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  LE TERRORISME ET LE TERRORISME POLITIQUE
  LA PRATIQUE REVOLUTIONAIRE DU LIVRE VERT
  Les explications du livre vert
  PROBLEME POLITIQUE
  LE CONTROLE POPULAIRE
 
 
 
  
 
 
 
 
 
 
  
 

 

 
 
 

LA PRATIQUE REVOLUTIONAIRE DU LIVRE VERT

"  M. Kadhafi "


      Au dèla des mots, le Livre Vert a produit une transformation qualitative des forces et de la place au sein du système de production.En effet, après la saisie d'une grande partie des enterprises privées (exception faite de l'industrie pétrolière), la Jamahiriya a instauré un systeme de gestion sans précèdent: la gestion populaire.L'objectif est de permettre au peuple de gérer ses propres affaires sans intervention extérieure, à l'abri de tout danger d'exploitation et de domination.
Selon Abdel Kader Ayed Amer, la gestion populaire cherche à mobiliser les résources humaines et matériels de façon à réaliser les objectifs de la société (objectifs matériels et autres).
Pour ce faire,des comites d'action populaires ont été organisés à tous les niveaux de la production.Ce qui permet aux producteurs (directs) de participer en tant que partenaires dans le systeme de production et dans le mécanisme des des decisions. Grâce au comité populaire ,le congrés des producteurs peut exércer les functions qui lui sont confiées par la base et non par le sommet de l'entréprise.
Bien plus,la gestion populaire a semblé resoudre si pas totalement,certainement dans une grande mèsure,les probèmes de chomage,de sous-emploi et de rendement.
En tant que partenaires,c'est-à-dire,co-proprietaires de l'entréprise,les producteurs se voient dans l'obligation de produire selon leur capacite car la productivite depend de leur survie. A ce même titre,ils ne sauraient etre chomeurs tant que l'entréprise continue d'exister.D'où,écrit Abdel Kader Ayed Amer, les rélations de domination qui étaient la règle entre employeurs et travailleurs salaries,l'ére d'exploitation esclavagiste et du salariat viennent de connaitre leur fin.
Force nous est donc de remarquer avec Nicolai Boukharine que:
Sous ces circonstances,nous avons devant nous,un changement dialectique des
Fonctions des organisations des travailleurs. Il est parfaitement clair qu'il peut
En être autrement dans la transposition des relations de domination,parceque
La classe travailliste,qui a saisi le pouvoir de l'etat, doit inévitablement devenir
Le pouvoir qui parait etre l'organisation de la production.
L'on peut donc dire que la socialization des moyens de production,la crèation des comités de gestion et du congrés populaire s'inscrivent dans la logique même du processus de transformation.Cette logique exige l'intégration de toutes les cellules,de tous les particules des forces productives dans le processus d'organisation populaire de façon que l'action des unes complète celle des autres,le tout devant mener a la matèrialisation de l'objectif collectif:la création de la société sans classes.
C'est sous cette perspective pensons-nous qu'en a concu et organisé le congrés des producteurs qui a pour tâches de déterminer les voies et les moyens d'augmenter la production et d'étudier les propositions lui sont soumises par le comité populaire.
En gros,les tâches du comite populaire sont celles que traditionnellement étaient resérvées au conseil de gestion dans toute entérprise capitaliste (planification,prevision budgetaires,compatibilite,coordination des activites entre les differents secteurs,etc)
Dans ce même ordre d'idées, la Libye poursuit un programme d'industrialisation centre sur la production manufacturière des produits destinés avant tout à la consommation locale.Ce plan est appuyé et guié par le Centre de Recherche Industrielle lequel conduit des études de faisabilité,apporte l'assistance téchnique nécessaire a l'industrie et entreprend des recherches industrielles appliqués,notamment des recherches géologiques: c'est dans ce cadre que rentrent les depenses enormes consenties au profit de la formation des cadres téchniques nationaux.
Sur le plan pratique,la politique économique de l'autogestion a produit les résultants escomptés.Non seulement que les producteurs directs jouissent des avantages sociaux remarquables (vacances,maternite,hospitalization),ils ont aussi acquit le droit de participer dans le profit réalise par l'entréprise.
Bref,la strategie de développement articulée dans le Livre Vert et son application par l'état libyen vise le but ultime de conquerir l'indépendance économique et d'alterer l'ordre économique international en place.
En quoi l'approche de la Jamahiriya diffère-t-elle de celle des autres? Pour y repondre,il nous faut examiner le problème posé par l'ordre économique international à l'époque de la crise du capitalisme,du point de vue des pays avances aussi bien que de celui de moins-avances.Quoi de mieux indique que de procèder à l'analyse du dialogue Nord-Sud.

