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Au delà des mots, le Livre Vert a
produit une transformation qualitative des
forces et de la place au sein du système de
production. En effet, après la saisie d'une
grande partie des entreprises privées (exception
faite de l'industrie pétrolière), la Jamahiriya
a instauré un système de gestion sans précèdent:
la gestion populaire. L'objectif est de
permettre au peuple de gérer ses propres
affaires sans intervention extérieure, à l'abri
de tout danger d'exploitation et de domination.
Selon Abdel Kader Ayed Amer, la
gestion populaire cherche à mobiliser les
ressources humaines et matérielles de façon à
réaliser les objectifs de la société (objectifs
matériels et autres).
Pour ce faire, des comités
d'action populaires ont été organisés à tous les
niveaux de la production. Ce qui permet aux
producteurs (directement) de participer en tant
que partenaires dans le système de production et
dans le mécanisme de décisions. Grâce au comité
populaire, le congrès des producteurs peut
exercer les fonctions qui lui sont confiées par
la base et non par le sommet de l'entreprise.
Bien plus, la gestion populaire a
semblé résoudre pas totalement, mais
certainement dans une grande mesure, les
problèmes de chômage, de sous-emploi et de
rendement.
En tant que partenaires,
c'est-à-dire, co-propriétaires de l'entreprise,
les producteurs se voient dans l'obligation de
produire selon leur capacité car la productivité
dépend de leur survie. A ce même titre, ils ne
sauraient être chômeurs tant que l'entreprise
continue d'exister. D'où, écrit Abdel Kader Ayed
Amer, des relations de domination qui étaient la
règle entre employeurs et travailleurs salaries,
l'ère de l'exploitation esclavagiste et du
salariat vient de connaître sa fin.
Force nous est donc de remarquer
avec Nicolaï Boukharine que: « sous ces
circonstances, nous avons devant nous, un
changement dialectique des fonctions des
organisations des travailleurs. Il est
parfaitement clair qu'il peut en être autrement
dans la transposition des relations de
domination, parce que la classe travailliste,
qui a saisi le pouvoir de l'état, doit
inévitablement devenir le pouvoir qui parait
être l'organisation de la production. »
L'on peut donc dire que la
socialisation des moyens de production, la
création des comités de gestion et du congrès
populaire s'inscrivent dans la logique même du
processus de transformation. Cette logique exige
l'intégration de toutes les cellules, de toutes
les particules des forces productives dans le
processus d'organisation populaire de façon que
l'action des unes complète celle des autres, le
tout devant mener à la matérialisation de
l'objectif collectif: la création de la
société sans classes.
C'est sous cette perspective
pensons-nous qu'on a conçu et organisé le
congrès des producteurs qui a pour tâches de
déterminer les voies et les moyens d'augmenter
la production et d'étudier les propositions qui
lui sont soumises par le comité populaire.
En gros, les tâches du comité
populaire sont celles qui traditionnellement
étaient réservées au conseil de gestion dans
toute entreprise capitaliste (planification,
prévision budgétaires, compatibilité,
coordination des activités entre les différents
secteurs, etc.)
Dans ce même ordre d'idées, la
Libye poursuit un programme d'industrialisation
centré sur la production manufacturière des
produits destinés avant tout à la consommation
locale. Ce plan est appuyé et guidé par le
Centre de Recherche Industrielle, lequel conduit
des études de faisabilité, apporte l'assistance
technique nécessaire à l'industrie et entreprend
des recherches industrielles appliquées,
notamment des recherches géologiques: c'est dans
ce cadre que rentrent les dépenses énormes
consenties au profit de la formation des cadres
techniques nationaux.
Sur le plan pratique, la
politique économique de l'autogestion a produit
les résultats escomptés. Non seulement que les
producteurs directs jouissent des avantages
sociaux remarquables (vacances, maternité,
hospitalisation), ils ont aussi acquis le droit
de participer dans le profit réalisé par
l'entreprise.
Bref, la stratégie de
développement articulée dans le Livre Vert
et son application par l'état libyen visent le
but ultime de conquérir l'indépendance
économique et d'altérer l'ordre économique
international en place.
