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Le
jeudi 15 avril 2010, date qui symbolise la 24ème
année de l’agression américano-atlantiste, le
Guide de la Révolution, le frère-Colonel
Mouammar Al-Kadhafi a tenu à recadrer et
clarifier dans son discours commémoratif, devant
les membres des comités populaires de base de la
région de Syrte, les parlementaires venus de
différents pays dans le monde, les diplomates et
les invités de la Grande Jamahiriya venus pour
l’occasion, les relations que la Libye et le
peuple libyen entretiennent avec l’extérieur
entre autres avec les Etats-Unis d’Amérique.
Intégral du discours.
« Bonsoir à tous
Ma
présence aujourd’hui dans cette région – tout
comme il est observé partout dans les autres
régions de la Jamahiriya les manifestations du
même genre - marque un symbole, celui de
l’agression hypocrite de la Grande Jamahiriya en
1986 par l’Amérique et ses alliés occidentaux.
Ce jour-là, nous avions compté des victimes
parmi lesquels nos enfants et parents.
C’est assurément un anniversaire douloureux d’un
point de vue intime; mais c’est aussi un aperçu
des positions que peuvent être l’affrontement et
les batailles de résistances contre les
agressions.
Ce
qu’il nous faut souligner en cette journée de
commémoration, 24 ans après cet affrontement
démesuré qui a atteint les proportions de
conflit entre la Libye et l’Amérique, c’est que,
c’était tout de même, au demeurant de la Libye,
un affrontement glorieux… un petit peuple qui
résiste au plus grand et géant impérialiste sur
terre, qui le défait… et qui est resté jusqu’à
ce jour dans ses frontières… donc la Libye est
restée libre et indépendante.
La
question qui mérite qu’on s’y attarde est
celle-ci : Quels sont les résultats acquis
depuis cet événement douloureux jusqu’à nos
jours ? En 1986, bien avant et même après
cette date, l’affrontement était resté intense
et démesuré. Il y avait une situation
d’hostilités et de guerre qui nous étaient
imposées. Les causes à cela, l’histoire nous les
racontera plus que nous ne saurions le faire
aujourd’hui. Plus tard, des vérités surgiront
beaucoup plus qu’il en est aujourd’hui.
Bien
qu’il soit africain, d’origine arabo-soudanaise,
ou d’origine musulmane, etc.… il est un homme
dont la politique jusqu’ici doit être encouragée
et appuyée au possible. Car c’est un homme qui
aspire à la paix, qui a tiré un trait sur toutes
les sornettes américaines, sur tous les
programmes schizophréniques américains que les
USA ont menés dans le passé pour martyriser les
peuples, avec toutes les fausses querelles
qu’ils orchestraient et qui devenaient déjà
monnaie courante dans le monde… Cela explique
aujourd’hui la raison de notre soutien, c’est
une attitude que nous approuvons. J’invite tous
les peuples à lui accorder cette main tendue, à
l’appuyer dans ses visions politiques. En effet,
l’Amérique est une superpuissance dans le monde.
Si sa politique est négative, elle le sera pour
le reste du monde. Si elle est bonne, c’est
aussi le monde qui en tirera profit.
Tant
que ce qui est aujourd’hui proposé est un
programme pacifique, abstraction faite que c’est
parce que c’est Obama qui est Président des USA
et que l’Etat en question c’est l’Amérique, il
faut dans cette situation réellement l’appuyer.
J’ai toujours dit jusqu’ici, car je ne sais pas
ce qui adviendra à Obama, que ses politiques
méritent l’encouragement. Ainsi, être hostile à
l’Amérique parce que c’est l’Amérique, c’est une
politique qui n’est pas vigoureuse, ni sage.
Nous
devons être constamment hostiles à l’Amérique
lorsque les raisons nous poussent à l’être. Au
temps de Reagan, nous lui jetions des
invectives, nous étions hostiles à l’Amérique
étant donné que nous étions dans une situation
d’affrontements permanents. Nous incitions le
peuple contre l’Amérique. Nous déclarions
franchement ce qui devait être déclaré contre
l’Amérique. Dans l’affrontement, nous faisions
ce qui devait être fait contre l’Amérique. Mais
aujourd’hui, l’Amérique d’Obama n’est pas celle
de Reagan. Naturellement, ce serait arbitraire
de dire aujourd’hui que l’Amérique est demeurée
telle qu’elle était avant… telle qu’elle était
et telle qu’est par exemple, la politique d’Obama
appelant à œuvrer pour que le monde se
débarrasse des armes nucléaires. Tous les
peuples soutiennent cette politique… il faut la
soutenir… il faut l’encourager dans cette
politique.