LE NOUVEL ORDRE ECONOMIQUE ET LE DIALOGUE NORD-SUD

D'aucuns ne s'en doutent,la crise du capitalisme est une crise structurelle n'epargnant personne,frappant plus fortement les uns que les autres.Comme on le sait,
La crise,en définitive,signifie l'impossibilite de maintenir l'ancien niveau de va-
leurs,de prix et de taux de profit, avec une masse de capitaux accrue.C'est le con-
flit entre les conditions d'accumulations et de mise en valeur du capital,qui n'est
que le déploiement de toutes les contracdictions inhérentes au capitalisme,qui
interviennent toutes dans cette explication des crises:contradictions entre le déve-
loppement majeur de la capacité de production et le développement plus restreint
de la capacite de consummation des larges masses; contracdictions issues de l'ana-
Rchie de la production résultant de la concurrence,de l'augmentation de la compo-
sition organique du capital et de la chute du taux de profit.
Comme utilise donc,le terme crise revêt le sens lui donne par Karl Marx,en refèrence
Aux crises économiques et commerciales,lesquelles étaient des interruptions
dans les procès de production et d'accumulation de capital,et qui prenaient la
forme (1) d'accumulation des biens qui ne pouvaient être vendues a profit,(2)
des banqueroutes généralisées,(3) de panique financière,de réduction (4) de
production ,et (5) de chômage accru. (15)
Sans voulloir reprendre l'historique du capitalisme,il convient tout de même de rappeler qu'il ne s'agit pas d'une histoire continue.
Elle alterne des phases d'expansions avec des phases crise structurelle .On peut
Distinguer quatre phases d'expansions: 1815-14, 1850-70, 1890-1914, 1948-67
,et quatre phases de crise structurelle: 1815-14,1870-90,1914-48 et la période
après 1967. (16)
Faute de temps et pour le besoin de la cause,nous allons nous limiter à la crise actuelle ,laquelle se distingue des crises passées (1848-1849,1953-1954,1957-1958,1960-1961 ) par les caractéristiques suivantes:-- durée plus longue des phases d'expansion;-- moindre intensité des crises;--existence d'une hausse des prix permanente,y compris durant les phases de recession. (17)
A ces caractéristiques s'ajoutent certains faits nouveaux. Pour la première fois ,l'aigle semble baisser la tête. Incapables de concurrencer le Japon et l'Allemagne,les industries Américaines ,particulierement celles de l'acier et de l'automobile crient S.O.S. On sollicite de l'état des mesures protectionistes.Du côté financier,ni le Dollar,ni les dévises fortes de l'Allemagne ne pouvaient échapper à la crise.
Avec la montée du pétro-dollar,les capitaux occidentaux ont tres peu de debouchés.Et quand ceux-ci s'ouvrent,les crients sont,dans la plus part de cas,trop pauvres et leur solvabilité est incertaine.
En gros,la situation se ramene a ceci:le centre,toujours fort mais certainement affaibli par des contracdictions internes cherche a se regrouper aux depens de la péripherie. Celle-ci,malgré des similarités poignantes,reste a partagée ideologiquement et politiquement et demeure essentiellement un débouché des biens manufacturés par le centre tout en continuant son rôle de fournisseur des matières premières (lesquelles lui rapportent de moins en moins ) à ce même centre. Et cependant,tout le monde continue a s'interroger sur les voies et moyens a prendre pour sortir de la crise.

LES PRESCRIPTIONS DU CENTRE

Suite a l'appel de Houari Boumediene pour un nouvel ordre économique international,l'Assemblée Génerale des Nations Unies (AGNU) décida d'élaborer une Charte Génerale des Droits Economiques et Obligations des Etats(CGDEOE) en décembre 1975.Parmi les points saillants de la charte l'on peut citer:

1) La souveraineté sur les ressources nationales
2) L'amélioration des termes d'échange pour les producteurs des matières premières.
3) Une augmentation des ressources transferées aux pays en voie de développement.
Partant de la charte,les négociateurs de la septième session Spéciale des Nations Unies sur le Développement Economique et Cooperation Internationale arrivèrent a un accord de principe.La résolution formulée par le Groupe de 77 ,les Etats-Unis d'Ameriques ,la Communaute Economique Européenne et le Japon faisait appel a ce qui suit:
1) Etendre et diversifier le commerce ,améliorer la productivité et augmenter les revenues sur l'exploitation des pays en voie de développement
2) Assurer des prix remunérateurs stables et équitables pour les matières premières exportées,et protéger le pouvoir d'achat(des pays exportateurs);
3) Réduire en supprimant les barrières tarifaires et non-tarifaires affectants les exportations des pays moins développés;
4) Augmenter le volume et améliorer les termes d'assistance au développement;
5) Atteindre le seuil officiel de 0.7du produit National Brut des pays donnant à la fin des années 1970's;
6) Améliorer les conditions d'accés au marche mondial des capitaux en faveur des pays en voie de développement;
7) Allèger le poids de l'endettement des pays le sérieusement affectés;
8) Donner au tiers-monde une plus grande voix dans la gestion des institutions financières internationales et un plus grand accès a leurs resources;9) renforcer le contrôle et la surveillance sur la création et la distribution équitable des liquidités a l'échelon mondial;10) faciliter le procès d'industrialisation dans le monde en voie de développement.(18)

