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Le 15ème
sommet du Mouvement des non-alignés (MNA) s'est
ouvert le mercredi 15 juillet et s’est poursuivi
le jeudi 16 dans la station balnéaire égyptienne
de Charm el-Cheikh. Des chefs d'Etats et leurs
représentants venant de plus d'une centaine de
pays ont participé à cette réunion. A l'ordre du
jour, les mesures politiques et le programme
d'action du MNA pour les trois prochaines
années.
Les participants se sont entretenus sur les
grands dossiers internationaux et régionaux
actuels, comme la crise financière, la réforme
de l'ONU, le changement climatique, le processus
de paix au Moyen-Orient, la sécurité
alimentaire, l'énergie ou encore les questions
nucléaires, entre autres.
Trouvez ici l’intégral du discours du Guide de
la révolution libyenne qui survole toutes les
questions de l’heure ainsi que les grands enjeux
autoritaires des maigres pays du nord qui
décident vents et marrais du destin des grands
peuples du monde réel.
Au nom d’Allah,
le Miséricordieux !
Messieurs,
Tout d’abord je
prends la parole au nom de l’Union africaine et
nous saluons le compagnon Raul Castro et Cuba
qui a eu à diriger ce mouvement durant trois
années. Je salue le beau discours qu’il a
prononcé et le partage parfaitement avec lui.
Je salue mon cher
frère, le Président Hosni Moubarak pour la
mission qui lui a été confiée de diriger ce
Mouvement pour les trois années à venir et nous
lui souhaitons plein succès. Nous remercions l’Egypte
pour toutes les facilités et toutes les
dispositions prises pour nous rendre notre
séjour merveilleux.
J’ai des
observations, à mon avis, d’une grande
importance sur le Mouvement des Non-alignés.
C’est connu que ce Mouvement a été mis sur pied
dans des circonstances particulières tout autre
que celles que vit le monde aujourd’hui. De
toute évidence, ces circonstances ont changé.
Nous annoncions, en effet, que le non-alignement
n’était ni le camp de l’Est ni celui de
l’occident. C’est pourquoi nous n’avions pas
intégré ni le Pacte de Varsovie ni l’Alliance de
l’Atlantique Nord ; ainsi été né l’expression de
« Non-alignement ».
Je suis l’un de
quelques contemporains qui ont fondé ce
Mouvement… les pères historiques étaient Jamal
Abdel Nasser, Tito… J’ai œuvré avec eux dans ce
Mouvement. Toutefois, en toute sincérité, même
en ce temps-là, le Mouvement n’était pas
Non-aligné, ce d’autant plus que la majorité des
forces de libération, des forces de progrès, des
forces révolutionnaires se trouvaient en ce
moment au sein de ce mouvement lequel n’était
guère à égale distance de Moscou et de
Washington. Cela explique que la majorité des
membres de ce mouvement étaient en bons termes
avec l’Union Soviétique. Et l’Union soviétique
appuyait les mouvements de libérations. Nous
luttions contre l’impérialisme, contre le
colonialisme occidental, le capitalisme,
l’impérialisme militaire. Jamal Abdel Nasser
dirigeait le combat contre le sionisme que
soutenait l’impérialisme. Il était allié à
l’Union soviétique dans ce combat historique.
Ainsi donc, depuis ce temps-là, nous étions
alignés, en réalité à la partie où se trouvait
notre intérêt. De même, nous ne portions pas le
même regard à l’Union soviétique et aux
Etats-Unis d’Amérique.
De ce point de
vu, il y avait des membres du Mouvement des
Non-alignés qui étaient en réalité alignés du
côté du camp occidental. Y compris la Libye,
puisqu’il y avait la révolution et elle était
sous occupations américaine et britannique et
suivait le camp occidental.
D’autres Etats à
l’exemple de la Libye avaient des bases
militaires et étaient alliés aux forces
colonialistes en ce temps-là. Mais en dépit de
tout cela, nous nous réunissions en tant que
Mouvement Non-aligné et nous usions la métaphore
du mouvement de non-aligné.
Aujourd’hui, il
n’y a plus d’alliance de SOFIA. Il n’y a pus
d’Union soviétique. Il n’y a plus de Mouvements
de libération puisque la phase de libération
était terminée. Il n’y a non plus de
colonialisme militaire direct comme c’était le
cas avant, ni de lutte armée contre un
colonialisme direct.
