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S’agit-il d’un sursaut d’orgueil ou d’une
rupture des vieilles habitudes qui demandent à
courber l’échine devant les Léviathans en
Occident pour venir à bout des querelles qui
enveniment les relations entre deux peuples
frères d’Afrique ? Ou alors s’agit-il d’un
réveil de la conscience africaine qui demande de
« laver le linge sale en famille » ?
Le 8 février dernier s’est
tenu en Libye une rencontre quadripartite entre
les présidents Nguesso, Deby, Bozizé
(respectivement Président de la République du
Congo-Brazzaville, du Tchad et de la
Centrafrique) et le guide Mouammar pour tenter
de résoudre les différends qui opposent le Tchad
au Soudan depuis quelques mois.
Cette rencontre qui s’est
étendue jusqu’au 9 février a permis à l’ensemble
des chefs d’Etat présents de contourner toutes les
différentes questions qui entravent les relations
entre le Soudan et le Tchad ; ainsi que de
nombreux défis auxquels est confronté le continent
africain tels la crise en Côte d’Ivoire.
S’inspirant des larges
conseils du Guide Mouammar Al Kadhafi et de la
diplomatie du nouvel Homme fort de l’Union
Africaine, le Président Dénis Sassou Nguesso, les
chefs d’Etats sont parvenus aux conclusions
suivantes dont la teneur est lue par monsieur
Rodolphe Edada, ministre des Affaires Etrangère de
la République du Congo :
«Sous l’instigation commune du
Guide Mouammar Al Kadhafi, guide de la révolution
libyenne, gardien et protecteur de la Paix dans
l’espace de la Communauté des Etats
Sahelo-Saharien (CEN-SAD) et de son Excellence
Dénis Sassou Nguesso, président en exercice de
l’Union Africaine et président de la République du
Congo, un sommet sur la situation entre le Tchad
et le Soudan s’est tenu à Tripoli, le 8 février
2006.
1) Y ont participé à ce
sommet :
- Le Président Blaise
Compaoré, Président du Burkina-Faso et Président
en exercice de la Communauté des Etats
Sahelo-Saharien (CEN-SAD).
- Le Président Omar
Hassan El Béchir, Président du Soudan.
- Le Président Idriss
Deby Etno, Président de la République du Tchad,
- Le Président
François Bozizé Fonda, Président de la République
Centrafricaine.
- Monsieur Alpha Omar
Konaré, Président de la Commission de l’Union
Africaine,
- Monsieur Mohamed Al
Madani El Azhari, Secrétaire général de la
Communauté des Etats Sahelo-Saharien (CEN-SAD),
- Le Représentant du
Secrétaire général des Nations-Unies.
2) Une réunion au niveau des
Ministres des Affaires étrangères et des Ministres
en charge de la Sécurité publique des Etats
précités, a précédé ce sommet.
Cette réunion a eu lieu les 6
et 7 février 2006. Elle a été présidée par Adolphe
Edada, Ministre d’Etat, Ministre des Affaires
étrangères et de la Francophonie en République du
Congo et le président du Conseil Exécutif de
l’Union Africaine.
3) Après avoir examiné la
situation tendue qui régnait entre le Tchad et le
Soudan, à la lumière des communiqués publiés par
les deux parties ainsi que par la Commission de
l’union Africaine, le Sommet a exprimé ses
préoccupations vis-à-vis de cette crise
regrettable entre les deux pays qui sont reliés
par les liens géographique, historique et les
relations sociales.
4) Le sommet s’est félicité
hautement des deux parties qui sont disposées à
dialoguer d’une manière constructive comme cela a
été affirmé lors des discussions menées entre les
Présidents Omar Hassan Al Béchir et Idriss Deby
Etno.
5) Le Sommet a incité les deux
parties à mener un dialogue et une discussion
bilatérale tout en prenant en compte :
- les modalités liées
à l’Acte constitutionnel de l’Union Africaine et
aussi les modalités de l’Article 4 du Protocole de
la création du Conseil de Pais et de la Sécurité
de l’Union Africaine, qui stipule le règlement des
conflits entre les pays membres tout en utilisant
les moyens pacifiques.
Cet article interdit l’usage
de la force entre les pays membres et la
non-intervention d’un tiers dans les affaires
internes de tout autre pays.
