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Le guide Mouammar
Kadhafi, Président en exercice de l'Union
Africaine (UA), Roi des rois traditionnels
d'Afrique, dans son discours historique prononce
mercredi 23 septembre 2009, du haut de la
tribune de la 64ème session de
l'Assemblée générale des Nations Unies (ONU),
propose des solutions de nature à transformer
radicalement l'actuelle structure de l'ONU.
Il s'agit pour le
guide de favoriser la construction d'une
nouvelle Organisation des Nations unie, fondée
sur l’égalité entre les nations, grandes et
petites, dépourvue du droit de veto, des sièges
permanents et non permanents au Conseil de
Sécurité, en permettant à l'Assemblée générale,
qui représente le congrès mondial, de recouvrer
son crédit.
Mouammar Kadhafi
a, par ailleurs, aborde le contenu de plusieurs
« dossiers chauds», jamais évoqué auparavant, à
savoir, les guerres menées, en dehors du cadre
des Nations Unies, par de grands pays disposant
du droit de veto, les assassinats politiques,
les génocides, ainsi que la politique de «deux
poids deux mesures» pratiquée au sein des autres
organisations internationales telles que
l'Agence internationale de l’énergie atomique
(AIEA), la Cour internationale de justice et la
Cour pénale internationale... etc.
Il a affirmé que
la Libye, qui préside la 64ème
session de l'Assemblée générale, aidera, à
travers sa position, a améliorer les relations
internationales qu'il a qualifiées de«
douloureuses, déplorables, terrorisées,
terrifiées et sous menaces», afin de parvenir à
un monde plus humain où règnent la paix et la
tolérance.
Le président de
l'Union Africaine a indiqué que la tenue de
cette session intervient au moment où plusieurs
défis interpellent le monde qui, du reste, doit
« s'unir et conjuguer ses efforts, afin de
relever ces défis qui constituent l'ennemi
commun ».
II a cité les
changements climatiques, la crise financière,
l'effondrement du système économique
capitaliste, la crise alimentaire, les problèmes
de l'eau et de la désertification, le
terrorisme, l'émigration, la propagation des
véritables maladies, «aussi bien que celles
inventées par l’homme », affirmant par ailleurs
que certains virus ont été fabriqués par des
structures militaires, en vue de s'en servir
comme des armes dont ils ont fini par perdre le
contrôle.
A cet égard, il a
fait remarquer que le virus de la grippe porcine
pourrait être l'une de ces armes qui n'ont pas
été maitrisées, en expliquant comment le mode de
traitement des maladies, dans ce monde, relève
de la malhonnêteté, arguant du fait que le sérum
fabriqué contre la maladie qui se propage, comme
« Anf Al-Anza », la grippe porcine, et d'autres
encore, est mis en vente a des prix élevés, pour
permettre aux entreprises capitalistes de
s'enrichir, étant prouvé que ce sont les mêmes
entreprises qui fabriquent ces virus dont les
effets se propageront à travers le monde aussi
longtemps que ces laboratoires demeureront sous
influence des services secrets.
Aussi, Mouammar
Kadhafi a-t-il renvoyé l'assistance à son Livre
Vert (Troisième Théorie universelle), qui
stipule «la prohibition de la vente des
médicaments», afin d'arrêter la propagation des
virus et permettre au monde de se prémunir
contre ces maladies.
Le guide Mouammar
Kadhafi a évoqué aussi La Convention d'Ottawa
interdisant la fabrication, le transport et la
commercialisation des mines anti-personnel, qui,
selon le président de l'Union africaine, relève
également d'une erreur, au motif que ces mines
ne sont pas des armes offensives, mais
défensives.
«La mine ne se
déplace pas et n'attaque pas. Elle reste a
l'endroit ou elle a été plantée, jusqu'à ce que
quelqu'un l'approche », a-t-il dit, précisant
qu'elle sert à la protection des frontières et
des terres contre les infiltrations ennemies et,
par conséquent, c'est l'agresseur qui en fait
les frais, lorsqu'il franchit le territoire
d'autrui.
A cet effet, il a
appelé les pays signataires de la Convention
d'Ottawa a réviser leur position, renvoyant
l'assistance à sa communication sur le site «
Kadhafi Parle », qui propose l'annulation ou
l'amendement de cette Convention, qu'il fonde
sur l'argument selon lequel «les forces
d'agression veulent nous dépouiller même des
mines défensives et non offensives».
Aussi
propose-t-il, en contrepartie de la suppression
des mines anti-personnel, le renoncement aux
bombes nucléaires et aux missiles
transcontinentaux», arguant du fait que «la
terrifiante propagation du nucléaire, au même
titre que le terrorisme, l'hypocrisie, la peur,
l'athéisme, la dépravation des mœurs et la
prévalence du matériel, représentent, entre
autres, des ennemis communs à nous tous».

Le guide Mouammar
Kadhafi a précisé que les Nations unies ont été
créées, a l'origine, avec trois ou quatre pays
qui s'étaient alliés contre l'Allemagne pendant
la seconde guerre mondiale, en formant ainsi des
Nations unies, plutôt qu'une Organisation des
Nations unies, sous l'étendard duquel nous
sommes assis aujourd'hui. Ces pays ont formé un
Conseil baptisé "Conseil de Sécurité" et se sont
attribué des sièges permanents et le droit de
veto, a-t-il dit.
«Nous n’étions
pas présents quand ces trois ou quatre pays
avaient taillé les Nations Unies à leur mesure
et elles nous ont ensuite demandé de porter ce
vêtement qu'ils ont cousu. C'est la vérité et
c'est cela le fondement de cette organisation
onusienne», a affirmé le guide Kadhafi qui
précise que cela s'était déroulé en l'absence de
165 nations aujourd'hui présentes et
représentant huit fois le nombre de ceux qui
avaient, à l'époque, crée cette organisation.».
Brandissant une
copie de la Charte des Nations Unies, il a
indiqué que «ce sont ces pays qui ont fabriqué
la charte, dont le contenu montre que le
préambule dit une chose et les articles en
disent une autre».
« Comment cela
est-il arrivé? », s'est-il interrogé. «Ceux qui
étaient présents à San Francisco en 1945 se sont
associés pour la rédaction du préambule et ont
laissé aux experts, techniciens et politiciens
des pays intéressés par cette question (à
savoir, les pays qui ont institué le Conseil de
sécurité et qui s’étaient alliés contre
l'Allemagne) le soin de rédiger les articles,
notamment le règlement intérieur dudit Conseil
de sécurité», a-t-il répondu.
Pour le guide
Kadhafi, «le préambule est très attrayant et ne
suscite aucune objection. Mais tout ce qui suit
est totalement opposé au contenu du préambule.
C'est la situation à laquelle nous sommes
actuellement confrontés et que nous dénonçons et
refusons. On ne peut plus continuer à cohabiter
avec cette situation qui est révolue avec la fin
de la seconde guerre mondiale », a-t-il ajouté,
passant en revue les passages significatifs de
la Charte.
Se fondant sur le
passage du préambule qui stipule que «les
nations sont égales, petites ou grandes», le
président de l'Union africaine a affirmé que
«nous n'avons jamais été égaux, au niveau des
sièges permanents».
Au sujet d'un
autre passage selon lequel «les nations sont
égales en matière de droits», le guide Kadhafi a
conclu que le veto aussi bien que les sièges
permanents, étant tous deux contraires à la
charte, constituent des «dispositions que nous
ne reconnaissons pas et que nous rejetons».
Le guide Kadhafi
a poursuivi son analyse du document en
expliquant que le préambule de la charte que
nous avons applaudi et signé et qui nous a
conduit à adhérer aux Nations Unies, énonce que
«nous nous sommes engages à ne pas utiliser la
force armée en dehors de l'intérêt commun de
toutes les nations». Il a cependant fait
observer que 65 guerres avaient éclate à la
suite de la fondation de l'ONU et de la création
du Conseil de sécurité, faisant des millions de
victimes, même plus que les deux guerres
mondiales réunies.
Aussi s'est-il
demandé si ces guerres et ces agressions, ainsi
que la force qui a été utilisée dans ces 65
guerres étaient au service de l'intérêt commun.
« Au contraire, ces guerres étaient au service
des intérêts de deux ou trois pays », a-t-il
affirmé, promettant d'aborder, au besoin,
l'histoire de ces guerres pour démontrer si
elles ont été menées dans l'intérêt commun ou
pour l'intérêt de pays spécifiques».
Il a estimé que
«cette situation constitue une contradiction
manifeste par rapport à l'esprit du préambule
que nous avons accepté et qui nous a amenés à
adhérer à cette organisation », estimant que «si
la gestion des affaires ne répond pas aux
exigences du préambule que nous avons accepté,
notre présence dans l’organisation onusienne ne
devrait pas continuer.»