cette resolution represente un courant de pensée propre aux leaders contemporains tant du centre que de la périphérie.Elle reflète l'esprit de beaucoup de conférences internationales organisées autour de ce même sujet.Il n'en reste pas moins qu'en dépit de leur engagement a sauvergarder l'impérialisme de corporation,l'on peut discerner au sein de ce grand courant de pensée au bon nombre de sous-courant allant de la rejection totale des demandes de pays périphériques a la proposition d'un nouveau plan Marshall pour la périphérie.
Pour Jimmy Carter et ses alliés de la Commission Trillatérale,la solution idéale parait être le démembrement du Groupe de 77 et du Mouvement du Non-Alignement. Ils cherchent à diviser davantage les pays de la périphérie en détachant du bloc non-aligné ceux de mieux nantis,les appelant a jouer le rôle des zones de sous-impérialisme.
Pour les libéraux et sociau-démocrates européens,la solution réside en un plan Marshall.Ainsi,sir Braine souligne le point suivant:
Tout ceci nous amene inevitablemen a une conclusion: les pauvres du monde,loin de constituer un problème insurmontable,sont l'issue de secours aux difficultés croissants des pays industrialisées.Nous avons grandement bésoin les uns des autres. Le monde est devenu trop petit et les riches ne peuvent plus continuer à ignorer les pauvres. (19)
Streeten aborde dans le même sens et nous parait même plus direct quand il écrit:
Tout comme le premier Plan Marshall était basé sur la notion d'association et
mettait les resources américaines a la disposition de l'Europe à condition que
les Européens participassent a leur propre recouvrement,le nouveau plan envi-
sage de rassembler les resources et d'atteindre des objectifs communs.Tous les
pays,développés et en voie de développement,seraient invités a contribuer a un
certain pourcentage du produit national brut (0.3 si possible) à un fonds global
déstiné à satisfaire les bésoins de premières nécessités humaines. (20)
Cette proposition est bien proche de celle de l'ancien Chancellier Allemand W.Brandt, lequel recommandait un programme d'urgence.
Ronald Reagan,représentant l'extrème droite refuse de reconnaitre les doléances de la périphérie et insiste que les negociations se poursuivent à travers les institutions internationales existantes.Ainsi,au sommet de Cacun (Oct/nov 1981),la délégation des Etats-Unis soumit un programme demandant la libéralisation du commerce,le développement des resources alimentaires et énergétiques et une amélioration du climat d'nvestissements.Ce plan ne fut aucune mention des arrangements financiers nécessaires à résoudre le problème de l'endettement des pays périphériques.Rebutant le plan Reagan,le Financial times ecrit, << les leçons du Président Reagan et des autres sur les vertus des marchés libres sont difficiles à réconcillier avec les contrôles restrictifs de plus en plus accrus et apparemment permanents comme le Multi Fibre Arrangement.
Une autre solution de type libéral sortie de la conférence d'Arush (du 12 au 16 Fevrier 1979) met l'accent sur les prix des matières premières.Elle avance l'idée d'un Fonds Commun.L'idée de base est que chaque marchandise integrée dans ce programme ferait l'objet d'un arrangement nternational spécial sous lequel un comité acheterait la marchandise pour emmagasinage en temps de surproduction et pour la vente en temps de carrence.Ceci aiderait à maintenir les prix dans les limites acceptables.

