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Au dèla des mots, le Livre Vert a produit une
transformation qualitative des forces et de la place
au sein du système de production.En effet, après la
saisie d'une grande partie des enterprises privées
(exception faite de l'industrie pétrolière), la
Jamahiriya a instauré un systeme de gestion sans
précèdent: la gestion populaire.L'objectif est de
permettre au peuple de gérer ses propres affaires sans
intervention extérieure, à l'abri de tout danger
d'exploitation et de domination.
Selon Abdel Kader Ayed Amer, la gestion populaire
cherche à mobiliser les résources humaines et
matériels de façon à réaliser les objectifs de la
société (objectifs matériels et autres).
Pour ce faire,des comites d'action populaires ont été
organisés à tous les niveaux de la production.Ce qui
permet aux producteurs (directs) de participer en tant
que partenaires dans le systeme de production et dans
le mécanisme des des decisions. Grâce au comité
populaire ,le congrés des producteurs peut exércer les
functions qui lui sont confiées par la base et non par
le sommet de l'entréprise.
Bien plus,la gestion populaire a semblé resoudre si
pas totalement,certainement dans une grande mèsure,les
probèmes de chomage,de sous-emploi et de rendement.
En tant que partenaires,c'est-à-dire,co-proprietaires
de l'entréprise,les producteurs se voient dans
l'obligation de produire selon leur capacite car la
productivite depend de leur survie. A ce même
titre,ils ne sauraient etre chomeurs tant que
l'entréprise continue d'exister.D'où,écrit Abdel Kader
Ayed Amer, les rélations de domination qui étaient la
règle entre employeurs et travailleurs salaries,l'ére
d'exploitation esclavagiste et du salariat viennent de
connaitre leur fin.
Force nous est donc de remarquer avec Nicolai
Boukharine que:
Sous ces circonstances,nous avons devant nous,un
changement dialectique des
Fonctions des organisations des travailleurs. Il est
parfaitement clair qu'il peut
En être autrement dans la transposition des relations
de domination,parceque
La classe travailliste,qui a saisi le pouvoir de
l'etat, doit inévitablement devenir
Le pouvoir qui parait etre l'organisation de la
production.
L'on peut donc dire que la socialization des moyens de
production,la crèation des comités de gestion et du
congrés populaire s'inscrivent dans la logique même du
processus de transformation.Cette logique exige
l'intégration de toutes les cellules,de tous les
particules des forces productives dans le processus
d'organisation populaire de façon que l'action des
unes complète celle des autres,le tout devant mener a
la matèrialisation de l'objectif collectif:la création
de la société sans classes.
C'est sous cette perspective pensons-nous qu'en a
concu et organisé le congrés des producteurs qui a
pour tâches de déterminer les voies et les moyens
d'augmenter la production et d'étudier les
propositions lui sont soumises par le comité
populaire.
En gros,les tâches du comite populaire sont celles que
traditionnellement étaient resérvées au conseil de
gestion dans toute entérprise capitaliste
(planification,prevision
budgetaires,compatibilite,coordination des activites
entre les differents secteurs,etc)
Dans ce même ordre d'idées, la Libye poursuit un
programme d'industrialisation centre sur la production
manufacturière des produits destinés avant tout à la
consommation locale.Ce plan est appuyé et guié par le
Centre de Recherche Industrielle lequel conduit des
études de faisabilité,apporte l'assistance téchnique
nécessaire a l'industrie et entreprend des recherches
industrielles appliqués,notamment des recherches
géologiques: c'est dans ce cadre que rentrent les
depenses enormes consenties au profit de la formation
des cadres téchniques nationaux.
Sur le plan pratique,la politique économique de
l'autogestion a produit les résultants escomptés.Non
seulement que les producteurs directs jouissent des
avantages sociaux remarquables
(vacances,maternite,hospitalization),ils ont aussi
acquit le droit de participer dans le profit réalise
par l'entréprise.
Bref,la strategie de développement articulée dans le
Livre Vert et son application par l'état libyen vise
le but ultime de conquerir l'indépendance économique
et d'alterer l'ordre économique international en
place.
En quoi l'approche de la Jamahiriya diffère-t-elle de
celle des autres? Pour y repondre,il nous faut
examiner le problème posé par l'ordre économique
international à l'époque de la crise du capitalisme,du
point de vue des pays avances aussi bien que de celui
de moins-avances.Quoi de mieux indique que de procèder
à l'analyse du dialogue Nord-Sud.
