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La solution du probème de la Démocratie
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" Le Pouvoir Du Peuple" |
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"I'appareil
de gouvernement"
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Le
problème politique de « I'appareil de gouvernement » est le
plus important de ceux qui se posent aux sociétés humaines.
Souvent, le conflit qui surgit au sein d'une famille se
ramène à ce problème.
Ce problème est devenu très grave depuis l'apparition
des sociétés modernes.
Actuellement, les peuples affrontent ce problème
persistant, et les sociétés supportent nombre de risques et
de conséquences extrêmes qui en résultent. Elles n'ont pas
encore réussi à lui trouver une solution définitive et démocratique.
Ce Livre vert présente la solution théorique définitive au
problème de « I'appareil de gouvernement ».
De nos jours, I'ensemble des régimes politiques est le
résultat de la lutte que se livrent les appareils pour
parvenir au pouvoir; que cette lutte soit pacifique ou armée,
comme la lutte des classes, des sectes, des tribus, des partis
ou des individus, elle se solde toujours par le succès d'un
appareil, individu, groupe, parti ou classe et par la défaite
du peuple, donc par la défaite de la démocratie véritable.
La lutte politique qui aboutit à la victoire d'un
candidat, avec, par exemple 51 % de l'ensemble des voix des électeurs,
conduit à un système dictatorial, mais sous un déguisement
démocratique. En effet, 49 % des électeurs sont gouvernés
par un système qu'ils n'ont pas choisi, et qui, au contraire,
leur a été imposé. Et cela c'est la dictature. Cette lutte
politique peut aussi aboutir à la victoire d'un appareil ne
représentant que la minorité, notamment lorsque les voix des
électeurs se répartissent sur un ensemble
de candidats dont l'un obtient plus de voix que chacun des
autres considéré à part. Mais si l'on additionnait les voix
obtenues par les « battus », cela donnerait une large
majorité. Malgré cela, c'est celui qui a le moins de voix
qui est proclamé vainqueur, et son succès est considéré
comme légal et démocratique ! Mais en réalité il
s'instaure une dictature sous des apparences démocratiques.
Voilà la vérité
sur les régimes politiques qui dominent le monde actuel. Leur
falsification de la vraie démocratie apparaît clairement: ce
sont des régimes dictatoriaux. |
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Les Assemblées Parlementaires
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Pas de substitut au peuple: La représentation est une
imposture
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Les assemblées parlementaires sont l'épine dorsale de
la démocratie telle qu'elle existe actuellement.
L'assemblée parlementaire est une représentation
trompeuse du peuple, et les régimes parlementaires
constituent une solution tronquée au
problème de la démocratie; I'assemblée parlementaire se présente
fondamentalement comme représentante du peuple, mais ce
fondement est, en soi, non démocratique, parce que la démocratie
signifie le pouvoir du peuple et non le pouvoir d'un
substitut... Le fait même de l'existence d'une assemblée
parlementaire signifie l'absence du peuple. Or la démocratie
véritable ne peut s'établir que par la participation du
peuple lui-même et non au travers de l'activité de ses
substituts. Les assemblées parlementaires, en excluant
les masses de l'exercice du pouvoir et en usurpant la
souveraineté populaire à leur profit, sont devenues un écran
légal entre le peuple et le pouvoir. I1 ne reste au peuple
que cette apparence de démocratie qu'illustrent les longues
files d'électeurs venant déposer dans l'urne, leur bulletin
de vote.
Le parlement est l'absence du peuple
Afin de mettre à nu la réalité de l'assemblée
parlementaire, il nous faut rechercher d'où elle vient: elle
est soit élue dans des circonscriptions électorales, soit
constituée, dans un parti, une coalition de partis, par désignation.
Mais aucun de ces moyens n'est démocratique, car la répartition
des habitants en circonscriptions électorales signifie qu'un
seul député représente, selon l'importance de la
population, des milliers, des centaines de milliers, ou des
millions de citoyens. Cela signifie aussi que le député
n'est pas attaché par un lien organique populaire avec les électeurs,
puisqu'il est considéré, selon la thèse de la démocratie
classique, comme le représentant de tout le peuple au même
titre que les autres députés. Dès lors, les masses se séparent
définitivement du député, et le député se sépare définitivement
des masses. Car dès qu'il est élu, il usurpe leur
souveraineté et agit à leur place... La démocratie
classique, actuellement dominante dans le monde, revêt les
membres des assemblées parlementaires d'une respectabilité
et d'une immunité qu'elle dénie au simple citoyen. Cela
signifie que les assemblées parlementaires sont devenues un
moyen d'usurper et de monopoliser le pouvoir du peuple; c'est
pourquoi il est aujourd'hui du droit des peuples de lutter à
travers la révolution populaire, en vue d'éliminer ces
instruments de la monopolisation de la démocratie et de la
souveraineté, que sont les assemblées parlementaires, qui
usurpent la volonté des masses. Il est du droit des peuples
de proclamer un nouveau principe: « Pas de substitut au
pouvoir du peuple. »
Les parlements sont la falsification de la démocratie
Lorsque l'assemblée parlementaire est formée à la
suite du succès d'un parti aux élections, elle est l'assemblée
du parti, et non l'assemblée du peuple, elle représente un
parti et non le peuple; et le pouvoir exécutif détenu par
l'assemblée parlementaire est le pouvoir du parti vainqueur,
et non le pouvoir du peuple. Il en est de même de l'assemblée
parlementaire au sein de laquelle chaque parti dispose d'un
certain nombre de sièges; les titulaires de ces sièges sont
les représentants de leur parti et non ceux du peuple, et le
pouvoir émanant d'une telle coalition est celui des partis
coalisés et non le pouvoir du peuple. Dans de tels régimes
le peuple est la proie pour laquelle on se bat. Il est alors
abusé et exploité par ces appareils politiques qui se
combattent pour parvenir au pouvoir, pour arracher des voix au
peuple tandis que celui-ci s'aligne en files silencieuses, qui
se déroulent comme un chapelet, afin de déposer des
bulletins dans les urnes de même qu'il jetterait des papiers
dans une poubelle... C'est
cela la démocratie classique qui domine le monde entier,
qu'il s'agisse de régimes à parti unique, de régimes
bipartites ou multipartites, ou même sans parti; ainsi il
apparaît clairement que « la représentation est une
imposture ».
Quant aux assemblées qui se forment par la désignation
ou la succession, elles n'ont aucun aspect démocratique.
Étant donné que le système des élections des assemblées parlementaires repose
sur la propagande pour attirer les voix, c'est donc un système
démagogique au vrai sens du mot. Il est possible d'acheter et
de manipuler les voix alors que les plus pauvres ne peuvent
pas être au cœur des luttes électorales; ce sont toujours
et seulement les riches qui gagnent les élections !
Ce sont les philosophes, les penseurs et les écrivains qui se sont faits
les avocats de la théorie de la représentation
parlementaire, au temps où les peuples étaient ignorants et
menés comme des troupeaux par les rois, les sultans et les
conquérants... L'aspiration ultime des peuples était alors
d'avoir un mandant pour les représenter auprès des
gouvernants. Mais cette aspiration même était rejetée.
C'est pour réaliser cette ambition que les peuples ont péniblement
et longuement combattu. Il n'est donc pas raisonnable que maintenant, après la victoire de l'ère
des républiques et le commencement de l'ère des masses, la démocratie
soit seulement l'apanage d'un petit groupe de députés devant
agir au nom des masses. C'est une théorie surannée et une méthode
dépassée. Le pouvoir doit être entièrement celui du
peuple.
Les plus tyranniques
dictatures que le peuple ait connues se sont établies à
l'ombre des assemblées parlementaires . |
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Le système de partis fait avorter la démocratie
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Le parti est la dictature contemporaine... il est « I'appareil de
gouvernement » de la dictature contemporaine... puisqu'il
représente le pouvoir d'une fraction sur l'ensemble. Il est
de nos jours le dernier en date des appareils dictatoriaux. Et
comme le parti n'est pas un individu, il reflète une démocratie
apparente en forgeant des assemblées ou des commissions, sans
compter la propagande à laquelle se livrent ses membres. Le
parti n'est nullement un appareil démocratique, parce qu'il
se compose de gens qui ont les mêmes intérêts... ou les mêmes
vues... ou la même culture... ou font partie d'une même région...
ou ont la même idéologie... et qui se regroupent en un parti
pour assurer leurs intérêts ou imposer leurs vues, ou étendre
le pouvoir de leur doctrine à la société toute entière.
L'objectif d'un parti est de parvenir au pouvoir au nom de l'exécution de
son propre programme. Il n'est pas démocratiquement
admissible qu'un parti gouverne le peuple tout entier car
celui-ci est constitué d'intérêts, d'opinions, de tempéraments,
d'idéologies ou d'origines différents.
Le parti est un appareil de gouvernement dictatorial permettant à ceux qui
ont les mêmes conceptions ou les mêmes intérêts de
gouverner le peuple comme un tout... Or par rapport au peuple,
le parti est une minorité. Former un parti c'est mettre en
place l'instrument qui permettra de gouverner le peuple...
c'est-à-dire de gouverner ceux qui sont en dehors du parti,
car le parti se fonde essentiellement sur une théorie
autoritaire et arbitraire, à savoir le despotisme de ses
membres sur les autres éléments du peuple...
Le parti avance que son arrivoe au pouvoir est le moyen de réaliser ses
objectifs, et que ses objectifs sont ceux du peuple. Telle est
la théorie qui justifie la dictature du parti et qui sert de
base à toute dictature. Quel que soit le nombre de partis,
cette théorie est toujours la même. Mieux I'existence de
plusieurs partis exacerbe la lutte pour le pouvoir... qui
aboutit à l'anéantissement de tout acquis du peuple, et
sabote tout plan de développement de la société. C'est
cette destruction qui justifie la tentative du parti rival de
prendre la place du parti au pouvoir. La lutte dès partis, si
elle ne se solde pas par la lutte armée— qui est
rare—prend la forme de la critique et du
dénigrement mutuels. C'est un combat qui se déroule nécessairement
au préjudice des intérêts vitaux et suprêmes de la société,
dont certains membres sinon tous font inévitablement les
frais de la lutte des appareils pour parvenir au pouvoir. Car
c'est dans l'effondrement même de ces intérêts que le parti
(ou les partis) d'opposition trouve la preuve de la justice de
son argumentation contre le (ou
les) parti au pouvoir. Le parti d'opposition, en tant qu'«
appareil de gouvernement » désirant parvenir au pouvoir,
doit nécessairement abattre l'appareil en place, et pour ce
faire il lui faut en saper les réalisations et en dénigrer
les projets, même si ceux-ci sont profitables à la société.
Et c'est ainsi que les intérêts de la société, et ses projets deviennent
les victimes de la lutte des partis pour le pouvoir. Certes le
conflit né de la multiplicité des partis suscite une activité
politique intense mais il n'en demeure pas moins que ce
conflit est d'une part destructeur politiquement, socialement
et économiquement et d'autre part, se solde toujours par la
victoire d'un appareil semblable au précédent, c'est-à-dire
par la chute d'un parti et la victoire d'un autre. Mais c'est
toujours la défaite du peuple... donc la défaite de la démocratie.
En outre, les partis peuvent être achetés ou corrompus, aussi bien de
l'intérieur que de l'extérieur.
A l'origine le parti s'érige en représentant du peuple, puis la direction
du parti devient la représentante des membres du parti, puis
le président du parti devient le représentant de la
direction. Ainsi le jeu des partis se révèle comme un jeu
comique et trompeur, basé sur la caricature d'une démocratie
au contenu égoïste, et fondée sur le jeu des manœuvres
politiques.
Le système de partis est donc bien l'appareil de la dictature moderne.
C'est une dictature sans masque, que le monde n'a pas encore dépassée,
c'est réellement la dictature de l'époque contemporaine.
Le Parlement du parti victorieux est le parlement de ce parti; le pouvoir exécutif
mis en place par le Parlement est le pouvoir du parti sur le
peuple; le pouvoir du parti qui est censé être au service de
tout le peuple est en réalité l'ennemi juré d'une fraction
du peuple, celle constituée par le ou les partis d'opposition
et leurs partisans. L'opposition n'est donc pas le censeur
populaire du parti au pouvoir; elle guette plutôt son heure
pour accéder elle-même au pouvoir.
Selon la thèse de la démocratie classique, le censeur légitime du parti
au pouvoir est le parlement, dont la majorité des membres
appartiennent à ce parti; c'est-à-dire que la censure est
entre les mains du parti gouvernant, et que le pouvoir émane
du parti censeur; ainsi apparaissent clairement l'imposture,
la falsification et la fausseté des théories politiques
dominant actuellement le monde, et dont est issue la démocratie
classique dans sa forme actuelle.
« Le
parti ne représente d'une fraction du peuple, alors que la
souveraineté populaire est indivisible. »
« Le
parti gouverne à la place du peuple, alors qu'il ne doit pas
y avoir de substitut au pouvoir du peuple... »
Le parti est la tribu des temps modernes... c'est 1a secte. La société
gouvernée par un parti unique est en tout point semblable à
celle gouvernée par une seule tribu ou une seule secte; car
le parti, comme cela a déjà été souligné, est
l'expression des conceptions, des intérêts, des idéologies,
des origines, d'un seul groupe de la société. Le parti est
en fin de compte une minorité, par rapport au peuple tout
entier, tout comme la tribu ou la secte... Cette minorité a
les mêmes intérêts ou la même idéologie. De ces intérêts
ou de cette idéologie découle la même conception. Il n'y a
pas de différence entre un parti et une tribu sinon le lien
du sang, qui a d'ailleurs peut-être existé à la naissance
du parti.
La lutte des partis pour
le pouvoir ne diffère en rien de la lutte des tribus et des
sectes pour le pouvoir. Si le système tribal ou sectaire est
politiquement rejeté et honni, il doit en être de même pour
le système des partis, car tous deux procèdent de la même démarche
et conduisent au même résultat. Pour la société, la lutte
des partis a un effet aussi néfaste et destructeur que la
lutte tribale ou sectaire. |
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Le système politique de classe est identique à celui des partis, des
tribus ou des sectes.
Qu'une société politique soit dominée par une classe, un parti, une tribu
ou une secte, c'est finalement la même chose.
La classe, comme le parti, la tribu ou la secte est un groupe de personnes
qui partagent les mêmes intérêts. Ces intérêts communs
naissent de l'existence d'un groupe de gens qu'unissent des
liens de sang, d'idéologie, de culture, de lieu ou de niveau
de vie. La classe, le parti, la tribu et la secte naissent de
causes identiques qui conduisent au même résultat, c'est-à-dire
que des liens de sang, de croyance, d'idéologie, de niveau de
vie, de culture ou de lieu, découle une même conception pour
parvenir à un même but. La forme sociale du groupe se
manifeste donc sous l'aspect d'une classe, d'un parti, d'une
tribu ou d'une secte, qui
mettra en place un appareil dont la démarche politique
sera de réaliser les vues et les intérêts du groupe. Dans
tous les cas, le peuple n'est ni la classe, ni le parti, ni la
tribu, ni la secte... Chacun d'eux n'est qu'une fraction du
peuple et n'en représente qu'une minorité. Lorsqu'une
classe, un parti, une tribu ou une secte domine la société
on se trouve en face d'un régime dictatorial. Malgré tout,
la coalition de classes ou de tribus reste préférable à la
coalition de partis, car à l'origine le peuple est
essentiellement constitué d'un ensemble de tribus. Il est
rare de trouver en effet quelqu'un n'appartenant pas à une
tribu, et tout le monde fait partie d'une classe définie.
