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Tunis : 25 avril 2008,
L’Afrique ne peut espérer réaliser son
développement et peser dans les échanges
économiques mondiaux que par son unification, a
déclaré vendredi à Tunis, l’ancien président de
la Banque mondiale (BM), James Wolfenshon,
invité du cycle des conférenciers émérites de la
Banque africaine de développement (BAD).
«Vous avez
aujourd’hui 53 Etats, 53 présidents, 53
ministres des Finances. Les pays ont des
différences économiques, géographiques et
historiques importantes. Vous devez modifier
cette architecture trop lourde», a-t-il dit, en
introduisant sa conférence intitulée «La place
de l’Afrique dans un monde globalisé :
Partenariats pour réussir».
M. Wolfenshon a
également souligné le faible poids des 53 pays
africains dans l’économie internationale tout en
rappelant que le continent représente 1/5 de la
population mondiale.
« Alors qu’elle
accueille actuellement le cinquième de la
population du monde, l’Afrique pèse entre 2 et
2,5% du produit intérieur brut (PIB) mondial. La
population de l’Afrique devrait même doubler
dans les 40 prochaines années», a affirmé le
conférencier.
«Il faut agir
vite pour que cette croissance démographique
s’appuie sur des perspectives de développement.
Pour moi, la seule façon de s’en sortir c’est
d’aller vers une unification de l’Afrique »,
a-t-il ajouté, en donnant l’exemple de l’Inde et
de la Chine.
« 80% de la
richesse mondiale se trouve aujourd’hui
concentrer entre les mains des pays de l’OCDE
qui représente à peine 20% de la population
mondiale. Cette situation ne peut pas perdurer
», a prévenu le directeur général de Wolfenshon
& Company.
Il a par ailleurs
rendu un vibrant hommage au travail accompli par
la BAD pour accélérer l’intégration régionale en
Afrique. «J’ai conscience qu’on ne peut pas
passer du jour au lendemain de 53 présidents à
un seul. C’est impossible, mais il faut
commencer comme l’a fait l’Europe dans les
années 50 avec la communauté économique du
charbon et de l’acier. Cela leur a pris 50 ans»,
a souligné l’ancien président de la BM.
« Je constate que
vous avez déjà commencé avec des initiatives
comme la mise en place de la BAD. C’est un
premier pays. Mais franchement, l’intérêt de
l’Afrique commande que vous alliez encore plus
loin », a-t-il assuré.
Prenant la parole
en premier lors de la conférence, le président
de la BAD Dr. Dr. Kaberuka a rendu hommage à M.
Wolfenshon qui a, a-t-il rappelé, compris dès
son arrivée à la tête de la BM qu’il fallait
trouver une solution au problème de la dette
multilatérale des pays pauvres.
« Jusqu’à votre
arrivée à la présidence de la BM mondiale, il
n’existait que le Club de Paris pour s’occuper
de la dette bilatérale et le Club de Londres
pour la dette commerciale. Personne ne
s’intéressait alors à la dette multilatérale.
Vous avez comblé le vide en lançant l’initiative
PPTE», a dit Dr. Kaberuka.
Il a salué la
qualité de la conférence animée par l’ancien
président de la BM, assurant que ses suggestions
seront dûment prises en compte dans le processus
régulier d’élaboration et de revue des
politiques. « M. Wolfenshon nous a montré, une
fois encore, qu’il était bien la personne
indiquée pour nous entretenir, dans le cadre de
ce Programme des éminents orateurs. Je voudrais
le remercier pour l’excellente qualité de son
exposé qui, j’en suis persuadé, nous a
interpellés et édifiés», a ajouté le président
de la BAD.
Initié par le
Bureau de l’Economiste en Chef, le cycle
d’éminents orateurs donne à des personnalités
réputées l’opportunité d’exposer leurs points de
vue sur les problématiques de développement en
Afrique.
Source :
GROUPE DE LA BANQUE AFRICAINE DE DÉVELOPPEMENT |