LE NOUVEL ORDRE ECONOMIQUE ET LE
DIALOGUE NORD-SUD
D'aucuns ne s'en doutent,la crise du
capitalisme est une crise structurelle n'epargnant
personne,frappant plus fortement les uns que les
autres.Comme on le sait,
La crise,en définitive,signifie l'impossibilite de
maintenir l'ancien niveau de va-
leurs,de prix et de taux de profit, avec une masse de
capitaux accrue.C'est le con-
flit entre les conditions d'accumulations et de mise
en valeur du capital,qui n'est
que le déploiement de toutes les contracdictions
inhérentes au capitalisme,qui
interviennent toutes dans cette explication des
crises:contradictions entre le déve-
loppement majeur de la capacité de production et le
développement plus restreint
de la capacite de consummation des larges masses;
contracdictions issues de l'ana-
Rchie de la production résultant de la concurrence,de
l'augmentation de la compo-
sition organique du capital et de la chute du taux de
profit.
Comme utilise donc,le terme crise revêt le sens lui
donne par Karl Marx,en refèrence
Aux crises économiques et commerciales,lesquelles
étaient des interruptions
dans les procès de production et d'accumulation de
capital,et qui prenaient la
forme (1) d'accumulation des biens qui ne pouvaient
être vendues a profit,(2)
des banqueroutes généralisées,(3) de panique
financière,de réduction (4) de
production ,et (5) de chômage accru. (15)
Sans voulloir reprendre l'historique du capitalisme,il
convient tout de même de rappeler qu'il ne s'agit pas
d'une histoire continue.
Elle alterne des phases d'expansions avec des phases
crise structurelle .On peut
Distinguer quatre phases d'expansions: 1815-14,
1850-70, 1890-1914, 1948-67
,et quatre phases de crise structurelle:
1815-14,1870-90,1914-48 et la période
après 1967. (16)
Faute de temps et pour le besoin de la cause,nous
allons nous limiter à la crise actuelle ,laquelle se
distingue des crises passées
(1848-1849,1953-1954,1957-1958,1960-1961 ) par les
caractéristiques suivantes:-- durée plus longue des
phases d'expansion;-- moindre intensité des
crises;--existence d'une hausse des prix permanente,y
compris durant les phases de recession. (17)
A ces caractéristiques s'ajoutent certains faits
nouveaux. Pour la première fois ,l'aigle semble
baisser la tête. Incapables de concurrencer le Japon
et l'Allemagne,les industries Américaines
,particulierement celles de l'acier et de l'automobile
crient S.O.S. On sollicite de l'état des mesures
protectionistes.Du côté financier,ni le Dollar,ni les
dévises fortes de l'Allemagne ne pouvaient échapper à
la crise.
Avec la montée du pétro-dollar,les capitaux
occidentaux ont tres peu de debouchés.Et quand ceux-ci
s'ouvrent,les crients sont,dans la plus part de
cas,trop pauvres et leur solvabilité est incertaine.
En gros,la situation se ramene a ceci:le
centre,toujours fort mais certainement affaibli par
des contracdictions internes cherche a se regrouper
aux depens de la péripherie. Celle-ci,malgré des
similarités poignantes,reste a partagée
ideologiquement et politiquement et demeure
essentiellement un débouché des biens manufacturés par
le centre tout en continuant son rôle de fournisseur
des matières premières (lesquelles lui rapportent de
moins en moins ) à ce même centre. Et cependant,tout
le monde continue a s'interroger sur les voies et
moyens a prendre pour sortir de la crise.
LES PRESCRIPTIONS DU CENTRE
Suite a l'appel de Houari Boumediene
pour un nouvel ordre économique
international,l'Assemblée Génerale des Nations Unies
(AGNU) décida d'élaborer une Charte Génerale des
Droits Economiques et Obligations des Etats(CGDEOE) en
décembre 1975.Parmi les points saillants de la charte
l'on peut citer:
1) La souveraineté sur les ressources nationales
2) L'amélioration des termes d'échange pour les
producteurs des matières premières.
3) Une augmentation des ressources transferées aux
pays en voie de développement.
