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Les
excuses du premier ministre britannique sont
intervenues alors que les députés britanniques
réclament au gouvernement travailliste la
publication d'un rapport confidentiel de la
Croix-Rouge (CICR) sur le traitement des détenus
irakiens reçu par Londres dès le mois de
février.
Alors que le scandale sur les sévices infligés
aux détenus dans les prisons irakiennes ne cesse
de s'amplifier aux Etats-Unis, la
Grande-Bretagne, à son tour, est touchée par
cette affaire. Le premier ministre, Tony Blair,
a exprimé dimanche soir 9 mai des excuses pour
les sévices infligés aux prisonniers en Irak par
des soldats britanniques, alors que le ministre
de la défense, Geoff Hoon, doit faire une
"déclaration" lundi devant les députés.

"Nous
avons déjà dit avec une absolue clarté que nous
présentions nos profondes excuses à quiconque
aurait été maltraité par n'importe lequel de nos
soldats.
(...)
C'est tout à fait inacceptable de la part d'un
soldat britannique ou américain, de qui que ce
soit participant à la coalition",
",
a déclaré Tony Blair sur la chaîne de télévision
française France 3.
"Nous
sommes allés en Irak pour mettre un terme à ce
genre d'abus, pas pour nous y livrer",
a-t-il poursuivi.
Ses propos, tenus au terme d'un déplacement à
Paris dans le cadre de la Journée de l'Europe,
sont intervenus alors que son gouvernement a
annoncé que le Comité international de la
Croix-Rouge (CICR) avait exprimé, dès le mois de
février, des inquiétudes quant au traitement de
détenus dans les prisons contrôlées par les
Britanniques.
A
la demande pressante de membres de tous les
partis britanniques, le secrétaire à la défense,
Geoff Hoon, a accepté de s'exprimer lundi devant
les Communes. Il sera notamment interrogé sur
les inquiétudes du CICR.
La
Croix-Rouge avait fait savoir, vendredi, que ses
visites l'an dernier dans des centres de
détention en Irak avaient révélé des violations
des conventions internationales sur les
prisonniers de guerre équivalant dans certains
cas à de la torture. Les sévices supposés
étaient principalement l'œuvre de soldats
américains, a précisé le CICR, qui a cependant
averti Londres de son inquiétude à propos du
traitement des Irakiens dans les prisons gérées
par les forces britanniques.
Dans un
entretien publié lundi par le
Daily
Telegraph,
Jeremy Greenstock, ancien émissaire britannique
en Irak, affirme cependant que les autorités
britanniques ignoraient tout de ces sévices
présumés.
"Nous
n'étions pas impliqués et ne savions rien des
méthodes d'interrogatoire ni, en aucune manière,
de la façon dont des gens étaient traités",
assure-t-il.
LES
COUPABLES DEVANT LES TRIBUNAUX
Dimanche, Robin Cook, l'ancien secrétaire au
Foreign Office de Tony Blair, a exhorté le
gouvernement à publier le rapport du CICR. Le
ministère de la défense a répondu que ce rapport
était confidentiel et fait savoir que les
recommandations de la Croix-Rouge avaient été
suivies.
Robin Cook
a également estimé que Tony Blair éprouvait
d'énormes difficultés à se concentrer sur les
affaires intérieures plutôt que sur ce qu'il a
appelé la
"grave
erreur"
irakienne.
"Le moment
va venir où il devra se demander s'il peut
réussir dans cette tâche ou si quelqu'un d'autre
devrait s'y atteler",
a-t-il déclaré à la BBC.
Dans
l'après-midi de dimanche, Tony Blair avait fait
part de sa détermination à juger ceux qui se
seraient rendus coupables de mauvais
traitements.
"Ceux qui
sont coupables de ces exactions seront traduits
devant les tribunaux",
a-t-il déclaré lors d'une interview sur la
chaîne d'information continue française LCI.
"Nous
condamnons sans aucune réserve ces agissements,
mais je voudrais ajouter qu'il y a aussi des
milliers de soldats britanniques en Irak qui
tentent d'aider les Irakiens de leur mieux",
a
dit M. Blair.
Cette
affaire a cependant poussé, dimanche, Lord David
Puttnam, membre de haut rang du Parti
travailliste de Tony Blair, à appeler à la
démission du premier ministre. Dans un entretien
accordé à la chaîne de télévision anglaise ITN,
ce pair du royaume estime que des mois et des
mois de couverture médiatique négative sur
l'Irak amenuisent les chances électorales du New
Labour.
"Le premier
ministre est synonyme d'Irak, et l'Irak ne
livrera que de mauvaises nouvelles",
analyse-t-il dans cet entretien dont ITN rend
compte sur son site Internet.
"Si j'étais
lui, je m'en irais avant les vacances
parlementaires de cet été",
poursuit-il.
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