Liens Email Contactez-nous Arabic

 

 

EDITORIAL Par Gilbert COUEBOU NGANGO                                 Douala Cameroun
10décembre 2006, 10:15

 

           

DE LA DEMOCRATIE IMPORTEE

             Hier avec le monolithisme politique, l’Afrique a connu une certaine stabilité, même si celle-ci était relative. On a encore en mémoire la Côte-d’Ivoire d’Houphouët BOIGNY, le Zaïre de MOBUTU, de regrettés mémoires et j’en oublie certainement. Ces despotes comme on les appelait ont fait la pluie et le beau temps dans un contexte où la dictature de la minorité était à la mode.

            Aujourd’hui, avec la démocratie pluraliste, guerre, terrorisme, émeutes, coup d’Etats, sont le lot quotidien du peuple africain. Ce qui laisse entendre que chaque courant politique a ses réalités. Face donc aux tares qui minent le berceau de l’humanité de nos jours, peut-on regretter la disparition des régimes totalitaires ? Autrement dit, l’Afrique avait-elle besoin d’importer la démocratie occidentale.

            Au regard des réalités culturelle, politique, sociale et économique du continent, l’Afrique pouvait d’abord se passer du pluralisme politique bien que mondialisation oblige.

            En effet plusieurs maux affectent l’Afrique : misère, pauvreté, maladie pandémique, chômage, égocentrisme, etc. c’est pourquoi, un chef d’Etat a déclaré « la démocratie ne s’accommode pas de la pauvreté ».

Si le président français Jacques CHIRAC soulignait qu’il faut du temps pour que la démocratie s’enracine en Afrique c’est justement parce que celle-ci a d’énormes difficultés, qu’elle doit se résoudre dans une approche endogène. Car l’intervention étrangère n’empire que la situation, ces derniers ne cherchant que leurs intérêts (Côte d’ivoire, RDC, Soudan, Tchad, Somalie et j'en passe).

L’Afrique doit cesser de penser que le « meilleur » vient du « Nord » et mettre en application le leitmotiv « les problèmes africains aux africains ». Si les initiatives comme le nouveau partenariat pour le développement africain (NEPAD), « le panafricanisme » venaient à être concrétisés, l’Afrique pourra faire son entrée dans la « cour des grands » et aura son mot à dire au sein du conseil de sécurité des Nations unies. Le mal africain résidant dans l'absence de compromis et de vision et, demeurant dans des querelles aux allures de rivalités absolues entre individus se réclamant la primauté de l'existence, on a chaque fois à passer que l'Afrique et mal partie pour paraphraser Jean Jaurès. 

L’échec du multipartisme réside aussi dans le fait que les partis politiques déjà pléthoriques, (200 environ au Cameroun) par exemple, n’arrivent pas à s’entendre. Cette abondance constitue un obstacle à l’unité nationale et à la stabilité politique. Les cas de la RCA et du Togo sont légions. Même les soi-disant pionniers de la démocratie ont du mal à s'en prendre. Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’échiquier politique africain marque les pas sur place en évoluant en rangs dispersés (égocentrisme chez les uns, immaturité politique chez les autres) pourtant l'expérience pilote de la Grande Jamahiriya ne cesse d'étonner les adeptes de la démocratie de masse.
 

Page d'Accueil

 

Tout Droit Réservé au MCR-Libye