Partant de la charte,les négociateurs de la septième
session Spéciale des Nations Unies sur le
Développement Economique et Cooperation Internationale
arrivèrent a un accord de principe.La résolution
formulée par le Groupe de 77 ,les Etats-Unis
d'Ameriques ,la Communaute Economique Européenne et le
Japon faisait appel a ce qui suit:
1) Etendre et diversifier le commerce ,améliorer la
productivité et augmenter les revenues sur
l'exploitation des pays en voie de développement
2) Assurer des prix remunérateurs stables et
équitables pour les matières premières exportées,et
protéger le pouvoir d'achat(des pays exportateurs);
3) Réduire en supprimant les barrières tarifaires et
non-tarifaires affectants les exportations des pays
moins développés;
4) Augmenter le volume et améliorer les termes
d'assistance au développement;
5) Atteindre le seuil officiel de 0.7du produit
National Brut des pays donnant à la fin des années
1970's;
6) Améliorer les conditions d'accés au marche mondial
des capitaux en faveur des pays en voie de
développement;
7) Allèger le poids de l'endettement des pays le
sérieusement affectés;
8) Donner au tiers-monde une plus grande voix dans la
gestion des institutions financières internationales
et un plus grand accès a leurs resources;9) renforcer
le contrôle et la surveillance sur la création et la
distribution équitable des liquidités a l'échelon
mondial;10) faciliter le procès d'industrialisation
dans le monde en voie de développement.(18)
cette resolution represente un courant de pensée
propre aux leaders contemporains tant du centre que de
la périphérie.Elle reflète l'esprit de beaucoup de
conférences internationales organisées autour de ce
même sujet.Il n'en reste pas moins qu'en dépit de leur
engagement a sauvergarder l'impérialisme de
corporation,l'on peut discerner au sein de ce grand
courant de pensée au bon nombre de sous-courant allant
de la rejection totale des demandes de pays
périphériques a la proposition d'un nouveau plan
Marshall pour la périphérie.
Pour Jimmy Carter et ses alliés de la Commission
Trillatérale,la solution idéale parait être le
démembrement du Groupe de 77 et du Mouvement du
Non-Alignement. Ils cherchent à diviser davantage les
pays de la périphérie en détachant du bloc non-aligné
ceux de mieux nantis,les appelant a jouer le rôle des
zones de sous-impérialisme.
Pour les libéraux et sociau-démocrates européens,la
solution réside en un plan Marshall.Ainsi,sir Braine
souligne le point suivant:
Tout ceci nous amene inevitablemen a une conclusion:
les pauvres du monde,loin de constituer un problème
insurmontable,sont l'issue de secours aux difficultés
croissants des pays industrialisées.Nous avons
grandement bésoin les uns des autres. Le monde est
devenu trop petit et les riches ne peuvent plus
continuer à ignorer les pauvres. (19)
Streeten aborde dans le même sens et nous parait même
plus direct quand il écrit:
Tout comme le premier Plan Marshall était basé sur la
notion d'association et
mettait les resources américaines a la disposition de
l'Europe à condition que
les Européens participassent a leur propre
recouvrement,le nouveau plan envi-
sage de rassembler les resources et d'atteindre des
objectifs communs.Tous les
pays,développés et en voie de développement,seraient
invités a contribuer a un
certain pourcentage du produit national brut (0.3 si
possible) à un fonds global
déstiné à satisfaire les bésoins de premières
nécessités humaines. (20)
Cette proposition est bien proche de celle de l'ancien
Chancellier Allemand W.Brandt, lequel recommandait un
programme d'urgence.
Ronald Reagan,représentant l'extrème droite refuse de
reconnaitre les doléances de la périphérie et insiste
que les negociations se poursuivent à travers les
institutions internationales existantes.Ainsi,au
sommet de Cacun (Oct/nov 1981),la délégation des
Etats-Unis soumit un programme demandant la
libéralisation du commerce,le développement des
resources alimentaires et énergétiques et une
amélioration du climat d'nvestissements.Ce plan ne fut
aucune mention des arrangements financiers nécessaires
à résoudre le problème de l'endettement des pays
périphériques.Rebutant le plan Reagan,le Financial
times ecrit, << les leçons du Président Reagan et des
autres sur les vertus des marchés libres sont
difficiles à réconcillier avec les contrôles
restrictifs de plus en plus accrus et apparemment
permanents comme le Multi Fibre Arrangement.
Une autre solution de type libéral sortie de la
conférence d'Arush (du 12 au 16 Fevrier 1979) met
l'accent sur les prix des matières premières.Elle
avance l'idée d'un Fonds Commun.L'idée de base est que
chaque marchandise integrée dans ce programme ferait
l'objet d'un arrangement nternational spécial sous
lequel un comité acheterait la marchandise pour
emmagasinage en temps de surproduction et pour la
vente en temps de carrence.Ceci aiderait à maintenir
les prix dans les limites acceptables.
LES PRESCRIPTIONS DE LA
PERIPHERIE
Déjà en 1955,la Conférence de Bandoung
posait les premiers jalons de ce qu'on convient
d'appeler aujourd'hui le Tiers-Monde.Alors que
l'attention des participants était centrée sur les
questions politiques,la conférence n'avait pas pour
autant négligé l'aspect economique de la jeune
alliance.D'oú l'on préconisait plusieurs mesures,dont
l'établissement d'un fonds des Nations-Unis pour le
développement économique,l'encouragement à la creation
de banques et de compagnies d'assurances nationales et
régionales,la stabilisation du commerce international
etc.
