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L’Union pour la Méditerranée est une menace pour l’Union africaine, selon le Guide de la Révolution Mouammar Al Kadhafi.

 

 INFO [11.06.2008 11:57]


Le colonel Mouammar Kadhafi a réitéré hier mardi, son refus de l’Union pour la Méditerranée (UPM) du président français, Nicolas Sarkozy, dans sa conception actuelle, estimant que ce projet ne prend pas en compte l’appartenance politique et démographique des pays arabes riverains du bassin méditerranéen au monde arabe et au continent africain.

Privilégier le partenariat avec l’Union Africaine et la Ligue Arabe

S’exprimant lors de la séance inaugurale d’un mini-sommet arabe consultatif qu’il a convoqué à Tripoli sur la question, le leader libyen a rappelé que les pays arabes riverains de la Méditerranée concernés par ce projet appartiennent à un espace arabe sous le parapluie de la Ligue arabe et à l’espace africain sous l’égide de l’Union africaine (UA).

Il a affirmé que ces pays sont, de ce fait, liés à des mécanismes et des institutions régionales et fédérales qui ne peuvent être ignorées, ni déchirées ou violées.

Le guide de la Révolution libyenne a précisé que l’Union européenne a veillé scrupuleusement, lors du lancement de l’initiative par le président français, Nicolas Sarkozy, à sa cohésion et refusé qu’une partie de l’Europe traite séparément avec d’autres pays.

"Il est de notre droit, en tant que pays arabes regroupés sous l’étendard de la Ligue arabe et de l’UA, de refuser d’être déchirés ou que les institutions auxquelles nous appartenons soient marginalisées", a-t-il insisté.

Nous ne sommes ni des affamés, ni des chiens

Le leader libyen a, en revanche, bien accueilli le principe de la coopération avec l’Europe et indiqué que la Ligue arabe ou l’UA accueillent à bras ouverts la coopération avec l’UE sur la base du respect mutuel et de la coopération dans des questions comme la paix, la stabilité, la sécurité et le relèvement des défis découlant des changements climatiques, des maladies et de la lutte pour l’avènement d’un monde dépourvu de terrorisme et de racisme.

Il a dénoncé les projets économiques à travers lesquels on veut subordonner les pays arabes riverains de la Méditerranée, estimant que faire miroiter ces projets revient à prendre les pays arabes à la légère.

"Nous ne sommes ni des affamés, ni des chiens auxquels on jette de la pitance. Nous ne sommes pas pauvres et ce sont eux qui ont besoin du pétrole, du gaz et des matières premières dont regorgent nos sous-sols", a martelé le leader libyen.

Il a ajouté que de tels projets sont éphémères et rappelé que des initiatives similaires ont vu le jour dans des périodes précédentes mais n’ont rien réalisé et sont morts ou ont été gelés, citant à ce propos le projet de partenariat entre l’Europe et les pays riverains de la Méditerranée, l’idée des pays du voisinage de l’Europe et le processus de Barcelone.

Nous ne dépendons pas de Bruxelles

Le guide libyen a appelé l’Europe à concevoir des projets entre l’UE, la Ligue arabe et l’UA, déclarant soutenir personnellement tout projet de coopération conçu entre l’UE et la Ligue arabe.

"La capitale qui gère ce projet est Bruxelles et nous ne dépendons pas de Bruxelles", a dit avec force le colonel Kadhafi pour qui le projet d’Union pour la Méditerranée représente un danger sur la nation arabe et l’Afrique.

Il a toutefois réitéré son soutien pour toute formule de coopération entre Bruxelles, capitale de l’Union européenne, Le Caire, capitale de la Ligue arabe, et Addis-Abeba, capitale de l’Union africaine. 

Ont pris part à ce mini-sommet arabe baptisé par Tripoli "sommet arabe consultatif" les présidents tunisien, Zine El-Abidine Ben Ali, syrien Bachar Al-Assad, mauritanien Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi et algérien Abdelaziz Bouteflika ainsi que le Premier ministre marocain, Abbas Al Fassi, aux côtés du colonel Kadhafi.

Source : Linternationalmagazine.com avec PANA, publié le 11/06/2008

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