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Tripoli-Le Guide de la
Révolution libyenne s’est adressé aux membres de
l’Association Internationale des Partisans du
Livre Vert le 26 novembre 2009 dernier en marge
de leur première rencontre internationale qui se
tenait à Tripoli du 25 au 26 novembre 2009.
C’est
devant tous les délégués venus des quatre coins
du monde environ quatre cent personnes qui ont
bravé les océans, les mers et tous les aléas
climatiques pour arriver en terre libyenne, que
le Colonel Mouammar Al Kadhafi a tenu à
repositionner et recadrer la pensée du Livre
Vert dans son contexte idéologique, scientifique
et culturel d’autant plus que les forces
réactionnaires connues pour leur défense de la
démocratie impériale et conquistador ont pris du
temps, de l’énergie et de l’argent à détruire
l’éthique profonde de la pensée populaire qui
rime avec le monde d’aujourd’hui.
Le Livre Vert doit être au
centre de la préoccupation universelle en tant
qu’une œuvre intellectuelle qui pose les jalons
de la société nouvelle où l’idéal est de rendre
l’homme heureux et dégagé de toutes contraintes
morale, physique, matérielle et psychique. Pour
cela il faut qu’il soit libéré de toute
confusion et de toute atteinte contre sa
représentation épistémologique et dont ses
détracteurs en font un cheval de bataille. Il
est dénué de tout sens quand en pourfendeur de
l’illusion, les opposants à la pensée verte
exhibent des thèses xénophobes et racistes
insinuant tantôt que le Livre Vert vante le
terrorisme, explique des points de vue
islamiques ou que c’est une œuvre écrite par un
musulman ou arabe, etc.…
Le Livre Vert et son éthique.
Le "Livre vert" du Guide de la
Révolution, le colonel Mouammar Al Kadhafi se
veut une réponse aux problèmes que rencontre le
monde moderne. Persuadé que l'unité des peuples
opprimés ne pourra se faire que par la volonté
du peuple lui-même, il veut accompagner les
masses vers le système qui leur permettra
d'installer une réelle démocratie et une
véritable rétribution des acquis sociaux.
Dans cet ordre d'idée, le Livre
Vert dans son premier chapitre donne une
réflexion sur le problème de la démocratie. Le
Guide Mouammar Al Kadhafi nous livre une
critique pertinente de la pseudo-démocratie
représentative, une illusion tentaculaire que
les oppresseurs de l’humanité stimulent dans la
conscience du monde moderne comme le seul et
unique moyen de parvenir à la paix et la
stabilité de la gestion des peuples. Dans la
bataille politique que se livrent les acteurs
sociaux et politiques pour assurer la direction
des affaires sociales, le Livre Vert dévoile les
contraintes dictatoriales qui accompagnent les
dérives monarchiques et les abus du pouvoir
contre le seul détenteur du pouvoir du monde
moderne qui est le peuple. "La lutte
politique qui aboutit à la victoire d'un
candidat, avec par exemple 51 % de l'ensemble
des voix des électeurs, conduit à un système
dictatorial, mais sous déguisement démocratique.
En effet, 49% des électeurs sont gouvernés par
un système qu'ils n'ont pas choisi, et qui, au
contraire, leur a été imposé. Et cela c'est la
dictature. Cette lutte politique peut aussi
aboutir à la victoire d’un appareil ne
représentant que la minorité, notamment lorsque
les voix des électeurs se repartissent sur un
ensemble de candidats dont l’un obtient plus de
voix que chacun des autres considéré à part.
(...) Afin de mettre à nu la réalité de
l'assemblée parlementaire, il faut nous
rechercher d'où elle vient: elle est soit élue
dans des circonscriptions électorales, soit
constituée, dans un parti, une coalition de
partis, par désignation. Mais aucun de ces
moyens n'est démocratique, car la répartition
des habitants en circonscriptions électorales
signifie qu'un seul député représente, selon
l'importance de la population, des milliers, des
centaines de milliers, ou des millions de
citoyens. Cela signifie aussi que le député
n'est pas attaché par un lien organique
populaire avec les électeurs, puisqu'il est
considéré selon la thèse de la démocratie
classique, comme le représentant de tout le
peuple... la représentation est une imposture...
Les plus tyranniques dictatures que le peuple
ait connues se sont établies à l'ombre des
assemblées parlementaires".
