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CONFERENCE DE LA CEN-SAD  SUR LES SEMENCES OGM EN AFRIQUE, Tripoli 25/26/27 AVRIL 2006 (mise à jour le  (1ermai 2006

 

Au moment dengager le grand débat qui nous réunit dans cette partie de lAfrique qui, il y a plus de 2000 ans, éclairait déjà comme un phare lautre rive de la méditerranée, il faut considérer une situation de fait.

LEurope, et je suis un témoin du « vieux continent » a dit « non » aux OGM. Ce sont les peuples qui ont dit « non ». Malgré les pressions énormes, à la mesure des enjeux financiers. Et la pression des défenseurs de lenvironnement a fait reculer les gouvernants.

Cest un fait, les agriculteurs Français ne veulent pas des OGM. Et ils savent bien pourquoi!

Ils savent que la planète sur laquelle nous vivons na pas assez de ressources pour permettre à chaque habitant daccéder au niveau de vie des Américains, et que les Américains qui consomment un tiers de ces ressources ne voudront jamais partager. Alors il faut maintenir dans lasservissement les peuples du Sud.

Les brevets imposés sur les organismes vivants visent à placer sous une tutelle juridique les paysans. Ceux qui signent les contrats avec les multinationales, mais aussi ceux dont les récoltes sont contaminées… Les grands groupes mondiaux dassurance refusent de couvrir les risques attachés aux OGM. Pourquoi vous paysans Africains auriez-vous confiance!

La question est de savoir pourquoi sans la moindre garantie, sexposer à une situation de danger aux conséquences irréversibles?

 La mise en œuvre des cultures OGM intervient dans le contexte du néo-libéralisme dominant.

200 à 400 millions de dollars! Cest le coût dune recherche sur un OGM. Ne croyez jamais que ceux qui financent daussi coûteuses recherches, qui sétalent sur des années, pensent au bien-être des paysans africains cest-à-dire des moins solvables de ce monde!

Dans le mensuel Le Monde Diplomatique dAvril 2006, le Pr Marc Dufumier souligne que « rien nindique que la génétique soit le facteur limitant de la production et des revenus agricoles et que les OGM puissent être utiles aux paysans pauvres. Les semences de soja, de maïs et de coton transgéniques sont utilisées dans les pays du sud, au sein de grands latifundias au brésil en Argentine, et en Afrique du Sud. On ne sache pas quelles aient mis fin à la misère des paysans sans terre et des populations des favelas et des bantoustans. »

Les OGM, cest-à-dire leur distribution, leur dissémination sur le continent, constituent un défi, mais peut-être aussi une chance pour les africains.

Grâce aux OGM vous allez réaliser mieux pourquoi il faut sunir contre le néo-libéralisme et les nouvelles formes de colonialisme. Les frontières qui ont haché le grand Sahara en démontrent aujourdhui labsurdité. Il faut aussi abattre les barrières de la pensée, qui empêchent de voir le nouveau visage du colonialisme. Lunité est possible parce quelle est nécessaire.

Si lunion européenne a pu imposer un moratoire à lAmérique pour prévenir lextension des cultures dOGM, il ny a pas de raison « génétique » pour que lUA nen fasse pas autant! Chaque état individuellement ne peut pas grand-chose face à lOMC mais collectivement, au sein du continent, tout est possible.

Les OGM sont en ce sens porteurs dun message despoir, et il faut savoir lire ce message. Le débat sest ouvert à Tripoli, et il faut quil souvre partout en Afrique, pour que le rêve du Frère Guide de la révolution Mouammar Kadhafi soit la réalité de demain pour nos enfants.

(*) militant d’Attac

Par Dominique Jourdain.
 

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