En deuxième
analyse, nous sommes en présence d’une situation
nouvelle avec des défis nouveaux.
Il nous
appartient d’adopter une position nouvelle.
Notre espoir est que cela se réalise sous le
Président Hosni Moubarak. Il nous faut prendre
la mesure de la position internationale, de
sorte que le monde puisse tirer avantages de ce
grand regroupement des nations.
Nous constituons
une écrasante majorité au sein des
Nations-unies, encore faut-il que nous nous
accordions sur des stratégies et des politiques
internationales. Nous influerons sur la paix
mondiale, nous pèserons sur l’économie mondiale
et sur la vie de l’humanité. Il ne s’agit pas de
faire notre réunion, une routine répétitive de
non-alignement dont le sens aujourd’hui manque
de précision.
Il nous faut nous
parer de rôle international qui influe sur la
vie du monde d’aujourd’hui. A l’exemple de ce
que nous étions dans le passé, certains
alignés sur l’Est et d’autres, su l’Ouest.
Aujourd’hui cela se présente pareillement avec
des bases militaires et des alliances. Il y a
dépendance à d’autres Etats ou par rapport au
camp qui subsiste aujourd’hui. Et pour autant,
nous nous réunissons.
Je veux dire,
nous ne sommes pas dotés d’institutions et cela
ne s’avère pas compatible avec la nature de
notre mouvement qui devrait être pourvu
d’Institutions de direction à l’exemple des
unions régionales comme l’union africaine, les
Nations-unions, la Ligue arabe et j’en passe.
Nous sommes un
grand rassemblement. Nous avons ce qui est peut
être nommé bureau de coordination. Il faudrait
aider le frère Président Hosni Moubarak à
évaluer ce qui doit être le seul instrument
qu’il nous faudrait préserver, en faisant
l’économie de nous impliquer dans d’autres
mécanismes comme les organisations régionales ou
onusiennes, que j’avais évoquées.
Toutefois, il
faut que ce mouvement soit pourvu d’un bureau de
coordination efficient. Il n’a pas aujourd’hui
de bureau de coordination mais nous divergeons
dans le nombre de sa composante, dans la
représentation des Etats en son sein de sorte
que le nombre de membres du bureau est devenu le
même que le nombre des Etats, membres du
mouvement. Ce n’est pas pratique ! Ce bureau de
coordination doit être un centre. Et si nous
voulions que des domaines soient englobés par ce
bureau, sans pour autant leur concevoir des
mécanismes, que cela soit fait ainsi. Le bureau
de coordination pourrait être pourvu de bureaux,
de sections, de divisions, qui prendront en
charge l’information du mouvement, les affaires
économiques, etc… c’est là quelque chose que
pourront préciser les experts.
Je souhaite que
nous aboutissions à un accord, ensemble, ici à
ce sommet, sur l’importance de la consolidation
du bureau de coordination du mouvement pour
qu’il soit un instrument très puissant et c’est
le bureau qui administre les affaires du
mouvement.
Ensuite, la Libye
avait eu à proposer dans l’ordre du jour, la
formation d’un Conseil de Sécurité et de paix du
mouvement des non-alignés. Les ministres ne se
sont pas accordés sur ce point et l’ont écarté
pour plus d’études. C’est là une occasion à
travers laquelle je voudrais préciser aux
ministres, qui sans doute n’ont pas compris la
philosophie de cette proposition, ceci :
Nous sommes la
majorité écrasante au sein des Nations-Unies.
Toutefois et en dépit de cela, nous sommes
soumis à ce qui est nommé Conseil de sécurité
international qui en réalité ne nous
représente pas et nous n’y avons aucune
influence et n’y avons en plus, aucune voix. Le
Conseil de sécurité international est monopolisé
par un groupe très restreint, ceux disposant de
sièges permanents. Même ceux qui sont pourvus de
sièges permanents se trouvent sur la domination
de l’une des superpuissances au sein du conseil
de sécurité. Ainsi s’est faite la réduction du
conseil de sécurité à un seul Etat qui le
domine. Ceci constitue un danger pour la paix
mondiale. Le conseil de sécurité est devenu un
instrument aux mains d’une seule partie. Il
n’est pas international. Etre international
suppose qu’il est à nous tous. Aujourd’hui, il
n’est pas pour nous tous, il est pour ceux qui y
ont la mainmise.
