|
Nombreux sont les dirigeants africains qui ne se
préoccupent guère du sort de leurs
concitoyens de l’intérieur, ni de ceux qui
vivent malgré eux à l’Étranger hors du
Continent. Ces Présidents ne sont alors d’aucune
utilité pour les Peuples car ils sont au service
de la défense des intérêts de l’impérialisme et
des multinationales. Mieux encore, ils ne se
sentent nullement concernés lorsque le racisme
endémique anti-noir qui sévit dans les pays
développés du Nord fait des victimes dans les
populations à la peau d’ébène. Cette couleur est
pourtant aussi la leur.
Le mépris et les humiliations aux relents
racistes et colonialistes dont sont victimes
quotidiennement les Peuples colonisés avec le
récent et trop controversé article 4 de la loi
du 23 février 2005 qui demande aux programmes
scolaires de reconnaître « le rôle positif de la
présence française outre-mer, notamment en
Afrique du Nord », témoignent si besoin était de
la nostalgie des temps passés des colonies.
Ces dirigeants africains atteints de cécité,
n’ont aucun projet pour les générations futures.
Ils ne s’aperçoivent pas du danger de cette loi
scélérate qui risquerait de contribuer à la
recolonisation physique des indigènes «noirs»
d’Afrique afin de civiliser ces « hordes de
sauvages ».
Le mépris et le complexe de supériorité de
l’Homme blanc et de sa civilisation que porte
cette loi conditionneraient les nouvelles
générations françaises et les inciteraient à
rétablir la grandeur impériale de la France de
leurs aïeux colonisateurs.
L’inaction de certains dirigeants africains,
imposés et soutenus par les puissances
impérialistes et les multinationales, face aux
drames que vivent leurs compatriotes, les
disqualifient à diriger nos états.
Les Peuples africains comme tous les autres
n’ont-ils pas eux-aussi le droit de s’insurger
contre ces injustices afin de prendre son destin
en main ? Se révolter est un droit pour la
survie car nous n’accepterons jamais de
retourner à l’esclavage des temps de colonies.
Sous la pression de la mobilisation massive des
français d’origine africaine (du continent et
des DOM-TOM) et de certains intellectuels
progressistes français de « pure souche », le
Président Chirac a reculé en retirant bien
tardivement cette loi, le 26 janvier 2006 pour
un dossier qui a été introduit au parlement en
2005 et qui a suscité tant de polémiques.
Le retrait de l’article 4 de la loi du 23
février 2005 a t-il changé l’opinion des
français sur la colonisation ? sur les étrangers
ou français d’origine étrangère des banlieues?
sur les relations impérialistes de domination de
la France sur le pré carré d’Afrique ?
Les fondements historiques de cette loi sont
issus de la traite négrière.
1- Napoléon
L’organisation de la France moderne qui est
issue du code napoléonien reste encore fortement
marquée culturellement.
Dans un récent ouvrage qui a déchaîné les
passions chez les partisans du colonialisme, de
l’historien afro-antillais Claude Ribbe « Le
Crime de Napoléon », nous apprenons ainsi que
l’empereur Bonaparte Napoléon a rétabli
l’esclavage par l’extermination de tous les
citoyens gênant cette entreprise macabre. Mais
il introduit insidieusement du racisme au sein
des institutions françaises. Alors qu’ « au
moment du coup d’état de Napoléon, cela fait
plus de huit ans que tout individu est libre
aussitôt qu’il est entré en France et que tout
homme, de quelque couleur qu’il soit, jouit en
France de tous les droits du citoyen, s’il a les
qualités prescrites par la Constitution pour les
exercer. (Loi du 16 octobre 1791)»
Bonaparte,«pour la première fois sans doute dans
l’histoire de l’humanité, s’est posé
rationnellement la question de savoir comment
éliminer en un minimum de temps, avec un minimum
de frais et un minimum de personnel un maximum
de personnes déclarées scientifiquement
inférieures. » (p.25).