Cette conférence fut tenue a l'époque oú la plupart de
pays d'Afrique,aujourd'hui membres du bloc non-aligné
étaient encore des colonies.Il n'en reste pas moins
que Bandoung pavait le chemin pour Belgrad (1961) et
le Caire (1964).A ce propos,la remarque de Claudine
Rulleau parait pertinente:
La première(conférence)consacre aux questions
politiques l'écrasante majorité des
résolutions finales(guerre froide,problèmes de la pax
dans le monde,lutte contre
la course aux armements,protestation contre
l'utilisation de l'énergie atomique a
des fins militaires,etc...);la portion congré,reservée
à la partie économique,con
tient néanmoins l'essentiel des revendications
tiers-mondistes,dont les pays indus
trialisés auront bien du mal a se pénétrer.
Plus precisément,la résolution stipulait ce qui suit:
Les participants (...) estiment qu'il faut s'efforcer
de remédier au déséquilibre éco-
nomique herité du colonialisme et de l'impérialisme
(...);jugent nécessaire de
combler,grâce à une accélération du développement
économiqe,industriel et agri-
cole,l'écart toujours plus prononcé des niveaux de vie
entre quelques pays haute-
ment industrialisés et nombreux pays économiques peu
développés;recom
mandent la création immédiate,dans le cadre des
Nations-Unis,d'un fonds d'équi-
pement;développés et (...) que des efforts contructifs
soient faits pour supprimer
les fructuations excessives du commerce des produits
de base (...);exigent que les
résultats de la révolution scientifique et technique
soient utilisés dans tous les do-
maines du développement économique pour hâter
l'avénément de la justice so-
ciale sur le plan international. (23)
Au Caire,les mêmes doléances furent articulées bien
qu'une fois de plus l'accent était placé sur ce que
Nasser appelait le neutralisme positif.Presque deux
décades après,bon nombre de conférences autour du même
sujet continuent à abonder dans le même sens.Point
n'est bésoin de souligner,les résultats ont été
négatifs dans l'ense-
mble.Bien souvent,les solutions avancées par les pays
périphériques sont des solutions de compromis dont le
net effet parait plutôt une consolidation des forces
de l'exploitation. Loin de mener a la rupture,elles
visent au maintien du statuquo.
Bien entendue,beaucoup de ces pays ont essayé de
recourir à des solutions radicales ,notamment à la
nationalisation des moyens de production dans certains
secteurs de l'économie nationale.L'Algérie de
Boumediène est certainement un cas en espèce.Selon
l'artisan du capitalisme d'Etat,
L'entrée des pays du Tiers-Monde dans le processus du
développement est accom-
pli ,par dessus tout,en exercant une souveraineté
effective sur les resources du sol
et du sous-sol et en exercant un contrôle effectif sur
les revenus qui dérivent de ce
développement. (24)
Pour lui,la seule condition acceptable est la
nationalisation.En effet écrit-il,
seul l'acte de nationalisation des moyens de
développement des resources natu-
relles créera une situation telle que chaque pays tire
profit de ses resources .La na-
tionalisation rend tout ceci possible en:
placant tout le courant financier dans le pays hôte et
en donnant aux économies nationales les avantages qui
en découlent;
augmentant considerablement les revenues financiers
directs du pays hôte;
mettant fin a l'état ferme des moyens
d'exploitation,les intégrant entièrement dans la
structure économique du pays hôte,rendant possible le
création de nombreuses opportunités en matière
d'investissement. (25)
Sans aucun doute,la nationalisation des moyens de
production est une condition nécessaire à la
transformation de l'ordre économique
établi,malheureusement,dans bien de cas,elle est
devenue une fin en elle-même.D'oú elle a donné
naissance soit a un capitalisme d'état,soit à une
économie mixte tojours dominé par une bourgeoisie
étrangère.
Si dans le premier cas l'on reussi à réduire le degré
de domination étrangère et de dépendance,dans le
second cas,l'on a renforcé la position des
impéralistes dont les intérêts sont désormais liés à
ceux de la bourgeoisie nationale née de l'acte de
nationalisation.Dans l'un comme dans l'autre cas,la
situation du producteur direct est restée inchangée.Il
continu à travailler pour un salaire de famine,il n'a
aucun pouvoir dans la gestion de
l'entreprise,l'exploitation au profit de la
bourgeoisie tant nationale qu'étrangère se poursuit et
dans certains cas,s'intensifie.
CONCLUSION
Dans quelle mesure peut-on considérer
la troisième théorie universelle comme étant une
pensée originale? Qu'a-t-elle en commun avec le
Marxisme Leninisme par exemple? Quelles sont ses
rapports avec l'Islam? Voila bien de questions que
l'on ne cesse de se poser dans les milieux
académiques.Aussi légitimes qu'elles nous paraissent
toutes,nous avons résiste a la tentation de prendre
cette voie,laquelle courte souvent le risqe de monter
des lits de Procustre. Notre propos était de démontrer
que dans le conflit Nord-Sud,les solutions de
compromis,toujours basées sur la bonne foi du Nord
n'ont apporté aucun soulagement au mal du
sous-développement.Pire encore,ces solutions
s'inscrivent toujours dans le cadre des institutions
internationales établies et bien souvent ont pour
effet de résoudre les problèmes du bloc fort aux
dépends de la périphérie.