«Nous ne faisons
pas dans la complaisance. Nous ne délivrons pas
un discours diplomatique. Nous n'avons pas peur.
Nous ne
nourrissons aucune convoitise. Nous ne pouvons
donc pas être complaisants à l’ egard du destin
du monde. Nous parlons ici du destin du monde,
de celui de la terre et du genre humain. Et dans
cette affaire décisive du destin de l'humanité,
il n'y a pas d'indulgence, ni d'hypocrisie, ni
de diplomatie. Car la complaisance, l'hypocrisie
et la peur ont conduit à l'éclatement de 65
guerres, après la fondation des Nations Unies»,
a-t-il martelé.
Abordant un autre
passage du préambule de la charte des Nations
unies, qui stipule que «si la force est
utilisée, elle devrait être une véritable force
onusienne, une force commune», le président de
l'Union africaine explique que « c'est
l'organisation des Nations unies, sous forme
d'Etat-major de guerre, qui devrait utiliser la
force; c'est l'ensemble des Nations unies qui
doit décider de l'usage de la force, pour la
préservation de la paix mondiale, et non un,
deux ou trois pays », a-t-il dit.
« Il était
convenu, après 1945, date de fondation de cette
organisation, que si un pays agresse un autre,
les Nations unies, ensemble, devraient dissuader
cette agression. Cela signifie que si la Libye
agresse la France, par exemple, l'ONU doit
dissuader l'agression libyenne, car la France
est un pays indépendant et souverain, membre de
l'Assemblée générale des Nations unies », a
rappelé Kadhafi.
«Bien que nous
nous soyons engagés à défendre, ensemble, la
souveraineté des nations, 65 guerres et
agressions sont survenues sans que les Nations
Unies ne les dissuadent », commente Kadhafi qui
explique que parmi elles, 8 grandes guerres,
particulièrement meurtrières et ayant fait des
millions de victimes, ont été menées par des
pays disposant de sièges permanents et du droit
de veto au Conseil de sécurité.
Il s'agit, à son
avis, de pays «envers lesquels nous sommes
sereins et qui sont supposés protéger la
sécurité et l'indépendance des peuples,
dissuader les agressions et propager la quiétude
dans le monde ». Cependant, regrette-il, « ce
sont ces pays qui ont menacé l'indépendance des
peuples et utilisé la force tyrannique, à la
faveur du siège permanent au Conseil de Sécurité
et du droit de veto qu'ils se sont attribués ».
Tirant sa
conclusion, le président de l'Union africaine a
indiqué que «rien, dans cette charte, n'autorise
les Nations unies à intervenir dans les affaires
intérieures qui relèvent des compétences et de
la souveraineté internes de chacun des pays. Il
en déduit que le système d'organisation du
pouvoir et des institutions est une affaire
interne à tout pays membre et par conséquent,
personne n'a le droit de s'y ingérer ». Aussi
estime-t-il que « si un pays décide de faire de
son système politique un régime dictatorial ou
démocratique, socialiste ou capitaliste,
réactionnaire ou progressiste, cela relève de la
responsabilité de la société en question et
constitue une affaire interne.
Il s'est appuyé
sur l'exemple de la Rome antique qui avait
décrété la dictature dont Jules César devait
exercer le pouvoir. « Et le sénat lui avait
donne mandat d'être dictateur, estimant que la
dictature était profitable à Rome»,
explique-t-il, concluant que c'est une affaire
interne, d'autant plus que « personne ne pouvait
reprocher à Rome d'avoir fait de Jules César un
dictateur ».
Le guide Mouammar
Kadhafi a par ailleurs abordé le caractère
anti-démocratique du droit de veto, en
soulignant que «nous nous sommes entendus sur le
préambule de la charte des Nations Unies. Mais
le droit de veto, institué plus tard, n'était
pas mentionné dans la charte ». Aussi,
affirme-t-il que « si on nous avait informé de
son existence, nous n'aurions pas adhéré aux
Nations unies».
« Nous avons
adhéré à l'organisation sur la base de l'égalité
des droits. Cependant le fait qu'un pays
brandisse le droit de bloquer toutes nos
décisions, sous prétexte de disposer d'un siège
permanent au Conseil de Sécurité, nous pousse à
nous demander: qui lui a donné ce siège
permanent ?», s'interroge le guide Kadhafi.
Ces quatre pays,
affirme-t-il, se sont attribués chacun un siège
permanent. Or le seul pays que l'Assemblée
générale avait élu membre permanent était la
Chine, seul pays qui jouit démocratiquement de
ce pouvoir. En dehors de la Chine, précise-t-il,
les quatre autres sièges n'ont aucune
signification démocratique, mais relèvent d'un
fait accompli qui nous a été imposé, que nous ne
reconnaissons pas et dont nous ne sommes pas
passibles du dictat.

Abordant la
question de la reforme des Nations unies, qui
suggère l'augmentation des sièges permanents, le
guide Mouammar Kadhafi estime qu'elle
«compliquera davantage les choses» et accroîtra
l'injustice, en ce sens que « l'entrée de
nouveaux grands pays au Conseil de Sécurité, qui
compte déjà d'autres grandes puissances, fera
pencher encore davantage la balance du côté des
grands».
Aussi
rejette-t-il l'option d'augmentation des sièges
et sollicite l'abandon du débat autour de cette
proposition, arguant du fait qu'elle pourrait
contribuer à léser davantage les petits pays
formant actuellement le groupe des 100 (G-100),
qui risquent de subir la pression du nombre
croissant des membres permanents.
Le leader Kadhafi
a également évoqué la tension qu'accentuerait la
course effrénée aux sièges permanents, favorisée
par l'augmentation du nombre des sièges
permanents et mettant en lice l'Italie,
l’Allemagne, l'Indonésie, l'Inde, le Pakistan,
les Philippines, le Japon, le Brésil,
l’Argentine, le Nigeria, l'Algérie, la Libye,
l'Egypte, le Congo, l’Afrique du Sud, la
Tanzanie, la Turquie, l'Iran, la Grèce et
l'Ukraine... etc.
« C'est un droit
légitimement reconnu à chacun des Etats membres
de postuler au siège permanent du Conseil de
Sécurité, tous ces Etats étant égaux,
conformément au préambule », a reconnu le guide
Kadhafi qui se demande «comment les arrêter? Qui
a le droit d'empêcher ces pays de réclamer un
siège permanent? Qui a le droit de demander à
l'Italie de ne pas réclamer son siège, lorsqu'un
siège est attribué à l'Allemagne? ».
A son avis,
«l'Italie serait plus qualifiée, au regard de
l'argument selon lequel elle avait rejoint les
Alliés et abandonné l'Axe, à l'oppose de
l'Allemagne, l'agresseur, qui avait été vaincue,
quand bien même l'Allemagne dont il était
question, celle des nazis, est différente de
celle de notre temps ».
« Si nous donnons
à l'Inde un siège, nous pouvons dire qu’elle le
mérite, mais le Pakistan pourra protester. Les
deux pays étant détenteurs de la bombe atomique
et étant en situation de guerre, l’attribution
d'un siège à l’un ou à l’autre de ces deux Etats
créerait une circonstance aggravante », estime
Kadhafi.
Le président de
l'Union africaine imagine également les
réactions que provoquerait l'attribution de ce
siège au Japon, lorsqu'on n'en aura pas dote
l’Indonésie, le plus grand pays islamique du
monde, ou la Turquie, l'Iran, l'Ukraine, le
Brésil, l'Argentine... et pourquoi pas la Libye,
qui mérite aussi un siège au Conseil de sécurité
pour avoir servi la sécurité mondiale, en
abandonnant son programme d'armement nucléaire.
« Quid de l'Egypte, du Nigeria, de l'Algérie, du
Congo, de l'Afrique du Sud, de la Tanzanie, qui
sont tous des pays importants ?», a-t-il ajouté.
Cette
concurrence, selon le Président de l'Union
africaine, ne pourra s'arrêter que lorsque tous
les membres de l'Organisation parviendront à se
procurer chacun un siège au Conseil de Sécurité,
créant ainsi une situation absurde contre
laquelle le guide Kadhafi, dans le but de
réaliser efficacement la démocratie, à travers
l'égalité des pays membres, propose, au vote de
l'Assemblée générale, le transfert de la
compétence du Conseil de Sécurité à l'Assemblée
générale, tandis que les sièges du Conseil
seront occupés par les ensembles régionaux.
Quant au droit de
veto, il sera désormais attribué à ces grands
ensembles ou unions de pays, qui occuperont les
sièges du nouveau Conseil de Sécurité proposé
par Mouammar Kadhafi, ou sera définitivement
supprimé.