Sur ordre de l’empereur « plusieurs dizaines de
milliers de civils, sans distinction d’âge ni de
sexe, torturés, violés, gazés, noyés, fusillés,
roués, crucifiés, égorgés, étranglés, pendus,
affamés, empoisonnés, brûlés ou dévorés vifs,
simplement à cause de la couleur de leur peau. »
(p.193, 194).
Le racisme a été institutionnalisé par
l’Empereur comme en témoigne le contenu du
projet d’arrêté 2 Messidor an X (9 août 1777).
516.
SECTION de la marine.
C.en Dupuis, Rapporteur.
1.re Rédaction.
PROJET D'ARRÊTÉ
Tendant à prohiber l'introduction sur le
territoire européen de la République, des Noirs
et Gens de couleur.
Les Consuls de la République, sur le rapport du
ministre de la marine et des colonies ; le
Conseil d'état entendu ;
Vu la déclaration du 9 août 1777,
Arrêtent :
Art. I.er Aucun noir, mulâtre ou autres gens de
couleur de l'un et de l'autre sexe, ne pourront
s'introduire ni être introduits sur le
territoire européen de la République, à peine de
trois mille francs d'amende, et d'être
reconduits hors des frontières.
II. Les capitaines de navire, armateurs et
autres, français ou étrangers, qui auront
participé à l'introduction d'aucun des individus
énoncés en l'article I.er, seront garans et
responsables du paiement de l'amende, même des
frais de renvoi.
III. Les dispositions ci-dessus ne sont pas
applicables à tous ceux qui se présenteront
munis d'une autorisation spéciale des
capitaines-généraux, s'ils viennent des colonies
françaises ; et de l'autorisation des ministres
ou agents commerciaux de la République, s'ils
viennent d'ailleurs.
IV. L'article I.er ne sera exécutoire, en ce qui
concerne l'amende ou autre peine à prononcer en
cas de contravention, que dans un mois pour
l'Europe, trois mois pour le continent et les
mers d'Afrique ou d'Amérique, et neuf mois pour
le continent et les mers d'Asie, à compter du
jour de la publication.
V. Le ministre de la marine et des colonies et
celui de la police générale sont chargés, chacun
en ce qui le concerne, de l'exécution du présent
arrêté, qui sera inséré au Bulletin des lois.
A PARIS, DE L'IMPRIMERIE DE LA RÉPUBLIQUE.
2 Messidor an X.
2- Gambetta et Jules Ferry
Les extraits de différents discours ci-dessous
devant l’Assemblée des personnalités politiques
telles que Gambetta et Jules Ferry démontrent de
manière irréfutable l’esprit colonisateur,
impérialiste et le complexe de supériorité de la
race blanche civilisée qui aurait mission divine
de dominer les races inférieures noires des
colonies et autres peaux basanées des pays du
Sud.
En 1881-1882 Léon Gambetta, Président du Conseil
en 1881-82, a consolidé « l’héritage culturel »
napoléonien. sur l’impérialisme et le racisme
français en déclarant devant l’Assemblée: « La
civilisation européenne aura à lutter un jour
contre la subversion de la race chinoise... La
France doit conserver son rôle de soldat de la
civilisation. Dans le choc qui aura lieu, la
civilisation latine, dont la France est la tête,
doit préparer son terrain sous peine d'être
écrasée et annihilée en Asie centrale entre la
race anglo-saxonne et la race slave. Il faudra
donc que la France s'établisse au Tonkin... afin
de mettre la main sur l'Annam, sur le Royaume de
Siam et sur la Birmanie et d'avoir ainsi barre
sur les Indes, et d'aider la civilisation
européenne contre la race jaune »
Et le gouvernement de Jules Ferry initiateur de
la laïcité de l’école et pourfendeur de l’église
n'hésitera pas à justifier l'annexion par la
canonnière de l'Indochine au nom de « 40.000
chrétiens qui nous considèrent comme leurs
protecteurs »...