En quoi l'approche de la
Jamahiriya diffère-t-elle de celle des autres?
Pour y répondre, il nous faut examiner le
problème posé par l'ordre économique
international à l'époque de la crise du
capitalisme, du point de vue des pays avancés
aussi bien que de celui de moins avancés. Quoi
de mieux de procéder à l'analyse du dialogue
Nord-Sud.
LE NOUVEL ORDRE ECONOMIQUE ET LE
DIALOGUE NORD-SUD
D'aucuns ne s'en doutent, la
crise du capitalisme est une crise structurelle
n'épargnant personne, frappant plus fortement
les uns que les autres. Comme on le sait, La
crise en définitive, signifie l'impossibilité de
maintenir l'ancien niveau de valeurs, de prix et
de taux de profit, avec une masse de capitaux
accrue. C'est le conflit entre les conditions
d'accumulations et de mise en valeur du capital,
qui n'est que le déploiement de toutes les
contradictions inhérentes au capitalisme, qui
interviennent somme toute dans cette explication
des crises: contradictions entre le
développement majeur de la capacité de
production et le développement plus restreint de
la capacité de consommation des grandes masses;
contradictions issues de l'anarchie de la
production résultant de la concurrence, de
l'augmentation de la composition organique du
capital et de la chute du taux de profit.
Comme on l’utilise donc, le terme
crise revêt le sens qui lui a été donné par Karl
Marx, en référence aux crises économiques et
commerciales, lesquelles étaient des
interruptions dans les procès de production et
d'accumulation de capital, et qui prenaient la
forme (1) d'accumulation des biens qui ne
pouvaient être vendues à profit, (2) des
banqueroutes généralisées, (3) de panique
financière, de réduction (4) de production, et
(5) de chômage accru.
Sans vouloir reprendre
l'historique du capitalisme, il convient tout de
même de rappeler qu'il ne s'agit pas d'une
histoire continue. Elle alterne des phases
d'expansion avec des phases de crise
structurelle .On peut distinguer quatre phases
d'expansion: 1815-14, 1850-70, 1890-1914,
1948-67 et quatre phases de crise structurelle:
1815-14,1870-90,1914-48 et la période après
1967.
Faute de temps et pour le besoin
de la cause, nous allons nous limiter à la crise
actuelle, laquelle se distingue des crises
passées
(1848-1849,1953-1954,1957-1958,1960-1961) par
les caractéristiques suivantes:-- durée plus
longue des phases d'expansion; -- moindre
intensité des crises; --existence d'une hausse
des prix permanente, y compris durant les phases
de récession.
A ces caractéristiques s'ajoutent
certains faits nouveaux. Pour la première fois,
l’aigle semble baisser la tête. Incapable de
concurrencer le Japon et l'Allemagne, les
industries Américaines, particulièrement celles
de l'acier et de l'automobile crient S.O.S. On
sollicite de l'état des mesures
protectionnistes. Du côté financier, ni le
Dollar, ni les devises fortes de l'Allemagne ne
pouvaient échapper à la crise.
Avec la montée du pétrodollar,
les capitaux occidentaux ont très peu de
débouchés. Et quand ceux-ci s'ouvrent, dans la
plus part de cas, trop pauvres et leur
solvabilité est incertaine.
En gros, la situation se ramène à
ceci: le centre, toujours fort mais certainement
affaibli par des contradictions internes cherche
à se regrouper aux dépens de la périphérie.
Celle-ci, malgré des similarités poignantes,
reste à partager idéologiquement et
politiquement et demeure essentiellement un
débouché des biens manufacturés par le centre
tout en continuant son rôle de fournisseur des
matières premières (lesquelles lui rapportent de
moins en moins) à ce même centre. Et cependant,
tout le monde continue à s'interroger sur les
voies et moyens à prendre pour sortir de la
crise.
LES PRESCRIPTIONS DU CENTRE
Suite à l'appel de Houari
Boumediene pour un nouvel ordre économique
international, l'Assemblée Générale des Nations
Unies (AGNU) décida d'élaborer une Charte
Générale des Droits Economiques et Obligations
des Etats (CGDEOE) en décembre 1975. Parmi les
points saillants de la charte l'on peut citer:
-
La souveraineté sur les ressources
nationales
-
L'amélioration des termes d'échange pour les
producteurs des matières premières.
