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Agents de sécurité, éléments de
corps paramilitaires, logisticiens...
Qui est soldat en Irak et qui ne
l'est pas ? Sur qui peut-on tirer sans violer les
lois protégeant la population civile ? La réponse
à ces questions est moins évidente qu'il n'y
paraît. La multiplication d'agents de sécurité en
armes, d'éléments de corps paramilitaires et de «
logisticiens » des « forces de la coalition » sème
un trouble réel. Si bien que Christopher Caldwell,
rédacteur en chef du Weekly Standard, se demande
si les quatre employés américains de Blackwater
USA (une société privée de défense), massacrés à
Fallouja en mars, sont réellement des civils. Et
si Fabrizio Quattrocchi, l'agent de sécurité
italien kidnappé et assassiné à la mi-avril,
n'était pas une cible militaire légitime.
Si les conventions de Genève sur le
droit de la guerre limitent les hostilités aux
seuls combattants, c'est-à-dire aux membres des
armées belligérantes, la réalité du terrain en
Irak ne permet pas une nette distinction. Dans un
contexte d'occupation, les dix mille agents de
sécurité lourdement armés présents dans le pays
passent pour des adversaires objectifs de la
population civile aux prises avec l'occupant. Ils
surveillent en effet des biens et sites
stratégiques qui peuvent être des cibles légitimes
pour les « résistants ».
Que dire, en outre, des 24 000
employés de la compagnie américaine Halliburton,
chargés de la restauration et du nettoyage dans
les camps des GI's, c'est-à-dire de la «
logistique » qui prépare les boys au combat ?
Est-ce un hasard s'ils sont devenus une cible pour
les combattants irakiens, qui en ont tué trente
depuis l'ouverture des hostilités ?
Bien que protégés par le droit de
la guerre, les milliers d'Américains qui
travaillent pour restaurer la production
pétrolière en Irak sont tout autant exposés. Pas
seulement parce qu'ils sont en territoire ennemi,
sur le sol d'un pays étranger dont les nationaux
sont ouvertement en guerre contre l'armée des
États-Unis. Ils incarnent aussi, et surtout,
l'aspect le plus contestable de cette guerre : la
mainmise sur le pétrole irakien à la faveur d'un
usage illégal de la force.
Le conflit en Irak échappe donc aux
catégories classiques du droit international
humanitaire. La raison en est simple : il n'oppose
pas deux armées ordinaires, mais une force
d'occupation dotée d'armes sophistiquées à des
résistants civils moins bien équipés, contraints à
recourir à des actes de guérilla et autres prises
d'otages pour atteindre l'ennemi.
Cheikh Yérim Seck
Source: Jeune Afrique
l’Intelligent du
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