Mais aucun parti (ou coalition de partis) ne peut regrouper
tout un peuple et c'est pourquoi il n'est qu'une minorité
face aux larges masses qui n'y adhèrent pas.
Conformément à la véritable démocratie, il est injustifiable qu'une
classe, un parti, une tribu ou une secte écrase, pour ses intérêts
propres, tous les autres.
Admettre une telle domination signifie rejeter la logique de la démocratie
et s'en tenir à la logique de la force. C'est un acte de
dictature contraire aux intérêts de toute la société qui
n'est t constituée ni d'une seule classe, ni d'une seule <
tribu ou d'une
seule secte, ni même des adhérents
d'un seul parti. Une telle attitude ne peut trouver 1
aucune justification. La dictature s'explique en .
reconnaissant que la société est bien constituée de
plusieurs éléments, mais que l'un d'entre eux doit 18 éliminer
les autres afin de rester seul au pouvoir.
Une telle action n'est donc pas de l'intérêt de
l'ensemble de 1a société, mais uniquement de I'intérêt
d'une seule dasse, d'une seule tribu, d'une seule secte, ou
d'un seul parti, c'est-à-dire de l'intérêt de ceux qui
prennent le pouvoir car cette mesure discriminatoire est
essentiellement dirigée contre les membres de la société
qui n'appartiennent pas au parti, à la classe, à la tribu ou
à la secte qui entreprend cette élimination.
Une société déchirée par la lutte des partis est en tout point semblable
à celle qui est déchirée par la lutte tribale ou sectaire.
Le parti constitué au nom d'une classe se transforme automatiquement en
substitut de cette classe, transformation spontanée, qui se
poursuit jusqu'à ce qu'il devienne l'héritier de la classe
ennemie à la sienne.
La classe qui hérite d'une société, hérite en même temps de ses caractéristiques.
Cela revient à dire que si, par exemple, la classe ouvrière
venait à écraser toutes les autres classes, elle deviendrait
l'héritière de la société, c'est-à-dire qu'elle
deviendrait la base matérielle et sociale de la société.
L'héritier porte les caractéristiques de celui dont il hérite,
même si ces caractéristiques n'apparaissent pas à première
vue. Au fur et à mesure que le temps passerait, les caractéristiques
des classes exclues resurgiraient à l'intérieur de la classe
ouvrière. Or, à telles caractéristiques correspondent
telles attitudes et tels points de vue appropriés. Ainsi la
classe ouvrière deviendrait peu à peu une société à part
ayant les mêmes contradictions que l'ancienne société.
Les niveaux matériel et moral des individus se différencient dans un
premier temps, puis les groupes
apparaissent et se transforment en même temps en classes
exactement semblables aux classes abolies, et la lutte pour
gouverner la société reprend. Chaque ensemble d'individus,
puis chaque groupe, puis chaque nouvelle classe, tenteront
chacun de devenir un « appareil de gouvernement ». La base
matérielle de la société est instable parce qu'elle est
aussi sociale.
Par ailleurs « I'appareil de gouvernement » provenant de la base matérielle
unique de la société pourrait se stabiliser pendant un
certain temps. Mais il est voué à la disparition dès que
naissent, à partir de cette même base matérielle uniqué,
des niveaux matériel
et social nouveaux.
Toute société où se combattent des classes était, auparavant, une société
à classe unique. Mais cette même classe a engendré d'autres
classes, du fait de l'évolution inéluctable des choses.
La classe qui dépossède les autres afin de monopoliser « I'appareil de
gouvernement » à son profit exclusif finira par constater
que cette appropriation agit en son sein comme elle agit dans
la société tout entière.
En définitive, les
tentatives d'uniformisation de la base matérielle de la société,
en vue de résoudre le problème du pouvoir ou de mettre fin
à la lutte au profit d'un parti, d'une classe, d'une secte ou
d'une tribu, ont échoué, de même que les tentatives de
satisfaire les masses par l'élection de représentants, ou
par l'organisation de référendums; continuer dans cette voie
serait perdre son temps et se moquer du peuple. |
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Le Référendum
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Le référendum est une imposture envers la démocratie. Ceux qui disent «
OUI » ou « NON » n'expriment pas réellement leur volonté;
mais ils sont bâillonnés au nom de la conception de la démocratie
classique et il ne leur est permis de prononcer qu'un seul
mot: « oui » ou « non ». C'est alors le système
dictatorial le plus dur et le plus répressif. Celui qui dit:
« NON » doit pouvoir en donner la raison et expliquer
pourquoi il n'a pas dit « OUI »; et celui qui a dit « OUI
» doit pouvoir justifier ce choix et expliquer
pourquoi il n'a pas dit « NON ». Chacun doit pouvoir dire ce
qu'il veut, la raison de son accord ou de son refus.
Quelle est alors la voie que doivent suivre les sociétés humaines pour se
délivrer définitivement des époques d'arbitraire et de
dictature ?
Puisque dans la question de la démocratie le problème insoluble est celui de « I'appareil de
gouvernement », problème qui s'exprime dans les luttes de
partis, de classes ou d'individus, puisque l'invention des méthodes
électorales et des référendums n'est qu'un camouflage de l'échec
de ces expériences; la solution consiste donc à trouver un
« appareil de gouvernement » qui ne soit-pas l'un de ces
appareils en lutte pour le pouvoir et ne représentant qu'une
seule fraction de la société. Il s'agit donc de trouver un
« appareil de gouvernement » qui ne soit pas un parti, une
classe, une secte ou une tribu, un appareil qui soit le peuple
tout entier, donc qui ne le représente pas et ne se substitue
pas à lui. « Pas de substitut au pouvoir du peuple », « la
représentation est une imposture ».
S'il était possible de trouver cet appareil le problème serait donc résolu.
La démocratie populaire deviendrait réalité, et les sociétés
humaines auraient mis fin à l'arbitraire et à la dictature,
qui seraient remplacés par le pouvoir du peuple.
Le « Livre vert » présente la solution définitive au problème de «
I'appareil de gouvernement », il indique aux peuples le moyen
de passer de l'ère de la dictature à celle de la démocratie
véritable.
Cette nouvelle théorie
est fondée sur le pouvoir du peuple, sans substitut ni représentation.
Elle réalise une démocratie directe d'une manière organisée
et efficace. Elle diffère de la vieille tentative de démocratie
directe qui n'a pas trouvé de réalisation pratique et qui a
manqué de sérieux en raison de l'absence d'organisation
populaire de base. |
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Les Congrès
Populaires Et Les Comités
Populaires
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Les congrès populaires sont l'unique moyen de la démocratie populaire.
Tout autre système est une forme non démocratique de
gouvernement. Tous les régimes gouvernementaux qui prévalent
actuellement dans le monde ne seront pas démocratiques tant
qu'ils n'auront pas découvert ce moyen. Les congrès
populaires sont l'aboutissement du mouvement des peuples vers
la démocratie.
Les congrès populaires et les comités populaires sont le fruit de la lutte
des peuples pour la démocratie.
Point de démocratie sans congrès populaires
Les congrès populaires et les comités populaires ne sont pas des
inventions de l'imagination, dans
la mesure où ils sont le produit de la pensée humaine
qui a assimilé les différentes expériences des peuples pour
aboutir à la démocratie.
La démocratie directe, quand elle est mise en pratique, est
indiscutablement et incontestablement la méthode idéale de
gouvernement. Comme une nation, quelle que soit sa population,
ne peut être rassemblée pour discuter, étudier et décider
de sa politique, les
sociétés sont détournées de la démocratie directe, qui
est demeurée une idée utopique éloignée de la réalité.
Elle a été remplacée par de nombreuses théories de
gouvernement, telles que les assemblées parlementaires, les
coalitions de partis, les référendums. Toutes ont conduit à
isoler le peuple de l'activité politique, à usurper sa
souveraineté, et à confisquer son pouvoir au profit d'«
appareils de gouvernement » successifs et en conflit, qu'ils
soient individu, classe, secte, tribu, Parlement ou parti.
Le « Livre vert » annonce au peuple la découverte du chemin de la démocratie
directe grâce à un procèdé novateur.
Des comités populaires
partout
Puisque l'idée de l'exemplarité de la démocratie directe faisait
l'unanimité mais qu'il était impossible de la mettre en
pratique et puisque la troisième théorie universelle nous présente
une expérience réaliste de la démocratie directe, le problème
de la démocratie se trouve donc définitivement résolu dans
le monde. Il ne reste plus aux masses qu'à lutter pour
abattre toutes les formes dictatoriales de gouvernement qui
dominent actuellement l'univers et qui sont fallacieusement
baptisées démocraties; du Parlement à la secte, de la tribu
à la classe, du système de parti unique, au bipartisme ou au
multipartisme !
La démocratie n'a qu'une seule forme et une seule théorie. Les différences
et les divergences entre les systèmes dits démocratiques
sont la preuve qu'ils ne sont pas démocratiques. Le pouvoir
du peuple n'a qu'un seul visage et on ne peut réaliser le
pouvoir populaire que d'une seule manière: par les congrès
populaires et les comités populaires « Pas de démocratie
sans congrès populaires » et « des comités populaires
partout ».
Premièrement, le peuple se divise en congrès populaires de base. Chaque
congrès choisit son secrétariat. L'ensemble de ces secrétariats
forment à leur tour des congrès populaires, congrès différents
de ceux de la base.
Puis l'ensemble des congrès populaires de base choisit des comités
administratifs populaires pour remplacer l'administration
gouvernementale. Dès lors, tous les services publics se
trouvent dirigés par des comités populaires responsables
devant les congrès populaires
de base, lesquels leur fixent la politique à suivre et en
contrôlent l'exécution.
Ainsi l'administration et son contrôle seront populaires et il sera mis fin
à la définition désuète de la démocratie selon laquelle:
« La démocratie c'est le contrôle du gouvernement par le
peuple. » La définition juste qui la remplacera est: « La démocratie,
c'est le contrôle du peuple par le peuple. »
La démocratie est le pouvoir du peuple
par le peuple
Tous les citoyens membres de ces congrès populaires appartiennent, par
leurs fonctions ou leur professions, à des groupes ou à des
catégories différentes: ouvriers, paysans, étudiants,
commerçants, artisans, fonctionnaires, etc. En plus de leur
appartenance en tant que citoyens, aux congrès populaires de
base ou aux comités populaires, ils doivent constituer des
congrès populaires professionnels qui leur sont propres.
Les problèmes évoqués par les congrès populaires de base, les comités
populaires, les syndicats et les associations
professionnelles, prendront leur forme définitive au Congrès
Général du Peuple où se retrouveront les groupes exécutifs
des congrès populaires, des comités populaires, des unions
syndicales ou professionnelles.
Ce qui est débattu par le Congrès
Général du Peuple, qui se réunit une fois par an, sera
soumis à son tour aux congrès populaires et aux comités
populaires, aux syndicats et aux associations. Les comités
populaires, responsables devant les congrès populaires de
base, commenceront alors de mettre à exécution le programme
ainsi élaboré contrairement aux assemblées parlementaires.
Le Congrès Général du Peuple n'est pas un rassemblement de membres d'un
parti ou de personnes physiques mais la rencontre des congrès
populaires de base, des comités populaires, des syndicats et
de toutes les associations professionnelles.
Ainsi la question de «
I'appareil de gouvernement » sera résolue et en même temps
il sera mis fin aux appareils dictatoriaux. Le peuple
deviendra « I'appareil de gouvernement » et le problème de
la démocratie dans le monde sera définitivement résolu. |
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La Loi De La Société
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Le
problème de la Loi—problème parallèle à celui de «
I'appareil de gouvernement »—n'a pas encore trouvé sa
solution dans les temps modernes, bien qu'il l'ait trouvée à
certains moments de l'histoire.
Qu'un comité ou un Parlement légifère pour la société,
cela est injuste et antidémocratique. Que la loi de la société
soit amendée ou abrogée par un individu, une commission ou
un Parlement, cela aussi est injuste et anti-démocratique.
Quelle est donc la Loi de la société ? Qui l'élabore ?
Quelle est son importance par rapport à la démocratie ?
La Loi véritable d'une société est la coutume
(tradition) ou la religion; toute autre tentative en dehors de
ces deux sources est inutile et illogique.
La Constitution n'est pas la Loi de la société. La
Constitution est une loi fondamentale édictée par
l'homme. Elle a besoin d'une source pour se justifier.
Le problème de la liberté dans les temps modernes réside en
ce que les constitutions sont devenues les Lois de la société,
et que les constitutions ne s'appuient que sur les conceptions
des appareils dictatoriaux dominants dans le monde, qu'ils
reposent sur un individu ou un parti.
La preuve en est la différence d'une Constitution à
une autre. Pourtant la liberté de l'homme est partout la même.
Cette différence découle de la disparité de conceptions des
« appareils de gouvernement ». Là se trouve la vulnérabilité
de la liberté dans le monde contemporain.
Le moyen par lequel les « appareils de gouvernement »
cherchent à dominer les peuples, est consigné dans la
constitution. Le peuple est contraint de se soumettre par la
force à des lois dérivées de la Constitution, qui est
elle-même issue de l'humeur et des conceptions de
« I'appareil de gouvernement ».
La loi des appareils dictatoriaux à remplacé la loi
naturelle. La loi humaine a remplacé la loi naturelle et tout
critère objectif a disparu.
L'homme est le même en tous lieux. Sa morphologie et
ses instincts sont partout les mêmes. C'est pourquoi la loi
naturelle est devenue la loi logique de l'Homme. Puis vinrent
les constitutions, simples lois humaines, qui voient I'homme
différemment. Leur conception n'a d'autre justification que
la volonté des « appareils
de gouvernement », qu'il s'agisse d'un individu, d'un
Parlement, d'une classe ou d'un parti, de dominer le peuple.
Ainsi nous voyons les constitutions changer quand
changent les « appareils de gouvernement ». Cela démontre
que la constitution n'est pas une loi naturelle, mais plutôt
le produit de l'humeur des « appareils de gouvernement », et
qu'elle est établie pour servir leurs intérêts.
Voilà le danger qui guette la liberté partout où la
Loi véritable de la société est absente et est remplacée
par des lois humaines édictées par un appareil de
gouvernement en vue de diriger les masses. Pourtant,
initialement, la manière de gouverner devrait s'adapter à la
Loi de la société, et non l'inverse.
La Loi de la société ne peut donc faire l'objet d'une
rédaction ou d'une codification. L'importance de la Loi réside
dans le fait qu'elle est le critère pour distinguer le juste
de l'injuste, le vrai du faux, ainsi que les droits des
individus et leurs devoirs. La liberté est menacée tant que
la société n'a pas une loi sacrée, basée sur des règles
stables et non soumises à la transformation ou au
remplacement d'un quelconque « appareil de gouvernement ».
Au contraire, c'est l'appareil qui est tenu de suivre la
Loi de la société. Mais actuellement les peuples, de par le
monde, sont gouvernés par des lois humaines susceptibles d'être
révisées et abrogées au gré des luttes des appareils pour
parvenir au pouvoir.