-
Une augmentation des ressources transférées
aux pays en voie de développement.
Partant de la charte, les
négociateurs de la septième session Spéciale des
Nations Unies sur le Développement Economique et
la Coopération Internationale arrivèrent à un
accord de principe. La résolution formulée par
le Groupe de 77, les Etats-Unis d’Ameriques, la
Communauté Economique Européenne et le Japon
faisaient appel à ce qui suit:
-
Etendre et diversifier le commerce,
améliorer la productivité et augmenter les
revenues sur l'exploitation des pays en voie
de développement.
-
Assurer des prix rémunérateurs stables et
équitables pour les matières premières
exportées, et protéger le pouvoir d'achat
(des pays exportateurs);
-
Réduire en supprimant les barrières
tarifaires et non-tarifaires affectant les
exportations des pays moins développés;
-
Augmenter le volume et améliorer les termes
d'assistance au développement;
-
Atteindre le seuil officiel de 0.7 du
produit National Brut des pays donateurs à
la fin des années 1970's;
-
Améliorer les conditions d'accès au marché
mondial des capitaux en faveur des pays en
voie de développement;
-
Alléger le poids de l'endettement des pays
le sérieusement affectés;
-
Donner au tiers-monde une plus grande voix
dans la gestion des institutions financières
internationales et un plus grand accès à
leurs ressources;
-
Renforcer le contrôle et la surveillance sur
la création et la distribution équitable des
liquidités à l'échelon mondial;
-
Faciliter le procès d'industrialisation dans
le monde en voie de développement.
Cette résolution représente un
courant de pensée propre aux leaders
contemporains tant du centre que de la
périphérie. Elle reflète l'esprit de beaucoup de
conférences internationales organisées autour de
ce même sujet. Il n'en reste pas moins qu'en
dépit de leur engagement à sauvegarder
l'impérialisme de corporation, l'on peut
discerner au sein de ce grand courant de pensée
un bon nombre de sous-courants allant de la
rejection totale des demandes de pays
périphériques à la proposition d'un nouveau plan
Marshall pour la périphérie.
Pour Jimmy Carter et ses alliés
de la Commission Trilatérale, la solution idéale
parait être le démembrement du Groupe de 77 et
du Mouvement de Non-Alignés. Ils cherchent à
diviser davantage les pays de la périphérie en
détachant du bloc non-aligné ceux de mieux
nantis, les appelant à jouer le rôle des zones
de sous impérialisme.
Pour les libéraux et les
sociaux-démocrates européens, la solution réside
en un plan Marshall. Ainsi, Sir Braine souligne
le point suivant: « Tout ceci nous amène
inévitablement à une conclusion: les pauvres du
monde, loin de constituer un problème
insurmontable, sont l'issue de secours aux
difficultés croissants des pays industrialisées.
Nous avons grandement besoin les uns des autres.
Le monde est devenu trop petit et les riches ne
peuvent plus continuer à ignorer les pauvres.
Streeten aborde dans le même sens
et nous parait même plus direct quand il écrit:
« Tout comme le premier Plan Marshall était basé
sur la notion d'association et mettait les
ressources américaines à la disposition de
l'Europe à condition que les Européens
participassent à leur propre recouvrement, le
nouveau plan envisage de rassembler les
ressources et d'atteindre des objectifs communs.
Tous les pays, développés et en voie de
développement, seraient invités
à
contribuer à un certain pourcentage du produit
national brut (0.3 si possible) à un fonds
global destiné à satisfaire les besoins de
premières nécessités humaines.
Cette proposition est bien proche
de celle de l'ancien Chancelier Allemand W.
Brandt, lequel recommandait un programme
d'urgence.