LES PRESCRIPTIONS DE LA PERIPHERIE

Déjà en 1955,la Conférence de Bandoung posait les premiers jalons de ce qu'on convient d'appeler aujourd'hui le Tiers-Monde.Alors que l'attention des participants était centrée sur les questions politiques,la conférence n'avait pas pour autant négligé l'aspect economique de la jeune alliance.D'oú l'on préconisait plusieurs mesures,dont l'établissement d'un fonds des Nations-Unis pour le développement économique,l'encouragement à la creation de banques et de compagnies d'assurances nationales et régionales,la stabilisation du commerce international etc.
Cette conférence fut tenue a l'époque oú la plupart de pays d'Afrique,aujourd'hui membres du bloc non-aligné étaient encore des colonies.Il n'en reste pas moins que Bandoung pavait le chemin pour Belgrad (1961) et le Caire (1964).A ce propos,la remarque de Claudine Rulleau parait pertinente:
La première(conférence)consacre aux questions politiques l'écrasante majorité des
résolutions finales(guerre froide,problèmes de la pax dans le monde,lutte contre
la course aux armements,protestation contre l'utilisation de l'énergie atomique a
des fins militaires,etc...);la portion congré,reservée à la partie économique,con
tient néanmoins l'essentiel des revendications tiers-mondistes,dont les pays indus
trialisés auront bien du mal a se pénétrer.
Plus precisément,la résolution stipulait ce qui suit:
Les participants (...) estiment qu'il faut s'efforcer de remédier au déséquilibre éco-
nomique herité du colonialisme et de l'impérialisme (...);jugent nécessaire de
combler,grâce à une accélération du développement économiqe,industriel et agri-
cole,l'écart toujours plus prononcé des niveaux de vie entre quelques pays haute-
ment industrialisés et nombreux pays économiques peu développés;recom
mandent la création immédiate,dans le cadre des Nations-Unis,d'un fonds d'équi-
pement;développés et (...) que des efforts contructifs soient faits pour supprimer
les fructuations excessives du commerce des produits de base (...);exigent que les
résultats de la révolution scientifique et technique soient utilisés dans tous les do-
maines du développement économique pour hâter l'avénément de la justice so-
ciale sur le plan international. (23)
Au Caire,les mêmes doléances furent articulées bien qu'une fois de plus l'accent était placé sur ce que Nasser appelait le neutralisme positif.Presque deux décades après,bon nombre de conférences autour du même sujet continuent à abonder dans le même sens.Point n'est bésoin de souligner,les résultats ont été négatifs dans l'ense-
mble.Bien souvent,les solutions avancées par les pays périphériques sont des solutions de compromis dont le net effet parait plutôt une consolidation des forces de l'exploitation. Loin de mener a la rupture,elles visent au maintien du statuquo.
Bien entendue,beaucoup de ces pays ont essayé de recourir à des solutions radicales ,notamment à la nationalisation des moyens de production dans certains secteurs de l'économie nationale.L'Algérie de Boumediène est certainement un cas en espèce.Selon l'artisan du capitalisme d'Etat,
L'entrée des pays du Tiers-Monde dans le processus du développement est accom-
pli ,par dessus tout,en exercant une souveraineté effective sur les resources du sol
et du sous-sol et en exercant un contrôle effectif sur les revenus qui dérivent de ce
développement. (24)
Pour lui,la seule condition acceptable est la nationalisation.En effet écrit-il,
seul l'acte de nationalisation des moyens de développement des resources natu-
relles créera une situation telle que chaque pays tire profit de ses resources .La na-
tionalisation rend tout ceci possible en:
placant tout le courant financier dans le pays hôte et en donnant aux économies nationales les avantages qui en découlent;
augmentant considerablement les revenues financiers directs du pays hôte;
mettant fin a l'état ferme des moyens d'exploitation,les intégrant entièrement dans la structure économique du pays hôte,rendant possible le création de nombreuses opportunités en matière d'investissement. (25)
Sans aucun doute,la nationalisation des moyens de production est une condition nécessaire à la transformation de l'ordre économique établi,malheureusement,dans bien de cas,elle est devenue une fin en elle-même.D'oú elle a donné naissance soit a un capitalisme d'état,soit à une économie mixte tojours dominé par une bourgeoisie étrangère.
Si dans le premier cas l'on reussi à réduire le degré de domination étrangère et de dépendance,dans le second cas,l'on a renforcé la position des impéralistes dont les intérêts sont désormais liés à ceux de la bourgeoisie nationale née de l'acte de nationalisation.Dans l'un comme dans l'autre cas,la situation du producteur direct est restée inchangée.Il continu à travailler pour un salaire de famine,il n'a aucun pouvoir dans la gestion de l'entreprise,l'exploitation au profit de la bourgeoisie tant nationale qu'étrangère se poursuit et dans certains cas,s'intensifie.

CONCLUSION

Dans quelle mesure peut-on considérer la troisième théorie universelle comme étant une pensée originale? Qu'a-t-elle en commun avec le Marxisme Leninisme par exemple? Quelles sont ses rapports avec l'Islam? Voila bien de questions que l'on ne cesse de se poser dans les milieux académiques.Aussi légitimes qu'elles nous paraissent toutes,nous avons résiste a la tentation de prendre cette voie,laquelle courte souvent le risqe de monter des lits de Procustre. Notre propos était de démontrer que dans le conflit Nord-Sud,les solutions de compromis,toujours basées sur la bonne foi du Nord n'ont apporté aucun soulagement au mal du sous-développement.Pire encore,ces solutions s'inscrivent toujours dans le cadre des institutions internationales établies et bien souvent ont pour effet de résoudre les problèmes du bloc fort aux dépends de la périphérie.
La troisième théorie universelle,voulant saisir le buffle par les cornes a pris le chemin de la confrotation directe.Avec le travailleur direct au centre de combat,et le peuple tout entier engage dans la lutte,on cherche non pas un compromis mais une victoire contre l'impérialisme,contre les forces d'exploitation.A court terme,la pratique révolutionnaire de la Jamahiriya semble répondre a tous les problèmes de la classe travailliste. A long terme,elle a posé les jalons du chemin devant mener vers la collectivisaton des moyens de production et de distribution.
Malgré ce succès apparent,il nous parait plus realiste de parler en termes de victoire partielle. En effet,tant que le secteur clé de l'économie,c'est-a-dire le secteur petrolier n'est pas encore sous le contrôle total des producteurs directs,tant que le pays dans son ensemble reste plus une entorse dans le système plutôt que la normale,tant que la théorie refuse de clarifier et de résoudre certaines contracdictions internes tenante de la religion et de la culture,le danger d'une victoire finale des impérialistes est a craindre.
 