Au final, nous
avons tous souffert du Conseil de sécurité
international… c’est devenu une épée menaçant
nos cous. Les Nations-unies qui comptent prés de
200 Etats sont devenues du néant.
L’Assemblée
générale n’est qu’un lieu de cérémonie, un décor
pourtant considérée le parlement du monde. Ce
sont les législateurs… toutes les nations sont
pour l’assemblée générale et non pour le Conseil
de sécurité.
C’est delà qu’est
apparue la proposition qui veut que le mouvement
doit former un conseil de sécurité et de paix.
D’abord, tout
litige entre pays membres de ce mouvement -
nous sommes cent dix-huit jusqu’ici – nous
devons le faire traiter à ce conseil de
sécurité ; pour que vous compreniez l’esprit de
cette philosophie. Nous ne le confierons pas au
conseil de sécurité dit international en lequel
nous n’avons pas foi, ni n’avons pas d’influence
sur lui et qui est traditionnellement utilisé
contre nous et qu’habituellement, il ne se
préoccupe pas de nos problèmes.
Ainsi nous
mettons sur pied un conseil de sécurité et de
paix, pour notre Mouvement. Nous soulagerons le
conseil de sécurité international, instrument
qui n’a pas notre approbation. Un poids de plus
de 100 Etats dont les problèmes n’iront plus au
conseil de sécurité international, ils iront au
conseil de sécurité des non-alignés où les
problèmes seront résolus de manière
démocratiques ; où il perdura l’équité, où il y
aura l’intimité car nous sommes tous égaux
membres de ce mouvement.
Lorsque
surviendront des problèmes entre-nous, nous les
soumettrons au conseil de sécurité qui relève de
la compétence du mouvement qui les résoudra dans
l’esprit fort du mouvement… avec l’esprit
d’amitié, de fraternité, de camaraderie,
d’alliance entre nous. Il n’existera pas de
domination au sein du mouvement des non-alignés
pour que nous prenions peur de cette domination.
Je souhaite que
soit revu ce à quoi sont parvenus les ministres
sur ce sujet et que dès lors, ce soit au sommet
de statuer sur la question. Pour moi, je vois la
nécessité dans la mise en œuvre de ce conseil.
Maintenant,
l’action se passe en dehors des Nations-unies
depuis l’ère du Président appelé Reagan en
Amérique et un Premier ministre nommé Thatcher
en Angleterre. C’est en se moment que le train
est sorti des rails. Imaginez l’état des
infrastructures et des gens après la sortie du
train des rails et voyons la destruction qu’il
cause au monde. L’action est hors des nations
unies, la cour de justice internationale n’est
pas respectée et ses décisions ne sont pas
exécutées. Le conseil de sécurité sans pouvoir
sur les « grands » mais seulement contre
nous.
Cela veut dire
que le monde souffre d’un déséquilibre sur le
plan international qui porte atteinte à la paix
mondiale.
Ce qui s’est
produit en Irak a été en dehors des
Nations-unies ; pareil pour l’Afghanistan,
Grenade, Panama, l’ex-Yougoslavie. Maintenant,
c’est grave ! L’action néglige la Charte des
Nations-unies, passe hors des Nations-unies,
sous ses décisions et sans son aval.
Donc, nous ne
sommes plus rassurés à propos du rôle des
nations-unies surtout que nous n’avons aucune
influence sur elle malgré que nous formons la
majorité écrasante. L’influence est concentrée
dans le conseil de sécurité et nous ne jouissons
de rien.
C’est aussi dans
cette logique que l’Union africaine a formulé sa
proposition. Elle est composée de 53 Etats, d’où
la nécessité pour elle d’avoir un siège
permanent doté de toutes les prérogatives parmi
lesquelles le droit de veto.
Je crois qu’il
n’y aurait aucune opposition lors du prochain
sommet pour qu’on soumette à l’Assemblée
générale des nations-unies, cette revendication
et que l’Afrique ait un siège permanent au sein
du Conseil de sécurité pour pallier le
déséquilibre existant. Je crois aussi que cette
demande va avoir l’aval collectif du Mouvement
des Non-alignés.