Suit un petit extrait du discours de Jules Ferry
du 28 juillet 1885 devant l'Assemblée:
M. Jules Ferry. « II y a des expéditions
coloniales qui sont légitimes et des aventures
qu'il ne faut pas craindre de courir parce que
l'honneur, les intérêts, la borne renommée et
l'avenir de la France y sont engagés. [...]
Un grand pays comme la France [...] a le culte
et le souvenir de toutes les grandes choses.
[...] Nous avons [...] une politique coloniale
d'expansion coloniale [...]
Une des reproches de l'opposition [...] est
d'avoir répondu aux impertinences des peuples
barbares par une trop longue condescendance,
c'est d'avoir trop longtemps négocié [...]. Il
n'y avait pas de négociation acceptable avec les
Hovas [alors dominants à Madagascar] [...].
L'honneur de la France exige que l'on ne se
laisse pas jouer plus longtemps par un petit
peuple barbare; autrement, c'est la civilisation
tout entière qui est compromise dans l'Extrême-Orient.
[...] Notre politique coloniale [...]
systématique [...] repose tout à la fois sur des
principes économiques et sur des intérêts, sur
des conceptions humanitaires de l'ordre le plus
élevé, et sur des considérations politiques...
M. Eugène Delattre. « Je crois bien, 20 000
cadavres ! “
M. Jules Ferry. « [...] Cette politique
coloniale [...] repose sur une triple base
économique, humanitaire et politique. [...]
Les colonies sont pour les pays riches un
placement de capitaux des plus avantageux. [...]
La fondation d'une colonie, c'est la création
d'un débouché. [...] Là où est la prédominance
politique, là est également la prédominance des
produits, la prédominance économique. [...]
Je dois également aborder [...] le côté
humanitaire [...]. M. Camille Pelletan raille
beaucoup [...], il condamne, et il dit:
« Qu'est-ce que cette civilisation qu'on impose
à coups de canon ? Qu'est-ce, sinon une autre
forme de barbarie ? [...] ».
[...]
Je vous défie [...] de soutenir jusqu'au bout
votre thèse qui repose sur l'égalité, la
liberté, l'indépendance des races inférieures.
[...] Il faut dire ouvertement qu'en effet les
races supérieures ont un droit vis-à-vis des
races inférieures... ".
M. Jules Maigne. « Oh! Vous osez dire cela dans
un pays où ont été proclamés les droits de
l'homme ! »
M. de Guilloutet. « C'est la justification de
l'esclavage et de la traite des nègres ! »
M. Jules Ferry. « Si l'honorable M. Maigne a
raison, si la déclaration des droits de l'homme
a été écrite pour les noirs de l'Afrique
équatoriale, alors de quel droit allez-vous leur
imposer les échanges, les trafics ? [...] Je
répète qu'il y a pour les races supérieures un
droit parce qu'il y a un devoir pour elles.
Elles ont le devoir de civiliser les races
inférieures. [... ] »
M. Eugène Delattre. « C'est pour cela que vous
n'avez pas fait de prisonniers en Chine et au
Tonkin ! »
M. Jutes Ferry. « [...] Vous avez prononcé une
parole offensante pour l'armée française »
A l'examen des extraits précédents, on comprend
bien que le racisme de la « classe politique »
française de l'époque était conscient, que ces
gens ne croyaient point à leurs propres
supercheries, que d'autres français dénonçaient
violemment ce racisme, que derrière le mot
« race » se cachaient systématiquement les
intérêts des lobbies financiers et rien
d'autre...
Même devant l'Assemblée, Ferry ne croit point à
ce qu'il dit en matière de « races », il ne
cherche à convaincre personne. Mais il dit à ses
confrères qu'il faut être raciste parce que
c'est là « l'intérêt de la France ». Examinons
bien ce paragraphe:
« Si l'honorable M. Maigne a raison, si la
déclaration des droits de l'homme a été écrite
pour les noirs de l'Afrique équatoriale, alors
de quel droit allez-vous leur imposer les
échanges, les trafics? [... ] Je répète qu'il y
a pour les races supérieures un droit parce
qu'il y a un devoir pour elles. Elles ont le
devoir de civiliser les races inférieures. [...
