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Au nom de Dieu,
le Miséricordieux…
Mon cher frère,
le Président Idriss Deby Itno,
Mes chers frères
Présidents des Etats de la Communauté du Sahel
et du Sahara… CEN-SAD ;
Tout
d’abord en votre nom, je remercie infiniment
notre frère le Président Idriss, le peuple
tchadien et son gouvernement pour le bon accueil
et les facilités pour la tenue de ce sommet à N’Djaména
dans des conditions très satisfaisantes et
sures. Nous le remercions également pour avoir
réuni les conditions favorables afin de réaliser
notre travail dans l’ombre de cette atmosphère
fraternelle et très hospitalière.
Il m’est agréable
de voir les changements à N’Djamena en me
promenant dans la ville. J’ai remarqué qu’elle
est en train de se développer. Les bâtiments en
ruine et vieillissants commencent à disparaître
au profit de nouvelles bâtisses. J’ai vu des
Institutions financières… la banque de la
Cen-sad et d’autres grandes banques avec leurs
succursales… j’espère que cela doit produire les
mêmes effets dans d’autres pays du Sahel et du
Sahara. C’est ce que les masses, les peuples et
les citoyens demandent. Ils demandent le
développement, la paix, la stabilité, la dignité
humaine, la fierté et l’indépendance économique
et politique. C’est la revendication des peuples
pour laquelle ils ont âprement luttés.
J’ai hautement
apprécié la teneur du discours de mon frère le
Président Idriss Deby et j’adhère à ses points
de vue que nous devons considérer et nous y
référer dans nos documents officiels.
Mon frère Idriss,
je vous félicite pour ces réalisations qui
commencent à apparaître à N’Djaména et dans tout
le pays sous votre courageuse et sage direction
malgré les nombreuses tentatives qui cherchent à
porter atteinte à la stabilité du Tchad. Mais
grâce à notre soutien, à votre courage et à
l’adhésion du peuple tchadien, toutes ces
tentatives sont restées vaines ; ce qui permet
aujourd’hui au Tchad de suivre son chemin vers
le développement et vers son édification.
J’apprécie
également l’allocution de mon cher frère, le Roi
Salem Qabaqibi, Roi de Savalou en République du
Bénin qui nous a fait entendre la voix du peuple
africain et la base populaire traditionnelle.
Ces royaumes sont la véritable base sociale
traditionnelle africaine. Ces royaumes et rois
et leurs traditions africaines sont éternelles
contrairement aux présidents et aux politiques
qui changent.
Ô frères, nous
sommes à la veille du sommet de l’Union
africaine à Kampala. Ce que nous discutons lors
de ce sommet, doit influer sur le sommet de
Kampala car la Cen-sad représente la majorité
écrasante de l’UA et sans les voix de la
Cen-sad, l’UA ne parviendra pas à la majorité
des 2/3 qui permet d’adopter toutes les
décisions. Donc, la parole et la position de la
Cen-sad ont une très grande importance et sont
très influentes au niveau de l’UA.
Comme les
décisions du sommet de la Cen-sad à N’Djamena
seront influentes demain au sommet de Kampala,
la création de la communauté de la Cen-sad aura
été influente en Afrique. C’est elle qui
rapproche et encourage la mise en place de l’UA.
C’est-à-dire que la création de la Cen-sad a été
un pas décisif et historique qui encourage la
mise en place de l’UA juste au lendemain de sa
propre création. Avant la Cen-sad, il y en avait
beaucoup d’autres regroupements sans influence
sur la politique africaine. C’est dire que la
Cen-sad est aujourd’hui la base de l’Union
africaine, la base pyramidale du continent
africain. Comme vient de le souligner le frère
Idriss dans son allocution, la Cen-sad s’étend
de l’océan indien à l’océan atlantique et
effectivement, elle s’étend des Iles Comores aux
Iles de Sao Tomé et Principe. C’est cela la
Cen-sad qui est la base de l’UA, même les
experts de l’Afrique qui nous ont présentés leur
rapport à Accra, n’ont pas souligné les points
positifs pour les communautés africaines mais
ils ont dit « on peut consulter le rapport – que
la Cen-sad est l’unique communauté sur laquelle
on peut compter en Afrique et c’est une
communauté politique, économique et sociale et
même idéologique... »
Nous voulons lors
de cette rencontre ou cette séance, réfléchir
sur nous-mêmes, sur notre valeur et le poids de
notre communauté de la Cen-sad.