Aujourd’hui le
rapport de force est très déséquilibré. La
balance penche en faveur du nord car les USA,
l’Angleterre, la France et même la Fédération de
Russie et la Chine qui fait partie du
tiers-monde, tous ces pays ont des sièges
permanents au conseil de sécurité.
Mais le sud dans
son entier - l’Amérique du sud, l’Afrique, le
Sud de l’Asie - n’a pas d’existence au sein du
conseil de sécurité. Il n’existe que dans
l’Assemblée générale qui est en elle-même
dépourvue de prérogatives. Celles-ci sont en
effet entièrement concentrées aux mains du
conseil de sécurité ; c’est une situation
anti-démocratique où les règles sont
inversées.
Donc, un siège
permanent pour l’Union africaine est mérité dû à
son passé, ce qui est indiscutable et je crois
qu’il va recevoir votre appui lorsque la
question sera sur la table.
L’Afrique ne
demande pas l’aumône, c’est un droit. Elle
demande du soutien et personne n’objectera. Elle
ne dit pas « donnez-moi » mais « n’entravez-pas
mon chemin… de grâce, ne posez pas d’obstacles
sur mon chemin ».
Je suis en train
d’interpeller les Etats permanents au sein du
conseil de sécurité pour les convaincre de ce
droit de l’Afrique qui est identique à celui de
la Chine et qui sans aucune relation avec la
question de reforme des Nations-unies posée
récemment et qui doit être avec ou sans
élargissement du conseil de sécurité.
Si l’Afrique
bénéficie de plusieurs sièges au sein du Conseil
de sécurité, ce serait une aubaine. Cela
créerait un équilibre dans le monde et
constituerait un service à la paix mondiale. Je
crois qu’il n’y a pas de divergence sur ce point
et j’aimerais avoir le soutien et l’approbation
du Mouvement des Non-alignés.
Il y a aussi
l’Amérique du sud qui mérite également un siège
permanent au sein du Conseil de sécurité mais
jusqu’à maintenant, elle n’a pas formé une union
qui constituerait une personnalité morale
internationale.
Si l’Amérique du
sud s’unit et a des structures unionistes comme
celle de l’Union africaine, elle mériterait un
siège permanent au sein du Conseil de sécurité.
Il y aurait là un équilibre total. La Chine avec
un siège permanent, idem pour l’Union
africaine.
Si les 53 Etats
qui forment l’Union africaine ont un siège
permanent au conseil de sécurité, le reste
viendra. Ce serait un grand acquis dans notre
voie pour occuper notre place dans le monde.
Nous sommes le monde, les Etats-Unis étaient
quatre Etats contre Hitler. Mais les
Nations-unies d’aujourd’hui ne sont pas celles
de la seconde guerre mondiale. Elles sont 190
Etats et nous présentons 180 ; donc nous sommes
les nations-unies.
Nous ne devons
pas avoir de complexe, car nous ne demandons pas
l’aumône. Nous pouvons dire « non » comme nous
pouvons dire « oui ». Nous avons notre influence
sur le destin du monde.
Outre cela et en
dépit du fait que nous soyons la majorité
absente au sein de ces institutions qui ont du
poids, telles le FMI… il faut que nous soyons
des partenaires, porteurs des parts, dotés d’une
voix forte tant au sein du FMI que de la Banque
mondiale.
Mais en réalité,
cela s’appelle International sans pour autant
l’être. C’est un Fonds pour un groupe. Il
pourrait s’appeler Fonds du groupe… même le
conseil de sécurité, on dit international
mais en réalité il ne l’est pas ; c’est le
conseil de sécurité du groupe permanent.
Le FMI n’est pas
international. Actuellement, il est pour un
groupe. Hors en réalité, il est pour nous
puisque tous, nous y contribuons. Il doit être
réellement international. Et s’il l’est
ainsi, nous aurons tous le même droit au sein du
Fonds Monétaire International.
Le Mouvement des
non-alignés doit être fortement présent au sein
du FMI, au sein de l’Agence Internationale de
l’Energie Atomique (AIEA) afin que nous
puissions avoir de l’influence au sein de
l’organisation mondiale du commerce. Sur cette
forme, il y aura équilibre.