Par
Makidi-Ku-Ntima,Ph.D
Dept.Sciences Politiques
Atlanta University, Georgia
Etats-Unis d'Ameriques
 




 METAPOLITIQUE ET TROISIEME THEORIE UNIVERSELLE

Refusant la fausse alternative qui ne laisse le choix qu'entre le capitalisme sauvage et le marxisme,la Troisième Théorie Universelle se situe immédiatement dans une autre dimension de la politique,très loin des réducrionnismes et de la superficialité des pratiques politiciennes.
Faisant le procès de la democratie figée,le mahatma gandhi trouvait le capitalisme moderne d'autant plus dangereux qu'il berce les peuples dans une securité trompeuse et lui reprochait de ne pas seulement asservir les corps comme la féodalité,mais aussi d'infecter et de détruire l'âme.
En parallèle,nous trouvons chez Emmanuel Mounier une semblable démarche,mais a l'encontre du marxisme: En vidant l'individu de son intériorité et le monde de son mystère,en affirmant l'imminence sans la transcendance et le temps sans l'éternité;le marxisme s'est privé de toute une dimension du réel;car il faut aussi se jeter dans les profondeurs intérieures pour bien lire les secrets de la nature. Contre Marx,nous affirmons qu'il n'y a de civilisation et culture humaine que metaphysiquement orientées.
Cette double orientation spitualiste et cette reférence à la métaphysique dans le domaine politique nous amenent a considérer l'utilité sémantique d'un terme qui situe d'emblée une certaine vision de la politique au sens actuel de ce terme.
La métaphysique est la partie de la philosophie qui traite des premiers principes de la connaissance,la connaissance des causes premières. Outre son sens synonymique de phylosophie première,la métaphysique concerne aussi plus largement toute réflexion sur le sens du monde et la place de l'homme dans l'univers.
Le message contenu dans le Livre Vert est d'ordre politique,mais ses préocupations dépassent largement ce que l'on entend habituellement de nos jours par politique.La constante réference spiritualiste d'une part,la démarche globalisante d'autre part,sont là pour donner une nouvelle dimension à la Troisième Théorie Universelle, laquelle n'est pas seulement une doctrine politique.
Recherchant,l'origine de la vie en sociète et en tirant les conclusions qui s'imposent, réflechissant à la place de l'homme dans l'humanité et l'univers,cette théorie va même plus loin que le sens étymologique de la politique; elle va jusqu'aux origines premières de la pensée.
Nous définirons donc la Troisième Théorie Universelle comme une METAPOLITIQUE.

PARALLELISME AVEC D'AUTRES PENSEURS

Sans vouloir faire remonter trop loin dans l'histoire une analyse comparative,nous nous bornerons à situer la pensée du Livre Vert par rapport à certains démarches de ce siècle et du siècle précèdent.
D'une manière confuse et éparse,nous retrouvons des thèmes présentés par le Livre Vert chez divers penseurs et courants politiques. La critique du parlementarisme au nom de la loi naturelle est présente chez Maurras tandis que la même démarche au nom du pouvoir direct du peuple se retrouve chez les anarchistes.Mais il est évident que la pensee du Livre Vert ne peut guère se comparer au conservatisme de Maurras ou l'incohérence tragique de la pratique anarchiste.
Cependant,un penseur européen avait développé en son temps des thèmes dont certains ne sont pas étrangers à la Troisième Théorie Universelle: à savoir Pierre-Joseph Proudon qui se situe dans l'ensemble de l'idéologie du fédéralisme intégral.
Adversaire de la centralisation systèmatique et de la dépersonnalisation des rapports institutionnels autant qu'économiques,Proudon prôna une synthèse politique qui s'opposait à la fois aux excès du capitalisme et au totalitarisme qui se trouvait déjà en gestation dans les écrits de son contemporain Karl Marx.
Pour très séduisante qu'elle soit – surtout à notre époque ou les deux systèmes politico-économiques ont prouvé leur faillite respective – la pensée de Proudon pêche par un défaut: le matérialisme. Etranger à toute préoccupation spirituelle et métaphysique,Proudon ne présenta donc qu'une synthèse oú l'une des composants de base – donc essentielle – manquait.
A l'inverse,la pensée du grand écrivain francais Charles Peguy est tout empreinté de foi et de mysticisme. Mais bien que se rattachant aussi au fédéralisme intégral - dont l'élément central de toute la fédération était la plus petite unité,à savoir l'homme – Peguy pêche par une autre manque: celui d'une approche économique de son idéologie.
Après le fédéralisme intégral de Proudon et le socialisme mystique de Charles Peguy, l'Europe connut aussi d'autres efforts de synthèse qui, sans nécessairement l'affirmer comme telle,recherchaient une sorte de voie nouvelle,une troisième voie ...
La France vit se développer l'idéologie solidariste.Courant libéral progressiste,le solidarisme eut pour père Leon Bourgeois qui fut président du Conseil (premier ministre) en 1895/96 et Prix Nobel de la Paix en 1920. La décennie précédente,la Belgique vit se reunit en mai 1887 un congrès libéral progressiste dont les grands noms furent Paul Janson et Charles Gilisquet.
Ainsi se posèrent les premiers jalons du radicalisme politique qui revêt bien des formes différentes selon les pays non pas par manque d'ideal ni de volonté mais peut-être par manque d'une synthèse métapolitique.
La quête d'une troisième voie fut aussi illustrée sur le plan économique par Silvio Gesell,économiste argentin d'origine allemande.
Dans les pays du Tiers-Monde, la lutte pour l'indépendance puis les premières années de la décolonisation permirent l'éclosion de mouvements politiques nationalistes qui, selon les aléas du moment,se dotèrent plus ou moins précisement d'idéologies originales. Une étude approfondie de la sémantique politique permettrait d'analyser à quel point la terminologie politique traditionnelle ne recouvre le plus souvent que des prises de position circontancielles sinon opportunistes. A des très rares exceptions,les mouvements politiques issues des guerres de liberation retombèrent, meme inconsciemment ou cntre leur gre,dans la piege de l'alternative Est-Ouest,les uns donnant des gages à la democratie formelle occidentale,les autres adoptant une phraséologie marxiste.
Celui qui s'approcha le plus d'une réelle théorie universelle fut le Mahatma Gandhi, le père de la nation indienne.

