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Ils
étaient tous présents le soir du 21 décembre, au
centre spatial de Kourou en Guyane française
pour voir s’élancer la fusée Ariane 5.
Des ministres du Bénin, du Cameroun, de Guinée
et de Côte d’Ivoire, les yeux rivés vers le
ciel. A bord de la fusée européenne : le premier
satellite de télécommunication entièrement dédié
à l’Afrique, RASCOM-1. Un moment historique. Le
satellite une fois séparé d’Ariane 5, tout le
monde y a cru.
Mais, neuf jours après ce lancement en grandes
pompes, le constructeur Thalès Alena Space
annonce l’interruption des manœuvres de mise en
orbite de RASCOM-1, une fuite d’Hélium est
détectée sur le satellite.
L’organisation régionale africaine de
communication par satellite du même nom (RASCOM)
retient son souffle. Si la fuite n’est pas
réparée dans les semaines à venir, RASCOM-1 sera
perdu dans l’espace. C’est un enjeu de taille
qui se retrouve sur la sellette. Le lancement de
RASCOM-1 remonter à l’aide de petites pressions
engendrées par un système de propulsion
secondaire. « Tant qu’il y a encore de l’Hélium
on essaie de le remonter » déclare la
communication du constructeur Thalès, « C’est
une question de jour ou de semaines ».
Même si RASCOM-1 atteint l’orbite prévue, sa
durée de vie sera considérablement réduite au vu
des incidents rencontrés dans l’espace. RASCOM-1
avait été conçu pour fournir l’Afrique en Haut
débit pendant une durée de 15 ans. On devrait
être fixé sur le sort du premier satellite
panafricain au début du mois de février.
400 millions d’euros en suspens : à qui la faute
?
« Si le satellite s’avère inutilisable, RASCOM
devra faire jouer ses assurances » déclare la
communication de Thalès. La direction du
constructeur n’a pas souhaité répondre aux
questions de la rédaction de L’international
magazine au sujet de son éventuelle
responsabilité. « Tant qu’on n’a pas définit
d’où vient cette fuite, on ne peut pas savoir
qui est responsable », répond la communication.
C’est la première fois qu’un problème de cette
nature se produit sur un satellite de Thalès.
Pas de réponse non plus du côté de RASCOM, les
responsables ne donnent pas suite à nos demandes
d’interviews.
Outre la perte de 400 millions d’euros
rassemblés en quinze années d’existence par le
contribuable africain, RASCOM risque de perdre
sa légitimité.
Créé en 1992 avec le soutient de 45 pays
africains, l’organisation panafricaine naît avec
l’objectif de conjuguer les efforts des pays
membres afin de doter l’Afrique d’une
infrastructure de télécommunication à grande
échelle. Le but étant d’éviter le transit des
communications par l’Europe et l’Amérique.
Si le projet RASCOM-1 échoue, il faudra compter
2 ans avant le lancement d’un nouveau satellite.
Deux années durant lesquelles il faudra encore
payer le prix fort pour utiliser les satellites
internationaux.
Source : Linternationalmagazine.com -
Bahar Makooi, publié le 11/03/2008
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