Si nous pouvons
doter l’Union africaine d’un siège permanent au
sein du Conseil de sécurité et que par la suite,
nous soyons suivis par l’Amérique du sud ou tout
autre Etat en Asie du sud ; si nous pouvons
avoir une présence forte au sein du FMI, de la
BM, de l’OMC, de l’AIEA, il y aura un équilibre
sécuritaire, économique et politique dans le
monde.
Dès lors, la
sécurité englobera assurément le monde. Il y
aura un équilibre réel qui favorisera
l’épanouissement de la paix et de la sécurité
internationale.
Nous voulons
attirer l’attention de l’Agence Internationale
de l’Energie Atomique. Il est devenu un
organisme à grand danger. Initialement, sa
mission était orientée sur « l'énergie atomique
et le développement », mais le mot développement
a été occulté et est devenu «agence atomique».
Je veux dire que l'énergie atomique devrait être
utilisée pour le développement ; s'il y a une
objection ou une protestation à l'enrichissement
de l'uranium, si nous fermons cette voie, nous
privons le monde de bénéficier du progrès
scientifique moderne.
Nous avons un
exemple. Nous ne savons pas à quel point la
Corée du Nord a poussé l'enrichissement de
l'uranium. Mais l’enrichissement de l’uranium
iranien a remué le monde, cela est une fausse
attitude. L’indignation doit porter sur la
fabrication de la bombe nucléaire et non pas sur
l’enrichissement de l’uranium car celui-ci doit
être encouragé et applaudi en tant que prouesse
scientifique. Nous devons aider les nations à
enrichir l’uranium, cette réalisation que nous
devons applaudir.
Après
l'enrichissement, il ya deux lignes : une ligne
dite VERTE et une autre dite ROUGE. La ligne
rouge doit être prohibée. Pourquoi? Car, elle
conduit à des armes atomiques. Nous ne voulons
pas plus d'armes atomiques dans le monde, nous
voulons nous débarrasser de celles qui existent
déjà. C'est logique! Mais delà à fermer les deux
sens, c’est quoi ca ? Ce n'est pas juste, c’est
accompagner l’ignorance, c’est empêcher
exploitation scientifique.
Si l'Iran affirme
vouloir enrichir l'uranium pour construire une
bombe atomique, nous lui dirons, « non ! S’il
vous plaît ne le faites pas », nous sommes
contre cela. Si l'Iran affirme qu'il le fait à
des fins pacifiques, nous devons l'encourager et
ne pas lui fermer la porte au nez.
Nous avons donc
une agence de l'énergie atomique d’une grande
importance lorsque nous y sommes tous impliqués.
Voila en quoi devrait consister son rôle. Cela
ne devrait pas être l’apanage des dirigeants de
certains États ou Institutions. L'Agence de
l’énergie atomique qui doit contrôler tous les
Etats sans exception aucune. Elle doit aller
inspecter l'Iran et voir comment il est en train
d'enrichir l'uranium. Nous pouvons à la lumière
du rapport des inspections lui dire que son
initiative est très louable et l’encourager.
Donc, le problème serait de voir si l’Iran joue
le double jeu. Il doit être suivi. Si l'AIEA
estime que l’enrichissement en cours est sur une
ligne rouge alors elle va alerter le monde
entier, informer le Conseil de sécurité,
l'Organisation des Nations Unies et le Mouvement
des Non-alignés. Nous pourrions dès cet instant
dire à l'Iran ou à tout autre pays ou à la Libye
que, écoutez, vous êtes en train d’empiéter sur
la ligne rouge et cela doit être stoppé. Nous
n’accepterons pas la production d'armes
atomiques. Ceci est très clair et légal. L'AIEA
doit surveiller ceux qui empiètent sur la ligne
rouge et les ramener sur la ligne verte. Si elle
dit que l'Iran est sur la ligne verte, nous
allons l’encourager et lui demander d’aller de
l’avant dans l’utilisation de l'énergie atomique
à des fins pacifiques.