] »
Oui, si les « noirs » ont les mêmes « droits »
que les blancs, et s'ils rejettent
l'impérialisme français... comment va-t-on
pouvoir le leur imposer, si on doit respecter la
déclaration des droits de l'homme?
Corollaire: il ne faut pas que la déclaration
des droits de l'homme s'applique aux
« noirs »...
Et c'est la même rengaine que reprend Léon Blum
en 1925, avec une « touche d'humanisme » qui
veut dire en gros: on pourra éventuellement leur
accorder des droits quand ils auront été
« éduqués ». Autrement dit, quand ils auront été
entièrement assimilés par l'impérialisme
français, et qu'ils feront ce que nous voudrons!
Léon Blum dit devant l'Assemblée:
« Nous admettons le droit et même le devoir des
races supérieures d'attirer à elles celles qui
ne sont pas parvenues au même degré de culture
et de les appeler aux progrès réalisés grâce aux
efforts de la science et de l'industrie...
Nous avons trop d'amour pour notre pays pour
désavouer l'expansion de la pensée, de la
civilisation française »
3- Rappel Loi du 23 février 2005, article 4,
alinéa 2
Le 15 mars 2003, une proposition de loi déposée
à l’Assemblée nationale, portée par le député
UMP, Jean Léonetti, avait pour ambition de
reconnaître l’«oeuvre positive» des
ressortissants français en Algérie.
La proposition de loi avait été refusée pour une
question de procédure et devait passer devant la
Commission des Affaires sociales de l’Assemblée
nationale pour consultation.
Des mois se sont écoulés sans que la commission
ne publie les résultats de ses travaux.
Puis vint le 23 février 2005. La majorité
parlementaire de droite a voté le 23 février
2005 une loi « portant reconnaissance de la
Nation et contribution nationale en faveur des
Français rapatriés ». La plupart des articles de
ce texte visent à octroyer un statut (et une
« allocation de reconnaissance ») aux « Français
rapatriés »et aux Harkis.
Loi du 23 février 2005, article 4, alinéa
2:« Les programmes scolaires reconnaissent en
particulier le rôle positif de la présence
française outre-mer, notamment en Afrique du
Nord, et accordent à l’histoire et aux
sacrifices des combattants de l’armée française
issus de ces territoires la place éminente à
laquelle ils ont droit. »
Mais c’est dans cette loi du 23 février 2005 fut
introduite insidieusement la proposition de loi
du 15 mars 2003. En effet, on retrouve,
quasiment à l’identique, les termes de cette
dernière dans l’article 4 alinéa 2 : « Les
programmes scolaires reconnaissent en
particulier le rôle positif de la présence
française outre-mer, notamment en Afrique du
Nord, et accordent à l’histoire et aux
sacrifices des combattants de l’armée française
issus de ces territoires la place éminente à
laquelle ils ont droit. » Le mot « positif »
réapparaît, et les programmes scolaires sont mis
à contribution.
La loi n°2005-158 du 23 février 2005 portant
reconnaissance de la Nation et contribution
nationale en faveur des Français rapatriés, est
jugée par les originaires des pays colonisés et
progressistes français réécriture de l’histoire
officielle et un déni des crimes coloniaux comme
l’attestent les différents articles de cette
loi :
- article1: La Nation exprime sa reconnaissance
aux femmes et aux hommes qui ont participé à
l’œuvre accomplie par la France dans les anciens
départements français d’Algérie, au Maroc, en
Tunisie et en Indochine ainsi que dans les
territoires placés antérieurement sous la
souveraineté française. (...)