LA PHILOSOPHIE POLITIQUE DE GANDHI

Pronfondément croyant, MohandasKaramchand Gandhi souhaitait par dessus tout spiritualiser la politique.
Connu surtout pour son attachement à la non-violence et sa lutte contre les discriminations raciales et religieuses, Gandhi fut un homme ouvert qui ne refusa jamais la comprehension des grandes religions.
Sa vision de l'organisation de la sociète n'est pas sans analogie avec celle que devait ébaucher Moammar El Kadhafi . Sa critique du parlementarisme classique est aussi pertinente: C'est une superstition et un sacrilège de croire que l'acte d'une majorité lie une minorité. De même, Gandhi affirme: La liberté véritable se réalisera non grâce a la conquête de l'autorité par une seule élite,mais par la réalisation par tous de la capacité – en d'autres termes,la liberté sera atteinte par l'éducation du peuple,par sa prise de conscience de sa propre capacité de gérer et de régulariser l'autorite.
Voici comment le Mahatma Gandhi voyait le schéma de la sociète idéale:
Cette structure composee d'innombrables communes sera caracterisée par des cercles s'élargissant dans un mouvement ascendant. La vie ne sera pas a la pyramide dont le sommet est appuyé par la base. Elle se présentera sous forme de cercle océanique avec au centre l'individu toujours prêt à périr pour sa commune,celle-ci prête à périr pour le cercle de commune qui l'entoure,jusqu'à ce que la vie se compose d'individus sans arrogance ni agressivité,toujours humbles tout en participant à la majesté du cercle océanique dont ils font partie . Et Gandhi de préciser: Aussi la circonférence extérièure ne détiendra-t-elle pas les pouvoirs pour écraser ceux de l'intérieur,mais elle leur donnera la force nécessaire tout en dérivant d'eux à son tour sa propre énergie.
Avec ses mots à lui et dans le contexte qui lui fut propre,aussi bien au niveau géopolitique que spirituel, Gandhi amorce une définition de la sociète idéale qui se trouve comme une sorte de maillon entre celle des penseurs fédéralistes et socialistes mystiques européens d'une part. L'on y retrouve aussi une réfutation du concept négatif de la lutte des classes, laquelle est abandonnée au profit d'un esprit solidariste et communautaire.
Gandhi envisageait aussi les problèmes au niveau mondial car pour lui, sa mission était celle de la fraternité entre les peuples.