Le référendum constitutionnel n'est pas, en soi,
suffisant, car le référendum est une imposture envers la démocratie
qui ne laisse la place qu'au
«oui » ou au « non ». Les peuples sont obligés de
se soumettre au résultat du référendum en vertu des lois
humaines. Le référendum constitutionnel ne signifie pas que
la Constitution est la Loi de la société; il signifie
qu'elle est une simple constitution, un simple objet soumis à
référendum et rien d'autre. La Loi de la société est un
patrimoine humain éternel. Elle n'est pas la propriété des
vivants seulement. C'est pourquoi rédiger une constitution et
la soumettre au référendum des seuls votants est une
mascarade.
Les codes rédigés par l'homme et issus des
constitutions regorgent de sanctions matérielles alors que la
loi coutumière en est à peu près dépourvue. La Loi coutumière
ne prévoit pas de sanctions matérielles mais des sanctions
morales, seules dignes de l'homme. La religion englobe et
absorbe la coutume. La plupart des sanctions religieuses matérielles
sont renvoyées au jour du Jugement dernier. La plupart de ses
commandements sont des enseignements, des indications et des réponses
à des questions. Cette loi mérite le respect de l'homme.
La religion ne prescrit de sanctions immédiates que
dans les cas où celles-ci se révèlent absolument nécessaires
pour protéger la société.
La religion
absorbe la coutume, qui est l'expression de la vie naturelle
des peuples. Dès lors la religion est une confirmation de la
loi naturelle. Les lois non coutumières et non religieuses
sont des créations de l'homme contre l'homme. Elles sont par
conséquent injustes parce que dépourvues de cette source
naturelle que sont la coutume (tradition) et la religion. |
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QUI CONTRÔLE LA MARCHE DE LA SOCIÉTÉ
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La question est de savoir qui contrôle la société pour
prévenir une éventuelle déviation par rapport à la Loi. Démocratiquement,
aucun groupe ne peut, au nom de la société, prétendre
disposer seul du droit de contrôle, « La société est son
propre censeur ».
Prétendre, pour un individu ou un groupe d'individus,
être responsable de la Loi, est dictatorial. La démocratie
signifie la responsabilité de toute la société et le contrôle
revient donc à la société tout entière. C'est cela la démocratie
et elle s'exerce par le biais de l'appareil démocratique qui résulte de
l'organisation de la société elle-même en congrès
populaires de base et de la règle populaire dégagée par les
comités et par le Congrès Général du Peuple (congrès
national) où se retrouvent les congrès populaires de base,
les comités populaires administratifs, les syndicats, les
unions et l'ensemble des autres organisations
professionnelles. Selon cette théorie le peuple est
« I'appareil de gouvernement » et le peuple est son
propre censeur.
Ainsi se réalise
l'autocontrôle de la société sur la Loi. |
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Comment
La Société Peut-Elle
Rectifier Son Orientation
En Cas
De Deviation De La Loi
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Lorsque « l'appareil de gouvernement » est dictatorial,
comme c'est le cas aujourd'hui dans les régimes politiques à
travers le monde, et dans le cas d'une déviation par rapport
à la Loi, la société n'a le moyen de corriger cette déviation
que par la violence, ce qui signifie la révolution contre
l'appareil au pouvoir. Mais la violence ou la révolution, même
si elles expriment la prise de conscience de la société à
l'égard de cette déviation, ne sont pas l'œuvre de
l'ensemble de la société. Elles sont seulement entreprises
par ceux qui ont l'initiative et l'audace d'affirmer la volonté
de la société. Cependant, cette approche mène à la
dictature, parce que cette initiative révolutionnaire peut
donner le pouvoir à un « appareil de gouvernement » se
substituant au peuple, ce qui signifie que « I'appareil de
gouvernement » demeure dictatorial. De plus, bien qu'ils
soient la conséquence de l'existence d'une situation antérieure
non démocratique, la violence et le changement par la force
sont en soi des actes non démocratiques.
Une société qui tourne encore autour de cet axiome
est une société arriérée.
Quelle est donc la solution ?
La solution est
que le peuple devienne « I'appareil de gouvernement » depuis
les congrès populaires de base jusqu'au Congrès Général du
Peuple, qu'il soit mis fin à l'administration;
gouvernementale, qui sera remplacée par les j comités
populaires et que le Congrès Général du Peuple soit un
congrès national où se retrouvent les congrès populaires de
base, les comités populaires administratifs, les unions, les
syndicats et toutes les associations professionnelles. S'ils
se produisait une déviation à la Loi de la société dans un
tel système, ce serait une déviation collective qui serait
traitée d'une manière collective, par la révision démocratique,
et non par la force. La manière de réviser ou de traiter une
déviation n'est plus un processus de choix volontariste, mais
plutôt une conséquence inéluctable de la nature de ce système
démocratique. Dans un tel cas, il n'y a plus de groupe extérieur
contre lequel une action violente pourrait être dirigée ou
qui pourrait être rendu responsable de cette déviation. |
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La Presse
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La démocratie signifie:pouvoir populaire et non expression populaire
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Une
personne physique a le droit de s'exprimer, même d'une manière
incohérente. Une personne morale aussi est libre d'exprimer
sa personnalité morale. Mais la première ne représente
qu'ellemême, et la seconde, que le groupe de personnes
physiques qui constituent sa personnalité morale.
La société se compose de plusieurs personnes
physiques et de plusieurs personnes morales; ainsi lorsqu'une
personne physique s'exprime de façon irrationnelle, cela ne
signifie pas que les autres membres de la société fassent de
même. L'opinion d'une personne physique n'engage qu'elle-même.
L'opinion d'une personne morale n'exprime que les intérêts
ou le point de vue des individus constituant cette personne
morale.
Une entreprise de production et de vente de tabac ne
représente que les intérêts de ceux qui
constituent cette entreprise, c'est-à-dire de ceux qui
profitent de la production ou de la vente du tabac, même si
cela est nuisible à la santé- des autres.
La presse est un moyen d'expression de la société, et
non le moyen d'expression d'une personne physique ou morale.
Logiquement et démocratiquement, elle ne peut donc être la
propriété ni de l'une, ni de l'autre. Dans le cas d'un
particulier propriétaire d'un journal, c'est son journal et
il y exprime son point de vue uniquement. Prétendre que c'est
le journal de l'opinion publique est faux et sans aucun
fondement, parce qu'il n'exprime, en réalité, que le point
de vue d'une personne physique. Il n'est pas démocratiquement
admissible qu'une personne physique possède un moyen de
diffusion ou d'information. Mais il est de son droit naturel
de s'exprimer par n'importe quel moyen, même si celui-ci est
irraisonné. Par exemple, le journal publié par l'artisanat
est seulement
le moyen d'expression de cette catégorie sociale particulière.
I1 exprime son seul point de vue et non le point de vue de
l'opinion publique. Il en va de même pour les autres
personnes morales ou physiques de la société.
La presse démocratique est celle que publie un comité
populaire composé de toutes les catégories sociales, c'est-à-dire
d'associations d'ouvriers, de femmes, d'étudiants, de
paysans, de travailleurs, de fonctionnaires, d'artisans, etc.
Dans ce cas et dans ce cas seulement, la presse ou tout autre
moyen d'information est l'expression de la société tout entière
et reflète sa conception générale; elle sera alors une
presse démocratique.
Si le corps médical professionnel publie une revue,
celle-ci ne doit être qu'une revue médicale afin qu'elle
soit réellement l'expression de ceux qui la publient. Si
l'ordre des avocats publie un journal, il ne peut être que
juridique afin d'exprimer réellement le point de vue de ceux
qui le publient. Il en va de même pour tous les autres
groupes sociaux.
Une personne physique a le droit d'exprimer son propre
point de vue, mais démocratiquement elle ne peut pas
s'exprimer au nom des autres.
Ainsi, peut être résolu, définitivement, et démocratiquement,
ce que l'on appelle dans le monde « le problème de la liberté
de la presse ».
Cette question, qui n'a pas fini d'être débattue, est
née du problème général de la démocratie. Elle ne pourra
être réglée tant que la crise de la démocratie subsistera.
Il n'y a qu'une seule voie pour résoudre ce problème
embrouillé de la démocratie, c'est la voie de la troisième
théorie universelle.
Selon cette théorie, le régime démocratique est une
construction cohérente qui repose sur les congrès populaires
de base, les comités populaires et les unfons
professionnelles, lesquels se retrouvent tous ensemble dans le
Congrès Général du Peuple.
Il n'existe
absolument aucune autre conception d'une réelle société démocratique
en dehors de celle-ci.
Finalement, après l'époque des républiques, I'ère
des masses s'approche rapidement de nous, enflammant les
sentiments et éblouissant les yeux. Mais autant cette ère
nouvelle est annonciatrice de liberté véritable et
d'affranchissement des chaînes des « appareils de
gouvernement », autant elle peut s'accompagner d'une ère
d'anarchie et de démagogie. A moins encore que la démocratie
nouvelle ne rechute, et que revienne alors le pouvoir d'un
individu, d'une classe, d'une secte, d'une tribu ou d'un
parti.
Telle est la démocratie
véritable du point de vue théorique, mais dans la pratique,
ce sont toujours les plus forts qui gouvernent. |
Deuxième
Partie
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| La solution du problème ECONOMIQUE |
"LE SOCIALISME" |
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les
Fondements Économiques
De La Troisièmè
Théorie Universelle
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Dans
le règlement des conflits (opposant) travail/salaire, c'est-à-dire
les relations entre patrons et travailleurs et entre propriétaires
et producteurs, d'importants progrès ont été accomplis.
La réduction des heures de travail, la rémunération
des heures supplémentaires, les divers congés, la
reconnaissance d'un salaire minimum garanti, la participation
des travailleurs à la gestion et aux bénéfices de
l'entreprise, I'interdiction des licenciements arbitraires, la
Sécurité Sociale, le droit de grève, la réglementation du
travail, figurent en général dans la plupart des législations
contemporaines. Des changements non moins appréciables ont été
obtenus dans la mutation du droit de la propriété avec
l'apparition de certains systèmes qui ont, soit limité les
revenus, soit tranformé la propriété privée en propriété
d'État.
Et malgré tous ces progrès, certes non négligeables,
et les remèdes apportés à l'amélioration du sort des
travailleurs, le problème reste posé fondamentalement à l'échelle
mondiale, même s'il est devenu moins aigu que par le passé.
Bien que la notion de propriété ait subi de profondes
modifications en évoluant de l'extrême droite à l'extrême
gauche, et en prenant diverses formes intermédiaires, les
producteurs demeurent des salariés.
Pour modifier la nature du salaire, les expériences
n'ont pas été moins nombreuses, mais les résultats se réduisent
aux avantages obtenus par les travailleurs, défendus par les
Syndicats et garantis par les législations.
La situation dégradante des travailleurs au lendemain
de la révolution industrielle a évolué et bien qu'avec le
temps, ouvriers, techniciens et employés ont conquis des
droits, qui dans le passé semblaient utopistes et
inaccessibles, aucune réponse satisfaisante n'a été proposée
pour résoudre le principe du salariat.
Certes, de nombreuses réformes ont été apportées,
mais elles sont plus proches de la charité que d'une véritable
reconnaissance des droits des travailleurs.
Pourquoi les travailleurs perçoivent-ils un salaire ?
Associés
et non pas salariés
Les travailleurs perçoivent un salaire parce qu'ils
ont effectué une opération de production pour le compte d'un
tiers qui les paye dans ce but.
Ils n'ont pas l'usufruit de leur production, et ont été
contraints d'y renoncer moyennant salaire. Or, la règle équitable
est: « Celui qui produit dispose de sa production. »
Quelles que soient les améliorations apportées au
salaire, le salarié reste une sorte d'esclave d'un maître
qui le paie, ou plutôt il est un esclave temporaire et cet
esclavage est basé sur le fait qu'il fournit un travail en
contrepartie du salaire que lui verse un patron, un individu,
voire un Gouvernement.
Car l'entreprise publique comme l'entreprise privée,
n'accorde à ses employés que des salaires assortis de
diverses aides sociales comparables à l'aumône accordée par
les riches.
A la différence de l'entreprise privée dont le revenu
revient au propriétaire, le revenu de la propriété publique
devrait revenir à l'ensemble de la collectivité,
travailleurs compris.
Cela serait juste si on ne retenait que l'intérêt de
la société, en faisant abstraction de celui des
travailleurs, et à la condition que dans cette société, la
propriété soit monopole d'État et que le pouvoir y soit exercé, non par une classe,
un parti ou un ensemble de partis, une secte, une tribu, une
famille, un individu ou par une forme quelconque de représentation,
mais par le peuple tout entier par le biais des congrès
populaires, des comités populaires et des syndicats (Voir
première partie du « Livre vert » la solution du problème
de la démocratie, « Le pouvoir du peuple »Éditions
CUJAS, Paris, 1976. ).
La propriété pourrait bien changer de mains, le résultat
serait le même: le travailleur demeure un salarié tant qu'il
n'a pas été rétabli dans son droit sur sa propre
production, et que celle-ci continue à être détournée au
profit de la « collectivité » ou de l'employeur.
La solution finale à ce problème consiste à abolir
le salariat, par la libération de l'homme de I'asservissement
dans lequel celui-ci le maintient.
Il faut retourner à la loi naturelle qui a organisé
les rapports humains bien avant l'apparition des classes, des
gouvernements et des législations positivistes.
La loi naturelle est en effet le critère, la référence
et la source unique des rapports humains. Elle a donné
naissance à un socialisme naturel fondé sur l'égalité des
facteurs de production et a assuré la répartition à peu près
équitable des produits de la nature entre les individus.
L'exploitation de l'homme par l'homme et la constitution par
un individu d'une fortune dépassant ses besoins, constituent
une entorse à la loi naturelle et l'amorce d'une perversion
et d'une déviation dans la vie de la société, ainsi
que le signe avant-coureur d'une société d'exploitation.
En analysant les facteurs de production, on se rend
compte qu'ils ont toujours été composés de facteurs
essentiels: les matières de production, les moyens de
production et les producteurs.
L'équité dictée par la loi naturelle veut que chaque
composant qui participe à la production en ait sa part, car
si on élimine l'un d'entre eux, il n'y a pas de production.
Le fait que chaque élément joue un rôle essentiel et
indispensable, lui confère une égalité naturelle. Celle-ci
doit se traduire au niveau de la répartition de la
production. Ce principe d'égalité doit s'appliquer à tous
les facteurs de la production: s'ils sont deux, la part de
chacun correspondra à la moitié du total, s'ils sont trois,
au tiers. Il
ne peut y avoir prééminence d'un élément sur l'autre car
cela aboutirait à transgresser la loi naturelle et à porter
atteinte au droit d'autrui.
De l'application de cette loi naturelle à la réalité
historique ou contemporaine, on peut dégager l'enseignement
suivant:
A l'origine, la production artisanale était composée
de deux éléments: la matière de production et le producteur
(Par producteurs, on désigne des travailleurs. Ce terme comme
ceux de prolétaires ou d'ouvriers ne correspond plus à la réalité,
car parallèlement à l'évolution des sciences et techniques,
on assiste à un changement quantitatif et qualitatif de la
classe ouvrière qui tend à diminuer.
)
Un troisième élément est apparu: le moyen de
production, utilisant d'abord l'énergie animale puis la
machine.
Parallèlement, on assiste à une transformation des
matières premières: de simples et bon marché à celles plus
élaborées et donc plus chères. L'homme lui-même voit sa
condition changée: de simple manœuvre à celle d'ingénieur
ou de technicien, la masse des ouvriers cédant
progressivement la place à des groupes limités de
techniciens.
