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NEW YORK (Nations unies), 6 mars 2008 (AFP)
"Il n'y a pas eu d'accord car la délégation
libyenne, avec le soutien de deux autres, n'a
pas voulu condamner l'attentat en lui-même, elle
a voulu y lier d'autres questions", a affirmé
l'ambassadeur des Etats-Unis à l'ONU, Zalmay
Khalilzad, expliquant qu'un tel lien était à ses
yeux inacceptable.
"Nous pensons que la question du terrorisme est
une question à part et ce qui s'est passé
aujourd'hui est clairement un attentat
terroriste", a dit M. Khalilzad.
Il parlait à la presse à l'issue de
consultations au Conseil de sécurité qu'il avait
convoquées d'urgence à la suite de l'attentat,
perpétré par un Palestinien, dans lequel huit
étudiants israéliens d'un institut d'études
talmudiques de Jérusalem-ouest ont été tués par
balles jeudi soir.
"Il y a une différence entre le meurtre
d'étudiants en religion et les pertes civiles
qui se produisent lors d'opérations militaires
dont l'intention première n'est pas de tuer des
civils", a-t-il affirmé.
Avant la séance, un diplomate libyen, Ahmed
Gebreel, avait indiqué que sa délégation avait
l'intention de soulever la question de Gaza lors
des discussions.
La Libye avait elle-même convoqué le Conseil de
sécurité samedi soir, au nom des Etats arabes,
pour une réunion d'urgence après une offensive
meurtrière de l'armée israélienne à Gaza, qui
faisait suite à des tirs de roquettes
palestiniens sur son territoire à partir de
cette zone.
Le Conseil avait alors condamné ces violences,
dans une déclaration, mais n'avait pu s'entendre
sur un projet de résolution rédigé par la Libye.
Le texte, qui souhaitait condamner en termes
durs l'offensive israélienne, s'était notamment
heurté à l'opposition américaine.
Jeudi soir, les Etats-Unis ont fait circuler le
texte d'une déclaration qu'ils souhaitaient voir
adopter par le Conseil, qui aurait "condamné
dans les termes les plus forts l'attaque
terroriste commise le 6 mars à Jérusalem".
L'ambassadeur de Russie, Vitaly Tchourkine, qui
préside le Conseil en mars, a déploré que le
Conseil n'ait pu s'accorder malgré ses efforts
pour trouver un compromis.
Il a indiqué avoir proposé, en sa qualité de
président, "une formule qui aurait exprimé la
profonde préoccupation du Conseil devant les
pertes en vies civiles dues au conflit
israélo-palestinien et condamné en même temps
cet attentat terroriste".
"Cela n'a pas suffi pour trouver un consensus",
a-t-il déploré.
En tant que représentant de la Russie , il a
estimé que l'attentat de Jérusalem "méritait
d'être traité à part" et d'être "fermement
condamné par le Conseil".
Les représentants d'Israël et de la Libye ont
échangé ensuite des mots très durs.
"Le Conseil de sécurité a été incapable de
parvenir à une décision unanime pour condamner
le massacre", a dit l'ambassadeur israélien, Dan
Gillerman.
"Malheureusement, voilà ce qui se passe quand le
Conseil de sécurité est infiltré par des
terroristes, le pays qui a bloqué (la
déclaration) est celui qui vous a donné
Lockerbie", a-t-il ajouté, dans une allusion à
l'attentat de Lockerbie (Ecosse) en 1988, pour
lequel des agents libyens ont été condamnés.
Le représentant adjoint de la Libye, Ibrahim
Al-Dabbashi, a affirmé avoir insisté pour "un
texte équilibré condamnant les meurtres à Gaza
en même temps que les meurtres à Jérusalem".
"Nous n'avons pas besoin d'un certificat de
bonne conduite de la part du régime terroriste
israélien", a-t-il rétorqué à M. Gillerman,
ajoutant qu'Israël était "le régime le plus
terroriste au monde". |