Détaillant le
contenu de sa proposition de reforme, Mouammar
Kadhafi a indiqué que l'Union Européenne, qui
regroupe 27 pays, aura un siège permanent au
Conseil de Sécurité, l'Union Africaine, composée
de 53 pays, aura également son siège permanent,
de même que l'Union de l'Amérique Latine,
l'Association des Nations de l'Asie du Sud-est
(Association of the South-East Asian Nations -
ASEAN) qui regroupe une dizaine de pays, la
Fédération de Russie, actuellement membre du
Conseil de Sécurité, les Etats- Unis, compose de
50 Etats et déjà membres du Conseil de Sécurité
ainsi que le SARC, qui est en train de se
former, la Ligue des Etats arabes, formée de 22
pays, l'Organisation de la Conférence islamique,
formée de quarante cinq (45) pays, le Mouvement
des non-alignés, composé de 120 pays et le G-100
qui regroupe tous les petits pays.
En revanche,
précise-t-il, «s'il existe des pays en dehors de
ces unions, ils pourront avoir un siège
permanent qu'ils occuperont en alternance tous
les 6 ou 12 mois, à l'image du Japon, de
l'Australie, de la Nouvelle-Zélande ou tout
autre Etat qui pourrait se trouver en dehors de
l'ASEAN, de la Fédération de Russie, de l'Union
africaine, de l'Union européenne, de l'Union de
l'Amérique latine ou des Etats- Unis, etc.
Le guide Kadhafi
fonde la pertinence de sa proposition sur
l'évidence selon laquelle l'Assemblée générale
est considérée comme «le parlement du monde»
dont les Etats membres détiennent le pouvoir
législatif. A ce titre, les résolutions issues
de l'Assemblée générale devraient
démocratiquement être contraignantes et le
Conseil de Sécurité deviendrait ainsi un
instrument d'exécution de ces résolutions et,
par conséquent, se soumettrait à cette
assemblée.
«C'est faux de
dire que l'Assemblée générale doit faire ceci et
cela, sur recommandation du Conseil de Sécurité.
C'est le contraire qui est évident, à savoir, le
Conseil de Sécurité doit faire ceci et cela, sur
ordre de l'Assemblée générale », a-t-il insisté,
rappelant que «nous sommes 190 nations. Ce sont
ces nations qui forment les Nations Unies et non
le Conseil de Sécurité qui regroupe seulement 10
personnes».
Aussi, se
demande-t-il « comment se rassurer au sujet de
la paix mondiale, si notre destin se trouve
entre les mains de dix pays dominés en réalité
par quatre ou cinq autres, voire par un seul
d'entre eux, alors que nous sommes 190 nations
présentes ici comme à Hyde Park, voire comme un
simple décor» .
« Vous êtes comme
un décor, vous êtes un Hyde Park, vous êtes sans
valeur, une tribune faite pour simplement
prononcer des discours, exactement comme on fait
a Hyde Park: tu fais ton discours et tu t'en
vas», a ironisé Mouammar Kadhafi, caricaturant
le statut actuel de l'Assemblée générale.
Le leader Kadhafi
a confié à l'assistance que le président de
l'Assemblée générale, le libyen Ali Abdessalem
Ali-Triki et le Secrétaire générale de l'ONU,
Ban Ki-Moon, se chargeront de la traduction de
sa proposition en formule administrative et
juridique, ainsi que de la formation des
commissions qui la soumettront au vote de
l'Assemblée générale.

Si l'Assemblée
générale vote cette reforme, elle entrera en
vigueur et personne ne pourra la contester ou
dire qu'il est supérieur à l'Assemblée générale.
Celui qui se dit supérieur à l'Assemblée
générale, qu'il sorte des Nations Unies et reste
seul », a-t-il affirmé, précisant, en revanche,
que si ces structures demeurent en leur état
actuel, «nous ne les reconnaitrons plus jamais
et nous ne nous soumettront à aucune décision
qui sera promulguée par le Conseil de Sécurité
».
Le président de
l'Union africaine a par ailleurs démontré
comment l'adoption de sa proposition de reforme
pourra contribuer à mettre fin à la tendance qui
consisterait à attacher de l'importance à la
force, comme critère d'accès au Conseil de
Sécurité où « un pays y détient un siège, parce
qu'il possède des bombes nucléaires, un autre la
puissance économique, un troisième la
technologie et un quatrième la technique».
Estimant qu’on ne
peut pas vivre sous un Conseil de Sécurité
dominé par ceux qui détiennent la force, il a
indiqué que «si nous voulons un monde uni,
pacifique ou règne la quiétude et la paix, nous
devons reformer les Nations unies et transférer
les compétences du Conseil de Sécurité à
l'Assemblée générale. En revanche « si nous
voulons vivre sous le poids du terrorisme et des
conflits, nous allons persévérer dans cette voie
jusqu'au jugement dernier».
« La démocratie
n’est pas celle du plus fort, ni du plus riche,
ni du terroriste qui nous agresse. Ce n’est pas
parce qu'on est plus riche ou plus fort qu'on a
l'apanage de la démocratie et qu'on dispose de
la « parole suprême », car la parole suprême
devrait être celle de toutes les nations qui
sont placées au même pied d'égalité », a-t-il
dit.
Rappelant la
période de la colonisation au cours de laquelle
«nous étions sous-tutelle» le guide Kadhafi a
fait observer que, «devenus maintenant
indépendants, nous sommes venus à cette
assemblée pour déterminer le sort du monde, de
manière démocratique, pour préserver la paix et
la sécurité à tous les peuples, sous le signe de
l'égalité entre les nations, grandes et petites
».
« Les grandes
puissances jouissant de sièges permanents ont
souvent recours au Conseil de Sécurité,
lorsqu'elles veulent l'utiliser contre nous. En
revanche, elles l'ignorent, lorsqu'elles
n'éprouvent plus le besoin de l'utiliser contre
nous », a révélé Mouammar Kadhafi qui déclare
qu'il en est de même pour la charte des Nations
Unies, notamment son chapitre VII dont les
grandes puissances se servent au besoin pour
outrepasser leurs obligations, lorsqu'elles
décident d'entreprendre une action en violation
des dispositions de la Charte.
Et ceci, précise
le leader Kadhafi, en préservation des intérêts
complexes que détiennent ces grands pays dans le
monde et pour lesquels ils utilisent le veto, le
Conseil de Sécurité et la force des Nations
unies pour sanctionner et terroriser le
Tiers-monde. Aussi Kadhafi est-il formel,
concluant que « nous ne sommes pas tenus de
respecter les décisions du Conseil de sécurité,
à compter de ce discours ».
II est ensuite
revenu sur le fait que, depuis la fondation du
Conseil de sécurité, 65 guerres ont éclaté,
toutes contre le Tiers-monde, contre les petits
pays. Qu'il s'agisse de la guerre entre les
petits pays ou d'agressions menées par les
grands pays contre les petits. «Et pourtant le
Conseil de Sécurité n'a pas dissuadé ces
agressions; ce qui constitue une violation de la
charte des Nations Unies».
A cet effet,
Mouammar Kadhafi a déclaré qu'à l'issue du vote
de sa proposition relative au Conseil de
sécurité et a l'attribution de sièges
permanents, «soit nous continuerons ensemble
dans une seule Organisation des Nations unies,
soit nous nous séparerons en deux camps: d'un
cote, le camp des nations empreintes du principe
de l'égalité de tous ses membres, doté de sa
propre assemblée et de son propre Conseil de
Sécurité; d'autre part celui des grandes nations
jalouses de leurs sièges permanents et de leur
droit de veto, qui conserveront l'actuel Conseil
de sécurité à leur convenance».
« Nous ne seront
pas avec eux et ils n'ont qu'à appliquer le veto
ou l'utiliser contre eux-mêmes ou demeurer
éternellement dans ces sièges. Cela ne nous
concerne guère. Seul Dieu est Eternel », a-t-il
conclu, révélant, à cette fin, que chaque groupe
de pays a d'ores et déjà commencé à former son
propre Conseil de Sécurité pour y discuter les
problèmes les concernant. A l'image de l'Union
africaine, qui a déjà crée son Conseil de Paix
et de Sécurité (CPS), l'Union européenne, tout
comme l'ASEAN, ainsi que l'Amérique latine et
les 120 membres du Mouvement des non-alignés,
qui se proposent d'en faire autant.
Car, précise le
Président de l'Union africaine, les grandes
puissances font fi des résolutions de
l'Assemblée générale, en entreprenant, en
violation des dispositions de la Charte, des
actions répréhensibles, tels des agressions et
des guerres, la violation des frontières des
pays indépendants, la transgression de leur
souveraineté, des crimes de guerre et de
génocide... etc.
Le guide Kadhafi
a, à ce propos, indexé la Cour internationale de
justice, instance juridique internationale, en
raison de ses décisions qui, à son avis, ne
s'appliquent qu'aux petits pays et au
Tiers-monde, alors que les grands pays se
passent de ses dispositions. II en est de même
pour l'Agence internationale de l'énergie
atomique (AIEA), « institution importante des
Nations Unies qui harcèle uniquement les petits
pays et à laquelle les grands pays demeurent
insoumis ».