Ces mutations entraînent des modifications
qualitatives et quantitatives et n'ont pas pour autant modifié,
quant au fond, les facteurs de
production en tant qu'éléments indispensables au
processus productif.
Ainsi, par exemple, le minerai de fer, un des facteurs
de production de tous temps, était jadis utilisé
artisanalement avec des moyens primitifs, pour fabriquer un
couteau, une hache ou une lance. I1 est aujourd'hui traité
dans les hauts fourneaux pour être, sous le contrôle d'ingénieurs
et de techniciens, usiné et transformé en machines et véhicules
de tous genres. De même, le cheval, le mulet ou le chameau
font place à des machines puissantes et complexes.
L'outil, quant à lui, a suivi la même évolution, de
l'objet rudimentaire de l'âge de pierre aux équipements
modernes les plus sophistiqués.
Ces transformations n'ont rien d'incompatible avec le
caractère essentiellement constant des facteurs de production
fondamentaux.
C'est d'ailleurs cette constante qui rend inévitable
le retour à la loi naturelle pour résoudre définitivement
le problème économique. Ceci est d'autant plus vrai que,
dans le passé, toutes les tentatives ayant ignoré cet aspect
se sont soldées par des échecs complets. Toutes les théories
qui ont été élaborées n'ont abordé le problème économique
que sous l'angle de la propriété de I'un des facteurs de
production ou de celui des salaires.
Le seul vrai problème de la production n'a jamais été
résolu. A tel point que la caractéristique commune à tous
les systèmes économiques instaurés dans le monde est la négation
du droit du travailleur à sa production, que celle-ci soit
pour le compte de la Société ou pour celui de l'entreprise privée.
Comme cela a été dit précédemment, I'entreprise
industrielle fonctionne grâce à trois facteurs: matières
premières, moyens de production et travailleurs.
La production est le résultat obtenu par les
travailleurs qui utilisent le matériel pour transformer les
matières premières. Ainsi les produits finis prêts à la
consommation ou à l'utilisation, ont parcouru un processus
qui n'aurait pu avoir lieu sans les matières premières, les
usines et les travailleurs. Si un des éléments manque, il y
a blocage. Sans matières premières l'usine ne pourrait
fabriquer, sans usines les matières premières resteraient à
l'état brut, sans travailleurs l'usine ne pourrait
fonctionner.
L'égale importance des trois facteurs implique nécessairement
une répartition égale du produit obtenu. C'est en fonction
de cette règle naturelle que le produit sera partagé en
trois parts égales, réparties entre les trois facteurs de
production.
Ce système a l'avantage de prendre en considération
non seulement l'entreprise, mais également les producteurs et
les consommateurs.
Dans l'agriculture, le principe est le même. Mais s'il
n'y a que deux éléments: I'homme et la terre, la répartition
du fruit du travail devra se faire entre les deux seuls
facteurs participant effectivement au processus de production.
En cas d'utilisation de moyens mécaniques, le produit sera réparti
comme dans l'industrie, entre la terre, I'agriculteur et la
machine.
Ainsi sera mis en place un système socialiste régissant
la production en appliquant cette loi naturelle.
Si la machine remplace aujourd'hui l'homme, les
travailleurs, certes de moins en moins nombreux, restent néanmoins
indispensables pour faire fonctionner le matériel et
l'entretenir. Ce changement quantitatif a été accompagné
par un changement qualitatif résultant des progrès
techniques, remplaçant peu à peu l'énergie humaine par la
machine. Une telle évolution n'a pas été sans modifier
profondément la vie économique et sociale du monde du
travail. Lentement les masses prolétaires et ignorantes ont
diminué. Parallèlement de plus en plus de travailleurs accèdent
au savoir et à la technique pour devenir techniciens, ingénieurs
ou savants.
Une des conséquences inéluctables de ce changement
sera l'élimination progressive des syndicats ouvriers
traditionnels qui cèderont la place à des syndicats de
techniciens ou d'ingénieurs.
Les progrès scientifiques sont un acquis de l'humanité
et le processus est irréversible.
Un autre effet
indirect sera certainement la fin de l'analphabétisme. On
assistera à la disparition progressive de la main-d'œuvre
non qualifiée, mais l'homme avec ses qualités naturelles
restera un élément fondamental du processus productif. |
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LES
BESOINS
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Etre maitre de ses besoins pour être libre
La maison appartient à celui qui l'occupe
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Tant
qu'il dépendra d'autrui pour assurer ses besoins, I'homme
n'aura pas acquis sa complète liberté et restera exploité
et asservi. Ce problème réel, source permanente de luttes et
de conflits, subsistera tant qu'une partie de la population
voudra contrôler l'autre.
LE LOGEMENT est une nécessité pour l'homme et sa
famille. Il ne doit appartenir à personne d'autre qu'à lui.
Un homme n'est pas libre quand il habite une maison louée.
En matière de logement, la politique suivie par les États
a consisté à réglementer la location en bloquant ou en
augmentant les loyers. La seule solution radicale et définitive
est l'accession à la propriété. Dans la société
socialiste, nul ne peut être maître des besoins de l'homme.
Personne ne peut dans cette société, bâtir un logement
autre que pour lui-même et ses héritiers.
La maison de l'individu étant un de ses besoins
fondamentaux, nul ne peut construire dans le but de louer.
LE REVENU constitue un autre besoin essentiel. Il ne
peut donc, dans la société socialiste, être un salaire, pas
plus qu'il ne peut être une aumône.
Il n'y a pas de salariés dans la société socialiste,
il y a des associés; le revenu appartient à l'individu et il
l'emploie comme il l'entend pour satisfaire ses besoins. C'est
la part qui lui revient d'une production dont il est l'un des
éléments indispensables. Ce n'est pas un salaire versé en
contrepartie d'une production faite au profit d'un tiers.
LE MOYEN DE
TRANSPORT est également un besoin essentiel à l'individu et
sa famille. Il ne doit pas appartenir à une autre personne.
Dans la société socialiste, nul ne peut posséder des véhicules
de location, car cela aboutirait à se rendre maître des
besoins des autres. |
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LA
TERRE
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La
terre n'est la propriété de personne. Chacun a le droit de
l'exploiter par son travail d'agriculteur ou d'éleveur dans
les limites de ses possibilités et de ses besoins durant
toute sa vie, ainsi que celle de ses héritiers. Il ne peut
cependant utiliser lui-même
une autre personne salariée ou non pour travailler cette
terre.
La terre est immuable, tandis que ceux qui l'exploitent
passent avec le temps. Ils peuvent changer de métier et de
capacité. C'est pourquoi la terre sur laquelle se succèdent
les générations ne peut faire l'objet d'une appropriation.
Le but de la nouvelle société socialiste est d'édifier
une collectivité heureuse parce que libre. Ceci ne peut se réaliser
que par la satisfaction des besoins matériels et moraux de
l'homme, en libérant ces besoins de la domination d'autrui.
La satisfaction des besoins devra se faire sans
l'exploitation ni l'asservissement d'autrui sinon cela serait
en contradiction avec la finalité de là nouvelle société
socialiste.
Dans cette nouvelle collectivité, I'homme aura le
choix de travailler, soit à sorl compte pour assurer la
satisfaction de ses besoins matériels, soit participer-à une
entreprise socialiste où il partagera le produit réalisé,
ou encore effectuer un service public pour la collectivité
qui lui garantira, en retour, ses moyens d'existence.
L'activité économique dans la société socialiste
nouvelle sera productive, visant la satisfaction des besoins
de l'homme. Elle ne sera ni improductive, ni orientée vers le
profit en vue d'une thésaurisation stérile excédant la
satisfaction des besoins. Une telle orientation n'aura plus cours dans une société régie
par les nouvelles règles socialistes.
Le but légitime de l'activité économique des
individus devient la seule satisfaction des besoins de
l'homme.
Le corollaire est donc que chaque individu ne peut prélever
plus qu'il ne lui faut sur les biens de la société, car la
richesse dans le monde et dans chaque société étant limitée,
à un moment ou un autre, il en prendrait inévitablement une
partie à ses semblables. Par contre, chacun a le droit à l'épargne
sur sa propre production, mais sans avoir recours à l'effort
d'autrui par l'exploitation des besoins des autres membres de
la société.
Cette règle fondamentale doit être rigoureusement
respectée si l'on veut éviter qu'une fraction de la
population en exploite une autre. Il ne sera plus possible de
réaliser des bénéfices sur le travail
d'autrui et d'augmenter l'épargne individuelle au-delà
des besoins, car cela se ferait aux dépens des autres, et
deviendrait de l'exploitation.
Le travail salarié, outre qu'il asservit l'homme, lui
enlève aussi toute motivation, car le producteur y est un
homme « en location » et non un associé.
L'homme travaillant pour son propre compte est
autrement plus dévoué dans sa tâche productive, car il est
motivé par le fait qu'il compte sur son propre travail pour
la satisfaction de ses besoins matériels.
L'homme qui travaille dans une entreprise socialiste en
y étant associé est également plus motivé, car une part de
la production lui revient pour assurer ses besoins.
Le salarié, quant à lui, est dépourvu de telles
motivations. De ce fait, le salariat se trouve dans
l'impuissance de résoudre le problème de l'accroissement et
du développement de la production. Celle-ci repose en effet
sur les épaules du salarié et se trouve exposée à une perpétuelle
détérioration, au niveau des produits, ou celui des
services.
Quelques exemples illustrant les cas d'un travail
salarié pour le compte de la société, d'un travail salarié
pour le compte d'un intérêt privé, et celui du travail non
salarié:
1) Premier exemple:
a) Le cas d'un travailleur qui produit 1C pommes pour le
compte de la société qui lui octroie une pomme en
contrepartie de sa production. Cette pomme satisfaisant complètement
ses besoins.
b) Un travailleur produit 10 pommes pour le compte de la société
qui lui octroie une pomme en contrepartie de sa production.
Cette pomme ne satisfaisant pas les besoins de ce travailleur.
2) Deuxième exemple:
Le
travailleur produit 10 pommes pour le compte d'un autre
individu et ne perçoit en échange qu'un salaire équivalent
à moins du prix d'une seule pomme.
3) Troisième exemple:
Un travailleur produit 10 pommes pour son propre compte.
Il résulte de ces exemples:
—Dans
le cas a) du premier exemple: le travailleur n'augmentera pas
sa production, car quoi qu'il fasse pour l'augmenter il
n'obtiendra qu'une pomme pour la satisfaction de ses besoins.
C'est pourquoi les forces laborieuses travaillant pour le
compte de la société sont automatiquement et continuellement moroses.
—Dans
le cas h) du premier exemple: le travailleur n'est pas motivé
par la production, parce qu'elle se fait au profit de la société,
sans qu'il obtienne en contrepartie ce qui est nécessaire à
la satisfaction complète de ses besoins. S'il continue à
travailler, c'est parce qu'il est contraint de se soumettre
aux conditions générales du travail qui prévalent dans la
société.
—Dans
le deuxième exemple: le travailleur ne se soucie pas de la
productivité et se contente de travailler pour un salaire qui
ne satisfait pas entièrement ses besoins. Dans ce cas, ou
bien il se met à la recherche d'un autre patron pour lui
vendre sa force de travail à un meilleur prix, ou bien il est
contraint de poursuivre son travail pour subsister.
—Le
troisième exemple quant à lui constitue le seul cas où le
travailleur produit sans contrainte et sans morosité. La société
socialiste ne permet pas une production supérieure à la
satisfaction des besoins de l'individu qui l'effectue, ni que
cette production se fasse par l'intermédiaire ou sur le dos
d'autrui. Les entreprises socialistes œuvrent pour la
satisfaction des besoins de la société. De ce fait, le
troisième exemple illustre la situation la plus saine de
production économique, puisque dans tous les cas, y compris
les pires, cette production se poursuivra pour la subsistance.
Il n'est qu'à citer pour preuve le fait que la production dans les pays
capitalistes se trouve concentrée et accumulée entre les
mains d'une minorité de possédants oisifs qui exploitent les
prolétaires à produire pour survivre.
Cependant, le « Livre vert » ne résout pas les seuls problèmes de
production matérielle, mais aspire à frayer le chemin vers
une solution globale des problèmes de la société humaine,
afin d'assurer la libération matérielle et morale de
l'individu, ainsi que son bonheur.
Autres exemples:
Supposons que la richesse d'une Société soit de dix unités et que sa
population soit également de dix unités: la part de chacun
sera de l/lOe, soit une unité. Lorsqu'un membre de cette
population détient plus d'une unité, c'est au détriment
d'un autre qui, lui, ne disposera de rien. C'est ce qui
explique qu'il y ait des riches et des pauvres dans les sociétés
d'exploitation.
Si cinq membres de cette même population possèdent
chacun deux unités de la richesse, cela signifierait que les
cinq autres membres de cette même population ne possèdent
aucune partie de la richesse commune et que, par conséquent,
la moitié de la population est privée de son droit. L'unité
supplémentaire détenue par chacun des premiers devant
revenir en fait aux cinq autres.
Par ailleurs, si la satisfaction des besoins d'un
individu dans cette société ne nécessite qu'une unité de
la richesse, celui qui détiendrait plus d'une unité
usurperait, de ce fait, le droit des autres membres de la société.
Il s'agirait là d'une thésaurisation qui se fait aux dépens
des besoins d'autrui. C'est ce qui explique d'une part
l'existence d'accapareurs de richesses et, d'autre part, de démunis
qui recherchent une part de la richesse et qui n'obtiennent
rien. Il s'agit là, de toute évidence, de vol et de pillage
sous couvert d'une législation injuste d'exploitation, en
vigueur dans ce type de sociétés.
La richesse qui reste disponible une fois les besoins
satisfaits devrait, au contraire, revenir à tous les membres
de la société. Quant à l'épargne, les individus peuvent la
faire en prélevant sur leurs seuls besoins, sinon cela
aboutirait à une atteinte aux droits de la collectivité sur
sa richesse.
Le fait d'être entreprenant et d'avoir un savoir-faire
n'autorise pas pour autant la mainmise sur des parts d'autrui.
Cependant, I'homme entreprenant peut tirer profit de
ses qualités pour la satisfaction de ses besoins propres et
pour l'épargne effectuée sur ces mêmes besoins.
De même les handicapés et les déficients mentaux ont
eux aussi droit à la même part de la richesse que les autres
membres de la société. La richesse de la société est
comparable à un organisme d'approvisionnement ou à un entrepôt
qui fournit quotidiennement aux hommes de quoi suffire à
leurs besoins. Ceci étant, I'homme est libre soit de
consommer la totalité de sa part, soit d'économiser sur
celle-ci en utilisant ses compétences et son savoir-faire
pour se constituer une épargne.
Par contre, utiliser ce savoir-faire pour prélever
plus que sa part sur le « stock d'approvisionnement »
collectif est indéniablement un vol caractérisé effectué
aux dépens de la Société ainsi qu'une atteinte à l'intérêt
général.
Dans la nouvelle société socialiste, les inégalités
dans la détention de richesses ne sont pas tolérables.
Dans le cas des personnes travaillant dans un service
public, la société leur octroie une part équivalente à
leurs services, prélevée sur la richesse nationale. Cette
part varie en fonction des services rendus par chacun d'eux.
