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Par Colin Brown, rédacteur en chef adjoint de
la rubrique politique
The Independent le 31 juillet 2006¬¬
(Mise à jour 1er Août 2006)
Lorsqu'il arrivera aujourd'hui à Washington pour
rencontrer le Président George Bush, Tony Blair
va affronter une pression toute fraîche sur la
crise au Proche-Orient. Des conseillers
supérieurs de Downing Street ont dit que les
deux dirigeants avaient l'intention de montrer
au monde qu'ils recherchaient une fin urgente
aux hostilités au Liban, malgré l'échec,
mercredi, du sommet de Rome tant vanté, à
émettre un appel unifié à la trêve.
Le ministre de la justice israélien, Haim Ramon,
a ajouté de la pression hier, lorsqu'il a
interprété cette indécision comme un feu vert
pour continuer son attaque sanglante contre le
Liban. "Nous avons reçu hier, à la conférence de
Rome, la permission de la part du monde… de
poursuivre cette opération", a-t-il déclaré à
des journalistes.
La visite de Tony Blair se déroulera, alors que
42 personnalités de la politique, de la
diplomatie, de l'académie et des médias ont
signé une déclaration préconisant à M. Blair de
dire au Président Bush que la Grande-Bretagne
"ne peut plus soutenir la position américaine
sur la catastrophe humanitaire qui se déroule au
Proche-Orient". Leur déclaration, publiée en une
de l'Independent d'aujourd'hui, appelle le
Premier ministre à "entreprendre des démarches
urgentes auprès d'Israël pour qu'il mette fin à
sa riposte disproportionnée et contre-productive
à l'agression du Hezbollah".
Après son arrêt à Washington, M. Blair
s'envolera ce soir pour la Californie afin de
participer à une conférence avec le magnat des
médias, Rupert Murdoch. Un allié de M. Murdoch,
Irwin Stelzer, a insisté que M. Blair n'était
pas le "caniche" de M. Bush, mais son "chien
d'aveugle", en particulier sur le Proche-Orient.
Des officiels de Downing Street ont déclaré que
M. Blair avait l'intention de répondre à la
critique dont il fait l'objet dans le monde en
montrant l'urgence de rechercher à mettre un
terme aux hostilités entre Israël et le
Hezbollah. Le Premier ministre [britannique] et
le président [étasunien] prévoient d'engager
leurs gouvernements à un cessez-le-feu durable
en restaurant l'autorité du gouvernement élu
contre l'action unilatérale du Hezbollah.
Leur apparition conjointe à la Maison-Blanche
rencontrera probablement du scepticisme.
L'administration Bush a déclaré cette semaine
qu'elle recherchait un "nouveau Proche-Orient",
soulevant des craintes que la crise au Liban
était une guerre par procuration entre les
Etats-Unis et l'Iran, les sponsors du Hezbollah.
Des hauts responsables à Downing Street ont dit
que le Premier ministre soutenait la stratégie
des Etats-Unis sur le Proche-Orient, qui a été
acceptée lors du sommet du G8 de Sea Island en
2004. On crédite M. Blair de vouloir persuader
M. Bush de poursuivre une solution à deux Etats
dans le problème israélo-palestinien. MM. Blair
et Bush mettront l'accent sur le fait qu'ils
travaillent en coulisse pour faire pression sur
une fin urgente de la violence des deux côtés au
Liban.
"Surtout, ne sous-estimez pas la nature
intensive de la diplomatie", a dit un haut
conseiller du Premier ministre. "Il se passe
beaucoup de choses en coulisse. Nous voulons
montrer que nous approchons de la recherche d'un
processus qui permette aux deux parties de
mettre fin aux hostilités et que cela est
urgent."
L'influence de M. Blair sur le président
étasunien, qui fait partie de la "relation
spéciale" avec l'Amérique, a été tournée en
ridicule après que l'on a entendu Bush lui dire
" Yo, Blair " lors du sommet du G8 à
Saint-Pétersbourg. Dans cette conversation
enregistrée, M. Bush a refusé de permettre à M.
Blair de monter une mission diplomatique pour le
Proche-Orient, préférant à la place y envoyer sa
Secrétaire d'Etat, Condoleeza Rice.
Les deux dirigeants savent que la fin de leur
mandat approche et des officiels ont déclaré
qu'ils partageaient tous deux le même point de
vue sur quatre des cinq points-clés à l'ordre du
jour de la rencontre d'aujourd'hui - la "guerre
contre la terreur", la nécessité de répandre la
démocratie au Proche-Orient, restaurer la
stabilité de l'Irak et la nécessité de juguler
les ambitions nucléaires de l'Iran. Ils sont
très éloignés l'un de l'autre sur l'effondrement
des discussions commerciales mondiales, qui est
aussi à l'ordre du jour. Mais d'autres questions
épineuses, telles que la controverse sur
l'utilisation d'aéroports britanniques pour les
cargaisons d'armes étasuniennes vers Israël,
seront mises de côté. "Ce problème est à traiter
par Mme Beckett [la Secrétaire britannique aux
Affaires Etrangères]", a dit une source au No
10.
Downing Street a insisté sur le fait que M.
Blair, à propos de la guerre au Liban, a exercé
une influence à titre privé sur l'administration
Bush, plutôt que d'appeler publiquement à un
cessez-le-feu que l'on ne pourrait pas faire
respecter. Le porte-parole officiel du Premier
ministre [britannique] a déclaré que M. Blair
avait décidé de "retrousser ses manches" et de
travailler en coulisse, plutôt que d'agir en
commentateur sur la ligne de touche.
Sir Stephen Wall, l'un des conseillers du
Premier ministre parmi lesquels il a le plus
confiance, a déclaré que l'approche de M. Blair
était mauvaise. "Il y a eu des fois où sur les
questions commerciales le Premier ministre
aurait dû dire à Bush de 'retirer ses chars de
notre pelouse'", a écrit Sir Stephen dans le New
Stateman.
"Il y a toujours des moments où, tout en
travaillant tranquillement avec le Congrès [des
Etats-Unis] sur le changement climatique, nous
devrions élever la voix sur l'irresponsabilité
de la Maison-Blanche.
"Il y a des moments, comme ces deux dernières
semaines, où un Premier ministre britannique
aurait dû penser moins à l'influence privée et
plus à la défense du public."
16ème jour
• 600 personnes pourraient avoir trouvé la mort
au Liban, a déclaré le Ministre de la Santé. Les
avions israéliens attaquent des camions
transportant des fournitures médicales et de la
nourriture.
• Israël a rappelé 30.000 réservistes, mais le
cabinet [israélien] décide de ne pas étendre son
incursion à l'intérieur du Liban.
• Le Hezbollah tire 48 roquettes dans le nord
d'Israël, blessant quatre personnes.
• Le Hamas a réfuté le commentaire du président
palestinien, selon lequel la libération de
l'otage israélien est "imminente".
• Le président iranien a déclaré qu'Israël avait
appuyé sur le bouton de l'autodestruction.
• Le Conseil de Sécurité exprime le choc et la
détresse à propos du bombardement par Israël
d'un poste de l'ONU, mais pas de condamnation.
• Le numéro deux d'Al-Qaïda, Ayman al-Zawahiri
appelle les Musulmans à repousser les attaques
sur leurs pays.
Traduit de l'anglais par [JFG-QuestionsCritiques]
Source: http://questionscritiques.free.fr/edito/Independent/rencontre_Tony_Blair_George_Bush_280706.htm
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