La troisième théorie universelle,voulant saisir le
buffle par les cornes a pris le chemin de la
confrotation directe.Avec le travailleur direct au
centre de combat,et le peuple tout entier engage dans
la lutte,on cherche non pas un compromis mais une
victoire contre l'impérialisme,contre les forces
d'exploitation.A court terme,la pratique
révolutionnaire de la Jamahiriya semble répondre a
tous les problèmes de la classe travailliste. A long
terme,elle a posé les jalons du chemin devant mener
vers la collectivisaton des moyens de production et de
distribution.
Malgré ce succès apparent,il nous parait plus realiste
de parler en termes de victoire partielle. En
effet,tant que le secteur clé de
l'économie,c'est-a-dire le secteur petrolier n'est pas
encore sous le contrôle total des producteurs
directs,tant que le pays dans son ensemble reste plus
une entorse dans le système plutôt que la normale,tant
que la théorie refuse de clarifier et de résoudre
certaines contracdictions internes tenante de la
religion et de la culture,le danger d'une victoire
finale des impérialistes est a craindre.
Par
Makidi-Ku-Ntima,Ph.D
Dept.Sciences Politiques
Atlanta University, Georgia
Etats-Unis d'Ameriques
METAPOLITIQUE ET TROISIEME THEORIE UNIVERSELLE
Refusant la fausse alternative qui ne
laisse le choix qu'entre le capitalisme sauvage et le
marxisme,la Troisième Théorie Universelle se situe
immédiatement dans une autre dimension de la
politique,très loin des réducrionnismes et de la
superficialité des pratiques politiciennes.
Faisant le procès de la democratie figée,le mahatma
gandhi trouvait le capitalisme moderne d'autant plus
dangereux qu'il berce les peuples dans une securité
trompeuse et lui reprochait de ne pas seulement
asservir les corps comme la féodalité,mais aussi
d'infecter et de détruire l'âme.
En parallèle,nous trouvons chez Emmanuel Mounier une
semblable démarche,mais a l'encontre du marxisme: En
vidant l'individu de son intériorité et le monde de
son mystère,en affirmant l'imminence sans la
transcendance et le temps sans l'éternité;le marxisme
s'est privé de toute une dimension du réel;car il faut
aussi se jeter dans les profondeurs intérieures pour
bien lire les secrets de la nature. Contre Marx,nous
affirmons qu'il n'y a de civilisation et culture
humaine que metaphysiquement orientées.
Cette double orientation spitualiste et cette
reférence à la métaphysique dans le domaine politique
nous amenent a considérer l'utilité sémantique d'un
terme qui situe d'emblée une certaine vision de la
politique au sens actuel de ce terme.
La métaphysique est la partie de la philosophie qui
traite des premiers principes de la connaissance,la
connaissance des causes premières. Outre son sens
synonymique de phylosophie première,la métaphysique
concerne aussi plus largement toute réflexion sur le
sens du monde et la place de l'homme dans l'univers.
Le message contenu dans le Livre Vert est d'ordre
politique,mais ses préocupations dépassent largement
ce que l'on entend habituellement de nos jours par
politique.La constante réference spiritualiste d'une
part,la démarche globalisante d'autre part,sont là
pour donner une nouvelle dimension à la Troisième
Théorie Universelle, laquelle n'est pas seulement une
doctrine politique.
Recherchant,l'origine de la vie en sociète et en
tirant les conclusions qui s'imposent, réflechissant à
la place de l'homme dans l'humanité et l'univers,cette
théorie va même plus loin que le sens étymologique de
la politique; elle va jusqu'aux origines premières de
la pensée.
Nous définirons donc la Troisième Théorie Universelle
comme une METAPOLITIQUE.
PARALLELISME AVEC D'AUTRES
PENSEURS
Sans vouloir faire remonter trop loin
dans l'histoire une analyse comparative,nous nous
bornerons à situer la pensée du Livre Vert par rapport
à certains démarches de ce siècle et du siècle
précèdent.
D'une manière confuse et éparse,nous retrouvons des
thèmes présentés par le Livre Vert chez divers
penseurs et courants politiques. La critique du
parlementarisme au nom de la loi naturelle est
présente chez Maurras tandis que la même démarche au
nom du pouvoir direct du peuple se retrouve chez les
anarchistes.Mais il est évident que la pensee du Livre
Vert ne peut guère se comparer au conservatisme de
Maurras ou l'incohérence tragique de la pratique
anarchiste.
