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La Libye et le Gabon se prononcent sur l’Affaire Charles Taylor, l’ex-président libérien actuellement aux mains du tribunal impérialiste en Hollande; 3 juillet 2006, 11 :51.  

 

 

Le passage du Président gabonais en Grande Jamahiriya Arabe Libyenne a donné lieu à une importante discussion sur l’affaire Charles Taylor entre le guide de la révolution et son hôte, déjà qu’en début du mois de juin, les chefs d’état et de gouvernement des pays de la zone Cen-sad réunis à Tripoli dans le cadre de la conférence des présidents de la Cen-sad abordaient la même question avec une certaine amertume à l’égard du gouvernement en place actuellement au Libéria.

Ce qui est évident, c’est qu’on a tendance au niveau de l’Afrique à nier ou à méconnaître le talent des experts africains que ce soit dans le domaine politique qu’en science et le fait nauséabond, c’est l’aptitude de certains dirigeants africains, qui sans vergogne, déportent citoyens dans des tribunaux occidentaux aux grands damnes des tribunaux locaux ou africains, marginalisant ainsi les magistrats locaux pour plus tard les taxer d’inexpérimentés. Faut-il continuer à jeter de la poudre aux yeux de nos frères ou les condamner dans des tribunaux étrangers pour la simple et bonne raison de répondre aux exigences de la communauté internationale qui n’est rien d’autre que l’avis des impérialistes du G8 ? Faut-il toujours courir après les effets alors que les causes ne nous sont jamais connues ni citées ? Faut-il toujours s’attaquer aux effets quand bien même  les causes auraient été étouffés bien avant que ne survienne la catastrophe ?

Ces deux hommes l’auraient bien compris et c’est dans ce sens qu’ils ont, tout à côté de leurs échanges en matière de la politique de leurs deux pays, abordé les défis politiques pour l’Afrique de demain confrontée à une invasion comme à l’époque coloniale, des néo-colons d’Europe, d’Amérique et d’Asie.

L’Afrique dans tout cela s’ignore et ne parvient toujours pas à se faire violence. Est-ce par manque de prise de conscience, est-ce l’ignorance ou alors l’incapacité ? Même en Irak où les impérialistes américain et anglais avec quelques alliés se déploient, violant toute impunité dite d’international, abusant de la personne de l’être humain, ignorant tout respect dû à la religion, détruisant toute l’histoire d’un peuple, inventant des personnalités dites de terroristes, inventant un gouvernement fantoche, le leader irakien Saddam Hussein est jugé dans son pays, sur son continent, aux yeux et aux sus du peuple irakien bien que étranglé par une occupation funèbre.

Le Général Augusto José Ramón Pinochet Ugarte qui dirigea le Chili de 1973 à 1990, avec une aide nord-américaine pour favoriser son expansionnisme dans les autres pays d’Amérique du sud et aujourd’hui accusé par la même puissance de dictateur et d’assassin, mais il est  jugé sur son sol, devant son peuple et sous protection de l’appareil judiciaire du Chili et non des puissances coloniales. Dirait-on de l’Afrique qu’elle est toujours mal partie comme le soulignait déjà quelques années auparavant le socio-économiste français René Dumont « L’Afrique noire est mal partie » ?

Le 21 et le 22 juin dernier resteront des journées inoubliables aux démeurants et surtout pour l’Afrique en perte de vitesse, face aux multiples frustrations, querelles, conflits qui l’accompagnent tous les jours. Le transfert de l’ex-président Charles Taylor vers l’occident colonial ne contribue qu’à diminuer les capacités des leaders africains à s’autodéterminer. El Hadj Omar Bongo Odimba et Mouammar Al Kadhafi croient encore qu’il est possible de sauver l’Afrique et leur commune déclaration donne et donnera matière à réfléchir à ces véreux leaders dont la tête est tenue par l’occident avec les bras tendus sur les ressources naturelles du pays et les fusils à la bouche. Et les deux guides de marteler : « Le fait de remettre Charles Taylor et de le juger devant un  tribunal spécial en Europe constitue un précédent très dangereux » Ce qui inéluctablement a poussé les échanges du 21 au 22 juin 2006 au communiqué dont voici la teneur :

Le transfert de Charles Taylor est :

(1)   une transgression du droit d’asile politique car il bafoue la valeur sur laquelle repose ce droit et constitue un acte immoral qui n’a aucun rapport avec les traditions africaines surtout que ce droit a été octroyé sur la base d’un règlement en vue d’une réconciliation nationale visant à mettre fin à la situation de guerre civile au Libéria. C’est selon ces modalités que Charles Taylor a renoncé au pouvoir en vue de réaliser la stabilité et la paix au Libéria.

(2)   Le règlement de la situation au Libéria durant la période de guerre civile et le renoncement de Charles Taylor au pouvoir et l’avènement d’un gouvernement transitoire par la suite, étaient le résultat des décisions concertées issues de la réunion des Présidents du groupe ECOWAS tenue à Accra le 11 août 2003 et à laquelle avait pris part en personne, Charles Taylor. Celui qui a remis Taylor aux européens devrait en fait revenir à une réunion semblable du même groupe. Cette décision d’extradition ne doit pas être prise de façon individuelle sans revenir à ce cadre politique.

(3)   Le jugement de Charles Taylor sur des actes ou des crimes qu’il aurait commis durant son règne devait - et doit impérativement jusqu’en ce moment – se passer en Afrique et avec des appareils juridiques africains dans le cadre des Institutions de la Grande Union Africaine.

(4)   La situation qui crée la remise de Charles Taylor et son jugement selon la façon actuellement décidée en Hollande, est un sentiment d’offense et de mépris vis-à-vis de l’Afrique, qui lui fait perdre sa crédibilité et sa dignité au regard du monde et affaiblie la confiance dans les décisions qui se prennent au sein des regroupements sous-régionaux et à la tête de ces décisions, l’inviolabilité du droit d’asile politique.      

En outre, la question selon JANA - l’Agence de Presse Officielle de la Jamahiriya – n’a pas de rapport ici avec l’évaluation d’une expérience au pouvoir ou de la gouvernance et l’administration d’une situation dans un pays où règne la violence dans une guerre civile mais la question est liée à la défense d’un principe que nous ne devons pas laisser bafouer qui est celui de la remise au jugement d’un président africain hors de son pays et devant des instances juridiques non africaines et ce que cette mesure représente comme offense à l’Afrique et ses us et coutumes.

Le comité de rédaction.


 

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