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Au moment
d’engager le grand débat
qui nous réunit dans cette partie de l’Afrique
qui, il y a plus de 2000 ans, éclairait déjà
comme un phare l’autre
rive de la méditerranée, il faut considérer une
situation de fait.
L’Europe,
et je suis un témoin du « vieux continent » a
dit « non » aux OGM. Ce sont les peuples qui ont
dit « non ». Malgré les pressions énormes, à la
mesure des enjeux financiers. Et la pression des
défenseurs de l’environnement
a fait reculer les gouvernants.
C’est
un fait, les agriculteurs Français ne veulent
pas des OGM. Et ils savent bien pourquoi!
Ils savent
que la planète sur laquelle nous vivons n’a
pas assez de ressources pour permettre à chaque
habitant d’accéder au
niveau de vie des Américains, et que les
Américains qui consomment un tiers de ces
ressources ne voudront jamais partager. Alors il
faut maintenir dans l’asservissement
les peuples du Sud.
Les
brevets imposés sur les organismes vivants
visent à placer sous une tutelle juridique les
paysans. Ceux qui signent les contrats avec les
multinationales, mais aussi ceux dont les
récoltes sont contaminées… Les grands groupes
mondiaux d’assurance
refusent de couvrir les risques attachés aux OGM.
Pourquoi vous paysans Africains auriez-vous
confiance!
La
question est de savoir pourquoi sans la moindre
garantie, s’exposer à une
situation de danger aux conséquences
irréversibles?
La mise
en œuvre des cultures OGM intervient dans le
contexte du néo-libéralisme dominant.
200 à 400
millions de dollars! C’est
le coût d’une recherche
sur un OGM. Ne croyez jamais que ceux qui
financent d’aussi
coûteuses recherches, qui s’étalent
sur des années, pensent au bien-être des paysans
africains c’est-à-dire
des moins solvables de ce monde!
Dans le
mensuel
Le
Monde Diplomatique d’Avril
2006, le Pr Marc Dufumier souligne que « rien
n’indique que la
génétique soit le facteur limitant de la
production et des revenus agricoles et que les
OGM puissent être utiles aux paysans pauvres.
Les semences de soja, de maïs et de coton
transgéniques sont utilisées dans les pays du
sud, au sein de grands latifundias au brésil en
Argentine, et en Afrique du Sud. On ne sache pas
qu’elles aient mis fin à
la misère des paysans sans terre et des
populations des favelas et des bantoustans. »
Les OGM, c’est-à-dire
leur distribution, leur dissémination sur le
continent, constituent un défi, mais peut-être
aussi une chance pour les africains.
Grâce aux
OGM vous allez réaliser mieux pourquoi il faut s’unir
contre le néo-libéralisme et les nouvelles
formes de colonialisme. Les frontières qui ont
haché le grand Sahara en démontrent aujourd’hui
l’absurdité. Il faut
aussi abattre les barrières de la pensée, qui
empêchent de voir le nouveau visage du
colonialisme. L’unité est
possible parce qu’elle
est nécessaire.
Si l’union
européenne a pu imposer un moratoire à l’Amérique
pour prévenir l’extension
des cultures d’OGM, il n’y
a pas de raison « génétique » pour que l’UA
n’en fasse pas autant!
Chaque état individuellement ne peut pas
grand-chose face à l’OMC
mais collectivement, au sein du continent, tout
est possible.
Les OGM
sont en ce sens porteurs d’un
message d’espoir, et il
faut savoir lire ce message. Le débat s’est
ouvert à Tripoli, et il faut qu’il
s’ouvre partout en
Afrique, pour que le rêve du Frère Guide de la
révolution Mouammar Kadhafi soit la réalité de
demain pour nos enfants.
(*) militant d’Attac
Par Dominique Jourdain.
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