Notre vœu est que se réalise ce rêve qui est
celui d’Obama, que le monde soit exempt d’armes
nucléaires. C’est quelque chose qu’aucun
président américain n’avait proposé auparavant.
Aucun d’eux n’avait avant lui proposé d’œuvrer
dans ce sens ni d’amorcer un programme de
désarmement nucléaire dans le monde. Il y avait
autrefois des traités entre l’Union soviétique
et l’Amérique concernant la diminution des
stocks d’armes nucléaires. Cependant, le
programme de Barack Obama consiste à se
débarrasser complètement d’armes de destruction
massive – bien entendu – que c’est en plusieurs
étapes et non tout d’un coup. Ce que je veux
dire par-là, c’est le fait que tous les peuples
soutiennent le fait de vivre dans un monde
dépourvu d’armes de destruction massive. Face à
cette politique, on ne saurait s’y opposer. Tout
au contraire, il faut le saluer et l’appuyer.
En
plus, c’est un homme qui est contre la guerre
dont les précédents présidents ont plongé
l’Amérique. Il n’est pas un va-t-en guerre. Il a
annoncé qu’il se retirera de l’Afghanistan et de
l’Irak. Ce qui n’était pas à l’ordre du jour
avant lui. Pourtant avant son accession à la
tête de l’Amérique, des déclarations fusaient de
partout des responsables américains que les USA
resteront cent ans en Irak.
Ce
qui est ironique dans tout cela, c’est le fait
que l’Amérique avant qu’elle ne sombre en Irak,
avait un plan d’encerclement de la Russie par le
sud, en survivance du plan d’Hitler, dont la
stratégie consistait en un piège pour parvenir à
Moscou, comme vous le savez.
Rommel était venu en Afrique du nord pour
envahir le Moyen-Orient tel que plus tard,
l’Amérique planifiera, après l’invasion de
l’Irak, l’attaque contre la Russie. Dans cette
même logique, Hitler voulait ainsi cerner la
Russie - l’Union soviétique à l’époque - en
procédant par le sud, en Scandinavie et en mer
Baltique par le nord… cette souricière
stratégique connue dans la science militaire
dans la deuxième guerre mondiale.
L’Amérique avait procédé suivant le même plan,
avant l’arrivée d’Obama, avant qu’elle ne sombre
en Irak. A toute chose, malheur est bon
et Obama est arrivé au bon moment. C’est un mal
qui affecte l’Irak… qui affecte la nation
irakienne, avec bien entendu ce que cela induit
en pertes énormes. Il reste que cette situation
a un sens en ceci qu’elle ramène l’Amérique à la
raison, qu’elle ne peut évoluer comme bon lui
semble dans ce monde.
L’Amérique a sombré en Irak certainement parce
qu’elle ne s’y attendait. Elle avait pris les
choses aussi facilement qu’elle ne l’imaginait,
en passant que dès qu’elle finira d’envahir
l’Irak, elle s’en prendra à la Syrie puis à
l’Iran et qu’à l’issue de toutes ces percées,
elle pourra aisément nettoyer les poches qu’elle
aurait laissées derrière elle, comme par exemple
la Libye, l’Algérie, le Soudan et tout autre
Etat libre. C’était ainsi qu’elle envisageait sa
domination sur le monde mais elle avait oublié
qu’elle devait sombrer en Irak.
Je
dirai que l’invasion de l’Irak est à la fois un
malheur et quelque chose qui a de l’utilité par
ailleurs malgré toutes les énormes pertes dont
souffre le peuple irakien ; elle a ramené
l’Amérique à la raison. Et Obama a condamné
cette politique dans sa totalité et a annoncé le
retrait de l’Irak. Il a fondamentalement
condamné l’invasion de l’Irak. C’est cela qui
m’amène à demander que le monde le soutienne et
l’appuie dans cette logique.
(Ovations de la masse)
C’est bien que les libyens applaudissent un
Président américain. C’est formidable ! Cela
veut dire qu’il s’est réellement produit un
changement dans le monde.