C'est là une nouvelle expérience qui vient couronner
de magnifiques expériences historiques de la société
humaine, et qui parachève la lutte de l'homme pour sa liberté
et son bonheur, la satisfaction de ses besoins et le rejet de
l'exploitation. Elle met définitivement un terme au
despotisme par une répartition équitable de la
richesse de la société dans un monde où chacun travaillera
pour la satisfaction de ses propres besoins, sans faire
travailler quelqu'un d'autre pour SOi, et sans être lui-même
employe par un autre. C'est là une théorie de la libération
des besoins pour la libération de l'homme.
La société socialiste nouvelle n'est autre qu'une
conséquence dialectique découlant des rapports d'injustice
existant dans le monde. Elle donne naissance à une solution
naturelle qui est, d'une part, la propriété privée destinée
à satisfaire les besoins de l'homme sans utiliser d'autres hommes, et d'autre part, la
propriété socialiste au sein de laquelle les producteurs
sont associés à la production et à son partage, remplaçant
ainsi la propriété privée dont la production n'appartient
pas aux salariés.
Celui qui possède la maison que vous habitez, la
voiture dans laquelle vous vous déplacez et qui assure votre
salaire pour votre subsistance, s'approprie en fait votre
liberté, ou du moins une partie de celle-ci. Or, la liberté
est indivisible.
Pour assurer son bonheur, I'homme doit être libre et
il ne peut l'être qu'en étant maître de ses besoins.
Celui qui est maître des besoins d'un autre lui dicte
sa loi, I'exploite et pourrait le réduire à I'esclavage et
ce, en dépit de la législation qui pourrait le lui
interdire.
Les besoins incompressibles et indispensables à la
vie, du vêtement à la nourriture, de la voiture au logement
doivent être protégés et en aucun cas appartenir à un
tiers, ils constituent une propriété privée et sacrée. Une
location d'appartement permettrait à un propriétaire de
s'immiscer dans votre vie privée et de s'octroyer des revenus
supplémentaires et cela même lorsque ce propriétaire est la
collectivité.
Le propriétaire dispose alors de votre liberté et
vous privera de votre bonheur. C'est comme si vous louiez un
habit dont le propriétaire est susceptible un jour de vous l'ôter
en pleine rue et vous laisser nu.
De même le propriétaire du véhicule que vous
conduisez pourrait intervenir et vous abandonner sur le bord
de la route.
Enfin, le propriétaire du logement que vous habitez, a
la possibilité de faire de vous un sans-abri.
Il serait ridicule de prétendre résoudre les problèmes
découlant des besoins de l'homme par des mesures juridiques,
administratives ou autres.
C'est sur ces besoins essentiels que la société,
conformément à des lois naturelles, s'édifie et prend
racine.
Le but de la société socialiste est dans le bonheur
de l'homme qui ne peut se réaliser qu'une fois sa liberté
matérielle et morale acquise. La concrétisation de cette
liberté dépend de la libre disposition par l'homme de ses
besoins solennellement consacrés.
Cela signifie que vos besoins ne devraient être en
aucun cas la propriété d'un autre ni susceptibles de vous être
subtilisés par une quelconque partie de la société.
Autrement, vous vivrez dans
I'inquiétude, ce qui vous priverait de votre bonheur
et ferait de vous un homme sans liberté, parce que vivant
sous la menace d'éventuelles interventions extérieures
visant vos besoins essentiels.
Du fait des thèses économiques contradictoires qui
s'affrontent actuellement dans le monde et en raison des
rapports d'injustice découlant du salanat, restés à ce jour
sans solution, le renversement des sociétés contemporaines
fondées sur le salariat apparaît comme étant inéluctable,
tout comme l'instauration de sociétés d'associés. La
puissance des syndicats de travailleurs dans le monde
capitaliste est apte à changer les sociétés capitalistes,
de sociétés de salariat en sociétés d'associés.
L'éventualité de l'avènement de la révolution pour
la réalisation du socialisme commence par la récupération
par les producteurs de la part qui leur revient de leur
production.
L'objet des grèves ouvrières ne sera plus la
revendication d'augmentation des salaires, mais pour
l'association dans la production. Cela se fera tôt ou tard.
Le « Livre Vert » ouvre la voie.
L'étape finale sera atteinte lorsque la société
socialiste nouvelle parviendra au stade de la disparition du
profit et de la monnaie. Cela se fera par la transformation de
la société en une société entièrement productive et
lorsque la production atteindra le stade de la,pleine
satisfaction des besoins matériels des membres de la société.
A cette étape finale, le produit disparaîtra de lui-même et
on se passera de la monnaie.
Admettre le profit équivaut à admettre
l'exploitation. Car à partir du moment où on l'admet, rien
ne peut plus le limiter.
Les mesures tendant à limiter, par les divers moyens,
le profit, sont des tentatives réformistes et non radicales,
et sont inaptes à empêcher l'exploitation de l'homme par
l'homme.
La solution finale est dans l'abolition du profit. Néanmoins,
le profit étant le moteur du processus économique, il ne
peut être aboli par décret mais plutôt par l'évolution même
de la production socialiste, c'est-à-dire une fois satisfaits
les besoins matériels de la société et des individus. C'est
donc par cette recherche de plus de profits qu'on aboutira à
la disparition finale du profit.
LES DOMESTIQUES, qu'ils soient salariés ou non, représentent
encore aujourd'hui un des types de l'esclavage. Ce sont même
les esclaves des temps modernes.
La nouvelle société socialiste étant fondée sur
l'association dans la production, et non sur le salariat, la
loi socialiste naturelle ne peut s'appliquer aux domestiques
qui ne produisent pas et ne fournissent que des services. En
effet, les services ne sont pas générateurs de biens matériels.
C'est pourquoi cette catégorie de personnel a dû travailler
dans de mauvaises conditions moyennant un salaire ou toute
autre forme de rémunération. Ainsi, les domestiques situés
au bas de l'échelle socio-économique parmi les salariés, méritent
d'être libérés en priorité de la société du salariat,
société d'esclaves.
La troisième théorie universelle annonce la libération
définitive des masses du joug de I'injustice, du despotisme,
de l'exploitation et de la domination politique et économique,
et l'avènement de la société de tous les hommes. Chacun y
sera libre. Tous seront égaux dans la détention du pouvoir
de la richesse, et des armes, pour que la liberté triomphe
totalement et définitivement.
Le « Livre vert » trace la voie de l'émancipation
des masses, salariés et domestiques, et ainsi se réalisera
la liberté de l'homme.
Pour les domestiques, il est indispensable de lutter
pour les libérer de leur situation d'asservissement en les
intégrant dans la production où ils deviendront des associés
et bénéficieront de parts selon leur travail.
Les habitants
d'une maison assureront euxmêmes leur ménage. En cas de nécessité,
on n'aura plus recours à des domestiques salariés ou non,
mais à des fonctionnaires assurant les tâches de ménage et
qui bénéficieront de l'avancement dans leurs fonctions et
jouiront des garanties sociales et matérielles comme tout
fonctionnaire. |
Troisième Partie
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Les Fondements Sociaux de la
Troisième Théorie Universelle
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"Les Fondements Sociaux de la
Troisième Théorie Universelle"
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La force motrice de l'histoire humaine
est le facteur social, c'est-à-dire le facteur national. Le
lien social qui assure la cohésion de chaque groupe humain, de
la famille à la tribu et à la nation, est le fondement même de
la dynamique de l'histoire.
« Les héros de l'histoire sont des
êtres qui se sont sacrifiés pour des causes »; ils ne peuvent
être définis autrement. Mais pour quelles causes... ils se
sont sacrifiés pour les autres—mais quels autres... ? Des
hommes avec lesquels ils avaient des relations. La relation
existante entre un individu et un groupe est une relation
d'ordre social, c'est-à-dire identique à celle qui existe
entre les membres d'une même communauté.
La base sur laquelle se sont
constituées les nations est le nationalisme. Les causes que
nous évoquons sont donc des causes nationales: la relation
nationale s'identifie à la relation sociale, car social dérive
de société, c'est-à-dire des liens existant au sein d'une
société; et le nationalisme dérive de nation, c'est-à-dire des
liens existant au sein d'une nation. La relation sociale
s'identifie donc à la relation nationale et réciproquement,
puisque la société est la nation et que la nation est la
société, même si elle diffère en nombre, mais à la condition
que l'on écarte toute définition extensive du groupe visant
des groupements temporaires constitués sans aucune référence à
I'appartenance nationale. Nous entendons par groupe toute
communauté permanente unie par un lien national qui lui est
propre.
Par ailleurs, les mouvements
historiques sont X des mouvements de masse, c'est-à-dire
communautaires; I'action menée par une communauté est pour
elle-même, pour son indépendance vis-à-vis d'une autre
communauté bien que chacune ait sa propre constitution
sociale.
Les mouvements communautaires
sont toujours des mouvements indépendantistes visant à
réaliser I'autonomie des groupes vaincus donc opprimés par un
autre.
Quant à la lutte pour le
pouvoir, elle se déroule à l'intérieur du groupe, jusqu'à
l'échelon de la famille, comme l'explique la première partie
du Livre vert traitant des fondements politiques de la |
troisième théorie universelle.
Le mouvement communautaire est
un mouvet ment d'une communauté pour elle-même.
Car étant donné sa structure
naturelle, une . communauté a des besoins sociaux qui doivent
être satisfaits d'une façon communautaire. Ces besoins ne sont
en aucune façon individuels. Ce sont en réalité des droits,
des revendications ou des objectifs communs à toute une
communauté liée par le même nationalisme. C'est pour cela que
ces mouvements sont appelés des mouvements nationalistes. Les
mouvements de libération nationale, dans la période actuelle,
sont eux-mêmes des mouvements sociaux qui ne disparaîtront que
lorsque cessera la domination d'un groupe par un autre groupe.
En conséquence, le monde
traverse actuellement un des cycles normaux de l'histoire: la
lutte nationale pour le triomphe du nationalisme. C'est la
réalité historique dans l'univers de l'homme et c'est une
réalité sociale. Cela signifie que la lutte nationale—la lutte
sociale—est le fondement de la dynamique de l'histoire, car
elle est plus puissante que tous les autres facteurs, elle en
est l'origine, elle en est la base. Cette lutte est la nature
de la gent humaine, c'est l'essence même de la vie. Les
animaux autres que l'homme vivent également en groupe. Comme
l'instinct de groupe est la condition de perpétuité des
espèces du règne animal, le nationalisme est la raison de
survie des nations.
Les nations dont le
nationalisme a été` dissous sont celles dont l'existence même
a été mise en cause. L'existence des minorités, qui constitue
l'un des problèmes politiques du monde, est due à des causes
sociales. Ce sont des nations dont le nationalisme a été
détruit, et dont les liens ont été rompus. Le facteur social
est bien un facteur de vie, voire de survie. Il est donc bien
un moteur naturel et inhérent à l'homme pour sa survie.
Le nationalisme, chez l'espèce
humaine, et I'instinct de groupe, chez les animaux, sont comme
le phénomène de gravitation dans le règne minéral et les corps
célestes. Si la masse solaire perdait sa force de gravité, les
gaz qui la composent se disperseraient et son unité serait
détruite. L'unité est donc la condition première de survie de
toute chose.
Le facteur d'unité de toute
communauté est le facteur social, c'est-à-dire le
nationalisme. C'est pour cela que les communautés luttent pour
leur unité nationale car leur survie en dépend.
Le facteur national, ou lien
social, agit automatiquement dans le sens de la survie d'une
nation, à I'instar de la force de gravité qui maintient la
masse d'un corps autour du noyau. Dans la bombe atomique, la
fission et la dispersion des atomes sont provoquées par
l'explosion du noyau qui est le centre de gravitation. Le
facteur d'unité est donc détruit, la force de gravité s'arrête
et les éléments se dispersent. La bombe se désintègre.
Telle est la loi naturelle
immuable. L'ignorer ou la transgresser met en danger la vie
elle-même. C'est ainsi que la vie de l'homme se détériore
lorsqu'il ignore ou transgresse le nationalisme, c'est-à-dire
le facteur social, I'attraction de la communauté,
le secret de son existence.
Seul le facteur religieux peut
agir autant sur I'unité d'une communauté, car s'il peut
diviser la communauté nationale il peut également réunir des
groupes de nationalités différentes. Toutefois, c'est en
définitive le facteur social qui l'emporte. Il en a
été ainsi au fil des siècles. A
l'origine chaque communauté avait sa religion. C'était
l'harmonie. Puis ce fut différent et cette différence a été
une i cause réelle de conflit et d'instabilité de la vie des
peuples à travers les âges.
La règle juste veut que chaque
nation ait sa religion; c'est le contraire qui est anormal. De
cette anomalie naît une situation malsaine, origine de graves
différends au sein de la communauté nationale. La seule
solution consiste à être en harmonie avec la
règle naturelle, à savoir: à i chaque
nation sa religion, de telle sorte que le t facteur social
coïncide avec le facteur religieux. | Ainsi la vie des groupes
se stabilise, se renforce et se développe sainement.
Le mariage est un phénomène
susceptible d'exercer des influences négatives ou positives
sur la cohésion sociale. Conformément à la règle naturelle de
la liberté, I'homme et la femme sont libres d'accepter celui
ou celle qu'ils désirent et de refuser celui ou celle qu'ils
ne désirent pas. Néanmoins le mariage à l'intérieur du groupe
renforce évidemment l'unité de ce groupe et contribue à un
développement global en harmonie avec le facteur social.
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LA FAMILLE |
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Pour
l'être humain, la famille a plus d'importance que l'État.
L'humanité se reconnaît dans I'individu et l'individu se
reconnâît dans la famille qui est son berceau, son origine et
son environnement social. Par nature, I'humanité est incarnée
par l'individu, dans la famille, et non dans l'État
qui lui est étranger. L'État
est un système artificiel politique et économique, parfois
militaire, sans rapport avec l'humanité. La famille est
semblable à une plante, prise isolément dans la nature, mais
qui demeure
l'élément essentiel du monde végétal.
Le fait d'aménager le milieu naturel en fermes ou jardins
n'est qu'un processus artificiel sans rapport avec la nature
de la plante formée de branches, de feuilles et de fleurs.
Que les facteurs politiques,
économiques ou militaires aient agencé des ensembles de
familles en État, n'a aucun rapport avec l'humanité. Toute
situation, circonstance ou mesure provoquant la dispersion, la
dislocation ou la disparition de la famille est en fait
inhumain et antinaturel. C'est un acte arbitraire, comme toute
action, circonstances ou
mesures conduisant à la destruction de
la plante, à la cassure de ses branches, au dessèchement de
ses nervures et de ses feuilles.
Les sociétés dans lesquelles
l'existence et l'unité de la famille sont menacées, quelles
qu'en soient les circonstances, sont semblables à ces champs
dont la flore est menacée par l'érosion, I'incendie ou la
sécheresse. Un jardin ou un champ prospère est celui où les
plantes croissent, fleurissent, se pollinissent et
s'enracinent naturellement. Il en est de même pour Ia société
humaine.
Une société heureuse est une
société dans laquelle l'individu se développe naturellement au
sein de la famille. Ainsi la famille s'épanouit et l'individu
trouve son équilibre dans la grande communauté humaine, comme
la feuille à la branche et la branche à l'arbre; détachées,
elles perdent vie et valeur. Tel est le cas de l'individu
isolé de la famille. Un individu sans famille n'a pas
d'existence sociale et si une société humaine devait arriver à
faire exister l'homme sans la famille, elle deviendrait une
société de vagabonds, pareils à des plantes artificielles.