Le Livre Vert dresse aussi une
analyse critique de la dictature d'une classe
sur une autre, dans une logique qui n'est pas
trop loin de celle des communautaristes
européens d’après Luc Michel, Coordinateur
européen pour le Mouvement Européen de la
Démocratie Directe. Il traite la question du
référendum, du parti politique, de l'appareil du
gouvernement, des assemblées parlementaires,
etc.… propose comme alternative une démocratie
directe qui encourage le peuple à constituer des
Comités Populaires partout et à former comme
organe législatif et exécutif: le Congrès
Général du Peuple.
La seconde partie qui traite le
problème économique met en exergue
l'exploitation du prolétariat et centre son
analyse sur la valorisation de l'ouvrier en tant
que maître de la production. C'est pourquoi,
ayant bien assimilé l'échec du marxisme et du
capitalisme, le Guide explique que la solution
au problème économique est assurée quand les
producteurs abolissent le salariat et
s'associent à la propriété des entreprises.
Cette affirmation n'est pas sans rappeler " la
théorie communautariste du salaire prolongé" qui
propose de substituer une propriété collective à
la propriété privée des entreprises. Aussi
avance-t-il, " ...Quelles que soient les
améliorations apportées au salaire, le salarié
reste une sorte d'esclave d'un maître qui le
paie, ou plutôt il est un esclave temporaire et
cet esclavage est basé sur le fait qu'il fournit
un travail en contrepartie du salaire que lui
verse un patron, un individu, voire un
gouvernement... La solution finale à ce problème
consiste à abolir le salariat, par la libération
de l'homme de l'asservissement dans lequel
celui-ci le maintient... Il n'y a pas de
salariés dans la société socialiste, il y a des
associés; le revenu appartient à l'individu...
c'est la part qui lui revient d'une production
dont il est l'un des éléments indispensables".
La question sociale dans le
troisième chapitre du Livre Vert traite des
sujets sensibles; ceux-là même, qui, au cours
des siècles derniers, ont causé tant de dégâts à
l'humanité. On ne saurait manquer de les
souligner; de l'esclavage, à la traite négrière,
à l'extermination de certaines races humaines, à
la conquête environnementale et spatiale…
Tant que la question de la
famille ne sera portée au devant du débat comme
force sociale de premier ordre, la société sera
tout le temps au bout de son explosion. Et si on
parle de société, c'est précisément parce que, à
l'origine, la famille s'est constituée et s'est
prolongée. Elle est à l'avant-garde de l'Etat
c'est pourquoi le Guide explique ceci: "Pour
l'être humain, la famille a plus d'importance
que l'Etat. L'humanité se reconnaît dans
l'individu et l'individu se reconnaît dans la
famille qui est son berceau, son origine et son
environnement social. Par nature, l'humanité est
incarnée par l'individu, dans la famille, et non
dans l'Etat qui lui est étranger. L'Etat est un
système artificiel politique et économique,
parfois militaire, sans rapport avec l'humanité.
La famille est semblable à une plante, prise
isolément dans la nature, mais qui demeure
l'élément essentiel du monde végétal. Le
fait d'aménager le milieu naturel en fermes ou
jardins n'est qu'un processus artificiel sans
rapport avec la nature de la plante formée de
branches, de feuilles et de fleurs".
"La force motrice de l'histoire
humaine est le facteur social, c'est-à-dire le
facteur national. Le lien social qui assure la
cohésion de chaque groupe humain, de la famille
à la tribu et à la nation est le fondement même
de l'histoire... La relation nationale
s'identifie à la relation sociale, car social
dérive de société, c'est-à-dire des liens
existant au sein d'une société; et le
nationalisme dérive de nation, c'est-à-dire des
liens existant au sein d'une nation... Par
ailleurs, les mouvements historiques sont des
mouvements de masse,... Abstraction faite des
liens de sang, la nation est en définitive un
sentiment d'appartenance et une communauté de
destin".
Dans ce dernier chapitre, le
Guide de la révolution traite non seulement de
la question de la famille, mais sape de manière
subtile et objective les questions liées aux
notions de tribu, nation, patrie et ménage son
point de vue sur la condition de la femme et
comme il le constate "Toutes les sociétés de
nos jours, considèrent la femme comme une
marchandise, l'Orient, comme un article à vendre
ou à acheter, et l'Occident ne la considère pas
comme une femelle. Obliger la femme à effectuer
le travail de l'homme c'est se livrer à une
injuste agression contre sa féminité..."
Le Livre Vert s'achève en
laissant des réflexions positives sur le statut
des minorités, l'éducation, la musique et l'art
ainsi que la place et la forme du sport dans la
société. |