- article 4: Les programmes de recherche
universitaire accordent à l’histoire de la
présence française outre-mer, notamment en
Afrique du Nord, la place qu’elle mérite. Les
programmes scolaires reconnaissent en
particulier le rôle positif de la présence
française outre-mer, notamment en Afrique du
Nord, et accordent à l’histoire et aux
sacrifices des combattants de l’armée française
issus de ces territoires la place éminente à
laquelle ils ont droit.
Face à ce déni de l’histoire coloniale et de
toutes ses atrocités, des historiens français
progressistes on lancé une pétition «Non à
l’occultation des crimes coloniaux» qui a
recueilli des milliers signatures.
L’introduction de leur pétition contre cette loi
mentionne « qu’elle impose une histoire
officielle, contraire à la neutralité scolaire
et au respect de la liberté de pensée qui sont
au cœur de la laïcité.
Parce que, en ne retenant que le "rôle positif"
de la colonisation, elle impose un mensonge
officiel sur des crimes, sur des massacres
allant parfois jusqu’au génocide, sur
l’esclavage, sur le racisme hérité de ce passé.
Parce qu’elle légalise un communautarisme
nationaliste suscitant en réaction le
communautarisme de groupes ainsi interdits de
tout passé »
Cette victoire provisoire des nostalgiques de
l’Empire colonial français va déclencher des
vives protestations des ressortissants des
Peuples colonisés d’Afrique, d’Asie, des
Caraïbes et des français progressistes. Ce qui
obligea le Président Chirac à abroger le 26
janvier 2006 cette loi.
Il déclara : « Nous pouvons être fiers de notre
histoire, a-t-il déclaré mercredi. Mais c’est
aussi parce qu’on est à l’aise avec son histoire
que l’on peut reconnaître ses zones d’ombre et
ses épreuves », a-t-il poursuivi pour expliquer
sa position, citant en exemple le « déshonneur
de Vichy » et la commémoration de la rafle du
Vel d’hiv par un monument en 1995. Le 29
novembre dernier, les députés UMP avaient refusé
d’abroger l’article 4, poussant leur président,
Nicolas Sarkozy, à annuler un voyage dans une
Martinique qui lui avait promis un accueil
mouvementé »
Cette loi n’a suscité aucune réaction tant dans
les médias que dans le milieu politique et
associatif. La réaction de la classe politique
est bien tardive, il a fallu pour ce faire toute
la mobilisation d’historiens et d’enseignants
pour que l’opposition de gauche se manifeste.
Un récent sondage révèle que deux français sur
trois adhèrent à l’idée d’un rôle positif de la
colonisation. Cette prise de conscience tardive
de la nocivité de cette Loi ne serait-elle la
persistance dans le subconscient collectif
français de l’héritage culturel napoléonien sur
la colonisation ?
Cette Loi du 23 février 2005 qui porte gravement
atteinte à la dignité des peuples africains et
de leurs parents déportés des caraïbes n’a
suscité aucune réaction de protestation des
Dirigeants africains exceptés celle du
Professeur Mamadou Koulibaly, Président de
l’Assemblée nationale de Côte-d’Ivoire et
surtout en Algérie qui a connu une guerre
sanglante de libération du FNL contre la
colonisation française qui a duré 132 ans. Cette
guerre de libération a coûté la vie à plus de
1.500.000 Algériens.
Les anciens combattants de la guerre de
libération et les partis de la majorité
présidentielle (FLN, RND et MSP) ont demandé la
suspension des négociations pour la signature du
traité d'amitié entre l'Algérie et la France.
Les anciens moudjahidine sont unanimes à dire
«qu'en l'état actuel des choses et compte tenu
de l'obstination de la France à refuser de faire
acte de repentance, l'Algérie ne doit pas signer
un traité d'amitié avec elle».
Le Président algérien Abdelaziz Bouteflika avait
estimé que la France devait reconnaître «ses
bavures perpétrées pendant la période coloniale.
«Les Algériens méritent plus une repentance de
la France que les Malgaches», avait-il alors
déclaré. Il avait auparavant estimé que la loi
du 23 février 2005 « représente une cécité
mentale confinant au négationnisme et au
révisionnisme ».