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LA TRIBU |
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La tribu est une famille qui s'est agrandie
par I'effet des naissances. Il s'ensuit que la tribu constitue
une grande famille. De même la nation est une tribu qui s'est
agrandie par l'effet démographique. La nation est donc une
grande tribu. Ainsi le monde
est-il la Nation qui s'est ramifiée en
différentes nations. Le Monde constitue donc une grande
nation.
Le lien qui assure la cohésion
de la famille est identique à celui qui maintient l'unité de
la tribu, de la nation et du Monde. Cependant, il s'affaiblit
à mesure qu'augmente le nombre. Le sentiment d'appartenance à
l'humanité est de même nature que celui d'appartenance à une
nation, à une tribu, à une famille. Toutefois, I'intensité
d'un lien diminue lorsqu'il s'élève d'un échelon restreint à
un échelon plus vaste. C'est une vérité sociale qui n'est
déniée que par celui qui l'ignore.
Le lien social, la cohésion,
I'unité, I'amitié et l'amour ont plus de force à l'éçhelon de
la famille qu'à celui de la tribu, plus de force à l'échelon
de la tribu qu'à l'échelon de la nation, plus de force enfin à
l'échelon de la nation qu'à celui du Monde.
Les avantages, privilèges,
valeurs et idéaux issus des liens sociaux existent là où ces
liens sont forts; c'est une évidence première, c'est-à-dire
qu'ils sont plus vigoureux à l'échelle de la famille qu'à
celui de la tribu, à l'échelle de la tribu qu'à l'échelle de
la nation, et à l'échelle de la nation qu'à celui du monde.
Il
ést donc de première importance, pour la société humaine, de
préserver la cohésion de la famille, de la tribu, de la nation
et de l'humanité, afin de bénéficier des avantages,
privilèges, valeurs et idéaux produits de la cohésion, de
l'unité, de l'amitié et de l'amour familial, tribal, national
et human.
Ainsi ces liens sociaux, avec
les bienfaits, les avantages et les idéaux qui s'y rattachent,
s'effacent lorsque se désagrègent ou s'éteignent la famille,
la tribu, la nation ou l'humanité.
Du point de vue social, la
société familiale est préférable à la société tribale,
celle-ci est préférable à la société nationale, qui elle-même
est préférable à la société mondiale, si on se réfère aux
notions de cohésion, d'affection, de solidarité et de bénéfice
mutuel. |
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LES AVANTAGES DE LA TRIBU |
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Constituant une grande famille, la tribu garantit à ses
membres les mêmes bienfaits matériels et les mêmes avantages
sociaux que la famille. Car la tribu est une famille au second
degré. Ce qu'il importe de souligner, c'est que l'individu
peut parfois se livrer à des actes déshonorants qu'il
n'oserait commettre en présence de sa famille. Mais, la
famille étant de dimensions réduites, il lui est possible
d'échapper à son contrôle, alors que la tribu exerce sa
vigilance sur tous ses membres. Dans cette perspective, la
tribu donne à ses membres un cadre de comportement qui se
traduit par une éducation sociale plus complète et plus noble
que n'importe quelle éducation scclaire. La tribu est une
école sociale dont les membres assimilent, depuis l'enfance,
les idéaux élevés qui donnent naissance à un comportement
social acquis pour la vie. Ces idéaux s'enracinent
naturellement à mesure que grandit l'être humain,
contrairement à l'éducation et les sciences enseignées
officiellement et qui s'effacent peu à peu avec l'âge. Il en
est ainsi car l'instruction a un caractère officiel,
sanctionnée par des examens, et que l'individu a conscience
qu'elle lui est imposée.
La tribu est un « parapluie » social naturel
assurant la sécurité dans la société. En vertu de ses
traditions, elle garantit collectivement à ses membres le
paiement des rançons et des amendes ainsi que la vengeance et
la défense, c'est-à-dire une protection sociale.
Le lien du sang est à l'origine de la
formation d'une tribu, mais il n'est pas le seul, car
l'affiliation en est un autre. Avec le temps, la différence
entre le lien du sang et le lien d'affiliation s'efface, la
tribu apparaît alors comme une entité sociale et physique.
Cependant, la tribu est avant tout une entité de lien de sang
et d'appartenance. |
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LA NATION |
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La
nation est une couverture politique et nationale de
l'individu, plus étendue que la couverture sociale offerte par
la tribu à ses membres. Le tribalisme est préjudiciable au
nationalisme, car l'allégeance tribale affaiblit le loyalisme
national. De même, I'allégeance familiale prospère aux dépens
du loyalisme tribal et l'affaiblit. Indispensable à la nation,
le fanatisme national est en même temps une menace pour
I'humanité.
Dans la communauté mondiale, la nation occupe
la même place que la famille au sein de la tribu. Plus 1es
familles constituant une tribu se querellent, plus grande est
la menace qui pèse sur cette tribu. De même, si les membres
d'une famille se disputent et si chacun ne poursuit que son
propre intérêt, cette famille est menacée; et si les tribus
constituant une même nation se querellent. ne cherchant que
leurs intérêts, cette nation est menacée. Le fanatisme
national, I'utilisation de la force contre des nations plus
faibles, l'enrichissement national par le pillage des
ressources d'autres nations, tout cela est néfaste pour
l'humanité. Par contre, l'individu fort, qui se respecte et
est conscient de ses responsabilités, est utile pour la
famille; de même qu'une famille solide, respectable et
consciente de son rôle, est socialement et matériellement
utile à la tribu. Enfin, une nation avancée, productive et
civilisée est bénéfique pour le monde tout entier. La
structure politique et nationale se détériore si elle
s'abaisse à de simples considérations familiales ou tribales.
La nation est une grande famille qui a dépassé
le stade de la tribu et de l'ensemble des tribus t ayant la
même origine, ainsi que celles qui, par i affiliation,
partagent le même destin. La famille ne devient une nation
qu'après avoir franchi les | étapes de la tribu et ses
ramifications et le processus d'intégration par divers
mélanges. Socialement, cela se réalise à l'issue d'une période
t qui ne peut être que longue. Néanmoins, si le temps fait
ainsi naître des nations, il contribue aussi à leur
désintégration. L'appartenance à la communauté d'origine et
l'apparentement par affiliation sont les deux fondements
historiques de la nation. Toutefois l'origine joue un rôle
primor- t dial et l'affiliation un rôle secondaire.
La nation ne se définit pas uniquement par ses
t racines même si celles-ci constituent la base. Car la
nation se forme en outre par l'accumulation, à | travers les
âges, d'êtres humains se regroupant sur la même aire
géographique, forgeant une histoire, commune, constituant
ensemble un même patri moine et affrontant le même destin.
Abstraction faite des liens de sang, la nation est en
définitive un sentiment d'appartenance et une communauté de
destin.
Pourquoi dans ces conditions le Mondè a-t-il vu I'apparition
de grands états qui ont disparu par la suite, pour voir
réapparaître d'autres états et vice versa ? La raison en
est-elle uniquement politique sans rapport avec le fondement
social de la Troisième Théorie Universelle ? Est-elle, au
contraire, d'ordre social, et par conséquent relevant du
présent volume du Livre vert ? Vérifions: La famille est, sans
nul doute, une structure sociale et non politique; il en va de
même pour la tribu qui est une famille qui s'est multipliée
grâce à la natalité. De la même façon, la nation est une tribu
qui a grandi, s'est ramifiée et s'est multipliée pour former
plusieurs tribus.
La nation est aussi une structure sociale
fondée sur le rapport national, comme l'est la tribu sur le
rapport tribal, la famille sur le rapport familial et les
nations du monde sur le lien humain. Ce sont là des évidences.
Par ailleurs, il existe une structure politique constituant
l'État et formant la carte politique du monde. Mais pourquoi
cette carte du monde ne cesse-t-elle de se modifier à travers
les âges ? Cela vient du fait que cette structure politique
peut ne pas coïncider avec la structure sociale. Lorsque ces
deux éléments coïncident, une nation est durable et immuable.
En cas de changement imposé par un colonialisme extérieur ou
d'une dégradation, la structure politique réapparaît sous le
signe du combat national, de la renaissance nationale et de
l'unité nationale. Lorsqu'une structure politique englobe
plusieurs nations, son territoire est condamné à se morceler,
chaque nation tendant à conquérir son indépendance sous
l'emblème du nationalisme. Ainsi la carte des empires que le
monde a connus s'est disloquée parce que ces empires étaient
composés de plusieurs nations, chacune d'elIes ne tardant pas
à se cramponner à son nationalisme et cherchant à conquérir
son indépendance. Ainsi l'empire éclate et chacune de ses
composantes retourne à son origine sociale. L'histoire du
monde à travers les siècles en donne la preuve irréfutable.
Mais pourquoi ces empires se composent-ils de
nations différentes ? La réponse est que la structure de
l'État n'est pas uniquement une structure sociale, comme la
famille, la tribu et la nation, mais une entité politique
composée de plusieurs éléments, dont le plus simple et le plus
évident est le nationalisme. L'État-nation est la seule
formule politique qui soit en harmonie avec la structure
sociale naturelle. Il a une existence durable, pour autant
qu'il n'a plus à subir la tyrannie d'un autre nationalisme
plus puissant ou que sa structure politique en tant qu' État
n'est pas compromise par le jeu des tribus, des clans et des
familles formant sa structure sociale. La structure politique
se détériore donc lorsqu'elle est assujettie aux
considérations de la structure sociale, tribale, familiale ou
confessionnelle.
D'autres facteurs peuvent également concourir
à la formation d'un État autre que l'État-nation, tels les
facteurs religieux, économiques et militaires.
La communauté de religion, de même que les impératifs
économiques et les conquêtes militaires peuvent conduire à la
constitution d'un État regroupant plusieurs nationalismes.
C'est ainsi que le monde assiste, à un moment donné, à
I'apparition de tel État ou .el empire, qu'il verra
disparaître à une autre époque. Quand l'idée nationaliste se
fait plus forte que l'esprit religieux | et que le conflit
éclate entre différents nationalismes réunis par une
communauté de religion, par exemple, chaque nation reprend son
indépendance recouvrant ainsi sa structure sociale. L'empire,
alors, disparaît. Réapparaît par la suite le rôle de la
religion lorsque l'esprit religieux I'emporte sur l'idée
nationaliste. En conséquence, les divers nationalismes se
trouvent unifiés sous la bannière d'une religion, jusqu'au
moment où le nationalisme reprend à son tour la primauté, et
ainsi de suite.
Tous les États qui regroupent plusieurs
nationalismes à partir de fondements religieux, économiques,
militaires ou idéologiques, seront en proie à des conflits
tant que chaque nationalisme n'aura pas conquis son
indépendance; autant dire que le facteur social triomphe
inéluctablement du , politique.
Quelles que soient les considérations
politiques qui président à la création d'un État, la vie de
I'individu se fonde sur la famille, la tribu, puis la nation
et enfin l'humanité. L'élément essentiel t reste le facteur
social; le nationalisme en est I'élément constant. Pour
former des êtres humains, il convient donc d'insister sur la
réalité < sociale, préserver la famille. Ia tribu—en tant que
couvertures et écoles sociales naturelles — et enfin la
nation. L'individu ne peut apprendre les i valeurs sociales
qu'auprès de la famille et de la tribu qui forment une
structure sociale naturelle sans le concours de quiconque.
Il faut prendre soin de la famille dans
l'intérêt de l'individu, tout comme il faut prendre soin de la
tribu dans l'intérêt de la famille, de l'individu et de la
nation c'est-à-dire le nationalisme.
Le facteur social, ou facteur national,
constitue la force motrice naturelle et permanente de
I'histoire.
Ignorer le lien national des communautés
humaines et construire un système politique en contradiction
avec la structure sociale, c'est | construire un édifice
provisoire qui s'effondrera | sous l'action du facteur social
de ces communautés, c'est-à-dire l'action nationale de chaque
nation.
Ce sont là des vérités inhérentes à la vie de
l'homme et non pas des interprétations exégétiques. Tout
individu, où qu'il se trouve, devrait en être conscient et
agir en conséquence s'il veut que son action soit bénéfique.
Il faut connaître ces vérités immuables si l'on veut éviter,
dans la vie des groupes humains, les déviations, les
dérèglements et les détériorations qui résultent d'un manque
de compréhension et de respect de ces principes vitaux pour
l'homme.
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LA FEMME |
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La femme est un être humain, I'homme est un être humain; il
n'y a en ceci aucun doute ni divergence. Par conséquent il est
tout aussi évident que la femme et l'homme sont égaux. De ce
point de vue la discrimination entre l'homme et la femme est
un acte d'injustice flagrante et injustifiable .
La femme mange et boit comme l'homme... La
femme éprouve amour et haine comme I'homme... La femme pense,
apprend et comprend comme l'homme... Comme l'homme, la femme a
besoin d'un toit, de vêtements et de moyens de transport...
Comme l'homme elle ressent la faim et la soif... Comme lui,
elle vit et elle meurt.
Mais pourquoi l'homme et la femme ? Il est bien vrai que la
société humaine ne saurait se composer seulement d'hommes ou
seulement de femmes; elle est faite naturellement d'hommes et
de femmes. Pourquoi n'a-t-il pas été créé uniquement des
hommes ou uniquement des femmes ? Après tout qu'est-ce qui
distingue l'homme de la femme ? Pourquoi existe-t-il des
hommes et des femmes ? L'existence de l'homme et de la femme,
et non de l'homme seul ou de la femme seule, doit bien
répondre à une nécessité naturelle. Il en découle qu'aucun
d'eux nest exactement identique à l'autre, et que l'existence
d'une différence naturelle entre l'homme et la femme est
démontrée justement par le fait qu'ils ont été créés homme et
femme. Cela signifie donc que chacun d'eux a son rôle en
fonction de la différence qui existe entre eux. En conséquence
il doit y avoir, pour accomplir ces rôles naturellement
distincts, des conditions de vie différentes prévalant pour
chacun d'eux. Pour prendre conscience de ces rôles, il faut
comprendre les différences de nature entre l'homme et la
femme, ce qui naturellement les distingue:
La femme est une femelle et l'homme est un
mâle. Du point de vue gynécologique -- « la femme est sujette
aux menstruations, c'est-à-dire à un affaiblissement mensuel;
I'homme, en tant que mâle, ne subit pas le même phénomène et
n'est pas soumis à un épanchement mensuel de sang. Parce
qu'elle est femelle, la femme subit naturellement une
menstruation périodique. Lorsqu'elle n'a pas de flux
menstruel, la femme est enceinte. Lorsqu'elle est enceinte,
elle se trouve, de ce fait, affaiblie pendant environ un an;
ce qui signifie que toutes ses activités normales sont
sérieusement réduites jusqu'à ce qu'elle accouche.
Lorsqu'elle a son enfant ou qu'elle fait une
fausse-couche, elle souffre de troubles puerpéraux, d'un
affaiblissement consécutif à tout accouchement ou
fausse-couche. N'étant pas sujet à la grossesse, I'homme n'est
donc pas soumis à la faiblesse qui caractérise la femme en
tant que femelle. Ensuite, la femme doit allaiter son enfant.
L'allaitement naturel s'étend sur environ deux ans. De ce
fait, la femme est si inséparable de son enfant que son
activité s'en trouve sérieusement réduite. Elle devient
directement responsable d'un autre être qu'elle aide à
accomplir ses fonctions biologiques faute desquelles il
mourrait ».