La Libye avait
atteint le stade d'enrichissement de l'uranium
et elle avait opté pour la ligne rouge; en fait,
elle était vraiment très proche de produire une
bombe atomique. Ce travail avait commencé depuis
le déclenchement de la révolution en Libye ;
cela signifie des dizaines d’années pour que
nous atteignions le stade où nous pouvions
produire une bombe atomique, nous n'avons pas
atteint ce stade de manière à changer le monde.
Nous étions
persuadés que nos points de vue avaient évolué
et que le monde avait changé ainsi que les
alliances et la carte du monde. Puis nous nous
sommes dits en nous-mêmes, à l’encontre de qui
devrions-nous utiliser la bombe atomique.
Lorsque nous avons examiné cette question, nous
avons trouvé que nous n'avions pas d'ennemis qui
méritaient d'être attaqués avec une bombe
atomique. Et outre, comment allions-nous
sécuriser cette bombe atomique et comment
allions-nous la démonter, en gardant chaque
partie à sa place pour une utilisation en cas de
besoin et, éventuellement, comment pouvions-nous
frapper la cible s’il y en avait une. Et le
transporteur lui-même qui doit être sécurisé...
Nous avons découvert que cela entraînait
d'énormes dépenses et des problèmes et
représentaient un risque pour la Libye pour sa
propre sécurité. Et que cela en soi, est
beaucoup plus grave pour la sécurité de la Libye
elle-même. Par conséquent, nous avons
volontairement décidé d'abandonner le programme
nucléaire.
Nous avons
abandonné la ligne rouge. L'Agence
internationale de l'énergie atomique est venue
ainsi que les grands Etats nous visiter. Ils
étaient satisfaits du fait que nous avions
abandonné la ligne rouge. Ils ont dit qu’ils
étaient prêts à nous assister mais que cela
nécessitait notre forte présence et un plus
grand mouvement au sein de l'Agence
internationale de l'énergie atomique.
J'ai rencontré
Mohammed El Baradi qui était à la tête de
l'AIEA. Je l’ai rencontré plusieurs fois et je
lui ai demandé à propos, quelle était sa
responsabilité envers le monde dans ce domaine
du nucléaire. Il m'a dit que l'AIEA n'a pas de
responsabilité à l'égard des grands États et ne
peut du tout les approcher. Ils nous ont
orientés pour viser la troisième voie.
Je lui ai demandé
qu’est-ce que ca peut être… S'il s'agit d'une
Agence internationale de l'énergie, elle doit
être responsable pour l'Amérique, la France, la
Russie, l’Inde et la Chine. Il me dit, nous
sommes responsables seulement du tiers-monde. Je
lui ai demandé, qu’est-ce qu’il en est pour les
autres. Il dit que nous ne pouvons pas leur
parler. Nous ne pouvons pas contrôler l'Amérique
et nous ne pouvons même pas lui demander si elle
produit de nouvelles bombes atomiques ou si elle
les a réduites, et nous ne pouvons pas le faire
du tout aussi avec la Russie, la France ou la
Grande-Bretagne.
Ce n'est pas
correct. Je révèle ces faits afin que notre
Mouvement se positionne fermement dans les
instances internationales. Nous devons renforcer
sa présence. Cela est très important pour plus
de la moitié du monde du point de vue du nombre
de sièges et de la population. Nous formons les
trois-quarts de la population mondiale. Nous
sommes la population du monde. Nous devons
prendre soin d'eux; nous devons nous soucier de
sa sécurité, du développement, de son avenir et
de la vie.
L'Agence atomique
internationale doit exceller de cette manière et
doit surveiller tous les pays, même l'Amérique
et la Russie doivent être sous son contrôle. Et
si vous ne voulez pas un Etat comme la Libye qui
produit une bombe atomique, pourquoi gardez-vous
des milliers de bombes. La résolution de réduire
les armes doit refaire surface. Nous devons
faire en sorte que la Russie et les Etats-Unis
réduisent pratiquement leurs armes de
destruction massive.
Pour votre
connaissance, l’Agence de l'énergie atomique est
uniquement destinée à vous-même et n'a rien à
voir avec les grands États. Ils la rejettent
toujours chaque fois qu’elle leur pointe le
doigt. Ils leur demandent, qui êtes-vous? Mais
si elle dit que je suis l’Agence de l’énergie
atomique, ils diront, nous ne vous reconnaissons
pas.