C’est une chose
importante pour bien déterminer notre place et
notre influence, chose qui aura un impact sur
nous et sur les autres qui prennent en compte la
communauté comme représentant la majorité
écrasante sans laquelle nous n’atteignons aucun
quorum à l’Union africaine. La communauté recèle
de très importantes potentialités. Nous avons la
volonté politique et aussi le besoin qui nous
pousse à les exploiter pour une nouvelle vie
prospère, digne sur les terres de la Cen-sad et
en Afrique.
Nous sommes
l’unique région en Afrique où se concentrent
toutes les richesses contrairement aux autres
presque dépourvues de ressources. Nous avons le
pétrole, le gaz, l’eau, des fleuves, l’uranium,
le fer, le cuivre, le phosphate, les ports sur
mers et océans. Elle est plus proche de l’Europe
que les autres régions. Nous avons les
principales richesses animalières d’Afrique…
peut-être la plus grande richesse animalière au
monde se trouve dans la zone de la Cen-sad, la
plus grande zone zoologique, d’élevage ainsi que
les gisements de minerais que je viens de citer,
sont là en quantités énormes.
A titre
d’exemple, la Grande Jamahiriya, et Dieu dit-
tu dois parler des Grâces de Dieu – la
Jamahiriya libyenne a aujourd’hui, à cette
heure, 90 milliards de USA$ en quête de marchés
pour les investir. C’est une richesse pour la
Cen-sad et une richesse pour l’Afrique.
Ce n’est pas de
la propagande, ce sont des comptes dans les
banques. Le marché libyen ne peut pas accueillir
ces grands fonds. Il peut simplement accueillir
une partie. Nous sommes tournés vers l’Afrique
qui peut-être, pourra les accueillir et la
communauté doit avoir la part du lion de ces
fonds. Quand la Suisse a détruit les mosquées,
nous avons retiré $7 milliards des banques
suisses. Cette somme est encore entre nos mains
à la recherche d’un marché autre que le marché
suisse, pour les investir. Ceci nécessite une
stabilité, une paix, une sécurité, une confiance
et une vraie indépendance... une volonté
politique et une absence de corruption.
Il ne doit pas y
avoir une corruption dans l’administration et
dans la politique. Il faut la stabilité, une
sécurité, des institutions financières garanties
qui accompagnent ces fonds et des projets utiles
économiquement dans lesquels ces fonds seront
investis.
C’est cela la
vraie indépendance. C’est ce qui nous libérera
du besoin et de tendre la main, la main de la
mendicité qu’on tend aux autres qui nous la
tordent et nous humilient en exigeant notre
soumission envers eux afin de nous donner
l’aumône.
Nous ne sommes
pas créés comme ca… nous sommes leurs égaux sur
terre et sous le soleil. Nos potentialités sont
plus importantes que les leurs. Ils nous ont
colonisés car ils avaient besoin de nous.
Pourquoi ont-ils
colonisé l’Afrique ? Ils l’ont fait parce qu’ils
avaient besoin de l’Afrique et de ses richesses.
Ce qui veut dire que l’Afrique est riche et
qu’ils sont pauvres.
Ceci exige une
conscience politique africaine, une révolution
africaine, un éveil africain, un éveil de
conscience africaine, une conscience africaine
et un débarras du complexe d’infériorité. Ils
nous ont promis des milliards mais ils ne nous
ont rien donné sauf l’ingérence dans nos
affaires intérieures.
Mais ces 90
milliards, c’est notre argent et pas le leur.
Ils sont entre nos mains, donc il faut mettre
fin à la corruption, à l’insécurité et nous
devons consolider la confiance entre nous afin
de l’investir.
Sur le plan
politique, nous allons vers le Sommet de l’Union
africaine. Nous, la Cen-sad, avec ces grands
moyens et cette grande majorité de sièges à
l’Union africaine… nous avons un message que
notre représentant le Président Idriss Deby Itno
doit transmettre. Nous devons leur dire qu’il
nous faut revenir aux décisions des sommets
africains après la mise en place de l’Union
africaine. Que nous exigeons leurs applications
immédiates et le respect des engagements sans
aucune déviation et sans aucun recul.