II a, à cet
effet, demandé au Président de l'Assemblée
générale des Nations unies, le Libyen Ali
Abdessalem Triki, de s'enquérir auprès du
nouveau directeur de l'AIEA ainsi que de son
prédécesseur, Mohamed Al Baradai, si l'AIEA
inspecte le potentiel atomique des pays
nucléaires et contrôle la croissance ou la
réduction de ce potentiel?
« Si Al Baradai
affirme que les grands lui sont soumis, nous
nous y conformerons aussi. Mais s'il dit qu'il
lui est impossible d'approcher les grands pays
qui possèdent des bombes atomiques et qu'il ne
dispose d'aucune autorité sur ces pays, alors,
nous réclamerons que cette agence se tienne loin
de nous. Nous ne la reconnaitrons pas », a
insisté le leader Kadhafi.
Le président de
l'Union africaine a ensuite révélé à
l'assistance qu'il avait convoqué Al Baradai, à
l'époque de la crise liée à la bombe nucléaire
libyenne, et lui avait demandé s'il vérifiait
les accords de réduction des armes de
destruction massive et si les Etats parties à
cet accord avaient effectivement diminué leur
arsenal. Pour toute réponse, Al Baradai avait «
avoué ne disposer d'aucune autorité sur les
grands pays et affirmer qu'il ne peut pas leur
demander des comptes, ni approcher leurs
installations », rapporte Kadhafi.
« Cela confirme
que Al Baradai est chargé uniquement de
contrôler les petits pays. L’AIEA n’est pas une
agence internationale, mais un instrument taillé
pour nous harceler, nous les petits pays
uniquement, tout comme le font le Conseil de
Sécurité et la Cour internationale de justice,
alors que les grands pays sont exempts de leurs
contrôles », a conclu Kadhafi, pour qui, l'on
est loin du concept des Nations Unies, de la
justice et de la sécurité.
Le Président de
l'Union africaine, dans le cadre de sa
proposition de reforme des relations
internationales, a affirmé que le continent
africain mérite particulièrement un siège
permanent au Conseil de Sécurité, même si la
reforme de l'Organisation onusienne n'aboutit,
ni ne prend en compte les propositions que le
guide libyen soumet au vote de l'Assemblée
générale.
Mouammar Kadhafi
sollicite l'approbation par l'Assemblée générale
de la reconnaissance de ce mérite à l'Afrique, à
l'image du mérite accorde à la Chine et en
compensation des souffrances que le continent
africain avait endurées de par le passée, pour
avoir été isolé, colonisé et opprimé, tandis que
ses populations avaient été considérées par
l'Occident comme des animaux, ensuite comme des
esclaves et enfin comme "des nations
sous-tutelle".
Le guide Kadhafi,
qui estime que cette réclamation revêt un
caractère prioritaire et ne saurait souffrir
d'aucune contestation, a évoqué, pour appuyer sa
requête, la question du dédommagement des pays
autrefois colonisés, afin de vider le problème
de tout contentieux, éviter que la colonisation
et le pillage des ressources des populations ne
se répètent plus et mettre fin à la migration
des populations africaines vers les territoires
de ceux qui avaient pillé leurs richesses.
Apportant sa
réponse à la problématique de l'émigration des
Africains vers l'Europe, aussi bien que des
Asiatiques et des latino-américains, le
président de l'Union africaine affirme que
«c'est parce que l'Europe a colonisé l'Afrique,
l'Asie et l'Amérique du Sud et s'est accaparée
de leurs ressources, tels l'or, l'argent, le
cuivre, le diamant, le fer, l'uranium, le
pétrole, les fruits, les légumes, les animaux et
les êtres humains ».
«Lorsque mille
Africains parviennent aux frontières de la
Libye, dans l'intention de se rendre en Europe,
à la question de savoir où ils vont, ils
répondent qu'ils partent à la recherche de leurs
richesses qui avaient été pillées, et
renchérissent : si vous êtes capables de nous
les rendre, nous resterons sur nos terres », a
rapporté le guide Kadhafi qui exhorte les pays,
qui avaient colonisé ces peuples, à restituer ce
qu'ils ont pillé et appelé l'Assemblée générale
à promulguer une résolution demandant la
restitution de ces richesses, afin que s'arrête
la migration des populations, depuis les
Philippines jusqu'à l'Amérique du Sud, en
passant par Maurice et l'Inde.
Pour sa part,
précise le leader Kadhafi, l'Afrique mérite des
dédommagements de l'ordre de 777.000 milliards
de dollars des pays qui l'ont colonisée,
avertissant : « si on ne nous rend pas les 777
000 milliards de dollars, les Africains iront
alors la où ont été investies ces sommes ».
Aussi ceux qui ont colonisé l'Afrique
devraient-ils restituer ce qu'ils ont pillé
s'ils tiennent à arrêter le flux migratoire.
Prenant l'exemple
de la Libye et de son colonisateur, l'Italie, il
a fait remarquer qu'il n'existe pas d'émigration
de Libyens vers l'Italie, parce que l'Italie a
décidé de dédommager le peuple libyen, lui a
présenté ses excuses et signé avec Tripoli un
traité entériné par les peuples libyen et
italien permettant de fermer définitivement
cette triste page du passé.
« Au terme de ce
traité ratifié par le Parlement italien,
l'Italie s'est engagée à ne plus permettre
d'agresser la Libye à partir de ses frontières
terrestres, maritimes ou aériennes, à interdire
à toute autre partie d'attaquer la Libye à
partir de ses territoires ou espace aérien et à
dédommager la Libye sur une période de 20 ans,
durée correspondant à la période de sa
colonisation, à hauteur d'un quart de milliard
de dollars par année de colonisation. En outre,
l'Italie financera en Libye la construction d'un
hôpital spécialisé dans l'appareillage des
victimes libyennes des mines anti-personnel
semées par l'Italie dans le pays durant les deux
guerres mondiales », rapporte Kadhafi.
« Après la
présentation de ses excuses à la Libye, l'Italie
est devenue maintenant un pays couvert de
gloire, pour avoir accompli un acte historique,
un acte civilisé que l'on doit au Premier
ministre Silvio Berlusconi ainsi qu'à ses
prédécesseurs, et qui doit servir d'exemple », a
dit Kadhafi, qui estime que le droit au
dédommagement pourrait contribuer à décourager
même le plus puissant des pays du Tiers-monde
qui tenterait de coloniser le plus faible Etat
du monde développé.

Au nom de
l'Assemblée générale des Nations unies, au nom
de l'Union africaine et des mille royaumes
traditionnels d'Afrique, ainsi qu'au nom de tous
les participants, le guide Mouammar Kadhafi a
rendu hommage au Président des Etats-Unis,
Barack Obama, qui assiste pour la première fois
à l'Assemblée onusienne.
Le Président de
l'Union africaine, Mouammar Kadhafi, qualifie de
«grand événement», dont les africains sont
fiers, « l'élection, avec un enthousiasme sans
précédent, d'un jeune Noir, Kenyan et Africain,
Barack Obama, au poste de président des Etats
Unis d'Amérique, événement pouvant servir à un
début de changement », comme le stipule le
slogan de campagne d'Obama ».
Pour le leader
Kadhafi, les Africains sont heureux et fiers, en
réalité, de voir «un des fils du continent
africain diriger les Etats-Unis d'Amérique", car
le Noir, a-t-il dit, était à une époque,
interdit d'accès aux cafés des Blancs, aux
restaurants réservés aux Blancs et ne pouvaient
emprunter les bus des Blancs.
Considérant
Barack Obama comme «une lueur pouvant durer
quatre ou huit ans au bout desquels l'on
reviendrait aux anciennes habitudes », le guide
Kadhafi a fait part de ses inquiétudes au sujet
de l'après Obama, affirmant que «nous serions
rassurés, si Obama pouvait rester indéfiniment
au pouvoir aux Etats Unis d'Amérique ».
Rappelant les
actes et propos des prédécesseurs du président
Obama, le leader Kadhafi a, sur un ton
sarcastique, mis l'accent sur leurs menaces
d'envoyer «les averses de plombs, la mère des
bombes, la grand-mère des bombes, les grappes de
colère, les pluies d'été, la tempête du désert,
les grondements du tonnerre et la rose
empoisonnée aux enfants Libyens en 1986 ».
Ailleurs, « ils menaçaient de guerre les petits
pays qui vivaient en quiétude et annonçaient, du
haut de la tribune de l'Assemblée générale, des
noms de code affectes à ces guerres, afin de
terroriser le monde et l'assujettir ».
