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Gilad ATZMON
lundi 23 novembre
2009
Cessons une bonne fois pour
toutes de nous bourrer le mou sur l’Amérique
augmentant-la-pression-sur-Israël-pour-qu’il-gèle-les-colonies-en-Cisjordanie.
Toute la fascination pour ce sujet est un pur
produit des labos des docteurs folimage
sionistes. Elle a pour but de détourner
l’attention de la cause profonde du conflit : le
vol de la Palestine et des Palestiniens au nom
d’un « retour des Juifs à la maison ».
L’appel à arrêter les constructions israéliennes
en Cisjordanie ne vise qu’à nous donner la
fausse impression que le vol de la Palestine a
commencé en 1967. Les faits sont connus de
beaucoup d’entre nous, mais pas de tous. C’est
en 1948 que la grande majorité des Palestiniens
ont été expulsés de leurs villes, villages,
champs et vergers.
Ce qui se présente comme une
initiative de paix usaméricaine mettant la
pression sur Israël pour qu’il mette un terme à
son expansion en Cisjordanie est en fait un
agenda promu par les sionistes au sein de
l’administration usaméricaine qui se rendent
compte, tout comme Sharon vers la fin (de sa
carrière), que la seule chance pour l’État juif
de survivre à la prochaine décennie, est de
rétrécir aux dimensions d’un petit shtetl
(ghetto). La solution à deux États est en effet
le dernier effort pour maintenir en vie le
sionisme.
Netanyahu est loin d’être
stupide. Il comprend tout ça. Il sait que le
rêve de son père du révisionniste sioniste de
père (Benzion Mileikowsky alias Netanyahou,
secrétaire de Ze’ev Jabotinsky) d’un « grand
Eretz Israel » est inaccessible.
Haaretz rapporte aujourd’hui que
le Premier ministre israélien, à Washington, a
admis qu’il était résolu à la solution de « deux
États vivant côte à côte ». Toutefois, il a
souligné que « le droit des réfugiés
palestiniens à retourner dans leurs foyers dont
ils ont été expulsés, ne serait pas mis sur la
table. » Apparemment, un Premier ministre
faucon israélien affronte délibérément le péché
originel d’Israël à savoir l’expulsion de la
grande majorité des Palestiniens. Toutefois, le
fait qu’il insiste pour dire qu’il ne sera pas
« mis sur la table » ne peut signifier
qu’une chose : qu’il est déjà sur la table.
"Ils", poursuit M. Netanyahu, "doivent
abandonner le fantasme d’une invasion d’Israël
par des réfugiés, renoncer aux revendications
irrédentistes [1] sur le Néguev et la Galilée,
et de déclarer sans équivoque que le conflit est
bel et bien terminé ".
De toute évidence, M. Netanyahou
exprime ici le souhait qui est partagé par la
plupart sinon par tous les Israéliens. Ils
rêvent tous d’ouvrir leurs yeux un beau matin,
pour découvrir que tous les Goyim, les
Palestiniens, les Arabes et les Musulmans
viennent de quitter la région.
Je tiens à signaler à Netanyahu
et à tous les Israéliens qui veulent bien
l’entendre que cela ne va pas se passer comme
ça. Autant une invasion de « réfugiés »
palestiniens est un cauchemar ancré chez les
Israéliens, il est loin d’être un fantasme
palestinien. C’est plutôt une réalité qui attend
son heure. Israël a perdu sa chance de se
réconcilier avec ses voisins. Il a échoué à
régler son conflit avec le peuple autochtone de
cette terre. Le sort d’Israël sera déterminé par
les « faits sur le terrain » à savoir la
démographie. En termes de réconciliation, Israël
a passé la zone non-retour. Son sort est scellé.
Une Palestine du fleuve à la mer n’est plus une
question de "si", mais plutôt une question de
"quand".
Contrairement à la plupart des
Israéliens qui rejettent la cause palestinienne,
M. Netanyahou a admis aujourd’hui que les
Palestiniens ont effectivement été expulsés.
Pour la première fois les « revendications
irrédentistes » des Palestiniens sont
évoquées par un Premier ministre israélien. Et
pourtant, M. Netanyahu et ses gens devraient
cesser de se faire des illusions. Ce n’est pas
seulement du Néguev et de la Galilée qu’il
s’agit. Il s’agit en effet de chaque bout de
terre entre le fleuve et la mer : Tel Aviv,
Jérusalem, Haïfa, Beer Sheva et chaque village,
verger, terrain, rivière et arbre entre les
deux. La seule question qui reste ouverte est :
combien de temps faudra-t-il pour que le Shekel
s’effondre ? Combien de temps faudra-t-il aux
Israéliens pour saisir qu’ils habitent sur des
terres volées ? Combien de temps faudra-t-il
avant que les Israéliens se rendent compte que
la bataille est perdue ? Combien de temps
faudra-t-il pour que les Israéliens
intériorisent le fait évident qu’ils ont une
fois de plus réussi à se placer sur le mauvais
côté de leurs voisins ?
Gilad ATZMON
Note
[1]
Irrédentiste : quelqu’un qui
prône la récupération culturelle et historique
de son territoire.
Source en anglais :
http://www.gilad.co.uk/writings/fro...
Traduit par Fausto
Giudice, membre de Tlaxcala, le réseau de
traducteurs pour la diversité linguistique.
Source en français sur Tlaxcala :
http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=9262&lg=fr
Rubrique : Tribune
libre & Opinions Thèmes :
Israel
http://www.legrandsoir.info/Du-fleuve-a-la-mer.html |