Cependant,un penseur européen avait développé en son
temps des thèmes dont certains ne sont pas étrangers à
la Troisième Théorie Universelle: à savoir
Pierre-Joseph Proudon qui se situe dans l'ensemble de
l'idéologie du fédéralisme intégral.
Adversaire de la centralisation systèmatique et de la
dépersonnalisation des rapports institutionnels autant
qu'économiques,Proudon prôna une synthèse politique
qui s'opposait à la fois aux excès du capitalisme et
au totalitarisme qui se trouvait déjà en gestation
dans les écrits de son contemporain Karl Marx.
Pour très séduisante qu'elle soit – surtout à notre
époque ou les deux systèmes politico-économiques ont
prouvé leur faillite respective – la pensée de Proudon
pêche par un défaut: le matérialisme. Etranger à toute
préoccupation spirituelle et métaphysique,Proudon ne
présenta donc qu'une synthèse oú l'une des composants
de base – donc essentielle – manquait.
A l'inverse,la pensée du grand écrivain francais
Charles Peguy est tout empreinté de foi et de
mysticisme. Mais bien que se rattachant aussi au
fédéralisme intégral - dont l'élément central de toute
la fédération était la plus petite unité,à savoir
l'homme – Peguy pêche par une autre manque: celui
d'une approche économique de son idéologie.
Après le fédéralisme intégral de Proudon et le
socialisme mystique de Charles Peguy, l'Europe connut
aussi d'autres efforts de synthèse qui, sans
nécessairement l'affirmer comme telle,recherchaient
une sorte de voie nouvelle,une troisième voie ...
La France vit se développer l'idéologie
solidariste.Courant libéral progressiste,le
solidarisme eut pour père Leon Bourgeois qui fut
président du Conseil (premier ministre) en 1895/96 et
Prix Nobel de la Paix en 1920. La décennie
précédente,la Belgique vit se reunit en mai 1887 un
congrès libéral progressiste dont les grands noms
furent Paul Janson et Charles Gilisquet.
Ainsi se posèrent les premiers jalons du radicalisme
politique qui revêt bien des formes différentes selon
les pays non pas par manque d'ideal ni de volonté mais
peut-être par manque d'une synthèse métapolitique.
La quête d'une troisième voie fut aussi illustrée sur
le plan économique par Silvio Gesell,économiste
argentin d'origine allemande.
Dans les pays du Tiers-Monde, la lutte pour
l'indépendance puis les premières années de la
décolonisation permirent l'éclosion de mouvements
politiques nationalistes qui, selon les aléas du
moment,se dotèrent plus ou moins précisement
d'idéologies originales. Une étude approfondie de la
sémantique politique permettrait d'analyser à quel
point la terminologie politique traditionnelle ne
recouvre le plus souvent que des prises de position
circontancielles sinon opportunistes. A des très rares
exceptions,les mouvements politiques issues des
guerres de liberation retombèrent, meme inconsciemment
ou cntre leur gre,dans la piege de l'alternative
Est-Ouest,les uns donnant des gages à la democratie
formelle occidentale,les autres adoptant une
phraséologie marxiste.
Celui qui s'approcha le plus d'une réelle théorie
universelle fut le Mahatma Gandhi, le père de la
nation indienne.
LA PHILOSOPHIE POLITIQUE DE
GANDHI
Pronfondément croyant,
MohandasKaramchand Gandhi souhaitait par dessus tout
spiritualiser la politique.
Connu surtout pour son attachement à la non-violence
et sa lutte contre les discriminations raciales et
religieuses, Gandhi fut un homme ouvert qui ne refusa
jamais la comprehension des grandes religions.
Sa vision de l'organisation de la sociète n'est pas
sans analogie avec celle que devait ébaucher Moammar
El Kadhafi . Sa critique du parlementarisme classique
est aussi pertinente: C'est une superstition et un
sacrilège de croire que l'acte d'une majorité lie une
minorité. De même, Gandhi affirme: La liberté
véritable se réalisera non grâce a la conquête de
l'autorité par une seule élite,mais par la réalisation
par tous de la capacité – en d'autres termes,la
liberté sera atteinte par l'éducation du peuple,par sa
prise de conscience de sa propre capacité de gérer et
de régulariser l'autorite.