Mouammar Kadhafi,
qui définit la rose empoisonnée comme étant les
bombes à laser larguées par les bombardiers
américains F III sur la Libye, sous
l'instigation de ces ex-présidents américains
qui affirmaient diriger le monde et entendaient
punir celui qui s'opposera à eux, fait part de
son étonnement pour la déclaration d'un
président d'un grand pays, disposant d'un siège
permanent au Conseil de Sécurité, et sensé nous
rassurer, sauvegarder notre indépendance et nous
protéger contre les agressions, déclaration qui
dit en substances: « j'ai décidé l'envoi de la
rose empoisonnée aux enfants de la Libye et
celui qui en hume l'odeur, mourra ».
En revanche, le
guide Kadhafi affirme qu'Obama «diffère
totalement de tous les autres présidents
américains de notre époque», citant en exemple
les propos tenus par le président noir, à savoir
: «le monde doit se débarrasser sérieusement des
armes nucléaires » ... «l'Amérique ne peut pas
résoudre les problèmes du monde à elle seule, le
monde doit régler ses problèmes »... « La
situation dans laquelle on se trouve
actuellement, à savoir, nous rencontrer,
discourir et quitter sans rien réaliser, ne peut
plus continuer ».
De plus, il donne
raison à l'actuel locataire de la Maison
blanche, qui affirmait que «les Nations unies
ont toujours été une tribune de divergences au
sein de laquelle nous nous rencontrons pour nous
attaquer les uns aux autres », précisant qu'il
s'agit là, malheureusement, d'une réalité à
laquelle il faut mettre un terme, afin de s'unir
pour l'émergence d'institutions internationales
au sein desquelles prime l’égalité des membres.
Opposant le
propos d'un ex-président des Etats-Unis, qui
disait, dans un passe proche, qu'«il faut
imposer la démocratie à l'Irak et à d'autres
pays», à celui du président Obama selon lequel
«la démocratie ne peut pas être imposée de
l'extérieur» et qu'il s'agit d'une « affaire
interne» et que «chaque pays choisit, en
fonction de sa culture et de son patrimoine, la
démocratie ou le système qui lui convient», le
guide Kadhafi attire l'attention de l'Assemblée
sur l'expression «monde multipolaire » ainsi que
les concepts qu'elle véhicule.
«Est-il
nécessaire que le monde soit multipolaire?
Pourquoi ne devons-nous pas être des nations
égales, sans pole? Est-il nécessaire qu'on ait
un patriarche? Est-il nécessaire qu'on ait des
papes ? Doit-on nécessairement avoir des dieux?
» S’est-il interrogé, indiquant que « nous
vivons sous la confrontation sans merci des
pôles et nous refusons un monde multipolaire.
Nous voulons un monde où les nations, grandes et
petites, sont égales, sans aucun pôle ».

Le Président de
l'Union africaine, Mouammar Kadhafi, dans son
discours à l'Assemblée générale des Nations
unies s'est interrogé sur la nécessité de
conserver le siège de l'Organisation à New York,
alors que son accès s'avère difficile, en raison
de son éloignement de la majorité des Etats
membres, des contraintes liées à la sécurité des
délégations, ainsi que de la menace permanente
que font peser sur le pays hôte les terroristes
du mouvement Al-Qaïda, comme si la capitale
américaine méritait que l'on brave tant de
difficultés pour s'y rendre, à l’image de Beit
Al-Maqdis (Jérusalem), du Vatican ou de la
Mecque.
Rapportant des
«aveux inquiétants de dizaines de membres
d'Al-Qaïda détenus dans les prisons libyennes»,
Mouammar Kadhafi a fait remarquer que cette
réalité «contraint l'Amérique à vivre sur ses
nerfs, dans la crainte que l'immeuble réservé
aux Nations-Unies ne soit cible par un avion
détourné ou par un missile pouvant causer la
mort de dizaines de présidents».
« Supposons que
quelqu'un fasse exploser l'avion d'un président
ou son véhicule ou qu'un terroriste vienne
pulvériser ce bâtiment qui se trouve réellement
visé par Al-Qaïda », confie le guide Kadhafi,
qui ajoute que si le siège de l'ONU n'avait pas
été attaque le 11 septembre, soit la cible ne
faisait pas partie du programme des terroristes,
soit les avions, qui se dirigeaient vers cet
endroit, n'avaient pas atteint leur objectif. Le
prochain objectif serait cet endroit », a-t-il
prophétisé...
Mouammar Kadhafi
a exposé, à titre d'exemples, les nombreuses
« vexations subies par les chefs d'Etat venus
prendre part à cette rencontre, notamment celles
d'un président qui aurait sursis à son
déplacement, parce que le copilote de son avion
personnel n'a pas été autorisé à entrer aux
Etats-Unis, ou de cet autre président obligé de
séjourner à New-York sans son garde du corps
interdit d'entrer aux Etats- Unis, en raison
d'une confusion à laquelle prête son nom, tandis
qu'un troisième Chef d'Etat dont le médecin
personnel n'a pu faire le voyage pour des
problèmes de visa.
«Si un pays a des
problèmes avec l'Amérique, on lui détermine
naturellement son représentant, la composition
de sa délégation, voire lui fixer les endroits
qu'il a le droit de visiter. On t'impose 50 pas
dans ce sens, 500 mètres dans l'autre sens,
comme si tu étais à Guantanamo. Sommes- nous des
membres des Nations unies ou des prisonniers à
Guantanamo ? », A-t-il renchéri.
Le guide Kadhafi
a également évoqué la fatigue et le sommeil
ressentis par les membres des délégations, en se
demandant «comment celui qui vient d'arriver,
après avoir passé une vingtaine d'heures dans
les airs, puisse être à même de prononcer un
discours et parler du sort du monde ».
« Nous ne sommes
pas obligés de supporter toute cette fatigue, en
venant de l'Inde, des Philippines, de
l'Australie, des Iles Comores jusqu'ici »,
a-t-il dit, s'étonnant que son « frère, le
président Ahmed Abdallah Sambi, ait supporte
quatorze heures de vol, depuis les Iles Comores
et qu'on lui demande de parler aux Nations unies
».
Abordant son
propre cas, le guide Mouammar Kadhafi, qui s'est
réveillé à l'aube, à quatre heures (heure de New
York), alors qu'en Libye il était onze heures du
matin, a invitée l'assistance à tirer leçon des
conséquences du décalage horaire et réfléchir
sur le choix du transfert du siège de l'ONU a un
endroit à équidistance des Etats membres.
Persuadé que
«l'Amérique a raison d'imposer des restrictions
drastiques, étant donne qu’elle est visée par
Al-Qaïda et par les terroristes», le guide
Mouammar Kadhafi s'est toutefois demandé s'il
était indispensable de supporter ces
indispositions.
Aussi a-t-il
proposé de transférer le siège de l'ONU dans un
pays plus sûr, afin de «débarrasser l'Amérique
de cette inquiétude, ainsi que des charges liées
à l'accueil du siège, à savoir, l'hébergement
des missions diplomatiques permanentes ainsi que
des dizaines de chefs d'Etat qui participent
chaque année à l'Assemblée générale, en sus des
mesures de sécurité draconiennes et d'autres
grandes dépenses qui en dépendent », rassurant,
au passage, les autorités américaines que la
proposition de transfert du siège est destinée à
aider les Etats- Unis d'Amérique.
« Dites merci à
l'Amérique. Dites-lui qu'on veut l'aider. Nous
voulons que New-York se rassure et que
l'Amérique soit rassurée de n'avoir plus à
supporter la responsabilité de dizaines de
présidents qui viennent ici», a-t-il demandé à
l'assistance.
Le président de
l'Union africaine, qui soumet le transfert du
siège au vote de l'Assemblée générale, se fonde
sur l'article 23 de la convention du 26 juillet
1947 qui stipule que « le transfert du siège des
Nations unies ne peut intervenir que sur
décision de l'Assemblée générale par la majorité
simple», estimant que 50 ans après avoir été
hébergé par la moitié Ouest de la planète, le
siège aurait dû être transféré vers le Centre ou
vers l'Est. Mais ayant été maintenu à New-York
14 ans de plus que la durée supposée, son
transfert n’affecterait en rien l'Amérique.
A cet effet,
Mouammar Kadhafi suggère, pour accueillir le
siège de l'ONU au centre de la planète, la
candidature des villes de Syrte (Libye) et
Vienne (Autriche), à l'Est de la planète, celle
de New-Delhi (Inde) ou de Beijing (Chine).
« Si le choix est
porté sur la ville libyenne de Syrte, il n
y'aura aucune restriction sur les déplacements
des délégations, en ce qui concerne la distance.
II n'y en aura pas davantage sur les visas. Tous
les membres des délégations accompagnant les
chefs d'Etat pourraient y entrer, même sans
visas », a-t-il fait miroiter, précisant que la
Libye ne nourrit d'hostilité envers personne et
n'est pas visée par les terroristes, tout comme
Vienne, qui ne compte pas non plus imposer de
pareilles restrictions aux délégations
étrangères ».