La Cour
internationale de Justice doit être
reconstituée. Vous connaissez l'histoire bien
connue à travers le monde auquel mon pays a été
confronté, l'affaire de Lockerbie. La Cour
internationale de Justice a jugé que l'affaire
de Lockerbie n'a pas de rapport avec le Conseil
de sécurité des Nations unies ; c’était illégal
d'être soumis au Conseil de sécurité, car il
s'agit d'une affaire civile qui doit être
traitée par le droit pénal civil comme quelqu'un
est accusé de bombardement d'un avion et être
jugés conformément au droit civil. Et il a dit
que le Conseil de sécurité n'a pas le pouvoir de
statuer sur l'affaire de Lockerbie.
Cela revenait à
la Cour internationale de Justice de statuer sur
cette affaire. Mais ils ont ignoré cela et le
Conseil de sécurité l’a manipulé au détriment de
la Cour internationale de Justice. C’était le
Conseil de sécurité qui a émis des résolutions
en lieu et place de la Cour internationale de
Justice... Ce dont nous avons souffert est
injuste. Si le monde est injuste, il nous
incombe de supprimer cette injustice, car elle
nous affecte.
Pour résumer les
questions internationales, pour ce qui nous
concerne et les différents problèmes auxquels
nous sommes confrontés, elles sont communes à
nous-tous et ne visent pas seulement le
Mouvement des Non-alignés mais tout le monde ;
cette internationalisation doit être un fait et
être acceptée ici. Cela nécessite une
co-opération et le monde entier doit coopérer
là-dedans.
Nous avons
également la question du climat. Il s'agit d'une
question internationale. C'est un défi pour
l'ensemble du monde moderne.
Qui a détruit
l'ozone? On connaît bien qui détruit la couche
d'ozone et le climat. Il s'agit des compagnies
industrielles des pays capitalistes.
C'est un défi
international et nous devons contribuer de
manière efficace avec les autres.
La drogue est
aussi un défi international de cette époque.
Notre mouvement doit jouer un rôle efficace dans
la lutte contre ce trafic.
Le terrorisme...
C'est désormais
un problème international car elle nous concerne
tous. Mais nous devons connaître les causes du
terrorisme et pourquoi ce phénomène est apparu
et ce que cela signifie.
Considérer ceux
qui disposent la bombe atomique comme n’étant
pas des terroristes et ceux avec des grenades à
mains comme des terroristes, est injuste.
Comment quelqu’un peut utiliser une bombe
atomique ou un missile de croisière sans être
considéré terroriste et celui qui utilise une
grenade à mains ou un RPG est considéré
terroriste.
Lorsque nous
parlons de terrorisme, nous devons le dénoncer
sous toutes ses formes. Les porte-avions, c’est
du terrorisme. Les bombes atomiques, c’est du
terrorisme… les missiles de croisière, les
grenades à mains, les ceintures de kamikazes,
etc… c’est tout du terrorisme. L'Organisation
mondiale du commerce est une forme de
terrorisme. Le FMI, c’est le terrorisme. Le
chapitre 7 de la Charte des Nations Unies c’est
le terrorisme, car elle est appliquée de façon
injuste et agressive. Le Conseil de sécurité des
Nations Unies est le terrorisme. Tout ce que
j’évoque là c’est le terrorisme sur diverses
formes.
Nous vivons à
l'ombre du terrorisme, mais ils ignorent toutes
les autres formes de terrorisme et se
concentrent sur Ben Laden, par exemple. Oui, Ben
Laden est un terroriste et personne n’endosse
ses actions ou celles d'Al-Qaïda ; mais comment
ce phénomène a vu le jour et quelles sont ses
causes?
Qu'il s'agisse de
la folie ou non ou qu’ils soient en train de
rêver ou non, il devrait y avoir des mobiles
psychologiques derrière tout cela et nous devons
y remédier. Quelqu’un aurait pratiqué le
terrorisme et qu’ils soient en train de répondre
par le terrorisme, selon leurs moyens.
Nous n'avons pas
peur de Ben Laden ni de Zawahri ou d’autres
comme eux. C’est un fait. C'est quelque chose
qui est là. Nous n'avons pas peur de dire que
vous êtes des terroristes ou de le dire à celui
qui vous a fait terroristes.