Dans les DOM-TOM, et notamment en Martinique,
les populations, descendants des déportés
d’Afrique ont vivement protesté
L’écrivain et homme politique Aimé Césaire avait
annoncé qu’il ne recevrait pas le ministre et
président de l’UMP. «Parce que, auteur du
discours sur le colonialisme, je reste fidèle à
ma doctrine et anticolonialiste résolu. Et ne
saurais paraître me rallier à l’esprit et à la
lettre de la loi du 23 février 2005 sur la
reconnaissance dans les programmes scolaires
’’du rôle positif de la présence française en
outre-mer’’», explique l’écrivain engagé. Un
«collectif martiniquais pour l’abrogation de la
loi de la honte» s’était constitué, affirmant sa
volonté de faire supprimer un texte législatif
qui «justifie les crimes commis au nom d’une
civilisation qui a conduit à l’extermination de
peuples, à l’extinction de cultures et au
pillage de nombreux pays ».
Les Antillais avaient fondé beaucoup d'espoirs
sur la loi de 2001 de la députée de Guyane
Christiane Taubira qui reconnaissait l'esclavage
comme un crime contre l'humanité. C'était la
repentance de l'Etat français. Les lendemains
ont déchanté avec l’adoption de la Loi du 23
février 2005. Remontés, les Antillais
attendaient de pied ferme avec un comité
d’accueil musclé le Ministre de l’Intérieur
Nicolas Sarkozi pour ses déclarations
provocatrices et lois sur l’immigration qui
stigmatisent les noirs et autres basanés.
Cette mobilisation antillaise a eu raison du
Ministre qui fut contraint d'annuler son
déplacement dans les caraïbes.
3- Conséquences du racisme institutionnalisé
Ce racisme institutionnalisé par Napoléon,
poursuivi par ses successeurs et profondément
enraciné dans la conscience collective de la
société française, se traduit encore aujourd’hui
par les différentes discriminations à
l’embauche, au logement, dans l’enseignement,
dans les jugements rendus par les tribunaux,
mais aussi et particulièrement, discrimination
de circuler librement, car les basanés sont
constamment contrôlés et humiliés par la police.
L’animateur-producteur radio Claudy Siar
d’origine sénégalaise à propos de la révolte des
jeunes des banlieues déclarait dans une
interview à Afrik.com «…J’ai entendu sur les
plateaux TV des politiques mentir et dire que ça
ne se passe pas comme ça. C’est faux. Moi au
moment où je vous parle, les policiers
lorsqu’ils me contrôlent le soir, ils me
demandent de sortir de ma voiture et me
fouillent. Je pourrais me sentir à l’abri de ce
genre de choses, mais pas du tout : c’est la
réalité dans ce pays. Oui une partie de la
police se comporte mal.[…] Aussi je pars du
principe que le feu aux poudres aujourd’hui
vient du comportement de la police envers les
jeunes et du comportement de la société
française envers tous ces jeunes qui n’ont ou
pas la bonne couleur de peau, ou pas la bonne
religion». Le délit de faciès ou de sale gueule
est le racisme grossier brute qui est visible
lors de ces tracasseries de contrôles policiers.
Les autres formes de racismes enrobées
d’hypocrisie sont elles aussi plus insidieuses
sournoises et plus destructrices pour l’avenir
des français d’origine africaine. C’est le cas
de la discrimination à l’éducation et à
l’embauche. L’extrémisme des blancs qui résulte
du rejet constant des citoyens français noirs et
arabes dans leur propre pays, engendre une
radicalisation de ses jeunes où la colère se
mêle à la haine.