CRITIQUE DE LA POLITIQUE POLITICIENNE

Dans les pays européens,la domination exclusiviste de la vie politique par les partis a donné lieu a une définition: la particratie, le pouvoir des partis lequel n'a plus rien à voir avec l'idée de base de la démocratie.
Déjà Edouard Herriot, homme politique francais, avait eu ces mots ironiques: La politique est l'une des branches de météorologie. La météorologie est la science des courants d'air .
Quant au grand poète Paul Valery,il disait en substance: La politique était auparavant l'art d'empêcher les gens de se meler de ce qui les regarde.Elle est maintenant l'art de leur demander constamment leur avis sur ce qu'ils ne connaissent pas.
D'autre part,parler dans l'absolu de libertés démocratiques ne veut pas dire grand chose. Ainsi le père spituel du libéralisme progressiste moderne belge – Paul Hymans ( qui était de religion protestante ) se plaisait a affirmer: Est-ce-qe l'homme isole,ignorant,pauvre,comprimes par les besoins materiels,est vraiment libre et capable d'exercer sa liberte? Non ! Il n'y a pas de liberte dans l'ignorance et la misere.
La lassitude des citoyens reduits au rang d'electeurs regulierement occasionnels ne cesse de s'illustrer dans de nombreux pays ou le parlementarisme classique n'inspire plus que desinterer ou ironie.
Certes,il est beaucoup trop aise a des politiciens marginaux aigris de leur constant insucces ou a des partis extremistes de faire le proces du parlementarisme classique. Mais; il est bien plus interessant d'analyser la critique lucide posee par un homme politique qui rompit avec force de tous ses candidats publics, excede par le systeme politique actuel.
Nous voudrions ainsi evoquer le livre Germes et bois morts dans la societe la socite politique contemporaine publie recemment par l'ancien ministre belge,le professeur Francois Perlin.
Ancien ministre de la reforme des institutions,eminent juriste et universitaire, Fraqncois Perlin brosse un tableau lucide des moeurs politiques belges,lesquelles se retrouvent dans bien d'autres pays.
Voici quelques-une de ses reflexions:
- Dans certains pays,comme la Belgique et la Hollande, ou sevit une particratie sans partage, ce sont les oligarchies de parties qui decident des alliances souverainement: les electeurs n'ont pas ete appeles a donner une indication quelconque sur ce point.
- La particratie contient, a la limite, en elle-meme, les causes de sa propre destruction .Elle peut vivoter longtemps,tant que la societe se suffit a elle-meme,n'attend du pouvoir qu'un service limite que continuent d'assurer les administrations locales,regionales ou etatiques,malgres les carrences gouvernementales dues aux crises politiques. Mais lorsque cette societe se heurte a une crise trop grave, elle risque de s'effondrer.
- Le capitalisme predateur et le socialisme autoritaire,ces deux monstruosites du siecle, ont assez demontre la capacite de folie suicidaire des hommes,pour que l'on tente partout d'ouvrir des voies a un comportement plus equilibre,plus serein et plus sage.
Abordant le probleme de l'enseignement, Francois Perin ajoute: La liberte commande de faire front, ici comme ailleurs, contre l'imperialisme des oligarchies.
Des hommes de sciences tiennent le meme raisonnement.Ainsi, le biologiste Allemand Konrad Lorenz ,Prix Nobel de Medecine,qui affirme: Le magnat de la production capitaliste,comme le fonctionnaire sovietique,veut avoir les moyens de conditionner les hommes et d'en faire des etre subordonnes,uniformises,parfaitement soumis... lorsqu'une ideologie mondiale et la politique qui en decoule sont fondees sur le mensonge,il faut s'attendre aux pires consequences. La doctrine pseudo-democratique porte une large part de responsabilites dans l'effondrement de la culture et de la morale qui menace les Etats-Unis et qui risque d'entrainer sa chute et le monde occidental tout entier.
Specialiste europeen des sciences politiques, Alexandre Marc avance une critique de l'Etat qui va dans le meme sens que l'auteur du Livre Vert. Il ecrit: Pour asseoir la dictature de la majorite sur la minorite, dictature qui se transforme immanquablement en une dictature d'une fraction de plus en plus restreinte, sur la majorite un seul outil, un seul instrument, une seule mecanique: l'Etat.
Le concept traditionnel d'Etat – et dirions-nous – sa deification par ceux qui s'en servent,sont a l'origine de la plus gigantesque escroquerie intellectuelle de tous les temps. Cette notion-meme d'Etat a ete remplacee dans la patrie de l'auteur du Livre Vert par celle de JAMAHIRIYA. Il ne s'agit pas la de la simple traduction du terme de republique -- lequel, avec le temps, ne veut absolument plus rien dire—mais plutot d'un terme qui englobe l'idee de communaute et , plus precisement, de pouvoir communautaire , de communaute participative, de societe communicationnelle. Ce que nous avons appele la metapolitique se trouve bien au centre de cette ebauche dynamisante d'une Troisieme Theorie Universelle dont la Jamahiriya apparait comme une sorte de creuset.
Nous avons voulu – en nous referant a differents auteurs et penseurs modernes – non pas associer ces derniers aux theses de Moammar El Kadhafi ni faire preuve d'une approbation personnlle,mais bien prouver que la demarche de l'auteur du Livre Vert, tout en etant originale, repond a un besoin que d'autres ont ressenti. Certaines idees presentees dans le Livre Vert furent illustrees isolement dans d'autres temps, en d'autres lieux et par d'autres penseurs parmi lesquels nul n'a ete aussi durement calomnie que Moammar El Kadhafi. Peut-etre est-ce par ce que l'auteur du Livre Vert a tente une demarche de synthese la ou les autres poserent des jalons isoles ou, qui plus est, par ce que les circonstances lui donnent raison?

