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Par
Gilbert Rocheteau
J’aurais
aussi bien voulu ne rien dire et rester tout
simplement calme comme il sied tant à l’Afrique
lorsqu’elle se trouve confrontée aux réalités
contemporaines. Mais ma conscience flagelle…
elle me démange comme cette punaise qui pince
ma peau et je ne saurais rester indifférent, du
moins, en frappant sur le clavier de mon
ordinateur, le fond de ma pensée sur ce qu’on
appelle partout de nos jours, la Crise
économique mondiale.
L’excuse
pour l’Afrique en 1929 était la colonisation…
les administrations africaines, l’économie, la
politique, la société, l’école, tout cela était
sous administration coloniale. Aussi lorsque la
crise battait son plein, l’Afrique ne pouvait
que se justifier par la présence du colon. Bien
évidemment, les jeunes africains qui
s’intéressaient déjà à la vie politique de
l’Afrique étaient encore sur les bancs dans les
métropoles coloniales. L’Afrique avait là une
bonne excuse.
Qu’en
2008, 79 ans après la chute de la bourse de
valeurs de Wall Street, et au moment où toutes
les économies du monde s’effondrent du fait de
la dégénérescence du capitalisme absolu que
défendent bec et ongle les Etats Unis
d’Amérique, l’Afrique s’excuse à nouveau… il y a
là une crise dans l’âme du continent africain.
De
Washington à Londres, Paris, Berlin, Madrid,
Moscou, Beijing, Tokyo… je veux dire, des
Amériques en Europe jusqu’en Asie, tous les
intellectuels, hommes politiques, Chefs d’Etat
se mobilisent pour trouver une solution face à
la crise qui secoue les USA et entraîne sur son
passage toutes les économies mondiales. Une
preuve tangible et justifiée que la solidité de
l’économie mondiale était bien imbriquée,
soutenue et protégée par l’économie
nord-américaine.
Et
l’Afrique ?
Ni l’UA
ni l’UEMOA, ni la CEMAC, ni même la SADC n'ont
manifesté la plus petite inquiétude, ne se sont
même pas interrogées sur les conséquences que
peut entraîner cette crise du capitalisme
occidental sur les économies volatiles de nos
pseudo états africains. Plus loin encore, nos
soi-disant spécialistes de l’économie
considèrent cette tempête économique comme cette
catastrophe nucléaire de Tchernobyl dont les
nuages toxiques étaient supposés s’être arrêtés
aux frontières de la France… comme pour bien
signifier, que cette crise économique est
européenne et non africaine car qu’elle ne
traversera jamais la méditerranée.
En tout
cas, réunis à Yaoundé au Cameroun en début de
ce mois d’octobre, les ministres de Finance de
la Zone Franc CFA sous l’encadrement du
Secrétaire d'Etat français au Commerce,
Anne-Marie Idrac, ont conclu : « Bien que
les pays de notre zone monétaire soient encore à
l'abri, nous en appelons à une vigilance accrue
des politiques économiques (…) » Enfin,
ils se sont félicités des «mesures
coordonnées prises par l'Union européenne pour
assurer la stabilité financière et en
particulier la garantie des dépôts des
institutions financières européennes »…
(Source apanews.net).
Traduisons mot à mot : « bon ben, comme l’Europe
nous rassure, nous pouvons nous coucher et
dormir car la France est là pour protéger nos
intérêts ». Voila comment nos exécutifs
financiers dirigent notre continent pour ne
prendre l’exemple que de la Zone Franc CFA. Ces
gros ventres dits Ministres des finances et
parfois même, ministres d’état ne trouvent aucun
zèle lorsque la France pour leur donner une
petite leçon d’économie, leur envoie un
secrétaire d’Etat les rassurer sur les finances
et les économies de leurs pays.
Et comme
les élèves en Afrique sont les purs copistes du
comportement des maîtres, au moment où l’UE
derrière Sarkozy se presse d’attirer l’appétit
des Etats-Unis pour une refonte du système
économique mondial, preuve que rien ne va pas et
qu’il faut impérativement changer l’ordre
économique mondial, et au moins prévenir les
conséquences calamiteuses qui pointent à
l’horizon, les maîtres -je veux dire les
chefs d’états africains- sont plus animés par le
festin qu’offre la Francophonie au Canada.
Peut-être y jouait-on la musique du Titanic ?
N’est-ce pas génial ? Puisque lorsque les choses
importantes se discutent entre les grands, on
peut distraire les enfants… et Sarkozy a bien su
jouer ce jeu à sa grande façon gauloise... et
comme il sait bien le faire. Et le moment venu,
les grands pourraient les convier à venir mettre
leur signature sur le papier final pour qu’il
ait une envergure internationale. Quelle
Afrique ? Quelle honte pour l’Afrique ???
N’est-ce pas que la majorité de nos experts
africains en économie sortent des grandes écoles
européenne et américaine… souvent réputés pour
être sortis majeur de promotion devant
ces mêmes Européens et Américains?
Que ne
s’est-il pas levé un responsable pour seulement
daigner relever que désormais le FMI et la
Banque Mondiale ne seront plus les bienvenus
pour annoncer l’Evangile économique et Financier
occidental !
Je me
souviens il y a quelques mois à Dakar, les
Africains avaient déversés toute leur colère sur
Sarkozy lorsqu’il nous demandait de réinventer
l’Afrique… d’écrire quelques pages de notre
histoire… On ne l’avait pas compris et
aujourd’hui, à travers ses actes il nous fait
retourner dans notre temple éternel… A nous
d’en prendre une fois de plus conscience… mais
comment ? Comment pourrions sortir de ce temple
éternel ?
Le sommet
de la Francophonie dont les lampions viennent de
s’éteindre au Québec a montré combien l’Afrique
engrange de dépenses inutiles sur des choses
futiles… Gaspillage, vagabondages diplomatique,
tout cela sur la tête des contribuables
africains. N’est-ce pas que les services de
protocole canadiens n’ont pas su gérer les
arrivées des chefs d’état africains alors que
les autres délégations ne donnaient aucune peine
pour une rencontre où seuls étaient attendus au
maximum cinq représentants par pays… nos chefs
d’états arrivaient avec une délégation
pléthorique de plus de 60 membres par
délégation, pour un sommet de défense de
la langue coloniale. De véritables rois
qui se déplacent avec toute leur cour !
Dirions-nous que l’Afrique est pauvre ? Elle ne
l’est pas c’est notre âme qui est pauvre.
Et comme
si ça ne suffisait pas, alors que le monde
entier grouille face au rebondissement des
marchés, la France témoigne de sa fidélité à
l’Afrique en remettant en scène l’affaire
Arche de Zoé. « France 24 » aurait su
claironner plus de trois jours durant, la
demande du gouvernement tchadien de paiement de
l’indemnité judiciaire que les membres de
l’Arche doivent pour indemniser les familles
des victimes. Autrement-dit, le Tchad aurait
besoin de 6 millions d’euros pour faire face à
la crise économique qui secoue l’économie
mondiale… n’est-ce pas ridicule ? Mais à nous
africains de relire notre âme dans le
charlatanisme africain pour réveiller ce temple
éternel endormi.
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