Voici comment le Mahatma Gandhi voyait le schéma de la
sociète idéale:
Cette structure composee d'innombrables communes sera
caracterisée par des cercles s'élargissant dans un
mouvement ascendant. La vie ne sera pas a la pyramide
dont le sommet est appuyé par la base. Elle se
présentera sous forme de cercle océanique avec au
centre l'individu toujours prêt à périr pour sa
commune,celle-ci prête à périr pour le cercle de
commune qui l'entoure,jusqu'à ce que la vie se compose
d'individus sans arrogance ni agressivité,toujours
humbles tout en participant à la majesté du cercle
océanique dont ils font partie . Et Gandhi de
préciser: Aussi la circonférence extérièure ne
détiendra-t-elle pas les pouvoirs pour écraser ceux de
l'intérieur,mais elle leur donnera la force nécessaire
tout en dérivant d'eux à son tour sa propre énergie.
Avec ses mots à lui et dans le contexte qui lui fut
propre,aussi bien au niveau géopolitique que
spirituel, Gandhi amorce une définition de la sociète
idéale qui se trouve comme une sorte de maillon entre
celle des penseurs fédéralistes et socialistes
mystiques européens d'une part. L'on y retrouve aussi
une réfutation du concept négatif de la lutte des
classes, laquelle est abandonnée au profit d'un esprit
solidariste et communautaire.
Gandhi envisageait aussi les problèmes au niveau
mondial car pour lui, sa mission était celle de la
fraternité entre les peuples.
CRITIQUE DE LA POLITIQUE
POLITICIENNE
Dans les pays européens,la domination
exclusiviste de la vie politique par les partis a
donné lieu a une définition: la particratie, le
pouvoir des partis lequel n'a plus rien à voir avec
l'idée de base de la démocratie.
Déjà Edouard Herriot, homme politique francais, avait
eu ces mots ironiques: La politique est l'une des
branches de météorologie. La météorologie est la
science des courants d'air .
Quant au grand poète Paul Valery,il disait en
substance: La politique était auparavant l'art
d'empêcher les gens de se meler de ce qui les
regarde.Elle est maintenant l'art de leur demander
constamment leur avis sur ce qu'ils ne connaissent
pas.
D'autre part,parler dans l'absolu de libertés
démocratiques ne veut pas dire grand chose. Ainsi le
père spituel du libéralisme progressiste moderne belge
– Paul Hymans ( qui était de religion protestante ) se
plaisait a affirmer: Est-ce-qe l'homme
isole,ignorant,pauvre,comprimes par les besoins
materiels,est vraiment libre et capable d'exercer sa
liberte? Non ! Il n'y a pas de liberte dans
l'ignorance et la misere.
La lassitude des citoyens reduits au rang d'electeurs
regulierement occasionnels ne cesse de s'illustrer
dans de nombreux pays ou le parlementarisme classique
n'inspire plus que desinterer ou ironie.
Certes,il est beaucoup trop aise a des politiciens
marginaux aigris de leur constant insucces ou a des
partis extremistes de faire le proces du
parlementarisme classique. Mais; il est bien plus
interessant d'analyser la critique lucide posee par un
homme politique qui rompit avec force de tous ses
candidats publics, excede par le systeme politique
actuel.
Nous voudrions ainsi evoquer le livre Germes et bois
morts dans la societe la socite politique
contemporaine publie recemment par l'ancien ministre
belge,le professeur Francois Perlin.
Ancien ministre de la reforme des institutions,eminent
juriste et universitaire, Fraqncois Perlin brosse un
tableau lucide des moeurs politiques belges,lesquelles
se retrouvent dans bien d'autres pays.
Voici quelques-une de ses reflexions:
- Dans certains pays,comme la Belgique et la Hollande,
ou sevit une particratie sans partage, ce sont les
oligarchies de parties qui decident des alliances
souverainement: les electeurs n'ont pas ete appeles a
donner une indication quelconque sur ce point.
- La particratie contient, a la limite, en elle-meme,
les causes de sa propre destruction .Elle peut vivoter
longtemps,tant que la societe se suffit a
elle-meme,n'attend du pouvoir qu'un service limite que
continuent d'assurer les administrations
locales,regionales ou etatiques,malgres les carrences
gouvernementales dues aux crises politiques. Mais
lorsque cette societe se heurte a une crise trop
grave, elle risque de s'effondrer.
- Le capitalisme predateur et le socialisme
autoritaire,ces deux monstruosites du siecle, ont
assez demontre la capacite de folie suicidaire des
hommes,pour que l'on tente partout d'ouvrir des voies
a un comportement plus equilibre,plus serein et plus
sage.
Abordant le probleme de l'enseignement, Francois Perin
ajoute: La liberte commande de faire front, ici comme
ailleurs, contre l'imperialisme des oligarchies.
