieux et économique ont eu besoin de la violence révolutionnaire.

Dieu aurait pu faire triompher les religions mais il a laissé les choses aux lois de la vie que tout changement radical a besoin de moyens exceptionnels et le prix du changement doit être surélevé. La route entre la Mecque et Médine fut le théâtre de batailles entre le droit et le faux avec un flot de sang.

Beaucoup de batailles furent livrées : Ouhoud, Hounein, Khaibar la route entre la Mecque et Médine fut pavée de cadavres. Dieu nous montra la loi de la vie avec le bon et le mauvais et en tant que croyant en une juste cause même appartenant à une minorité, il faut accepter les défis, ce fut le cas de l’Islam et le triomphe des bons qui étaient minoritaires au départ pour devenir majoritaires à l’arrivée.

La minorité islamique, porteuse du bon message ne se plia pas devant la majorité païenne mais lutta pour sa cause et parvint à la réaliser quand tout le monde se rangea derrière la vraie religion.

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