S’il
faut parler de l’Afghanistan, c’est pareil. Il a
condamné cette guerre et a aussi décidé du
retrait américain en Afghanistan. Je crois que
l’année prochaine verrait des retraits
américains de l’Afghanistan et de l’Irak… il a
été jusqu’à également condamné la guerre du
Vietnam qu’il a jugé d’erreur grave. Or on sait
que la guerre du Vietnam pour les américains est
du domaine du sacré qui ne doit pas être
condamné. D’un point de vue stratégique,
quiconque en Amérique osait critiquer la guerre
du Vietnam ne bénéficiait plus d’aucun soutien.
Au
plan interne, on a vu comment il s’est battu bec
et ongle sur le dossier sur la protection
sanitaire. C’est extraordinaire ! C’est quelque
chose qui n’a jamais existé en Amérique. On a vu
comment il s’est battu pour les pauvres et pour
ceux qui ont bien besoin de la couverture santé.
Sans doute que le Secrétaire d’Etat, du fait
qu’elle soit une femme et qui a autrefois œuvré
pour la protection de l’enfance et la couverture
santé, et qui est à l’origine de l’ouvrage
« une vie que nous avons vécue »,
pourrait avoir aidé au succès de ce programme.
Toujours sur le plan interne, au lieu de se
jeter dans la politique dite de protection du
monde ou de la poursuite des terroristes à
travers le monde, il a relevé que cela était
impossible de supprimer physiquement tous les
terroristes dans le monde et donc, qu’il faut
sécuriser l’Amérique de l’intérieur. Voila, ce
sont des politiques raisonnables qui méritent
d’être soutenues.
En
ce qui concerne les relations
américano-libyennes, Obama a affirmé à plusieurs
reprises que ce soit à moi personnellement ou en
Italie avec Moussa Koussa (ndlr actuel
Secrétaire général du Comité Populaire de
Liaison Extérieure et de la Coopération
Internationale) ou même lors de la rencontre à
New-York… ce qui a été confirmé par le
Département d’Etat américain ou par l’Ambassade
américaine, que les Etats-Unis d’Amérique sont
animés d’intentions sérieuses pour une bonne
relation d’amitié et de coopération avec la
Libye.
Aujourd’hui, même sans ces bonnes paroles
émanant de l’administration américaine à
l’encontre de la Libye, je peux dire qu’il n’y a
plus de problèmes secondaires subsistant entre
la Libye et l’Amérique.
La
Libye et l’Amérique, en tant que deux Etats
souverains vive sans catégoriquement plus aucun
problème après que celui de Lockerbie ait été
résolu… il n’y a plus rien en suspens entre nos
deux pays.
Et
même, si l’Amérique était un Etat impérialiste,
cela ne relèverait plus d’un problème du peuple
libyen avec l’Amérique. Ce serait un problème
englobant tous les peuples du monde. Si
l’Amérique est une superpuissance, un Etat
puissant, cela ne concerne pas le peuple libyen
uniquement. Cela devrait concerner en premier
chef la Fédération de Russie, la Chine et le
reste du monde. Et si l’Amérique était aux côtés
des Israéliens contre les Arabes, cela ne
concernerait pas en premier lieu le peuple
libyen mais toutes les nations arabes au premier
rang duquel la nation Palestinienne.
Je
souhaite pour ma part, que nous évoluons notre
position; que l’on ajuste les concepts mais que
nous restons toujours en état d’éveil.
L’Amérique reste toujours l’Amérique, une
superpuissance et ses agissements ainsi que ses
politiques seront toujours ceux de tout empire
comme ce fut au temps de l’empire allemand à
l’époque d’Hitler, l’empire français de
Napoléon, l’empire ottoman, perse, romain,
abbasside et omeyade.
Tous
ces empires ont toujours eu des politiques
impérialistes. Bien entendu que c’est à prendre
au sérieux, mais cela n’a rien à voir dans les
relations bilatérales ni dans les relations
entre la Libye et l’Amérique. C’est un problème
ou une affaire qui concerne tous les peuples de
la terre par rapport à l’Amérique et nous ne
sommes pas les représentants du reste des
peuples dans la résistance face à elle. C’est un
problème mondial. Et en tant que problème
mondial, c’est quelque chose d’apaisant et un
acquis important. Le fait qu’après un quart de
siècle dans une si longue bataille, il n’y ait
plus de problèmes bilatéraux entre nos deux pays
est significatif à nos jours : pas de problèmes
sur le golfe de Syrte ni sur les frontières, ni
sur le pétrole ou le terrorisme. Les problèmes,
quels qu’ils soient, n’existent pas aujourd’hui
entre la Libye et l’Amérique. Je peux l’affirmer
haut et fort devant le peuple libyen, le peuple
américain et le monde entier.