L'homme, au contraire, ne concoit ni
n'allaite.
Toutes ces caractéristiques naturelles produisent des
différences innées où l'homme et la femme ne peuvent être
égaux. Ceci est en soi la raison de la nécessité de
l'existence d'un mâle et d'une femelle, c'est-à-dire d'un
homme et d'une femme, chacun d'eux ayant un rôle ou une
fonction différents dans la vie.
L'homme ne peut en effet remplacer la femme
dans l'accomplissement de ses fonctions naturelles. Il importe
de remarquer que ces fonctions biologiques sont une lourde
charge, imposant à la femme beaucoup d'efforts et de peines.
Cependant, faute de ces fonctions qu'accomplit la femme, la
vie humaine s'éteindrait. Il s'agit, en conséquence, d'une
fonction naturelle qui n'est ni optionnelle ni obligatoire.
C'est une fonction nécessaire, dont la seule alternative est
l'extinction de la vie humaine.
Il existe une intervention volontaire contre la conception
mais c'est la négation de la vie, humaine. Une autre méthode
d'intervention volontaire, partielle, s'attaque aussi bien à
la, conception qu'à l'allaitement maternel. L'une et I'autre
sont des maillons d'une chaîne d'actes !t portant atteinte à
la vie naturelle et conduisant au meurtre: le fait que la
femme se détruise pour échapper à la conception, à
l'accouchement et à I'allaitement, entre dans la catégorie des
inventions artificielles contre l'essence de la vie
représentée par la conception, I'allaitement, la maternité et
le mariage; il n'y a qu'une différence de degré.
Renoncer au rôle naturel de la femme dans la
maternité, comme remplacer les mères par des crèches, c'est
déjà renoncer à la société humaine et la transformer en une
société biologique fondée sur un style de vie industriel.
Séparer les enfants de leurs mères et les entasser dans des
crèches, i c'est les assimiler à des poussins, car les crèches
sont semblables à ces élevages de volailles où l'on entasse
des poussins après l'éclosion des œufs.; Rien ne convient
mieux à la nature de l'être humain et à sa dignité que la
maternité naturelle (où l'enfant doit être
élevé
par
sa mère) dans une
famille où
prévalent la maternité, la paternité et la fraternité.
à un élevage ae volailles. Les volailles,
comme i toutes les autres espèces du règne animal, ont '
besoin de la maternité comme une phase natu-, relle. Les
élever dans des poulaillers ressemblant à des usines est donc
contraire à leur croissance naturelle.
D'ailleurs leur chair rappelle
davantage la viande chimique que la viande naturelle. La
chair qui provient des élevages industrialisés n'a aucun
goût, ni aucune valeur nutritive, puisque les volailles sont
élevées contre la nature, sans la protection de la maternité
naturelle. La chair des oiseaux sauvages est plus savoureuse
et plus nourrissante, car ils croissent et se nourrissent
naturellement. Quant aux enfants
privés de famille et de refuge, la société est leur tutrice,
et c'est pour eux seulement qu'elle doit ouvrir des crèches
et d'autres institutions du même
genre. Il vaut mieux pour eux être pris en charge par la
société, plutôt que par des êtres autres que leurs parents.
Si l'on essayait de déterminer
expérimentalement l'attirance naturelle que l'enfant éprouve,
soit pour sa mère, soit pour la crèche, on verrait I'enfant
opter pour sa mère et non pour la crèche. Puisque la tendance
naturelle de l'enfant le porte vers sa mère, c'est elle qui
est naturellement désignée pour lui donner protection et
soins. Placer un enfant dans une crèche constitue un abus de
pouvoir et une répression contre les tendances librement
exprimées.
Pour tout être vivant, la
croissance naturelle doit être saine et libre. Remplacer la
mère par une crèche, c'est exercer un pouvoir de coercition
contre cette croissance saîne et libre. Les enfants que l'on
conduit à la crèche y sont menés sous la contrainte, par ruse
ou par inconscience de I'enfant. On les conduit à la crèche en
fonction de considérations purement matérielles et non
sociales. Délivrés de l'arbitraire et de l'inconscience
puérile, ces enfants refuseraient la crèche et
s'accrocheraient à leur mère. La seule justification d'un
comportement aussi contraire à la nature et à I'humanité vient
de ce que la femme est elle-même placée dans une situation
contraire à sa nature, c'est-à-dire obligée d'accomplir des
tâches antisociales et antimaternelles.
Dès lors que la nature lui a
assigné un rôle différent de celui de l'homme, la femme doit
être mise en mesure d'assumer son rôle naturel.
La maternité est propre à la
femelle, non au mâle. Il est donc contraire à la nature de
séparer les enfants de leur mère. Toute entreprise visant à
éloigner l'enfant de sa mère relève de la contrainte, de
l'oppression et de la dictature. La mère qui se démet de la
maternité transgresse son rôle naturel dans la vie. La femme
doit jouir de ses droits et bénéficier de dispositions
favorables, non autoritaires et non oppressives. Ainsi
peut-elle s'acquitter de son rôle naturel dans des conditions
normales. Tout
ce qui s'écarte de ce principe est
générateur de contradiction. La femme que l'on oblige à
abandonner sa fonction naturelle de conception et de maternité
est soumise à une contrainte et à une forme de dictature. La
femme qui a besoin d'un travail lui interdisant d'accomplir sa
fonction naturelle n'est pas libre, elle est contrainte par la
nécessité, car la nécessité est un frein à la liberté.
Parmi les conditions
favorables et même indispensables à l'accomplissement par la
femme de son rôle naturel, distinct de celui de l'homme,
certaines s'adressent à un être humain diminué et accablé par
la grossesse, car porter un autre être humain dans son sein
représente une incapacité physique. C'est une injustice que
d'imposer à une future maman des travaux de force
incompatibles avec son état. Les travaux de ce genre sont en
quelque sorte une punition pour la femme lorsqu'elle trahit,
sur le plan humain, son devoir maternel. C'est aussi une
pénalité qu'elle paie pour entrer dans le monde des hommes,
qui ne sont naturellement pas du même sexe.
Même lorsqu'elle émane d'une
femme, I'idée selon laquelle les femmes exécutent de leur
plein gré des travaux pénibles est une idée complètement
fausse. Elles n'accomplissent de pareilles tâches que parce
qu'une société dure et matérialiste les place, sans qu'elles
en soient bien conscientes, dans une situation de contrainte.
Tout en pensant qu'elle travaille de son plein gré, la femme
n'a d'autre solution que de se plier aux conditions de cette
société. Et pourtant, le principe qui dit qu'« aucune
différence n'existe, en aucun domaine, entre l'homme et la
femme » prive cette dernière de sa liberté.
L'expression « en aucun
domaine » est une monstrueuse tromperie pour la femme. Cette
idée risque d'abolir le statut convenable et indispensable, le
privilège dont la femme devrait bénéficier exclusivement,
conformément à sa nature découlant de son rôle naturel dans la
vie.
Revendiquer l'égalité entre
l'homme et la femme dans le transport de lourdes charges,
alors que la femme est enceinte, constitue une injustice et
une cruauté. Réclamer l'égalité entre eux pour le jeûne et les
privations alors qu'elle allaite, c'est une injustice et une
cruauté. Réclamer l'égalité pour eux pour les travaux
répugnants, qui souillent sa beauté et dégradent sa féminité,
c'est également injuste et cruel. Comme est injuste et cruelle
l'éducation qui conduit la femme à des tâches qui ne sont pas
faites pour elle.
Il n'y a aucune différence
entre l'homme et la femme, dans tout ce qui est humain. Nul ne
doit épouser une autre personne contre son gré, ou divorcer
sans consentement mutuel ou sans un juste procès qui lui donne
raison. La femme ne peut se remarier avant avoir divorcé,
I'homme ne peut se remarier sans accord ou divorce. La femme
est la « maîtresse » de maison car tel est le statut
convenable et nécessaire de celle qui subit I'affaiblissement
menstruel, qui conçoit, qui accouche et qui accomplit les
devoirs
maternels. La maison, en tant que foyer
pour la maternité, revient toujours à la femelle (même dans le
règne animal) dont le devoir est naturellement maternel.
Priver les enfants de leur mère ou la femme de sa maison
relève donc de l'arbitraire.
La femme est avant tout une
femelle. A ce titre, ses caractéristiques biologiques
diffèrent de celles de l'homme. Les caractéristiques
biologiques de la femelle, différentes, en effet, de celles du
mâle, ont donné à la femme, dans son aspect et dans son être,
des traits distincts de ceux de l'homme. L'anatomie est
différente, tout comme elle l'est chez les végétaux et les
animaux. C'est là un fait; naturel et indéniable. Dans le
règne végétal et le règne animal, le mâle possède
naturellement la force et l'endurance, la femelle la beauté et
la délicatesse. Ce sont là des caractéristiques innées,
naturelles et éternelles, communes à tous les êtres vivants,
qu'ils soient des hommes, des animaux ou des plantes.
Du fait de sa nature
différente et conformément aux lois naturelles, le mâle joue
de son plein gré le rôle de l'être fort et endurant,
simplement parce qu'il a été créé ainsi. La femelle déploie sa
beauté et sa douceur, non parce qu'elle l'a décidé, mais parce
qu'elle a été ainsi créée. Cette loi est juste parce que,
d'une part, elle est voulue par la nature, et d'autre part
parce qu'elle est le fondement de la liberté. Car tous les
êtres vivants sont créés libres, et toute manipulation de
cette liberté constitue un acte de contrainte. La
nonreconnaissance de ces rôles naturels et la nonobservation
de leurs
limites sont des actes de négligence,
et équivalent à une destruction de la vie même. La nature est
ainsi conçue en harmonie avec l'inévitable transmission de la
vie, de ce qui existe à ce qui advient. La créature vivante
est une entité qui vit inexorablement jusqu'à ce qu'elle
meure. Du début à la fin, l'existence se fonde sur la loi
naturelle où il n'y a ni choix ni contrainte. C'est la nature.
C'est la liberté naturelle.
Chez les animaux et les
plantes comme chez I'homme, il doit y avoir un mâle et une
femelle pour qu'apparaisse la vie, du début à la fin. Ils ne
se contentent pas d'exister, ils doivent jouer, avec une
absolue efficacité, le rôle naturel pour lequel ils sont
créés. S'ils ne remplissent pas naturellement leur rôle c'est
qu'il y a un défaut dû à une raison quelconque. C'est ce qui
existe dans les sociétés contemporaines et presque partout
dans le monde par suite de la confusion des rôles entre
I'homme et la femme, car l'on essaie de faire de la femme un
homme. En accord avec leur nature et ses objectifs, ils
doivent se montrer créateurs dans leurs fonctions respectives.
L'inverse est rétrograde: c'est la tendance anti-naturelle,
destructrice des fondements de la liberté et contraire à la .
vie et à l'existence. Il faut que chacun d'eux accomplisse le
rôle qui lui a été attribué; il ne doit pas y renoncer, car de
tout désistement total ou partiel ne peut découler qu'une
situation arbitraire, une situation anormale. La femme qui,
pour des raisons de santé, renonce à la grossesse, au mariage,
à la coquetterie et à la féminité, abandonne son rôle naturel
dans la vie par suite de cet état contraignant. Celle qui fait
de même en allant travailler subit également une contrainte.
Celle qui le fait sans aucune raison tangible est soumise à
une contrainte qui résulte d'une déviation morale vis-à-vis de
la nature-telle qu'elle est. En conséquence, la renonciation
au rôle naturel de femelle ou de mâle ne peut résulter que
d'une situation contraire à la nature, opposée à la liberté et
mettant en péril l'existence même. Il faut donc une révolution
mondiale qui mettra fin à toutes les situations matérielles
empêchant la femme d'accomplir son rôle naturel dans la vie et
l'obligeant à effectuer les tâches de l'homme pour conquérir
l'égalité des droits. Cette révolution se produira
inévitablement, en particulier dans les sociétés
industrielles, comme une réaction de l'instinct de survie,
sans même avoir besoin d'un instigateur tel que le Livre vert.
Toutes les sociétés, de
nos jours, considèrent la femme comme une marchndise,
l'Orient, comme un article à vendre ou à acheter, et
l'Occident ne la considère pas comme femelle.
Obliger la femme à effectuer le travail de l'homme c'est se
livrer à une injuste agression contre sa féminité dont elle a
été naturellement pourvue afin d'accomplir une fonction
nécessaire à la vie. Car les tâches masculines effacent la
beauté de la femme mise en évidence par la nature pour
accomplir des tâches non masculines. Cette beauté est comme
les corolles destinées à attirer le pollen et à produire la
semence. Si l'on supprimait les fleurs, le rôle vital des
plantes prendrait fin. C'est l'embellissement naturel des
papillons, des oiseaux et des femelles de toutes les autres
espèces qui est créé pour répondre à une mission vitale. La
femme qui fait un travail d'homme est amenée à se changer en
homme, délaissant ainsi son rôle et sa beauté. Elle doit jouir
de la totalité de ses droits sans être obligée de se
transformer en homme et de perdre sa féminité.
La constitution physique, naturellement différente entre
l'homme et la femme, entraîne des différences dans le
fonctionnement de leurs organes et conduit à une différence
naturelle résultant des différences physiologiques entre eux
se traduisant par des différences dans la mentalité, I'esprit,
la sensibilité et l'anatomie.
La femme est affectueuse, belle, émotive et craintive. Bref,
la femme est douce et l'homme brutal, et cela en vertu de
leurs.caractéristiques innées.
Ignorer les différences naturelles entre l'homme et la femme
et confondre leurs rôles procède d'une attitude contraire à la
civilisation, hostile aux lois de la nature, néfaste pour la
vie humaine et cause'de misères dans la vie sociale.
Les sociétés industrielles modernes, qui ont obligé la femme à
s'adapter aux mêmes travaux de force que les hommes, au
détriment de sa féminité et de son rôle naturel en ce qui
concerne sa beauté, sa maternité et sa quiétude, ne sont pas
civilisées. Ce sont des sociétés matérialistes. Vouloir les
imiter est aussi absurde que dangereux pour la civilisation et
l'humanité.
La question n'est donc
pas de savoir si la femme doit ou non travailler _ conception
d'un matérialisme ridicule _ La société doit fournir du
travail à tous ses membres valides _ hommes et femmes _ qui en
ont besoin, mais à condition que chaque individu puisse
exercer son activité dans le domaine qui lui convient et ne
soit pas constraint d'accomplir une tâche pour laquelle il
n'est pas fait. Imposer aux enfants les conditions de
travail des adultes relève de l'injustice et de la tyrannie.
De même est-il injuste et tyrannique d'imposer à la femme les
conditions de travail de l'homme.
La liberté est que tout être
humain acquière la connaissance lui permettant d'exercer
l'activité qui lui convient. La tyrannie consiste à obliger
les êtres humains à apprendre des choses qui ne leur
conviennent pas, qui les conduisent à exercer une activité qui
n'est pas faite pour eux. Le travail qui conviént à l'homme
n'est pas toujours adapté à la femme, et le savoir profitable
à l'enfant est différent du savoir approprié à l'adulte.
Du point de vue des droits de
l'être humain, il n'y a pas de différence entre l'homme et la
femme, entre l'enfant et l'adulte. Mais pour ce qui est des
devoirs, il n'existe pas entre eux d'égalité absolue. |
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LES MINORITÉS |
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Qu'est-ce qu'une minorité ? Quels sont ses droits et ses
devoirs ? Comment le problème des minorités peut-il se
résoudre en partant des principes généraux de la Troisième
Théorie Universelle ?