Rassurant par
ailleurs l'hôte de l'organisation onusienne,
Kadhafi a invité l'assistance à ne pas «penser
du mal de l'Amérique, en redoutant, par exemple,
l'éventualité qu'elle réduise sa contribution à
l'Organisation onusienne, à la suite du
transfert du siège. « Car c'est un pays qui
respecte ses engagements envers cette
organisation. II ne sera pas vexé et ne dira
rien », a-t-il dit, ajoutant qu'au contraire «
elle vous remerciera de l'avoir allégée de cette
lourde tache ».
Le
président de l'Union africaine a enfin abordé ce
qu'il appelle «les dossiers chauds», au sujet
desquels il a sollicité les enquêtes de
l'Assemblée générale, sous la présidence d’Ali
Abdessalem Triki. Il s'agit, pour Mouammar
Kadhafi, de « nous juger nous-mêmes, juger l'ONU
et, au besoin, la dissoudre ou la remplacer par
une nouvelle organisation.
Fort de cette
préoccupation, il a estimé que «cette rencontre
est extraordinaire, comme l'a affirmé avant moi
mon fils, le président Obama », lorsqu'il disait
dans son discours : « cette rencontre est
extraordinaire. C'est une rencontre historique».
Ces « dossiers
chauds » qui portent sur les guerres survenues
après la fondation des Nations-unies, suscitent
chez le guide libyen des interrogations
susceptibles d'orienter les enquêtes dont
l'issue permettra de situer les responsabilités
et d'émettre des résolutions contre ces guerres,
ainsi que les génocides qui en ont résulté.
« Pourquoi ces
guerres ont-elles eu lieu? Où était le Conseil
de Sécurité? Où était l'Assemblée générale ?
Comment se fait-il qu’elles aient éclatées ? Où
était la Charte?», s'est interrogé Kadhafi qui a
ensuite présenté les différentes guerres, dans
le but d'éclairer l'assistance.
Evoquant la
guerre de Corée, il a indiqué qu'elle a «
éclaté après la fondation des Nations Unies,
fait des millions de victimes et frôlé
l'utilisation de la bombe atomique», en mettant
en garde contre «une nouvelle guerre coréenne
qui ne pourrait échapper à l'utilisation de
l'arme nucléaire ».
«II s'agit en
fait d'un grave problème et l'on doit juger ceux
qui étaient responsables de l'éclatement de
cette guerre, aussi bien que des pertes qu'elle
a causées, et déterminer qui sera jugé, qui sera
condamné et qui doit en payer le prix », a-t-il
dit.
II a en suite
rappelé la guerre de Suez, survenue en
1956, que « des pays membres permanents au
Conseil de Sécurité, disposant du droit de veto,
avaient déclenchée, en attaquant l'Egypte, un
autre pays membre de cette Assemblée, un pays
souverain, détruisant ses villes, son canal, son
armée, et tuant des milliers de ses habitants,
pour avoir exercé son droit à la nationalisation
du canal de Suez ».
«Comment se
fait-il que cette agression ait eu lieu à l'ère
des Nations Unies et comment pourrait-on être
rassuré que de telles attaques ne se répéteront
plus?», s'est demandé le leader Kadhafi, qui
estime que cette assurance ne peut être obtenue
qu'après l'identification des responsables et
leur passage devant les tribunaux ».
Quant à la
guerre du Vietnam, elle avait fait, selon
Kadhafi, 3 millions de victimes et connu, en
l'espace de 12 jours, le largage d'un nombre
plus important de bombes que la seconde guerre
mondiale n'en a larguées en quatre ans.
Et pourtant,
précise-t-il, avant la guerre du Vietnam,
l'issue de la seconde guerre mondiale avait
conduit à la création des Nations unies dotées
de la ferme intention de tout mettre en œuvre
pour éviter les guerres. « Doit-on la faire
passer sous silence? Nous ne pouvons pas nous
taire », a-t-il affirmé.
Au titre des «
dossiers chauds » figure également l’affaire
de Panama, «un pays indépendant, membre des
Nations unies, qui a été envahi, avec, à la clé,
la mort de 4.000 Panaméens, tandis que le
président d'alors, Manuel Antonio Noriega, fut
arrêté et extradé comme un prisonnier de guerre,
puis jugé comme un criminel et jeté en prison
dans un autre pays».
Le président de
l'Union africaine a, à cet effet, réclamé que
l'affaire de Panama soit soumise à l'Assemblée
générale, que son président soit libéré, et que
des investigations soient diligentées, pour
situer le droit qu'un grand pays, membre des
Nations unies, peut s'arroger d'agresser un
petit pays membre de cette même organisation.
Une fois encore, le leader
Kadhafi a estimé qu'on ne peut pas observer le
silence au sujet de cette affaire, au motif que
n'importe quel pays ou président pourrait être
exposé à un tel sort, notamment lorsque
l'agression vient d'un pays membre permanent au
Conseil de Sécurité qui est supposé
garantir la sécurité de ses membres », a-t-il
dit.
Il a ensuite
évoqué la guerre de Grenade (le plus
petit Etat du monde), membre des Nations unies,
«envahie par 7.000 soldats convoyés par 5.000
navires de guerre et des dizaines d'avions de
combat, et au cours de laquelle le Premier
ministre, Maurice Bishop, a été tué.
Le sixième
«dossier chaud», ouvert par le guide Kadhafi,
porte sur le bombardement de la Somalie,
pays indépendant également, membre des Nations
unies, dirigée à l'époque par Farah Aïdid.
Il en est de même
de la guerre de Yougoslavie que le guide
libyen a vigoureusement dénoncée, estimant qu'il
est «inadmissible qu'on détruise, une seconde
fois, ce pays pacifique, qui avait été
reconstruit, brique par brique, à l'ère du héros
de la paix Josip Broz Tito, à la suite de sa
première destruction sous Adolf Hitler».
«Comme Hitler, on
découpe la Fédération en plusieurs morceaux pour
des raisons personnelles et impérialistes!»,
constate, ému, Mouammar Kadhafi, qui inscrit
également cette guerre parmi les dossiers à
instruire par l’Assemblée générale, afin
d’identifier le responsable, qui doit être
transféré à la Cour pénale internationale.
Mouammar Kadhafi
s’est longuement attardé sur le huitième
« dossier chaud », celui de la guerre en
Irak, qualifiée de « mère des pêchés », qui
suscite quatre importantes observations :
1. L’invasion
de l’Irak, en elle-même, est une violation
injustifiée de la Charte des Nations unies,
commises par des grands disposant des sièges
permanents au Conseil de Sécurité, à l’encontre
d’un pays indépendant, membre de l’Assemblée
générale, et qui autorise que l’on se demande
comment l’on pouvait agresser ce pays, sans que
la charte, qui stipule la dissuasion de
l’agression, ne soit appliquée.
Rappelant le
passage de la charte qui indique que les Nations
unies sont appelées à réprimer les agressions,
le président de l’union africaine a déclaré que
ce passage avait pourtant été mis en application
lorsqu’il s’agissait de réprimer l’agression de
l’Irak contre le Koweït.
« Nous étions
tous contre cette invasion. Des pays arabes,
frères de l’Irak, avaient participé, aux côtés
des pays étrangers, à la guerre de dissuasion de
cette agression, au nom de la charte des Nations
unies», a-t-il affirmé, faisant remarquer que,
en revanche, dans l'agression contre l'Irak, la
charte avait été ignorée, parce que, cette
fois-là, les agresseurs voulaient à tout prix en
découdre avec l'Irak».
«Pourquoi les
Nations Unies n’ont-elles pas dissuadé
l'agression contre l'Irak? Quelle en était la
raison?», s'est-il demandé, invitant le
président de l'Assemblée générale de l'ONU à
entreprendre une enquête à ce sujet et expliquer
au monde la raison de l'invasion de l'Irak. «
Car, c'est une affaire obscure et nous sommes
tous exposés à ce genre d'agressions ».
2. Le génocide
perpétré en Irak, qui a fait périr plus d'un
million et demi d'Irakiens, n'a jamais été
instruit par la Cour pénal internationale, alors
qu'elle a été aisément orientée contre le
président soudanais, Omar Hassan El Béchir,
Slobodan Milosevic, Charles Taylor, Manuel
Antonio Noriega et l'ancien président tchadien,
Hissene Habre, comme si celui qui a perpétré le
génocide en Irak ne devrait pas comparaître
devant cette Cour.
«Parce que la
Cour est dirigée contre nous, nous la rejetons
et nous ne la reconnaissons pas. Soit tout le
monde, petits et grands, lui est soumis, soit
nous ne la reconnaitrons pas. Nous ne sommes pas
des animaux parqués dans un enclos, prêts à être
égorgés pendant l'Aïd, lorsqu'ils le désirent.