Quant à l’autre aspect, je veux dire, la
question des Arabes dont je conduis en ce moment
la présidence de la Ligue arabe… la relation
entre les Arabes et l’Amérique n’est pas celle
qu’entretiennent la Libye et l’Amérique. C’est
bien une relation entre la nation arabe d’une
part et l’Amérique, de l’autre part. S’il faut
parler de cette relation, nous dirons tout court
que les Arabes détestent l’Amérique, sans aucun
doute. Il n’y a pas un seul Arabe qui aime
l’Amérique. Même les dirigeants que l’Amérique
considère alliés ou amis, ne l’aiment pas. Cet
amour apparent est tout simplement de la
supercherie ou alors du pragmatisme en
politique. Quelqu’un qui a peur de l’Amérique,
pour éviter sa vindicte prétendra qu’il l’aime ;
un autre espère que l’Amérique le soutienne
économiquement soit en lui octroyant des crédits
ou des aides financières ou quelque chose dans
ce genre ou qu’elle protège son régime
politique. Mais au fond d’eux-mêmes, les Arabes
n’aiment pas l’Amérique. Ce n’est pas que de
l’Amérique d’Obama, nous parlons de manière
générale de celle d’avant lui car la cause a été
chèrement entendue.
Quant à la rue arabe, il n’y a aucune hésitation
là-dessus, elle déteste souverainement
l’Amérique à cause de ses politiques
impérialistes dans le passé, comme je l’ai
clairement évoqué plus haut. L’empire Ottoman
par exemple n’était pas aimé par les peuples
qu’il écrasait, ni celui de Napoléon. Les
Empires perse, moghol, tatare, genghin-khan,
kambiz et korch, ou les empires abbasside,
omeyade et fatimide n’étaient aimés par aucun
peuple. Les peuples redoutaient leur
foudroiement car ils les piétinaient et au cours
de leurs incursions, rasaient les terres des
populations, les occupaient et les
colonisaient.
Donc, c’est connu des impérialistes… leur
puissance leur impose cette politique… « L’homme
tend à tyranniser s’il est atteint par la
folie ». Quand l’homme se sent fort et riche, il
se comporte en tyran, c’est de la psychologie.
Les Arabes n’aiment pas les Américains et la
raison de ce fait est claire à cause de la
Palestine. Autrefois, les Arabes détestaient
l’Angleterre et l’accusaient d’avoir livré la
Palestine aux Israéliens en 1948 [vrai ou faux],
les Arabes détestent l’Angleterre pour cela.
Plus
tard l’Amérique est intervenue sur la scène et
dans la bataille aux côtés des Israéliens contre
les Arabes. L’opinion publique arabe a changé
vis-à-vis des Américains, les Arabes ont
commencé à détester les américains comme ils
l’ont fait contre les Britanniques.
Tous
les intellectuels arabes détestent l’Amérique,
les peuples, les gens ordinaires, tous la
détestent mais prétendent être ses amis ou
alliés. Ceci n’est qu’hypocrisie pour des
raisons que j’ai évoquées plus tôt en les
qualifiant de pragmatisme ou d’utilitaire.
La
raison évidente qui a fait que les arabes
détestent l’Amérique, c’est la question de la
Palestine ; bien évidemment après son alignement
derrière les Israéliens. C’est là où elle a
perdu l’amitié de la nation arabe, puis la rue
elle-aussi est devenue son ennemie.
Si
les Américains veulent regagner l’estime arabe
ou avoir les Arabes comme alliés, ils doivent
changer de politique. Aujourd’hui, les
Palestiniens sont dans une situation identique à
celle des juifs autrefois, lorsqu’ils étaient
éparpillés et opprimés.
Le
Roi Édouard I, roi d’Angleterre a chassé les
juifs de l’Angleterre après les avoir bien
persécutés ; ce roi n’était pas Arabe. C’était
un anglais et roi d’Angleterre… Tétus et Hadrien
ont persécuté les juifs, ce sont des empereurs
romains et non arabes.
Les
tribunaux d’Inquisition en Andalousie étaient
des tribunaux gothiques européens et non arabe.
Les Arabes et Juifs ont subi la persécution de
l’Inquisition et ils ont été chassés de la
Presqu’île Ibérique d’Espagne et d’Andalousie et
se sont refugiés dans les pays arabes.