Il n'y a que deux types de minorités. Celles
qui appartiennent à une nation qui leur fournit un cadre
social, et celles qui, n'appartenant pas à une nation, forment
elles-mêmes leur propre cadre social. Ces dernières accumulent
les traditions historiques qui doivent leur permettre, à
terme, par le jeu de l'appartenance et de la communauté de
destin, de former des nations.
Il est clair que ces minorités ont des droits
sociaux qui leur sont propres. Toute altération de ces droits
par une majorité constitue une injustice. Les caractéristiques
sociales sont inhérentes et ne peuvent être ni octroyées, ni
confisquées. Quant à leurs problèmes politiques et
économiques, ils ne peuvent être résolus qu'au sein d'une
société populaire dans laquelle les masses détiennent le
pouvoir, la richesse et les armes.
Considérer les minorités comme étant
politiquement et économiquement minoritaires, relève de la
dictature et de l'injustice. |
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LES NOIRS |
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LES NOIRS RÉGNERONT SUR LE MONDE |
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La
dernière manifestation de l'esclavage a été l'asservissement
de la race noire par la race # blanche. L'homme noir ne
saurait l'oublier tant qu'il n'aura pas reconquis sa dignité.
Ce tragique épisode de l'histoire, les
ressentiments qu'il a fait naître et l'exigence psychologique
d'une race en pleine renaissance constituent, pour les Noirs,
autant de motivations g pour s'affirmer et relever le défi;
c'est là un phénomène à ne pas négliger. A quoi il faut
ajouter la fatalité cyclique de l'histoire des sociétés. Ainsi
la race jaune a dominé le monde lorsqu'elle s'est répandue, à
partir de l'Asie, sur tous les continents. Puis ce fut la race
blanche qui a envahi elle aussi tous les continents par une
vaste entreprise colonialiste. Maintenant arrive la
prédominance de la race noire.
Cette race est, pour l'instant, très
sousdéveloppée, sur le plan social. Mais ce retard est un
facteur de développement démographique car la faiblesse du
niveau de vie des Noirs leur a évité de connaître les voies et
moyens du contrôle des naissances et du planning familial. En
outre, leurs traditions sociales n'imposent chez eux aucune
limite aux mariages et aux naissances, alors que la population
des autres races baisse du fait du contrôle des naissances,
des restrictions imposées au mariage et de la pression d'une
activité économique incessante, inconnus des Noirs en raison
de la chaleur du climat.
Le
savoir, ou l'instruction, ne se limitent pas forcément à des
programmes méthodiques et à des matières scolaires que les
jeunes sont obligés d'assimiler à partir de manuels et dans le
cadre d'horaires précis, assis derrière des rangées de
pupitres. Ce genre d'éducation, qui prévaut actuellement sur
toute la terre, est une méthode contraire à la liberté.
L'enseignement obligatoire, dont se glorifient tous les pays
lorsqu'ils peuvent I'imposer à leur jeunesse, n'est qu'une
méthode parmi d'autres pour réprimer la liberté. C'est
I'oblitération arbitraire des dons de l'être humain et
l'orientation autoritaire de ses choix. Il y a là un acte de
tyrannie nuisible à la liberté, car il prive I'homme de sa
liberté de choix, de sa créativité et de son talent. Obliger
les gens à s'instruire suivant un programme donné, et leur
imposer certaines matières est un acte dictatorial.
L'éducation obligatoire et standardisée
constitue en fait une entreprise d'abrutissement des masses.
Tous les États qui déterminent officiellement les matières et
les connaissances à enseigner et qui organisent ainsi
l'éducation, exercent une contrainte sur les citoyens. Toutes
les méthodes d'éducation en vigueur dans le monde devraient
être abolies par une révolution culturelle mondiale visant à
émanciper l'esprit humain de l'enseignement du fanatisme et de
l'orientation autoritaire des goûts, du jugement et de
l'intelligence de l'être humain.
Cela ne veut pas dire qu'il faille fermer les
écoles ou, comme pourrait le supposer un lecteur superficiel,
tourner le dos à l'éducation. Cela veut dire, au contraire,
que la société devrait fournir toutes sortes d'activités
éducatrices, permettant aux jeunes de choisir spontanément et
librement les matières qu'ils souhaitent étudier. Cela
requiert des écoles en nombre suffisant pour toutes les
disciplines. La rareté des écoles a pour effet de restreindre
la liberté de choix, elle oblige à accepter ce qu'on vous
propose et prive l'homme du droit naturel de choisir. Sont des
sociétés réactionnaires, favorisant l'ignorance et hostiles à
la liberté, celles qui limitent le savoir et le monopolisent.
Ainsi les sociétés qui interdisent la connaissance de la
religion telle qu'elle est, les sociétés qui monopolisent
l'enseignement religieux ou celles qui dispensent un
enseignement mensonger à propos de la religion, de la
civilisation ou des coutumes d'autres peuples, les sociétés
qui interdisent et monopolisent les connaissances
technologiques, sont des sociétés réactionnaires, favorisant
l'ignorance et hostiles à la liberté. Le savoir est, pour tout
être humain , un droit naturel dont personne, sous aucun
prétexte, ne peut le priver, sauf si l'intéressé a commis un
acte justifiant qu'on le prive de ce droit.
L'ignorance disparaîtra lorsque toute chose sera présentée
dans sa réalité et lorsque tout le savoir sera mis à la
disposition de chacun, et de la manière qui lui convient le
mieux. |
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LA MUSIQUE ET L'ART |
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L'homme demeure imparfait puisqu'il est incapable de
s'exprime,r dans une langue commune. Tant qu'il n'aura pas
réalisé cette aspiration de l'humanité, ce qui parâît
impossible, I'expression de la joie et de la douleur, du bien
et du mal, du bien-être et de la misère, du périssable et de
l'éternel, de l'amour et de la haine, la perception des
couleurs, des sentiments, des goûts et des humeurs, cet
ensemble sera fonction de la langue que chaque peuple parle
spontanément. Le comportement lui-même dépendra de la réaction
produite par le sentiment que crée le langage.
L'enseignement d'une langue unique n'est pas
une solution à envisager pour le moment. Cette question
restera insoluble tant que le processus d'unification des
langues n'aura pas duré un nombre suffisant d'époques et de
générations, pour autant d'ailleurs que le passage des
générations puisse effacer l'hérédité. Car les sentiments, les
goûts et les humeurs des aïeux et des pères modèlent ceux des
fils et des petits-fils. Si les ancêtres parlaient des langues
différentes et que leurs descendants viennent à parler une
seule langue, cela ne veut pas dire qu'ils auront fatalement
des goûts communs grâce à cette langue commune. Ces goûts
communs ne pourront exister que lorsque la langue nouvelle
portera en elle les notions qui se transmettent par héritage
d'une génération à l'autre.
Si
une communauté a pour coutume de porter du blanc en signe de
deuil, et qu'une autre porte du noir, les sentiments seront
accordés dans chaque groupe à la couleur choisie: ici on
détestera le noir, et là on l'aimera, et vice-versa. Ces
sentiments ont une influence physique sur les cellules du
corps et sur leurs gènes, dont les adaptations se transmettent
héréditairement. En héritant des sentiments des ancêtres,
leurs successeurs détesteront spontanément la couleur que
ceux-ci détestent. Par conséquent, les peuples ne sont en
harmonie qu'avec les arts et les patrimoines qui leur sont
propres. Héritiers de patrimoines différents, ceux-ci ne sont
pas en harmonie avec les arts des autres peuples même s'ils
partagent avec eux la même langue.
Ces différences se retrouvent, même à une
échelle restreinte, entre les groupes composant un même
peuple.
Apprendre une langue commune n'est pas un
problème, pas plus que n'est un problème le fait de comprendre
l'art d'autrui en apprenant sa langue. La difficulté réside
dans l'impossibilité de s'adapter entièrement à la langue
d'autrui.
Cela restera impossible tant que l'hérédité,
transmise par le corps, ne s'effacera pas.
I'espèce humaine a encore beaucoup de progrès
à faire, puisque l'homme ne peut utiliser avec ses frères, une
langue commune qui soit héritée et non apprise. Cependant, la
réalisation de cet objectif n'est qu'une question de temps
pour l'humanité, à moins que la civilisation ne rechute. |
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LE SPORT |
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I'équitation et les spectacles |
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Le sport peut être une activité privée, comme la prière
pratiquée par l'homme, seul, dans l'intimité d'une pièce
close, ou une activité publique pratiquée collectivement, à
découvert, comme la prière lorsqu'elle se pratique dans un
lieu de culte collectif. Dans le premier cas, le sport
concerne exclusivement l'individu; dans le second, il est
I'affaire de tous: chacun doit s'y adonner, au lieu de confier
à certains le soin de le faire à sa place. Il est
déraisonnable que les foules se rassemblent dans un lieu de
culte uniquement pour assister, sans y participer, à la prière
de quelqu'un ou de quelques-uns. Il est tout aussi insensé que
des foules se précipitent dans les stades ou des arènes pour
assister à des sports individuels ou d'équipe, sans y
participer.
Le sport est comme la prière, comme la
nourriture, comme la sensation du chaud ou du froid. Il serait
absurde qu'une foule se presse dans un restaurant simplement
pour voir une personne ou un groupe prendre un repas. De même
qu'il serait absurde de demander à une ou plusieurs personnes
de se chauffer ou de se rafraîchir à notre place. Il est tout
aussi illogique, pour la société, de laisser un individu ou
une équipe monopoliser la pratique du sport, alors que c'est
l'ensemble de la collectivité qui finance ce monopole. De
même, un peuple pratiquant la démocratie ne saurait autoriser
un individu ou un groupe, qu'il soit parti, classe, secte,
tribu ou assemblée, à le remplacer lorsqu'il s'agit de decider
de son destin ou de determiner ses besoins.
Le sport privé ne concerne que ceux qui le
pratiquent eux-mêmes et à leurs frais. Le sport public est un
besoin collectif, et le peuple ne saurait s'y faire
représenter par d'autres, ni physiquement ni démocratiquement.
Du
point de vue physique, un représentant ne peut transmettre à
autrui les bienfaits corporels et moraux qu'il retire du
sport. Du point de vue démocratique, aucun individu et aucune
équipe n'a le droit de monopoliser à son profit le sport, le
pouvoir, la richesse ou les armes. Dans le monde actuel, les
clubs sportifs sont des organisations de base du sport
traditionnel. Ils accaparent tous les crédits et toutes les
installations affectés au sport par l'État. Ces institutions
ne sont que les instruments d'un monopole social, semblables
aux appareils politiques dictatoriaux qui accaparent
l'autorité, aux appareils économiques qui accaparent la
richesse et aux appareils militaires qui accaparent les armes.
De même que l'ère des masses tend à briser les instruments de
monopolisation du pouvoir, de la richesse et des armes, elle
en viendra fatalement à détruire ce monopole des activités
sociales que constituent les sports, les courses et les autres
activités du même genre. Les masses qui se mettent en rangs
pour soutenir un candidat, supposé les représenter, lorsqu'il
s'agira de déterminer leur destin, sont mues par l'idée tout à
fait illusoire que l'élu les représentera et incarnera, en
leur nom, leur dignité, leur souveraineté et leurs opinions.
Mais ces masses, dépouillées de leur volonté et de leur
dignité, sont réduites au rôle de spectateurs, regardant
quelqu'un d'autre accomplir ce qu'ils devraient faire
eux-mêmes naturellement.
Le
même raisonnement s'applique aux foules qui, par ignorance,
s'abstiennent de pratiquer le sport par elles-mêmes et pour
elles-mêmes. Elles sont manipulées par des organisations
monopolistiques qui s'attachent à les abrutir en leur
permettant, non pas de pratiquer le sport, mais seulement de
rire et d'applaudir. En tant qu'activité sociale, le sport
doit être au bénéfice des masses, comme le pouvoir, la
richesse et les armes doivent être dans les mains du peuple.
Le sport public est destiné à tout le monde.
Chacun y a droit pour rester en bonne santé et se divertir. Il
est complètement absurde de l'abandonner et de réserver ses
bienfaits à certains individus et à certains groupes qui en
font un monopole, tandis que les masses fournissent les
installations et financent l'organisation des sports publics.
Les milliers de gens qui s'entassent dans les stades pour
regarder, applaudir et rire sont des imbéciles qui se privent
de pratiquer eux-mêmes ces activités. Ils se pressent sur les
gradins, comme en léthargie, applaudissant ces héros qui les
dépouillent de toute initiative, qui dominent le terrain,
manipulent le sport, et détournent à leur profit les
installations mises à leur disposition par les masses. De
toute évidence, les tribunes publiques sont destinées à tenir
les masses à l'écart des terrains de jeux, à leur en interdire
l'accès. Lorsque les masses comprendront que le sport est une
activité publique à laquelle il faut participer et non
assister, elles envahiront les terrains et les stades pour les
libérer et y pratiquer les sports. S'il ne restait, comme
spectateurs, qu'une minorité indolente, cela vaudrait beaucoup
mieux.
les tribunes disparâîtront lorsqu'il n'y aura plus personne
pour les occuper. Ceux qui sont incapables de faire preuve
d'héroisme dans la vie, qui ignorent les événements de
l'histoire, qui n'arrivent pas à imaginer l'avenir,
constituent ce public de marginaux qui remplissent les
tribunes pour apprendre et y voir le spectacle de la vie,
comme des écoliers qui remplissent les classes parce qu'ils
sont non seulement incultes mais même illettrés au départ.
Ceux qui façonnent eux-mêmes la vie n'ont pas
besoin de l'imaginer à travers le jeu des acteurs de théâtre
ou de cinéma. De même, les vrais cavaliers qui tiennent
solidement les rênes n'ont plus besoin de s'asseoir dans les
tribunes des champs de course. Si tout le monde possède un
cheval, il n'y a plus personne pour regarder et pour
applaudir. Seuls restent comme spectateurs ceux qui, faute
d'être de bons cavaliers, sont incapables de pratiquer cette
activité.
Ainsi les peuples bédouins, très sérieux et
très travailleurs, ne prennent aucun intérêt au théâtre ni aux
spectacles. Menant une vie très austère, ils n'ont que
dérision pour les faux-semblants. De même, les Bédouins se
soucient peu d'être spectateurs, ils prennent part aux jeux et
aux réjouissances, parce qu'ils reconnaissent par nature la
nécessité de ces activités et s'y adonnent.
Les sports de combat, comme la boxe et la
lutte, sont le signe que l'humanité n'est pas encore
dépouillée de toute sauvagerie. Ils disparâîtront lorsque
l'homme aura gravi encore quelques échelons dans la
civilisation. Les sacrifices humains et les duels au pistolet
ont été fréquents à certaines époques de l'évolution de
l'humanité. Mais il y a des années que ces pratiques sauvages
sont tombées en désuétude. Maintenant, l'homme en sourit et
regrette de s'être adonné jadis à de telles pratiques. Dans
quelques dizaines ou quelques centaines d'années, la boxe et
la lutte connaîtront le même sort. Et actuellement, ce sont
les hommes les plus civilisés et les plus raisonnables qui
sont en mesure d'éviter la pratique et l'encouragement de
cette conduite sauvage. |
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