L’article 4 incite à la
cohabitation pacifique entre les Etats membre de
l’Union et le droit de tout pays à vivre dans la
Paix.
- Les articles liés au
traité de la déclaration de la Communauté des
Etats Sahelo-Saharien (CEN-SAD).
- Le traité de
sécurité de la Communauté des Etats
Sahelo-Saharien (CEN-SAD).
- La Déclaration de
Niamey sur les conflits adoptés par la 5ème
session ordinaire du Conseil de la Présidence de
la communauté des Etats Sahelo-Saharien.
- La Déclaration de
l’Assemblée Générale des Nations Unies No : 2625
sur les relations d’amitié et de coopération entre
les Etats.
6) Le sommet a appelé avec
insistance les deux parties à ne pas s’ingérer
dans les affaires internes de l’autre partie et de
ne pas fournir l’aide aux groupes armés opérant
dans les deux pays.
7) Le Sommet a exigé des deux
parties de ne pas faire usage de leurs territoires
des activités destructrices dirigées vers la
souveraineté et la sécurité du territoire de
l’autre partie et cela en application au traité de
sécurité de la Communauté des Etats
Sahelo-Saharien conclu de la part de ces deux
parties.
8) Le sommet a exigé des deux
parties de mettre un terme immédiatement aux
compagnes d’informations offensives et d’œuvrer à
la reprise de la confiance et du réconfort.
9) Le Sommet s’engage à
fournir un soutien multiforme aux deux pays pour
répondre à leurs besoins en vue de réaliser cette
tache héroïque et noble qui vise à la reprise de
confiance et de dialogue utile entre le Tchad et
le Soudan. Pour cela, le Sommet a décidé la
création :
- d’une commission
ministérielle de suivi présidée par la Grande
Jamahiriya et l’adhésion des ministres des deux
parties et des ministres de la République du
Congo, du Burkina-Faso, de la République
Centrafricaine, du Secrétaire général de la
CEN-SAD.
Cette commission se réunira
périodiquement pour évaluer l’évolution de la
situation et aussi à venir en aide aux deux Etats
afin de chercher les solutions pacifiques
négociées sur les différentes causes de la crise.
Cette commission aura aussi
pour tache, la coordination avec le Conseil de
Paix et de Sécurité de l’UA.
è
une délégation pour collecter les informations sur
le terrain.
è
Une force de paix et de sécurité pour garantir les
frontières communes.
10) Le Sommet a sollicité la
Grande Jamahiriya d’appeler à Tripoli dans les
plus brefs délais d’une réunion extraordinaire des
Chefs d’Etat de la CEN-SAD et ce, pour proposer
les moyens convenables à contrôler les frontières
communes.
11) En affirmant que les deux
pays ont la volonté de régler leurs différends par
les moyens pacifiques pour la reprise de la
confiance entre eux, la République du Tchad et la
République du Soudan ont signé l’accord de paix
sous le nom de « Accord de Tripoli, pour régler le
différend entre la République du Tchad et la
République du Soudan ».
Les deux Etats se sont engagés
à œuvrer chacun de son côté à la normalisation des
relations diplomatiques et consulaires. Dans ce
même contexte, les deux côtés s’engagent
immédiatement à interdire la présence et le séjour
d’éléments rebelles des deux parties respectives
sur leur sol.
12) Le Sommet a salué
chaleureusement son Excellence le Président Omar
Hassan Al Béchir et son Excellence le Président
Idriss Deby pour leur esprit d’ouverture et
d’appartenance à l’Afrique, à leur attachement à
la Paix et à la stabilité dans leurs deux pays.
13) Le Sommet a salué
également son Excellence le Président Denis Sassou
Nguesso, Président en exercice de l’Union
Africaine pour sa vision optimiste des choses et
des efforts interrompus que les Chefs d’Etats
africains fournissent et à leur engagement
permanent en vue d’instaurer la Paix et la
Stabilité dans toutes les régions de la CEN-SAD et
en Afrique.
Fait à Tripoli, le
8-02-2006. »
N’est-ce pas là un effort
conjugable qui frise déjà l’autonomie politique
africaine et que devra dorénavant l’Afrique tenter
de résoudre ses problèmes… C’est le Premier pas du
Président Sassou, une réussite et on attend encore
et encore de lui.
Le
comité de rédaction.
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