Ce rejet permanent des français noirs antillais,
Edouard Glissant et Patrick Chamoisseau dans
leur lettre adressée au Ministre de l’intérieur
Nicolas Sarkozi d’écrire cette pensée :
« Sommes-nous des français à part entière ou
sommes-nous des français entièrement à part ? »
Les nouvelles lois sur l’immigration, version
modernisée revue et corrigée de l’arrêté
napoléonien viennent renforcer l’humiliation
infligée surtout à la communauté noire. Les
études et des statistiques, rendent compte, et
cela depuis des années, de la condition sociale
et économique des habitants des cités. Le taux
de chômage des personnes âgées entre 15 et 24
ans est, au niveau national français, de 23%. Ce
chiffre est l’un des plus élevé au sein de
l’Union Européenne. Dans les banlieues
populaires, le taux de chômage, concernant la
même catégorie d’âge, est deux fois plus élevé.
Il tourne autour de 40%.
Face à ce désespoir et humiliations provoqués
par le racisme, les jeunes français d’origine
française considérés comme citoyen de seconde
classe ont choisi la révolte pour revendiquer
leur droit. La révolte des banlieues françaises
de novembre 2005 est l’expression de cette
exaspération.
The Economist, titre dans l’un de ses articles,
que «La plus grande leçon des émeutes françaises
est qu’il y a un besoin de plus d’emplois». Il
remarque aussi que «Dans les banlieues
déshéritées, règnent une terreur d’un genre
«soft» [contrôle policier, chômage,
discriminations, etc.]. Dès lors quand trop de
jeunes ne voient plus rien d’autre que le
chômage après la fin de leurs études, ils
finissent à terme par se rebeller»
L’hebdomadaire britannique The Independent de
conclure : «…La révolte des banlieues
populaires, indépendamment de sa forme
illégitime, pose à l’ensemble de la société
française le problème de la question sociale,
trop longtemps occultée. Une situation
économique et sociale dans laquelle les
banlieues ne cessent de s’engouffrer depuis 30
ans, sans que les gouvernements successifs ne
réagissent, autrement, que par des discours et
des mesures de plus en plus sécuritaires. Et
n’opposer à la question sociale qu’une réponse
sécuritaire, produit nécessairement, un jour ou
l’autre, une dynamique de la violence »
Les protestations violentes émises par les
banlieues françaises, au regard de l’histoire de
l’Hexagone, ne sont pas des manifestations
exceptionnelles. En France, elles s’inscrivent
dans une longue tradition. Le quotidien
britannique, The Independent, l’a pertinemment
rappelé, en ces termes : « A partir de l'assaut
de la Bastille, l'image de Paris est désormais
inséparable de celle de la Révolution française.
Sanctifiée dans les paroles de la «
Marseillaise», cette vénération pour l'esprit
révolutionnaire, a donné un degré de légitimité
aux protestations violentes»
Ce même quotidien rappelle en effet que
l’histoire française moderne est jalonnée de
révoltes violentes:1789 (Révolution
française);1830 (Soulèvement à Paris contre le
roi CharlesX, contraint de
s’exiler);1848(Soulèvement de Paris et
renversement de la Monarchie de Juillet) ; 1871
(La Commune de Paris); Mai 1968 (Les étudiants
déterrent les pavés du quartier latin et les
ouvriers font la grève).
Les exemples de mépris, d’humiliations et de
racisme dont sont victimes les noirs sont
innombrables. Voici une liste non exhaustive de
quelques faits triés à la volée :
La mort de plus de 50 et 77 blessés sénégalais
dans trois incendies à Paris du 15 avril au 29
août 2005. Ce fait gravissime n’a jamais
mobilisé les personnalités politiques françaises
comme pour d’autres communautés, ni accaparé la
presse. La mort de noirs ne mérite aucune
compassion.
L’UA et les Dirigeants africains ont eux-aussi
affiché un silence honteux et de faiblesse face
à cette tragédie qui a frappé notre communauté.
Alors vient la question à quoi servent-ils s’ils
ne défendent pas leurs ressortissants d’où
qu’ils viennent ?