Ce
sont les Arabes qui ont accueilli les juifs à
l’époque lorsque les romains les ont chassés
d’Al-Qods et les ont persécutés. Les Arabes les
ont accueillis et leur ont donné des villages
tels qu’Oued Al-Qora. Les tribus juives qui
étaient en Arabie étaient des tribus chassées à
l’époque romaine. Il y avait des quartiers juifs
dans chaque pays arabe. Ils avaient des
quartiers au Maroc, en Algérie, en Tunisie, en
Libye, en Egypte, en Syrie partout dans chaque
pays arabe, on entendait des quartiers juifs.
Ces quartiers sont apparus après l’expulsion des
juifs et arabes d’Andalousie… les arabes les ont
accueillis et garantis leur sécurité. Ils n’ont
pas persécuté les juifs.
Et
enfin, les fours à gaz et l’holocauste ; c’est
l’œuvre des Européens, c’est l’œuvre des
Allemands et non pas des Arabes. Comment donc
l’adversité s’est déplacée vers les Arabes et
pourquoi ils veulent satisfaire les juifs
sur le dos des Arabes ?
Les
Arabes ont refusé la partition de 1947 et
aujourd’hui, on dit pourquoi vous l’avez
refusé ? Ils ont leur raison. A l’époque, les
Arabes étaient démographiquement plus importants
que les juifs en Palestine. Et ils ont eu une
partie de terre moins importante que celle
donnée aux juifs. Donc, les Arabes ont dit, nous
sommes la majorité en Palestine, comment vous
nous donnez une terre moins importante par
rapport aux juifs… voila même qu’aujourd’hui,
les juifs se sont tout accaparés, ayant expulsé
près de quatre millions de Palestiniens.
L’Amérique doit modifier sa politique si elle
veut s’attirer la sympathie arabe – nous parlons
maintenant au nom des Arabes – Les Américains
doivent regarder le peuple Palestinien comme ils
l’ont fait avec les juifs de la diaspora.
Aujourd’hui, c’est le peuple palestinien qui vit
dans la diaspora et subit des bombardements des
israéliens qui utilisent les avions de combats
et les armes les plus sophistiqués pour
assassiner des enfants, persécuter le peuple
palestinien et détruire les maisons.
Maintenant, il est temps que l’Amérique se mette
aux côtés de ce peuple. Ce qui se produit
aujourd’hui, c’est l’antisémitisme arabe. Le
sémitisme arabe affronte l’adversité de
l’Europe, de l’occident au profit des
Israéliens.
Si
l’occident est terrorisé par l’antisémitisme,
nous-aussi, nous sommes des sémites. Le
semitisme arabe est persécuté. L’Amérique et
l’Europe ne devraient pas appliquer une
politique contre le sémitisme arabe et un
racisme anti-arabe.
Actuellement, les Palestiniens sont dans une
situation où l’Amérique devrait être à leur côté
et non pas aux côtés des Israéliens. C’est bien
possible, si Barack Obama manifeste son courage
et que la politique américaine subisse un
profond aménagement en faveur des Palestiniens.
Que la Palestine soit souveraine sur la
Cisjordanie et la bande de Gaza. Ce sera une
ruse qui mettra fin au conflit… et qu’à
l’opposé, si des politiciens palestiniens et
arabes s’accordent là-dessus en faveur de
l’Israël, ils seront considérés comme des
traitres et bien évidemment la future génération
s’y opposera. Cette génération sera pour la
Palestine.
Est-ce que la Cisjordanie et la bande de Gaza
n’étaient pas sous notre souveraineté ?! en
1948, les Israéliens n’avaient pas occupé la
Cisjordanie et Gaza. La Cisjordanie était sous
le contrôle de la Jordanie et Gaza sous contrôle
égyptien. Pourquoi, ils n’ont pas constitué un
Etat palestinien sur ces territoires ? La raison
réside dans le fait que ces deux territoires ne
sont pas la Palestine.
Les
habitants de Gaza sont sur leur territoire, ceux
de la Cisjordanie aussi, mais quatre millions de
palestiniens ont été expulsés. Ils doivent y
retourner.
L’Amérique doit œuvrer pour le retour au moins
des quatre millions d’expulsés palestiniens de
1948.
