|
DE LA DEMOCRATIE IMPORTEE
Hier
avec le monolithisme politique, l’Afrique a
connu une certaine stabilité, même si celle-ci
était relative. On a encore en mémoire la
Côte-d’Ivoire d’Houphouët BOIGNY, le Zaïre de
MOBUTU, de regrettés mémoires et j’en oublie
certainement. Ces despotes comme on les appelait
ont fait la pluie et le beau temps dans un
contexte où la dictature de la minorité était à
la mode.
Aujourd’hui, avec la démocratie
pluraliste, guerre, terrorisme, émeutes, coup d’Etats,
sont le lot quotidien du peuple africain. Ce qui
laisse entendre que chaque courant politique a
ses réalités. Face donc aux tares qui minent le
berceau de l’humanité de nos jours, peut-on
regretter la disparition des régimes
totalitaires ? Autrement dit, l’Afrique
avait-elle besoin d’importer la démocratie
occidentale.
Au regard des réalités culturelle,
politique, sociale et économique du continent,
l’Afrique pouvait d’abord se passer du
pluralisme politique bien que mondialisation
oblige.
En effet plusieurs maux affectent
l’Afrique : misère, pauvreté, maladie
pandémique, chômage, égocentrisme, etc. c’est
pourquoi, un chef d’Etat a déclaré « la
démocratie ne s’accommode pas de la pauvreté ».
Si le
président français Jacques CHIRAC soulignait
qu’il faut du temps pour que la démocratie
s’enracine en Afrique c’est justement parce que
celle-ci a d’énormes difficultés, qu’elle doit
se résoudre dans une approche endogène. Car
l’intervention étrangère n’empire que la
situation, ces derniers ne cherchant que leurs
intérêts (Côte d’ivoire, RDC, Soudan, Tchad,
Somalie et j'en passe).
L’Afrique doit cesser de penser que le
« meilleur » vient du « Nord » et mettre en
application le leitmotiv « les problèmes
africains aux africains ». Si les initiatives
comme le nouveau partenariat pour le
développement africain (NEPAD), « le
panafricanisme » venaient à être concrétisés,
l’Afrique pourra faire son entrée dans la « cour
des grands » et aura son mot à dire au sein du
conseil de sécurité des Nations unies. Le mal
africain résidant dans l'absence de compromis et
de vision et, demeurant dans des querelles aux
allures de rivalités absolues entre individus se
réclamant la primauté de l'existence, on a
chaque fois à passer que l'Afrique et mal partie
pour paraphraser Jean Jaurès.
L’échec du multipartisme réside aussi dans le
fait que les partis politiques déjà
pléthoriques, (200 environ au Cameroun) par
exemple, n’arrivent pas à s’entendre. Cette
abondance constitue un obstacle à l’unité
nationale et à la stabilité politique. Les cas
de la RCA et du Togo sont légions. Même les
soi-disant pionniers de la démocratie ont du mal
à s'en prendre. Le moins que l’on puisse dire,
c’est que l’échiquier politique africain marque
les pas sur place en évoluant en rangs dispersés
(égocentrisme chez les uns, immaturité politique
chez les autres) pourtant l'expérience pilote de
la Grande Jamahiriya ne cesse d'étonner les
adeptes de la démocratie de masse.
|