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L’AMERIQUE A L’ASSAUT DU REGIME SYRIEN - 29/10/05 14:10

 

La machination occidentale et américaine contre les régimes arabes est une autre fois en route. On avait cru qu’avec les déboires enregistrés par l’armée américaine en Irak et les soubresauts de l’Otan en Afghanistan, ça pouvait être un leitmotiv indispensable pour une autocritique et une remise en cause de la politique internationale de la soi-disant plus grande puissance mondiale et de ses alliés de toujours. Depuis quelques semaines et avec l’annonce récemment faite (mercredi 26 octobre) par le magistrat allemand Detlev Mehlis méprisant la souveraineté du peuple syrien et taxant les dirigeants de ce pays, d’être les responsables inconditionnels de l’assassinat de l’ex-premier ministre Rafic Hariri et qu’intervienne assez imprudemment le fils de ce dernier en soulignant que les coupables doivent être arrêtés et poursuivis. C’est dire que l’exemple irakien n’aurait toujours pas aidé les frères arabes à se regarder dans le miroir pour mesurer le poids fatal des souffrances somatiques qu’ils causent à leur peuple.

Ce qui nous intéresse étrangement est l’importance accordée au décès de cet ex-ministre par les puissances occidentales et américaines. S’il avait été encore aux affaires, on aurait dû comprendre cet aspect d’acharnement contre le régime syrien. Il ne faudrait pas être un tacticien politique pour comprendre que derrière cette quête ou cette conquête de la vérité sur le décès de Hariri il y a des alibis assez convaincants ; c’est-à-dire que le fait que la Syrie soit dans la liste rouge des américains dans la fameuse « Axe du mal » de Bush fils et qu’elle soit frontalière à l’Irak, les forces américaines qui ne parviennent pas jusqu’ici à contrôler toutes les frontières irakiennes considèrent les frontières syriennes comme une porte d’entrée pour les combattants de la liberté qui s’oppose à l’occupation de Irak (– surtout au regard de la chute vertigineuse de la côte de popularité du Président Bush) ; Il faudrait trouver une stratégie politique pouvant entrer en Syrie et c’est justement pourquoi dans l’intervention du Président américain d’hier sur la CNN, il projetait déjà l’usage de la force pour amener la Syrie à coopérer dans cette fameuse enquête onusienne. Ce qui a donné l’occasion à Condelezza Rice et l’ambassadeur français au siège des Nations Unies de sceller des liens d’amitié, une formule bien pointillée pour laver le désaccord qui transperce jusqu’à nos jours les alliances franco-américaines au sujet de l’invasion de l’Irak et donc la France voudrait se rattraper.

Ensuite, le contrôle de la Syrie suppose une fin de la guerre en Irak et un affaiblissement de l’Iran ; ce qui permettrait justement aux américains d’avoir le monopole exclusif sur le monde arabe et d’imposer d’une part sa politique du « gros ventre » sur le pétrole du Moyen-Orient et contrecarrer à distance la progression de la Chine qui devient de plus en plus un grand danger contre l’hégémonie américaine sur le reste du monde après la chute du Mur de Berlin. Enfin, qu’est-ce qui  différencie le décès de l’ex-premier ministre syrien du décès du 1er vice-président soudanais Dr John Garang ? Ce dernier qui venait à quelques jours près d’accéder à la magistrature suprême du pays en tant que deuxième personnalité politique d’un pays déchiré et sectionné en deux par une guerre de plus de vingt ans ; Ce décès qui n’a presque pas intéressé le monde ni même les Nations Unies n’a toujours pas eu de verdict final et on se demanderait jusqu’à quand l’ONU publiera ses conclusions sur le crash de l’hélicoptère et sur une probable poursuite des auteurs de cet attentat ou pour mieux dire ce putsch. Une interrogation c’est que, si les américains et les européens veulent à tout prix retrouver les auteurs de la mort de Rafic, cet ex-premier ministre syrien, ne serait-ce pas peut-être parce qu’il avait un grand rôle à jouer dans la région du côté des mêmes américains contre les intérêts des arabes ou tout au moins de la Syrie. N’était-il pas un pion au service de la CIA ? Pourquoi un tel acharnement ? Véritable deux poids deux mesures ? Ou alors l’Afrique en général et le Soudan en particulier ne sont intéressés que lorsqu’il s’agit de guerres ou de famine ou des illustres plans de lutte contre la pandémie du SIDA ? Ou même alors, s’agit-il simplement d’une hallucination américaine contre les régimes arabes, mieux habiles à s’autogérer et à s’auto-suffire sans toujours avoir besoin chaque fois, de recourir aux secours des « grandes démocraties » pour gérer leurs peuples ? S’aurait-on un jour… et que le monde nous accompagne dans ses événements.

Par Gilbert. 
 

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