Nous sommes des nations qui méritent de vivre
sur terre et sous le soleil et sommes disposés à
combattre et à mourir, pour renoncer à vivre
dans ces conditions», a-t-il dit.
3. L'exécution des prisonniers de
guerre irakiens,
parmi lesquels le président
Saddam Hussein ainsi que les membres de son
gouvernement, « a violé les règles
universellement établies selon lesquelles les
prisonniers de guerre ne peuvent être exécutés,
ni jugés, mais plutôt libérés, après la fin
effective des opérations de combat », renseigne
Kadhafi, qui insiste à « faire démasquer», en
dehors du juge qui avait prononcé la sentence et
« dont le nom est bien connu de tous», les «
auteurs de l'exécution du président irakien,
dont les visages étaient dissimulés par des
cagoules ».
« S'il est vrai
que le président irakien et les membres de son
gouvernement étaient des prisonniers de guerre,
détenus par des pays civilisés régis par le
droit international, pourquoi les faire exécuter
par des personnes en vêtements de camouflage?
Qui sont ceux qui ont mis en œuvre l'exécution
de cette sentence? Jouissent-ils des compétences
d'officiers judiciaires, détiennent-ils
l'autorité juridique leur permettant d'exécuter
un prisonnier de guerre ou une personne
condamnée à mort par un tribunal?» s'est exclamé
le guide Kadhafi.
Relayant les
rumeurs sur l'identité de ces auteurs, Mouammar
Kadhafi rapporte que «les personnes en vêtement
de camouflage, qui ont pendu le président
irakien et exécuté les membres de son
gouvernement, seraient le président américain et
le Premier ministre britannique d'alors»,
précisant que cette hypothèse demeurera
plausible, aussi longtemps que la preuve du
contraire ne sera pas fournie.
Aussi a-t-il
appelé les Nations Unies à lever le voile sur la
confusion qui entoure cette affaire et qui tient
pour responsables les pays qui ont occupé
l'Irak, capturé son président et les membres de
son gouvernement et les ont condamnés à la peine
de mort, à défaut de connaitre la véritable
identité de leurs bourreaux.
Car, selon le
guide libyen, «la peine capitale prononcée par
un tribunal légal est généralement exécutée par
des personnes aux compétences et au statut
juridique comparables à ceux des officiers
judiciaires. « S'ils assument leurs
responsabilités, au vu et au su de tous,
lorsqu'il s'agit d'un condamné ordinaire, quid,
lorsque le condamné est le président d'un pays
membre des Nations Unies !», s'indigne-t-il.
4. La prison d'Abu Ghareib
représente, selon le leader
Kadhafi, un affront pour l'humanité, « que,
certes, l'Amérique, son gouvernement et ses
autorités pouvaient élucider, mais il est
préférable que les Nations unies effectuent une
enquête sur cette prison ou un quart de million
de prisonniers de guerre, hommes et femmes
croupissent, tortures, utilisés dans un
psychodrame, mordus vivants par des chiens, et
ou même des hommes ont été violés.
Une situation qui
constitue un«précédent jamais perpétré
auparavant par un occupant, à l’image de cette
invective de Loth à son peule : « Vous
livrez-vous à cette turpitude que nul être de la
création n'a jamais commise avant vous?»,
rapporte Kadhafi, qui affirme que « même Satan
ne commet pas de tels actes » qui ne sauraient
être passés sous silence, mais doivent faire
l’objet d'une enquête et déboucher sur une
solution qui sera portée à la connaissance du
monde.
Le guide Mouammar
Kadhafi a demandé également d'enquêter sur la
guerre d'Afghanistan, neuvième et dernier
«dossier chaud» relevant de l'hostilité à
l'égard des Talibans qui veulent faire de
l'Afghanistan un Etat religieux. Aussi, le guide
Kadhafi estime-t-il que si les Afghans veulent
transformer leur Etat en un Emirat islamique,
comme le Vatican qui est un Etat religieux très
pacifique, «en quoi cela nous concerne-t-il?
Est-ce que le Vatican constitue une menace?»,
s'est-il interrogé.
Affirmant que Ben
Laden n’est ni taliban, ni afghan, que les
terroristes, qui ont frappé New-York, ne sont
pas non plus des Afghans, alors que les avions
qui ont attaqué New-York avaient décollé de
l'aéroport de Kennedy qui se trouve à New-York,
et non d'Afghanistan ou d'Irak, Mouammar Kadhafi
se demande alors pourquoi envahir l'Irak et
l'Afghanistan? Qui a dit que les Talibans
représenteront un danger, s'ils dirigeaient
l'Afghanistan ? Est-ce que les Talibans
détiennent des missiles transcontinentaux?
Le leader
Mouammar Kadhafi a affirmé qu'il n'aurait pas
tenu ces propos aux Américains et aux Anglais,
s'il voulait trahir l'amitié qui le lie à ces
deux peuples. Au contraire, il les aurait
incités à continuer d'envoyer davantage de
forces armées en Afghanistan, jusqu'à ce
qu'elles s'enlisent dans un bain de sang. Car,
rassure-t-il, «s'ils ne réalisent aucun résultat
en Irak, un désert au terrain plat, à plus forte
raison en Afghanistan au relief montagneux... »
«N'y avait-il pas
eu une guerre civile ici en Amérique, en
Espagne, en Chine et partout à travers le monde
? Qui s'y était ingéré ? Qu'ils laissent les
Afghans et les Irakiens avec leurs propres
problèmes. Même s'ils plongent dans une guerre
civile et qu'ils s'entretuent, ils sont libres
», a-t-il dit, précisant qu'on « ne saurait
taire ces réalités. Celui qui observe le silence
devant la vérité est un Satan muet. Et nous
refusons d'être des Satan muets, car nous devons
veiller sur la paix dans le monde».

Le guide Mouammar
Kadhafi a également sollicité l'ouverture des
enquêtes au sujet des assassinats des hommes
politiques et autres défenseurs des Droits de
l'Homme, tels que Patrice Emery Lumumba, ancien
Premier ministre du Congo, Dag Hjalmar Agne Carl
Hammarskjöld, ancien Secrétaire général des
Nations unies (1953-1961), John Fitzgerald
Kennedy, ancien président des Etats-Unis, le
Pasteur noir américain Martin Luther King,
défenseur des Droits de l'Homme, et autres Salah
Khalaf (dit Abou Iyad), Kamel Nasser, Kamel
Adouane et Abu Youssef Al-Najar.
Abordant
l'assassinat du président Patrice Lumumba,
le guide Kadhafi entend faire connaître l'auteur
ainsi que les raisons de son assassinat, afin de
«l'inscrire dans l'histoire africaine, élucider
les circonstances dans lesquelles ce leader
africain, militant de la libération de
l'Afrique, a été assassiné, et offrir à nos
enfants l'opportunité de connaitre les
conditions et la manière dont ce héros de la
libération du Congo a été tué, afin de s'assurer
que, même après 50 ans, ceux qui ont perpétré
cet acte, soient jugés et condamnés».
Concernant
l’Ancien Secrétaire général des Nations
unies, Dag Hammarskjöld, il est vivement
question, pour le président de l'Union
africaine, de savoir, non seulement «qui a fait
exploser l'avion à bord duquel il voyageait» ce
18 septembre 1961, la même année où fut
assassiné Patrice Lumumba, mais également ceux à
qui son assassinat a profité.
S'agissant de
l'Ancien président américain, John Fitzgerald
Kennedy, assassiné en 1963, le leader
Mouammar Kadhafi raconte que celui qui a tué
Kennedy s'appelle Harvey Oswald. Mais Oswald a
été tué par un Israélien dénommé Jack Leon Ruby
qui, à son tour, meurt dans des circonstances
obscures, avant son deuxième procès.
II a cependant
précisé que ce qu'il sait, est également connu
de tout le monde, à savoir, l'on s'est
débarrassé de Kennedy, parce qu'il avait décidé
de faire inspecter les réacteurs de Deymona, en
Israël, pour établir s'ils renferment des bombes
atomiques ou pas. Mouammar Kadhafi donnait ainsi
la preuve que l'assassinat de Kennedy est une
affaire internationale en rapport avec la paix
mondiale et les armes de destruction massive.
Le guide Kadhafi
a également demandé la lumière des enquêtes
autour de l'assassinat du Pasteur noir
américain, Martin Luther King, «apôtre des
droits de l'homme, dont l'assassinat relevait
d'un complot » dont l'auteur devra aussi rendre
compte.
II en est de même
pour le Palestinien Khalil Al-Wesir,
connu sous le nom d’Abu Jihad dont l'assassinat
a été perpétré en Tunisie, pays souverain,
membre de l'Assemblée générale, qui a été
«attaquée par un commando à bord de quatre
bateaux, deux sous-marins et deux hélicoptères,
avec pour objectif de liquider Khalil Al-Wesir».