Ronald Reagan, représentant
l'extrême droite refuse de reconnaître les
doléances de la périphérie et insiste que les
négociations se poursuivent à travers les
institutions internationales existantes. Ainsi,
au sommet de Cancun (Oct/nov 1981), la
délégation des Etats-Unis soumit un programme
demandant la libéralisation du commerce, le
développement des ressources alimentaires et
énergétiques et une amélioration du climat
d’investissements. Ce plan ne fut aucune mention
des arrangements financiers nécessaires à
résoudre le problème de l'endettement des pays
périphériques. Rebutant le plan Reagan, le
Financial times écrit, « les leçons du
Président Reagan et des autres sur les vertus
des marchés libres sont difficiles à réconcilier
avec les contrôles restrictifs de plus en plus
accrus et apparemment permanents comme le Multi
Fibre Arrangement. Une autre solution de type
libéral sortie de la conférence d'Arusha (du 12
au 16 Février 1979) met l'accent sur les prix
des matières premières. Elle avance l'idée d'un
Fonds Commun. L'idée de base est que chaque
marchandise intégrée dans ce programme ferait
l'objet d'un arrangement international spécial
sous lequel un comité achèterait la marchandise
pour emmagasinage en temps de surproduction et
pour la vente en temps de carence. Ceci aiderait
à maintenir les prix dans les limites
acceptables.
LES PRESCRIPTIONS DE LA
PERIPHERIE
Déjà en 1955, la Conférence de
Bandung posait les premiers jalons de ce qu'on
convient d'appeler aujourd'hui le Tiers-Monde.
Alors que l'attention des participants était
centrée sur les questions politiques, la
conférence n'avait pas pour autant négligé
l'aspect économique de la jeune alliance d’où
l'on préconisait plusieurs mesures dont
l'établissement d'un fonds des Nations Unis pour
le développement économique, l'encouragement à
la création de banques et de compagnies
d'assurances nationales et régionales, la
stabilisation du commerce international etc.
Cette conférence fut tenue à
l'époque où la plupart des pays d'Afrique,
aujourd'hui membres du bloc non-aligné étaient
encore des colonies. Il n'en reste pas moins que
Bandung pavait le chemin pour Belgrade (1961) et
le Caire (1964). A ce propos, la remarque de
Claudine Rulleau parait pertinente: « La
première (conférence) consacre aux questions
politiques l'écrasante majorité des résolutions
finales (guerre froide, problèmes de la paix
dans le monde, lutte contre la course aux
armements, protestation contre l'utilisation de
l'énergie atomique à des fins militaires, etc.
...); la portion congréa, réservée à la partie
économique, contient néanmoins l'essentiel des
revendications tiers-mondistes, dont les pays
industrialisés auront bien du mal à se pénétrer.
Plus précisément, la résolution stipulait ce qui
suit:
[Les participants (...) estiment
qu'il faut s'efforcer de remédier au
déséquilibre économique hérité du colonialisme
et de l'impérialisme (...); jugent nécessaire de
combler, grâce à une accélération du
développement économique, industriel et
agricole, l'écart toujours plus prononcé des
niveaux de vie entre quelques pays hautement
industrialisés et nombreux pays économiques peu
développés; recommandent la création immédiate,
dans le cadre des Nations Unis, d'un fonds
d'équipement; développés et (...) que des
efforts constructifs soient faits pour supprimer
les fluctuations excessives du commerce des
produits de base (...); exigent que les
résultats de la révolution scientifique et
technique soient utilisés dans tous les domaines
du développement économique pour hâter
l'avènement de la justice sociale sur le plan
international].
Au Caire, les mêmes doléances
furent articulées bien qu'une fois de plus
l'accent était placé sur ce que Nasser appelait
le neutralisme positif. Presque deux décadis
après, bon nombre de conférences autour du même
sujet continuent à abonder dans le même sens.
Point n'est besoin de souligner, les résultats
ont été négatifs dans l'ensemble. Bien souvent,
les solutions avancées par les pays
périphériques sont des solutions de compromis
dont le net effet parait plutôt une
consolidation des forces de l'exploitation. Loin
de mener à la rupture, elles visent au maintien
du statu quo.
