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Washington veut agir après le scandale des sévices en Irak

 

D’après l’Agence France Presse ce matin à Bagdad, Washington semble déterminé à corriger son image auprès de l'opinion publique arabe et internationale après la publication de photos sur des sévices infligés à des prisonniers irakiens par des militaires américains qui ont suscité l'indignation à travers le monde.

Face à la critique qui s'amplifie sur ces photos diffusées le 28 avril et montrant des mauvais traitements et des scènes d'humiliation dans la prison d'Abou Ghraib près de Bagdad, le président George W. Bush et le secrétaire d'Etat Colin Powell ont assuré que les auteurs de ces actes seraient punis.

Dans ce contexte, un entretien avec M. Bush doit être diffusé dans la journée par la télévision arabe Al-Arabiya basée à Dubaï. "Nous devons dire à la communauté internationale: l'Amérique, ce n'est pas ça", a déclaré le chef de la minorité démocrate au Sénat, Tom Daschle, en réclamant que le Congrès à majorité républicaine condamne formellement les sévices. A Genève, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), d'ordinaire très prudent dans ses déclarations, a demandé des sanctions pénales si ces actes sont avérés, estimant que "quand il y a des informations faisant état de torture, il est extrêmement important qu'il y ait une enquête sérieuse".

Le secrétaire à la Défense, Donald Rumsfeld, a souligné que "les actions des soldats sur les photos étaient totalement inacceptables et non-américaines" et que cette affaire "portait tort de façon fondamentale" aux Etats-Unis. "Ces individus seront présentés à la justice militaire", a assuré Powell, admettant être "profondément inquiet des effets que ces images pourront avoir". La Maison Blanche a confirmé que le Pentagone a lancé une enquête approfondie dans "tout le système pénitentiaire pour s'assurer qu'il n'y ait pas de problème systématique".

Le président "veut vraiment que le Pentagone examine bien tout cela et prenne des mesures contre ceux qui sont responsables de ces actes épouvantables". L'armée américaine a reconnu lundi que les sévices commis dans la prison irakienne d'Abou Ghraib avaient un caractère "systématique". Un rapport américain indique que des soldats ont "frappé" et "sauté sur les pieds nus" des prisonniers, "utilisé des chiens sans muselière pour faire peur aux détenus", "sodomisé un détenu", "menacé les détenus masculins de viol".

Au total, cinq enquêtes séparées sont menées, selon les militaires américains. La prison d'Abou Ghraib compte 4.500 prisonniers. Quelque 11.000 détenus sont dans d'autres centres pénitentiaires en Irak. Après le scandale suscité par ces révélations, l'armée américaine a interdit de couvrir la tête des prisonniers avec des sacs, a indiqué mardi un haut responsable de la coalition.

D'autre part, Colin Powell s'est déclaré "surpris" mardi par l'intensité de la résistance irakienne à l'occupation américaine, dans un entretien avec la chaîne américaine CNN, tandis que le secrétaire américain à la Défense annonçait que les effectifs militaires américains en Irak resteront à leur niveau actuel au-delà des trois mois à venir, avec environ 135.000 soldats. Au départ, le Pentagone voulait réduire le niveau des forces en Irak pour atteindre 105.000 à 115.000 hommes.

Sur le terrain, neuf membres de l'Armée du Mehdi (milice du chef radical chiite Moqtada Sadr) ont été tués dans des affrontements avec des soldats de la coalition la nuit dernière à Diwaniyah, au sud de Najaf, selon un adjoint de M. Sadr. Moqtada Sadr a déclaré à ses partisans qu'il les mènerait au martyre, lors d'une visite d'inspection de ses miliciens mardi à Koufa, proche de la ville sainte chiite de Najaf où il a trouvé refuge depuis plusieurs semaines. "Nous voulons que vous soyez plus vigilants et plus disciplinés et, si Dieu le veut, je vous mènerai au martyre", a déclaré M. Sadr à ses partisans.

 

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