Quelle peut être
leur motivation? Nous devons identifier les
sources du terrorisme. Comme Ben Laden et
Zawahri ont leur argent en Suisse, ils ont des
milliards dans des comptes secrets et le monde
avec la Suisse est indulgent ; alors pourquoi
torpiller les montagnes de 'Afghanistan et ces
pauvres tribus avec leurs troupeaux de chèvres
pendant que la Suisse avec l'argent d'Al-Qaïda
n’est pas inquiétée.
L'Amérique a,
environ 52.000 Américains qui ont des comptes
dans des banques secrètes (paradis dorés) en
Suisse et elle dit qu’elle est à leur trousse.
Mais cet Etat fort ne peut pas vérifier les
comptes de sa population en Suisse... que dire
donc des terroristes avec des comptes secrets en
Suisse ?
Messieurs les
Présidents, pour finir, j'ai d'autres
propositions à ajouter.
Tous les États
membres du Mouvement des Non-alignés avec des
bases militaires extérieures doivent les fermer.
En effet, la
présence de ces bases n'est pas utile pour
préserver la paix mondiale. C’est une menace
pour notre mouvement. C’est est une menace pour
la sécurité de nos peuples et une menace pour la
paix et la sécurité mondiale. Ces bases
militaires établies dans les pays non-alignés
doivent être fermées ; ce sera un grand service
international rendu.
Chers frères
présidents.
Si nous créons un
tribunal pénal qui nous appartient et que nous
lui transféreront tous ces dossiers, il sera
digne d'une Cour internationale. Nous serons à
l’abri du terrorisme des tribunaux
internationaux qu’ils ont créés.
Il y a des
présidents dans le Mouvement des Non-alignés,
comme le Président Al-Bashir, qui a parlé juste
avant moi, qui est chef du groupe des 77 et il
est recherché par le tribunal criminel, comme
s’il était un voleur. Ce n'est pas juste !
Qui peut juger
celui qui a tué plus d’un million d'Irakiens à
la cour internationale? Personne ne l’accuse et
ceux qui ont été faits prisonniers de guerre et
ensuite exécutés sans être jugés… cette Cour
n’est pas consciente de cela ? Aucun prisonnier
de guerre ne doit être exécuté ni emprisonné.
Les prisonniers de guerre doivent être libérés à
la suite d'opérations militaires actives… mais
ils travaillent tous à l'extérieur de la
Convention de Genève et à l'extérieur de la
convention des Nations Unies.
Voila tout ce qui
nous oblige à établir un tribunal pénal qui nous
appartient, avec un bureau de coordination et un
Conseil de sécurité qui nous appartiennent
jusqu’à ce que les autres reviennent à la
raison… avec un bon esprit. Qu’ils nous
respectent et respectent l'humanité ainsi que
tous les Etats et qu’on se mette tous sur un
même pied d'égalité comme c’est défini dans la
Charte des Nations Unies.
Ces pays-là qui nous ont colonisés doivent payer
des réparations.
À cette occasion,
je tiens à rendre hommage à la courageuse et
historique initiative prise par l'Italie, qui a
présenté ses excuses au peuple libyen et est en
train de la réparer.
Le gouvernement
italien s'est engagé et le Parlement italien l’a
approuvé ; le peuple italien a approuvé qu'un
quart de million de dollars soit payé à la Libye
pour les 20 ans de colonisation en plus de
nombreuses autres compensations humanitaires.
C'est une décision très courageuse. L'accord a
été signé par un homme courageux qui mérite
notre gratitude et le respect dans cette
instance internationale. C'est mon ami
Berlusconi, le Premier ministre italien. Je
n’oublierai pas les autres personnes qui étaient
aussi impliquées.
Ceci est un
exemple. Chaque pays qui a colonisé doit le
faire, c’est un droit. Ils ont puisé nos
richesses minières, tué nos gens, exilés et
posés des mines dans nos territoire. Comment
peut-on juste demander de l'aide? L'assistance
ne suffit pas. Nous devons être indemnisés.
Que Dieu vous
comble de Sa Grâce! Je vous remercie messieurs
les Présidents.
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