EN GUISE DE CONCLUSION


Il serait impossible,vaniteux ou indecent, de poser une conclusion definitive a la presente etude. Loin de clore un debat, elle ne peut – au contraire—que l'ouvrir.
La seule conclusion qui s'impose serait de souhaiter que la recherche d'une Troisieme Theorie Universelle garde sa valeur intrinseque et ne s'altere pas au contact de pretendus imperatifs diplomatiques circonstanciels. Car,de toute evidence, une telle ideologie—radicalement nouvelle – attire deux sorts d'ennemis: ceux qui s'y opposeront de front (et qui auront le merite de la sincerite) et ceux qui, pour la combattre, essayeront de l'utiliser,de la denaturer en la mettant a la remorque d'une des deux theories auxquelles elle devrait ineluctablement succeder.
L'auteur du Livre Vert etant anime de principes religieux d'une grande valeur, qu'il nous soit donc permis de poser ici, en guise d'ouverture sur l'avenir, une citation du, Dr Albert Schweitzer – grand humaniste liberal et pasteur temoin de la foi protestante:
Nous entreprendrons, autant que le permet la force de la pensee, de contraindre l'Etat moderne a s'integrer a la spiritualite et a la moralite d'un Etat civilise, tel que le respect de la vie le concoit. Nous lui demanderons de depasser en spiritualite et en moralite tout ce qu'on n'avait jamais pu attendre d'un autre Etat. Le vrai progres est dans l'aspiration a l'ideal vrai.

Ce defi a ete lance par Albert Schweitzer en 1923 ...Il peut etre revele.


La democratie se confond exactement
Pour moi avec la souverainete. La
Democratie,c'est le gouvernement du
Peuple exercant la souverainete
Sans entrave .
Charles de Gaulle


COMMENT L'ORGANISATION ACTUELLE DU POUVOIR DE DECISION CONDUIT A LA CRISE MONDIALE


L'EQUILIBRE DES STRUCTURES SOCIALES ET LA CRISE

Diverses sciences etudient chacune un aspect de la realite sociale. Toutes utilisent le terme de crise pour designer une rupture dans le fonctionnement regulier des institutions ou des activites sociales, dysfonction, un desequilibre, une mise en question du systeme social sous l'un de ses aspects, une incapacite des structures sociales a s'adapter face a un defi qui met en cause leur fonctionnement.
Lorsque les economistes parlent de crise, ils pensent premierement a un enchainement de desequilibres sur les principaux marches, desequilibres qui ne parviennent a se resoudre que lorsque les structures de l'appareil productif se sont modifiees (par des investissements,...) de telle maniere que l'appareil puisse a nouveau fonctionner comme precedemment. En d'autres termes, la crise y apparait comme un phenomene de desequilibres quantitatifs entre flux et stocks auquel un changement des proportions permet de mettre fin. Et les theories des crises prevoient generalement comment la presence-meme des desequilibres appelle les modifications requises. Cer-
tes au concept de crise structurelle,moins bien defini, qui implique davantage le mo-
dele d'organisation de la production,du travail, de la consommation, ... Une telle crise appelle une adaptation plus profonde des structures, laquelle est plus lente a se realiser
,mais a ce niveau-la comme au precedent, on semble compter sur la presence de mecanismes,de forces latentes qui interviennent pour assurer ce retour a l'equilibre.
Les specialistes d'autres disciplines analysent les crises politiques, les crises de la famille,voir de la civilisation.
La somme de ces analyses sectorielles ne nous donne pas une image complete ou adequate de ce qui est en fait l'essentiel: L'interrelation entre les differents domaines de l'activite sociale. Si la crise economique n'etait qu'economique et n'avaient toutes sortes de prolongement... plus meme, si la croissance economique pouvait se realiser sans provoquer toutes sortes de dysfonctions, de tensions dans les domaines souvent bien eloignes de l'economie, alors le probleme de la crise ne serait pas tres grave.
En fait, l'harmonie d'un systeme social est faite de relations entre des domaines de l'activite humaine apparement eloignes l'un de l'autre: systeme de production et struc-
ture familiale,enseignement et organisation politique,... L'adequation entre tous les elements d'un systeme social exige un long temps d'adaptation et il est normal qu'une periode d'evolution rapide soit marquee par toutes sortes de tensions,qui engenderent elles-memes des changements successifs. La crise apparait comme une situation ou les tensions,au lieu de se resorber dans le cours dialectique du developpement,s'accumulent au point de la menacer, d'en renverser le sens.

LE DEVELOPPEMENT N'EST PAS GARANTI

Si nous appelons developpement une evolution positive des structures techno-economiques,sociales,politiques, etc., il importe de prendre conscience qu'un processus de transformation de ces structures ne conduit pas necessairement au developpement . Depuis plus de trente ans, il est devenu traditionnel d'emvisager les transformations de l'economie et de la societe dans une perspective de developpement
La mesure de quelques parametres techno-economiques faisant foi quant au sens du changement; aussi ne parle-t-on de crise que depuis que ces parametres flechissent.

 

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