L’idée de deux Etats, un sur la Cisjordanie, sur
la bande de Gaza et un Etat Israélien, relève
d’une pensée naïve et ne résoudra pas la
question. La Cisjordanie n’est pas la Palestine,
Gaza non plus.
La
Palestine est cette terre qui se situe entre le
fleuve et la mer et sur laquelle doit vivre les
Palestiniens et les Israéliens. La solution de
cette question réside dans la création d’un seul
Etat démocratique, conditionné par le retour des
refugiés palestiniens et le nettoyage des armes
de destruction massive dans la région.
En
outre, la colère des Arabes contre l’Amérique
vient de son soutien aux Israéliens et de son
silence vis-à-vis de son arsenal nucléaire.
La
Libye, l’Iran, la Syrie, l’Egypte et l’Irak sont
poursuivis pour l’acquisition d’armes de
destruction massive. L’Irak et la Syrie sont
attaqués et aujourd’hui regardez ce qu’on fait
contre l’Iran. Ils ont alerté le monde entier et
déclenché une vaste campagne contre ce pays.
Pourquoi cela ne se fait pas à l’égard du
réacteur de DIMONA, avec ses 200 têtes
nucléaires ? C’est ce que disent les Arabes.
Même si les gouvernants arabes ne bronchent pas,
le peuple arabe le clame haut et fort. Il se
dit, si l’Amérique était un Etat juste et une
superpuissance qui œuvre pour la paix dans le
monde, elle devait avoir la même mesure envers
les deux parties.
Oui,
la Libye ne doit pas avoir d’armes de
destruction massive dont elle s’est
volontairement débarrassées, la Syrie ne doit
pas les avoir non plus, ni l’Irak, l’Iran,
l’Egypte et autres. En contrepartie, les
Israéliens ne doivent pas aussi disposer d’armes
de destruction massive.
Mais
non, les Arabes ne sont pas naïfs. Ils voient
les américains s’aligner du côté du programme
nucléaire israélien. Cette Amérique n’impose pas
une inspection de ses installations, ne demande
pas son démantèlement et en même temps exige des
Arabes, le désarmement.
Bien
évidemment, ces paroles sont adressées à notre
fils Barack Obama et au peuple américain. Ce
jour est d’une part, jour de commémoration d’un
douloureux souvenir mais d’autre part, il
intervient à un moment où il n’y a pas de
problème dans les relations entre les peuples
libyen et américain. Les problèmes restent
actuellement entre les Arabes et l’Amérique… ce
n’est plus un problème avec le peuple libyen et
nous ne l’assumerons pas à la place des peuples
arabes.
Le
problème des Arabes avec l’Amérique est bien
clair… le citoyen arabe veut que l’Amérique se
range du côté du peuple palestinien. Quant à
l’idée d’un Etat en Cisjordanie et dans la Bande
de Gaza, c’est une idée rejetée… elle est naïve
et ne marche pas ! Il faut créer un seul Etat
démocratique, démanteler l’arsenal nucléaire
israélien, rapatrier les refugiés palestiniens –
ce n’est pas le règlement de la question des
refugiés, mais leur retour, leur droit au
retour, car il est possible de les liquider, ou
de les égorger et dire ensuite que la question
est réglée. Les choses doivent être claires.
Notre avis sur ce sujet est contenu dans le
Livre Blanc que nous avons présenté au monde. Un
appel à la création d’un seul Etat démocratique
ou cohabite juifs et arabes, comme c’est le cas
aujourd’hui au Liban ou en Afrique du Sud.
L’Amérique ne doit pas suivre le mirage.
Obama ne doit pas marcher dans les labyrinthes
empruntés par les anciens gouvernants américains
qui ont impliqué l’Amérique au Vietnam, en Irak
et en Afghanistan et que celle-ci est devenue
une cible pour les terroristes, elle est
pourchassée et honnie partout.
En
tout cas, s’il veut conduire l’Amérique à la
paix et devenir l’ami des peuples et se protéger
des attaques terroristes, être à l’abri de
violentes réactions mondiales, il doit modifier
la politique internationale américaine notamment
à l’égard des Arabes. Il doit remettre en cause
la politique américaine car les congrès et les
accords ont échoué.
On
avait dit que « l’étable de David » devait
résoudre tous les problèmes. Après « l’étable de
David » signé par Sadate, nous avons vu ce qui
s’est passé : de milliers de martyrs et de
milliers de morts des deux côtés. Ensuite, on
nous a parlé de la Conférence de Madrid ; cette
conférence qui devait résoudre les problèmes
après l’échec de « l’étable de David » tenue
entre les plus hauts responsables palestinien et
israélien à laquelle même Bégin avait pris part.
