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 Colonisation : inquiétante montée de tension entre Obama et Israël

 

 INFO [30.05.2009 14:47]


Linternationalmagazine.com, publié le 29/05/2009

Depuis le début de son mandat, le Président Obama se démarque de plus en plus ouvertement du gouvernement israélien par une attitude de fermeté – rare chez un président américain. Conscients de toucher là un sujet sensible, la plupart de ses prédécesseurs se sont toujours efforcés de cacher leurs différends avec l’Etat hébreu.

Colonisation : inquiétante montée de tension entre Obama et IsraëlCette semaine encore, Barack Obama a accentué la pression sur Israël en réclamant, à l’issue d’un entretien avec le Président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, le gel de toutes les activités de colonisation en Cisjordanie et à Jérusalem. "Nous ne pouvons pas poursuivre cette dérive, nous devons remettre cette affaire sur des rails", a fait savoir le Président américain.

Si j’insiste sur ce point, c’est en partie parce qu’il est dans l’intérêt des Etats-Unis de faire la paix, a déclaré Obama. L’absence de paix entre Palestiniens et Israéliens est un obstacle dans d’autres domaines comme la coopération et la sécurité dans toute la région mais aussi aux Etats-Unis. C’est pourquoi je veux voir des progrès et nous ne ménagerons pas nos efforts pour y parvenir.” a encore rappelé le Président américain.

"Je crois fermement dans une solution à deux Etats", a t-il répété à la presse, tout en précisant une nouvelle fois que la "feuille de route" adoptée en 2003 engageait Israël à "stopper toute activité de colonisation et faire en sorte qu’un Etat palestinien viable soit établi".

A la veille de la rencontre entre Obama et Abbas, une première, la secrétaire américaine d’Etat, Hillary Clinton, avait rappelé que "le Président avait été très clair lorsque le Premier ministre Netanyahu était (à Washington). Il veut voir l’arrêt des colonies - sans exception pour certaines colonies, pour les avant-postes, pour la croissance naturelle".

Pas d’alternative a une solution de "deux États"

Mais le gouvernement israélien s’est jusque là montré inflexible. Mark Regev, le porte-parole de Netanyahu, a réitéré jeudi la position du Premier ministre : pas de nouvelles colonies et démantèlement des colonies sauvages "mais en ce qui concerne les colonies existantes, leur sort sera déterminé dans les négociations sur le statut final entre Israël et les Palestiniens. Entre-temps, une vie normale doit être autorisée à se poursuivre dans ces communautés".

Un demi-million de colons juifs vivent aujourd’hui en Cisjordanie et dans Jérusalem-Est au milieu de trois millions de Palestiniens dans une centaine d’implantations jugées illégales par la Cour internationale de justice mais dont Israël considère comme normale l’expansion démographique "naturelle".

Au-delà de la question des colonies juives, Obama et Nétanyahou ont également des divergences de vues sur la question cruciale d’un Etat palestinien distinct. Le dirigeant israélien serait favorable à un Etat palestinien, à condition qu’il soit dénué de toute souveraineté dans le domaine militaire et le contrôle de ses frontières.

Le refus de Netanyahu d’endosser la solution à deux Etats dans laquelle Israël et un Etat palestinien coexisterait dans la paix et la sécurité ajoute un obstacle supplémentaire aux efforts diplomatiques d’Obama, attendu la semaine prochaine en Arabie saoudite et en Egypte.

Discours très attendu au Caire

Dans le discours qu’il doit prononcer jeudi prochain au Caire, Obama a indiqué qu’il évoquerait ses idées pour un règlement du conflit israélo-palestinien sans promettre cependant une nouvelle initiative de paix. Ce conflit, a-t-il ajouté, "est un facteur crucial dans l’esprit de nombreux Arabes dans toute cette région du globe, et au-delà".

Mais la relance des négociations n’est pas encore à l’ordre du jour : Abbas exclut de reprendre les discussions tant qu’Israël ne se sera pas engagé dans la création d’un Etat palestinien et un gel des implantations ; Netanyahu pour sa part se dit prêt à reprendre les négociations immédiatement mais veut en exclure pour l’heure les questions territoriales.

Il y a près de vingt ans, le Président George Bush père et son administration s’étaient publiquement opposés au gouvernement israélien sur la question des colonies, ce qui avait compromis ses relations avec le Congrès et avec les ardents défenseurs d’Israël aux Etats-Unis. Son fils, le président George W. Bush, s’était exprimé à ce sujet, disant qu’il avait tiré les leçons de cette expérience et prenait désormais soin d’exprimer ses réserves – si réserves il y avait – en privé.

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