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Le passage
du Président gabonais en Grande Jamahiriya Arabe
Libyenne a donné lieu à une importante
discussion sur l’affaire Charles Taylor entre le
guide de la révolution et son hôte, déjà qu’en
début du mois de juin, les chefs d’état et de
gouvernement des pays de la zone Cen-sad réunis
à Tripoli dans le cadre de la conférence des
présidents de la Cen-sad abordaient la même
question avec une certaine amertume à l’égard du
gouvernement en place actuellement au Libéria.
Ce qui est
évident, c’est qu’on a tendance au niveau de
l’Afrique à nier ou à méconnaître le talent des
experts africains que ce soit dans le domaine
politique qu’en science et le fait nauséabond,
c’est l’aptitude de certains dirigeants
africains, qui sans vergogne, déportent citoyens
dans des tribunaux occidentaux aux grands damnes
des tribunaux locaux ou africains, marginalisant
ainsi les magistrats locaux pour plus tard
les taxer d’inexpérimentés. Faut-il
continuer à jeter de la poudre aux yeux de nos
frères ou les condamner dans des tribunaux
étrangers pour la simple et bonne raison de
répondre aux exigences de la communauté
internationale qui n’est rien d’autre que l’avis
des impérialistes du G8 ? Faut-il toujours
courir après les effets alors que les causes ne
nous sont jamais connues ni citées ? Faut-il
toujours s’attaquer aux effets quand bien même
les causes auraient été étouffés bien avant que
ne survienne la catastrophe ?
Ces deux
hommes l’auraient bien compris et c’est dans ce
sens qu’ils ont, tout à côté de leurs échanges
en matière de la politique de leurs deux pays,
abordé les défis politiques pour l’Afrique de
demain confrontée à une invasion comme à
l’époque coloniale, des néo-colons d’Europe,
d’Amérique et d’Asie.
L’Afrique
dans tout cela s’ignore et ne parvient toujours
pas à se faire violence. Est-ce par manque de
prise de conscience, est-ce l’ignorance ou alors
l’incapacité ?
Même en Irak où les impérialistes américain et
anglais avec quelques alliés se déploient,
violant toute impunité dite d’international,
abusant de la personne de l’être humain,
ignorant tout respect dû à la religion,
détruisant toute l’histoire d’un peuple,
inventant des personnalités dites de
terroristes, inventant un gouvernement fantoche,
le leader irakien Saddam Hussein est jugé dans
son pays, sur son continent, aux yeux et aux sus
du peuple irakien bien que étranglé par une
occupation funèbre.
Le Général
Augusto José Ramón Pinochet Ugarte qui dirigea
le Chili de 1973 à 1990, avec une aide
nord-américaine pour favoriser son
expansionnisme dans les autres pays d’Amérique
du sud et aujourd’hui accusé par la même
puissance de dictateur et d’assassin, mais il
est jugé sur son sol, devant son peuple et sous
protection de l’appareil judiciaire du Chili et
non des puissances coloniales. Dirait-on de
l’Afrique qu’elle est toujours mal partie comme
le soulignait déjà quelques années auparavant le
socio-économiste français René Dumont
« L’Afrique noire est mal partie » ?
Le 21 et
le 22 juin dernier resteront des journées
inoubliables aux démeurants et surtout pour
l’Afrique en perte de vitesse, face aux
multiples frustrations, querelles, conflits qui
l’accompagnent tous les jours. Le transfert de
l’ex-président Charles Taylor vers l’occident
colonial ne contribue qu’à diminuer les
capacités des leaders africains à
s’autodéterminer. El Hadj Omar Bongo Odimba et
Mouammar Al Kadhafi croient encore qu’il est
possible de sauver l’Afrique et leur commune
déclaration donne et donnera matière à réfléchir
à ces véreux leaders dont la tête est tenue par
l’occident avec les bras tendus sur les
ressources naturelles du pays et les fusils à la
bouche. Et les deux guides de marteler : « Le
fait de remettre Charles Taylor et de le juger
devant un tribunal spécial en Europe constitue
un précédent très dangereux » Ce qui
inéluctablement a poussé les échanges du 21 au
22 juin 2006 au communiqué dont voici la
teneur :
Le
transfert de Charles Taylor est :
(1)
une
transgression du droit d’asile politique car il
bafoue la valeur sur laquelle repose ce droit et
constitue un acte immoral qui n’a aucun rapport
avec les traditions africaines surtout que ce
droit a été octroyé sur la base d’un règlement
en vue d’une réconciliation nationale visant à
mettre fin à la situation de guerre civile au
Libéria. C’est selon ces modalités que Charles
Taylor a renoncé au pouvoir en vue de réaliser
la stabilité et la paix au Libéria.
(2)
Le
règlement de la situation au Libéria durant la
période de guerre civile et le renoncement de
Charles Taylor au pouvoir et l’avènement d’un
gouvernement transitoire par la suite, étaient
le résultat des décisions concertées issues de
la réunion des Présidents du groupe ECOWAS tenue
à Accra le 11 août 2003 et à laquelle avait pris
part en personne, Charles Taylor. Celui qui a
remis Taylor aux européens devrait en fait
revenir à une réunion semblable du même groupe.
Cette décision d’extradition ne doit pas être
prise de façon individuelle sans revenir à ce
cadre politique.
(3)
Le
jugement de Charles Taylor sur des actes ou des
crimes qu’il aurait commis durant son règne
devait - et doit impérativement jusqu’en ce
moment – se passer en Afrique et avec des
appareils juridiques africains dans le cadre des
Institutions de la Grande Union Africaine.
(4)
La
situation qui crée la remise de Charles Taylor
et son jugement selon la façon actuellement
décidée en Hollande, est un sentiment d’offense
et de mépris vis-à-vis de l’Afrique, qui lui
fait perdre sa crédibilité et sa dignité au
regard du monde et affaiblie la confiance dans
les décisions qui se prennent au sein des
regroupements sous-régionaux et à la tête de ces
décisions, l’inviolabilité du droit d’asile
politique.
En outre,
la question selon JANA - l’Agence de Presse
Officielle de la Jamahiriya – n’a pas de rapport
ici avec l’évaluation d’une expérience au
pouvoir ou de la gouvernance et l’administration
d’une situation dans un pays où règne la
violence dans une guerre civile mais la question
est liée à la défense d’un principe que nous ne
devons pas laisser bafouer qui est celui de la
remise au jugement d’un président africain hors
de son pays et devant des instances juridiques
non africaines et ce que cette mesure représente
comme offense à l’Afrique et ses us et coutumes.
Le comité
de rédaction.
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