Depuis la mise en
place de la commission que nous avions
constituée sous la présidence de Museveni
jusqu’à nos jours, nous parlons toujours de la
nécessité d’accélérer la mise en place d’un
gouvernement unioniste africain continental qui
sera un outil pour appliquer nos décisions aux
différents niveaux et un moyen pour exécuter
notre politique économique, sociale et
politique…
Nous œuvrons en
tant qu’union et avant cela, en tant
qu’organisation de l’unité africaine, sans un
outil d’exécution. Nous avions un secrétariat
qui existe jusqu’à maintenant… auparavant, il
était appelé secrétariat et aujourd’hui on parle
de commission et demain il sera appelé autorité
ou autre chose…
Cependant, il
reste le même : un simple secrétariat, des
secrétaires, une commission… mais depuis 1963,
nous n’avions pas constitué un outil fédéral
continental africain qui applique les décisions
des ministres dans tous les secteurs ou les
décisions des sommets africains.
Après la mise en
place de l’Union africaine, la nécessité de
créer un outil exécutif fédéral s’est imposée.
Nous avons voulu que le conseil exécutif prévu
dans les statuts de l’UA… que cet outil ne soit
pas composé uniquement comme il l’est
aujourd’hui des ministres des affaires
étrangères. Le mot exécutif veut dire une
institution exécutive qui applique les décisions
dans les domaines de l’agriculture, de la santé,
de l’enseignement, tout ce qui vit sur terre,
dans l’air en mer et dans tous les autres
domaines que je n’ai pas cités… et vous diriez
que tous ces domaines sont des prérogatives
dévolues aux ministres des affaires
étrangères…
Nous n’avons pas
encore constitué un conseil exécutif, ni un
gouvernement fédéral mais on évoque tant de fois
la nécessité de la mise en place d’un
gouvernement fédéral, l’accélération de l’unité
du continent, sa défense de manière commune...
Nous allons leur
soumettre les décisions des sommets africains et
les décisions des conseils exécutifs composés
des ministres des affaires extérieures. Nous
sommes obligés de revenir sur toutes ces
décisions qui parlent d’un gouvernement de
l’union. Nous ne voulons pas renoncer à cette
revendication.
En tout cas, si
certains pays sont incapables ou si leur volonté
n’est pas libre, ou s’il y a des pays dont la
souveraineté est hypothéquée ou qui sont
inconscients, nous ne devons pas les suivre car
un jour ils reprendront conscience et
comprendront et seront obligés de nous
rejoindre.
Sans un
gouvernement africain continental qui commence
dès aujourd’hui, la réalisation de l’unité
africaine même si cela exige des dizaines
d’années, sans la création de cet outil qui doit
se faire immédiatement, nous n’avons pas
d’autres choix que l’application et le respect
des décisions des sommets africains, des statuts
de l’Union africaine… et celui qui refuse la
mise en application de ces décisions doit
assumer ses responsabilités car sa position est
de ce fait, illégale.
Celui qui ne veut
pas respecter les statuts est dans une position
illégale et doit assumer ses responsabilités.
Les statuts exigent l’unité immédiate du
continent et l’accélération de celle-ci par la
création d’un outil de réalisation et de défense
du continent.
Les décisions
existent. Elles seront soumises au sommet de l’UA
par le Président Idriss Deby Itno, Président en
exercice de la Cen-sad qui parlera en notre nom.
Nous ne voulons pas perdre le temps ni entrer
dans des attaques personnelles. Il n’est donc
pas nécessaire que tous les présidents de la
Cen-sad se rendent à Kampala. Nous prenons part
à ce sommet, nous décidons et rédigeons notre
message qui sera porté par notre représentant.
Notre présence est sans importance puisque nous
n’aurions plus autre chose à ajouter à notre
déclaration.
Quant au thème
retenu pour le sommet à savoir la santé
maternelle et infantile, ce thème nous ne le
débattrons pas car nous ne sommes pas l’UNICEF.
C’est de son domaine de compétence. En tout cas,
nous devons avoir confiance en nous-mêmes, en
nos capacités. L’avenir sera prospère. Inchallah,
pour nos enfants et nos petits enfants. Dieu
nous a créés pour être libres, forts et pour
l’adorer. Nous sommes des hommes libres et non
des esclaves.
Vive l’Afrique
unie et forte,
Vive la
communauté Sahélo-saharienne base de l’Union
africaine. » |