On avait dit que c’est la première conférence
entre responsables arabes et israéliens de haut
niveau sous le parapluie international. Après
des discussions et des discours, la conférence
de Madrid s’était achevée sans résultat. Les
choses ont continué comme avant « l’Etable de
David » et avant « Madrid ». Puis on nous a
présenté « Oslo », en disant c’est bon, il n’y a
plus de problèmes entre Palestiniens et
Israéliens.
Abou
Mezen a conduit des négociations, mais rien n’a
changé. C’est davantage de terreurs pour les
Israéliens même. Ils ont subi des missiles du
Hezbollah et l’action des Fédayins. Ils n’ont
pas vécu et ne vivront pas en sécurité de cette
manière.
Après c’était le tour de la conférence
«d’Annapolis ». Là-aussi, on a dit, c’est la
solution définitive. Mais rien n’a changé.
Pour
permettre à Obama d’éviter d’emprunter les voies
de ces politiques perdantes adoptées par ses
prédécesseurs, la politique des conférences qui
appellent à créer deux Etats, un palestinien et
un autre israélien vivant côte à côte, chose qui
est impossible car nous l’avons expérimentée, il
n’y a qu’une seule solution, celle d’un seul
Etat démocratique.
S’il
veut mettre fin à la haine arabe envers
l’Amérique, qu’il modifie cette politique au
lieu de ruminer les théories révolues qui ont
montré leur limite.
Il
faut dire qu’il y a trois Etats côte à côte :
Gaza, la Cisjordanie et l’Israël actuel. Nous ne
pourrions plus parler de deux Etats. Il se peut
que la Cisjordanie ou l’autorité palestinienne
soit sur le chemin de négociation et peut-être
que Gaza emprunte actuellement la voie de la
guerre ; ce qui rendrait possible l’accord avec
l’un et un désaccord avec l’autre. Donc, même
l’histoire de la solution à deux Etats vivant
côte à côte n’existera plus. La réalité sera
tout autre. Donc aujourd’hui, nous avons trois
Etats.
La
solution réside dans la prise de position
américaine au côté du peuple palestinien pour le
retour de ses refugiés. En ce qui nous concerne,
si les Palestiniens retournent chez-eux, et si
on procède au démantèlement de l’arsenal
nucléaire israélien, il n’y aurait plus de
problème car les Arabes ne peuvent pas vivre
dans l’ombre des missiles nucléaires israéliens
même après le règlement de la question de la
Palestine.
Il
n’est pas possible que les Arabes soient
désarmés et qu’au cœur de ses territoires un
Etat ennemi détienne des armes de destruction
massive. Je pense qu’Obama comprend bien cela,
mais hélas, je crois, chaque président américain
a peur des juifs.
Moi,
personnellement, j’ai dit plusieurs fois que je
crains une action des juifs contre la vie d’Obama.
Il pourrait que sa fin soit identique à celle de
Kennedy, qui a décidé d’inspecter sur les
réacteurs de Dimona, ce qui fut la cause de sa
mort.
J’ai
évoqué cette question aux Nations-Unies et j’ai
cité des noms. Peut-être que Barack Obama –
Barack Hussein Obama, c’est son vrai nom– subira
le même sort. Bien sûr j’ai peur pour lui des
Israéliens précisément. Nous prions pour lui car
il est notre fils, le fils de l’Afrique. Mais il
peut avoir du zèle et décider de l’inspection
des réacteurs de Dimona. Il faut se débarrasser
des armes de destruction massive.
Les
Arabes doivent refuser la paix qui ne
s’accompagne pas du démantèlement des réacteurs
de Dimona. Tous les pays de la région doivent
être désarmés sinon tous les pays du
Moyen-Orient doivent entrer dans une phase
d’armement nucléaire et ce serait de leur droit.
C’est ce que j’ai voulu dire en général à propos
du peuple libyen, du peuple américain et de
l’état de relations entre ces différents
peuples. Nous attendons voir ce que va faire
l’Amérique, la balle est dans son camp. Nous
avons confiance en notre fils, nous allons
l’aider et le soutenir s’il continue sur la voie
de ses politiques pacifistes, raisonnable et
sages.
Que
Dieu soit loué ! Bonne santé et meilleurs vœux.
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