«L’on ne saurait
taire une telle affaire, au risque d'être,
chaque jour, exposé aux sous-marins et aux
bâtiments de guerre qui viendraient jusqu'à «nos
rivages pour capturer ceux qu'ils désirent, sans
qu'on leur demande des comptes ».
L’assassinat,
dans des circonstances confuses, du
Palestinien Salah Khalaf alias Abou Iyad),
fait partie du répertoire identique, ainsi que
les opérations de « Al-Fardane » ou celles de «
Yaneboua Al-Chabab», au cours desquelles trois
Palestiniens - le Poète Kamal Nasser, Kamal
Adouan et Mohammed Youssef Al-Najjar (alias Abou
Youssef) ont été tués à Beyrouth, capitale
du Liban, pays libre, souverain, membre de
l'Assemblée générale des Nations Unies.
«On ne peut pas
taire ces crimes, sinon nous deviendrons taus
des offrandes, et chaque année, ce sera le tour
d'un d’entre-nous. Nous ne sommes pas des
animaux attachés comme des offrandes, mais nous
nous défendrons, nous défendrons notre
existence, celle de nos enfants et de nos
petits-enfants », a clamé le président de
l'Union africaine, soulignant que la terre n’est
pas faite pour les grands pays, mais a été créée
par Dieu pour nous tous, sans qu’on y vive dans
la servilité», a-t-il ajouté.
Mouammar Kadhafi
a également évoqué les massacres odieux de
Sabra et Chatila (16 au 17 septembre 1982)
qui avaient fait 3,000 morts) pour la plupart
des hommes, femmes et enfants palestiniens qui
se trouvaient dans une zone libanaise sous
protection de l'armée d’occupation israélienne.
Tout comme le massacre de Gaza en
décembre 2008 au cours duquel 1,000 femmes et
2200 enfants ont été tués ou blessés tandis que
50 institutions relevant des Nations-unies, 30
Organisations non-gouvernementales de secours et
60 centres sanitaires ont été détruits ainsi que
40 infirmiers et médecins tués dans l’exercice
de leur travail humanitaire. Ces criminels,
poursuit Kadhafi, «sont encore en vie et doivent
être transférés devant la Cour pénale
internationale».
Le guide Kadhafi
a insisté sur la nécessité d’entreprendre des
enquêtes au sujet des affaires graves de ce
genre) s’inspirant du précédent créé par
l’exploitation de la dépouille du Premier
ministre libanais Rafic Hariri (paix à son âme)
pour régler ses comptes à la Syrie à la suite du
transfert aux Nations-unies de l'affaire liée à
son l'assassinat qui n'a du reste abouti à aucun
résultat. « Comme si le Liban pays indépendant
n'avait pas de procureur, de lois, de tribunaux
et de police pour poursuivre ses criminels »
s’est-il plaint.
Le phénomène de
la piraterie constitue l'une des préoccupations
du guide Mouammar Kadhafi, en raison du risque
qu'il se propage sur toutes les mers, ainsi que
de la menace qu'il constitue pour le monde
entier, à l'image du terrorisme.
Expliquant les
raisons des actes de piraterie qui se
développent en Somalie, le président de l'Union
africaine a exclu la responsabilité des
Somaliens, mettant en exergue la cause selon
laquelle «les bateaux de la Libye, de l'Inde, du
Japon, d'Amérique et d'autre pays du monde
avaient pillé les ressources halieutiques et
violé la Zone économique exclusive (ZEE) de la
Somalie, ainsi que ses eaux territoriales à la
suite de l'effondrement de l'Etat somalien.
De ce fait, les
Somaliens ont dû adopter des actes de piraterie
« pour préserver ces ressources halieutiques,
qui constituent le pain de leurs enfants »
poursuit Mouammar Kadhafi, qui attire
l'attention de la communauté internationale sur
le fait que l'envoi des navires de guerre pour
contrer les Somaliens constitue un remède
inapproprié à la piraterie qui se développe dans
les eaux somaliennes.
A cet effet, il
suggère que les navires de guerre s'en prennent
plutôt aux pirates qui pillent les ressources
des Somaliens, en recommandant à la communauté
internationale: «lorsque vous apercevez un
bateau étranger aux larges des cotes
somaliennes, frappez-le».
Le leader
Mouammar Kadhafi a informé l'assistance qu'il
s'était entretenu avec les pirates et leur avait
promis d'élaborer un traité au terme duquel le
monde entier sera tenu de respecter la ZEE de la
Somalie qui s'étend sur 200 miles marins, ainsi
que toutes les ressources maritimes de cette
zone qui sont la propriété des Somaliens.
« Ce traité,
ainsi que l'accord liant la Somalie et le reste
du monde seront transmis à l'Assemblée générale
des Nations-unies en guise d'alternative aux
affrontements entre la communauté internationale
et les Somaliens», a-t-il ajouté, invitant le
monde entier à respecter cette zone, et tous les
pays à s'abstenir de jeter des déchets toxiques
dans la ZEE et sur les plages somaliennes, pour
qu'a leur tour, les Somaliens s'interdisent
d'attaquer leurs navires».

Parlant de la
cause palestinienne, le guide Mouammar Kadhafi a
affirmé que la solution du problème palestinien
ne réside nullement dans l'existence des deux
Etats, celui des Israéliens et un autre pour les
Palestiniens, mais plutôt dans «un seul Etat
démocratique où vivraient ensemble les juifs,
les musulmans, les palestiniens, les chrétiens
et les autres, à l'instar du Liban».
Car,
explique-t-il, sur le plan démographique, voire
géographique, il n'existe qu'un seul Etat au
sein duquel s'imbriquent les deux communautés
israélienne et palestinienne, entre lesquelles
aucune zone tampon ne saurait permettre de
distinguer les deux communautés l'une de
l'autre. II fonde sa thèse sur le fait qu'en
Cisjordanie «vivent un demi million de colons
israéliens, tandis qu'un million de Palestiniens
habitent le territoire appelé Israël ».
II a précisé que
la nouvelle génération des deux communautés,
souhaitant vivre dans un seul Etat démocratique,
il nous revient de déployer tous les efforts
pour imposer la création d'un seul Etat ou
toutes les communautés pourront vivre en paix, à
l'opposé de la promotion de deux Etats séparés
dont l'option, «chère aux défunts Yasser Arafat
et Ariel Sharon, constitue un casse-tête qui
empoisonne le monde entier et le prédispose à
une troisième guerre mondiale ».
Le guide Mouammar
Kadhafi a brandi, du haut de la tribune des
Nations Unies, le «Livre Blanc» dans lequel il
présente la proposition d'un seul Etat dénommé «Isratine
», comme seule solution valable au
problème palestinien, au regard de sa conviction
selon laquelle des Arabes n'éprouvent pas
d'inimitié à l'égard des Israéliens, les uns et
les autres étant des cousins et vivant ensemble
en paix ».
« C'est vous qui
haïssez les Juifs et non pas nous. Nous les
avons accueillis et protégés, à l'époque
romaine, lorsqu'ils avaient été chassés
d’Andalousie, fuyant, pendant la guerre, les
chambres à gaz d’Adolf Hitler», a-t-il fait
remarquer, rappelant l'Occident aux souvenirs de
l'holocauste qui a, en quelque sorte, contribué
à « monter les Juifs contre les Arabes ».
Non sans omettre
de prévenir qu'un jour, « les Juifs auront
besoin des Arabes, mais les Arabes ne les
protégeront plus, comme ils l'avaient fait par
le passé», en attirant par ailleurs l'attention
de l'assistance sur ce qu'avaient fait aux Juifs
des hommes comme Titus, Adrien, Edward I et
Hitler...
La proposition
d'un seul Etat indépendant, ni hindou ni
pakistanais, constitue également la solution que
suggère le guide Mouammar Kadhafi au problème du
Cachemire dont « la position géographique
idéale, entre l'Inde et le Pakistan», serait en
mesure de mettre fin à ce conflit.
Au chapitre de
l'unicité de l'Etat, le guide Kadhafi inscrit
également le problème du Darfour, lorsqu'il fait
part de son espoir que «les aides des
organisations internationales se transforment en
projets de développement, en industries, en
projets pastoraux et agricoles », convaincu que
le Darfour vit actuellement en paix, les
puissances étrangères ayant dramatisé le
problème, dans le but d'intervenir dans la
province et de s'emparer du pétrole de cette
région.
Le guide Mouammar
Kadhafi a terminé son discours, en promettant de
suivre, sans complaisance, l'évolution de toutes
ces enquêtes, ensemble avec le président de
l'Assemblée générale, Ali Abdessalem Triki, et
le Secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-Moon,
sans légèreté dans la prise en compte du sort de
l'humanité et du combat du Tiers-Monde, y
compris des 100 petits pays qui méritent de
vivre en paix.
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