Bien entendu, beaucoup de ces
pays ont essayé de recourir à des solutions
radicales, notamment à la nationalisation des
moyens de production dans certains secteurs de
l'économie nationale. L'Algérie de Boumediene
est certainement un cas en espèce. Selon
l'artisan du capitalisme d'Etat, l'entrée des
pays du Tiers-monde dans le processus du
développement est accomplie, par dessus tout, en
exerçant une souveraineté effective sur les
ressources du sol et du sous-sol et en exerçant
un contrôle effectif sur les revenus qui
dérivent de ce développement.
Pour lui, la seule condition
acceptable est la nationalisation. En effet
écrit-il, seul l'acte de nationalisation des
moyens de développement des ressources
naturelles créera une situation telle que chaque
pays tire profit de ses ressources. La
nationalisation rend tout ceci possible en:
-
plaçant tout le courant financier
dans le pays hôte et en donnant aux économies
nationales les avantages qui en découlent;
-
augmentant considérablement les
revenues financiers directs du pays hôte;
-
mettant fin à l'état ferme des
moyens d'exploitation, les intégrant entièrement
dans la structure économique du pays hôte,
-
rendant possible le création de
nombreuses opportunités en matière
d'investissement.
Sans aucun doute, la
nationalisation des moyens de production est une
condition nécessaire à la transformation de
l'ordre économique établi, malheureusement, dans
bien de cas, elle est devenue une fin en
elle-même. D’où elle a donné naissance soit à un
capitalisme d'état, soit à une économie mixte
toujours dominée par une bourgeoisie étrangère.
Si dans le premier cas l'on
réussit à réduire le degré de domination
étrangère et de dépendance, dans le second cas,
l'on a renforcé la position des impérialistes
dont les intérêts sont désormais liés à ceux de
la bourgeoisie nationale née de l'acte de
nationalisation. Dans l'un comme dans l'autre
cas, la situation du producteur direct est
restée inchangée. Il continue à travailler pour
un salaire de famine, il n'a aucun pouvoir dans
la gestion de l'entreprise, l'exploitation au
profit de la bourgeoisie tant nationale
qu'étrangère se poursuit et dans certains cas,
s'intensifie.
CONCLUSION
Dans quelle mesure peut-on
considérer la troisième théorie
universelle comme étant une pensée
originale? Qu'a-t-elle en commun avec le
Marxisme Léninisme par exemple? Quels sont ses
rapports avec l'Islam? Voila bien de questions
que l'on ne cesse de se poser dans les milieux
académiques. Aussi légitimes qu'elles nous
paraissent toutes, nous avons résisté à la
tentation de prendre cette voie, laquelle court
souvent le risque de monter des lits de
Procuste. Notre propos était de démontrer que
dans le conflit Nord-Sud, les solutions de
compromis, toujours basées sur la bonne foi du
Nord n'ont apporté aucun soulagement au mal du
sous-développement. Pire encore, ces solutions
s'inscrivent toujours dans le cadre des
institutions internationales établies et bien
souvent, ont pour effet de résoudre les
problèmes du bloc fort aux dépens de la
périphérie.
La troisième théorie universelle
voulant saisir le buffle par les cornes, a pris
le chemin de la confrontation directe. Avec le
travailleur direct au centre du combat, et le
peuple tout entier engagé dans la lutte, on
cherche non pas un compromis mais une victoire
contre l'impérialisme, contre les forces
d'exploitation. A court terme, la pratique
révolutionnaire de la Jamahiriya semble répondre
à tous les problèmes de la classe travailliste.
A long terme, elle a posé les jalons du chemin
devant mener vers la collectivisation des moyens
de production et de distribution.
Malgré ce succès apparent, il
nous parait plus réaliste de parler en termes de
victoire partielle. En effet, tant que le
secteur clé de l'économie c'est-à-dire le
secteur pétrolier n'est pas encore sous le
contrôle total des producteurs directs, tant que
le pays dans son ensemble reste plus une entorse
dans le système plutôt que la normale, tant que
la théorie refuse de clarifier et de résoudre
certaines contradictions internes tenant de la
religion et de la culture, le danger d'une
victoire finale des impérialistes est à
craindre.
Par
Makidi-Ku-Ntima, PhD
Dept.Sciences Politiques
Atlanta University, Georgia
Etats-Unis d'Amériques
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