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Linternationalmagazine.com, publié le 18/06/2010
Onze pays
africains, réunis pour un premier sommet sur le
sujet, ont rappelé jeudi à N’Djamena leur
engagement à développer la Grande muraille verte
qui doit, à terme, enrayer l’avancée du désert.
La Grande
muraille, une large bande de verdure, suivra un
tracé de plus de 7.100 km entre Dakar à Djibouti
à travers ces onze pays (Burkina Faso, Djibouti,
Erythrée, Ethiopie, Mali, Mauritanie, Niger,
Nigeria, Sénégal, Soudan et Tchad).
"La GMV
devrait voir le jour d’ici 3 à 5 ans selon les
pays", a affirmé Abakar Mahamat Zougoulou,
coordinateur tchadien de l’événement, précisant
que certains pays comme le Sénégal était plus
avancé que d’autres. "Aucun budget n’a été
défini", pendant le sommet de N’Djamena, qui
doit déboucher sur la création de l’Agence
panafricaine de la Grande Muraille Verte,
a-t-il ajouté.
"La grande
muraille verte est un projet conçu par les
Africains pour les Africains et pour les
générations futures. C’est une contribution de
l’Afrique à la lutte contre le réchauffement
climatique", a affirmé le président tchadien
Idriss Deby Itno. "Cette initiative,
si c’est un sacrifice, il faut le consentir pour
les générations futures", a-t-il lancé,
rappelant que "le continent africain qui émet
le moins de gaz à effets de serre, est l’un de
plus vulnérables aux effets néfastes du
changement climatique".
Il a ainsi
demandé à la communauté internationale "d’accompagner
les pays de la Grande muraille verte dans cette
œuvre d’importance capitale".
"Le désert est
un cancer qui progresse on doit le combattre.
C’est pour cela que nous avons décidé ensemble
de mener cette bataille titanesque" a
déclaré le président sénégalais Abdoulaye
Wade, un des initiateurs du projet. "Avec
la Grande muraille, nous avons en perspective
l’arrêt du désert mais au-delà la colonisation
du désert", a-t-il assuré, ajoutant que "nous
n’avons plus le droit de regarder impuissamment
la destruction de l’Afrique".
"Cette
entreprise est la première manifestation
volontaire pour lutter contre ce fléau" de
l’avancée du désert, a souligné le président
sénégalais.
Après celle de
2005, la bande sahélienne est actuellement
touchée par une grave crise alimentaire qui est
la pire de 30 dernières années, selon plusieurs
observateurs qui soulignent que petit à petit le
désert grignote les terres fertiles.
La communauté
internationale suit le projet de près et le
Fonds pour l’environnement mondial (FEM) a
promis jeudi une aide. "Nous affectons une
allocation à chacun de vos pays. Le niveau de
cette allocation varie en fonction du pays. Le
montant varie de 6,6 millions de USD (5,3
millions euros) à 23 millions USD (18,7 millions
euros). Le montant cumulé d’aide du FEM pour la
Grande muraille verte s’élève à environ 119
millions de dollars (environ 97 millions euros)",
a affirmé Monique Barbut, présidente du FEM. "Au-delà
du financement direct, le FEM pourra servir de
catalyseur pour encourager d’autres bailleurs à
s’intéresser à la Grande muraille verte",
a-t-elle espéré.
En 2007, le
projet a été "entériné par l’Union africaine
(UA) qui en a fait une réponse de l’Afrique au
problème de la désertification", selon le
ministre tchadien de l’Environnement, Hassan
Terapun. Les onze pays veulent d’ailleurs
impliquer leurs voisins septentrionaux, comme
l’a souligné le président Deby en appelant les "pays
du bassin forestier (du Congo) de se joindre aux
pays de la grande Muraille verte, car la
désertification du Sahel provoquera la
disparition du bassin forestier du Congo".
Le Bassin du
Congo est considéré comme le deuxième poumon de
la planète après l’Amazonie. |