Certains propos racistes tels que «…les odeurs
des étrangers…, nettoyage au karcher des jeunes
des banlieues…, des racailles…, dans ces
pays-là, le mot génocide n’a pas de
signification…,» tenus par des personnalités
n’ont fait l’objet d’aucune condamnation.
L’académicienne française Hélène Carrère
d’Encausse explique aux Russes que les émeutes
en France sont dues à la polygamie des
Africains. Le Philosophe Alain Finkielkraut,
parlant des Martiniquais, victimes de
l’esclavage des noirs qui profitent aujourd’hui
du système français. Paul Nahan et Elisabeth
Levy qui se permettent de qualifier les
cérémonies funéraires, suite au crash d’avion au
Venezuela où 153 Martiniquais avaient trouvé la
mort, de « ridicules et compassionnelles ».
Dans l’expression de la démocratie qu’est le
Parlement, un constat ahurissant de racisme
contre les français d’origine étrangère est
établi : sur 577 députés siégeant à l’Assemblée
nationale, pas un seul n’est musulman ou
originaire de l’immigration arabe ou africaine.
N’est-ce pas là une preuve flagrante d’un
racisme institutionnalisé pour un pays
démocratique comme la France ? Et pourtant ces
minorités représentent plus de 10% de sa
population. L’Angleterre compte de nombreux
députés d’origine indo-pakistanaise ou des
Caraïbes tandis que le maire de la deuxième
ville du pays est musulman ! En Hollande, près
de 10% des députés sont musulmans alors que ces
derniers ne représentent qu’à peine plus de 5%
de la population. Même en Allemagne, réputée
pour son droit du sang et une certaine
xénophobie, plusieurs députés d’origine turque
siègent au Bundestag. Pour pousser le bouchon
encore plus loin, nous pourrions faire une
comparaison entre la représentation politique
des musulmans en France avec celles des
minorités chrétiennes au Moyen-Orient. Certains
pays en développement font mieux en matière de
la représentation démocratique des minorités :
En Egypte où les coptes chrétiens représentent
un peu plus de 5% de la population totale,
plusieurs députés sont chrétiens tandis que
quatre ministres du gouvernement le sont aussi.
On retrouve les proportions sensiblement
similaires en Syrie et enfin en Irak du
Président Saddam Hussein, le numéro deux du
régime, Tarek Aziz, était chrétien. Le refus
congénital d’inclure la diversité religieuse,
ethnique et de couleur dans les institutions
françaises comme en témoignent ces statistiques
sur les minorités démontrent si besoin en était
de l’exception culturelle française d’essence
raciste initiée par le code de l’Empereur
Napoléon Bonaparte.
«D’une manière gratuite, et en fonction de ses
préjugés, Napoléon a mis en vigueur sur le
territoire français de véritables lois raciales
: interdiction de l’armée et du territoire
français aux «nègres» et «gens de couleur»,
interdiction de mariages entre «blancs» et
«noirs». Il y a bien eu des tentatives de ce
genre sous Louis XVI, sous la pression des
colons, mais l’application n’a jamais été
systématique, grâce à la résistance des esprits
éclairés, bien représentés dans certains
Parlements (celui de Paris, en particulier).
Napoléon ayant établi une des pires dictatures
qu’il y ait jamais eues en France, aucun contre
pouvoir n’a pu s’opposer à ce que sa folie
raciste ne serve de principe à sa politique(…)
De plus, Napoléon a encouragé l’émergence du
racisme scientifique, dont la plupart de nos
universitaires -et en particulier les
historiens- sont totalement imprégnés. C’est
ainsi que ce lobby des historiens, très influent
sur un establishment totalement déboussolé et en
mal de repères théoriques, a empêché d’inscrire
le bicentenaire du général Alexandre Dumas au
calendrier des commémorations nationales 2006,
comme il avait empêché d’inscrire le
bicentenaire de l’abolition de l’esclavage au
calendrier des commémorations 1994», déclarait
Claude Ribbe.
Dr LEY- NGARDIGAL Djimadoum
actus@club-internet.fr
|