Des hommes de sciences tiennent le meme
raisonnement.Ainsi, le biologiste Allemand Konrad
Lorenz ,Prix Nobel de Medecine,qui affirme: Le magnat
de la production capitaliste,comme le fonctionnaire
sovietique,veut avoir les moyens de conditionner les
hommes et d'en faire des etre
subordonnes,uniformises,parfaitement soumis...
lorsqu'une ideologie mondiale et la politique qui en
decoule sont fondees sur le mensonge,il faut
s'attendre aux pires consequences. La doctrine
pseudo-democratique porte une large part de
responsabilites dans l'effondrement de la culture et
de la morale qui menace les Etats-Unis et qui risque
d'entrainer sa chute et le monde occidental tout
entier.
Specialiste europeen des sciences politiques,
Alexandre Marc avance une critique de l'Etat qui va
dans le meme sens que l'auteur du Livre Vert. Il
ecrit: Pour asseoir la dictature de la majorite sur la
minorite, dictature qui se transforme immanquablement
en une dictature d'une fraction de plus en plus
restreinte, sur la majorite un seul outil, un seul
instrument, une seule mecanique: l'Etat.
Le concept traditionnel d'Etat – et dirions-nous – sa
deification par ceux qui s'en servent,sont a l'origine
de la plus gigantesque escroquerie intellectuelle de
tous les temps. Cette notion-meme d'Etat a ete
remplacee dans la patrie de l'auteur du Livre Vert par
celle de JAMAHIRIYA. Il ne s'agit pas la de la simple
traduction du terme de republique -- lequel, avec le
temps, ne veut absolument plus rien dire—mais plutot
d'un terme qui englobe l'idee de communaute et , plus
precisement, de pouvoir communautaire , de communaute
participative, de societe communicationnelle. Ce que
nous avons appele la metapolitique se trouve bien au
centre de cette ebauche dynamisante d'une Troisieme
Theorie Universelle dont la Jamahiriya apparait comme
une sorte de creuset.
Nous avons voulu – en nous referant a differents
auteurs et penseurs modernes – non pas associer ces
derniers aux theses de Moammar El Kadhafi ni faire
preuve d'une approbation personnlle,mais bien prouver
que la demarche de l'auteur du Livre Vert, tout en
etant originale, repond a un besoin que d'autres ont
ressenti. Certaines idees presentees dans le Livre
Vert furent illustrees isolement dans d'autres temps,
en d'autres lieux et par d'autres penseurs parmi
lesquels nul n'a ete aussi durement calomnie que
Moammar El Kadhafi. Peut-etre est-ce par ce que
l'auteur du Livre Vert a tente une demarche de
synthese la ou les autres poserent des jalons isoles
ou, qui plus est, par ce que les circonstances lui
donnent raison?
EN GUISE DE CONCLUSION
Il serait impossible,vaniteux ou indecent, de poser
une conclusion definitive a la presente etude. Loin de
clore un debat, elle ne peut – au contraire—que
l'ouvrir.
La seule conclusion qui s'impose serait de souhaiter
que la recherche d'une Troisieme Theorie Universelle
garde sa valeur intrinseque et ne s'altere pas au
contact de pretendus imperatifs diplomatiques
circonstanciels. Car,de toute evidence, une telle
ideologie—radicalement nouvelle – attire deux sorts
d'ennemis: ceux qui s'y opposeront de front (et qui
auront le merite de la sincerite) et ceux qui, pour la
combattre, essayeront de l'utiliser,de la denaturer en
la mettant a la remorque d'une des deux theories
auxquelles elle devrait ineluctablement succeder.
L'auteur du Livre Vert etant anime de principes
religieux d'une grande valeur, qu'il nous soit donc
permis de poser ici, en guise d'ouverture sur
l'avenir, une citation du, Dr Albert Schweitzer –
grand humaniste liberal et pasteur temoin de la foi
protestante:
Nous entreprendrons, autant que le permet la force de
la pensee, de contraindre l'Etat moderne a s'integrer
a la spiritualite et a la moralite d'un Etat civilise,
tel que le respect de la vie le concoit. Nous lui
demanderons de depasser en spiritualite et en moralite
tout ce qu'on n'avait jamais pu attendre d'un autre
Etat. Le vrai progres est dans l'aspiration a l'ideal
vrai.
Ce defi a ete lance par Albert Schweitzer en 1923
...Il peut etre revele.
La democratie se confond
exactement
Pour moi avec la souverainete. La
Democratie,c'est le gouvernement du
Peuple exercant la souverainete
Sans entrave .
Charles de Gaulle
COMMENT L'ORGANISATION ACTUELLE DU POUVOIR DE
DECISION CONDUIT A LA CRISE MONDIALE
L'EQUILIBRE DES STRUCTURES
SOCIALES ET LA CRISE
Diverses sciences etudient chacune un aspect de la
realite sociale. Toutes utilisent le terme de crise
pour designer une rupture dans le fonctionnement
regulier des institutions ou des activites sociales,
dysfonction, un desequilibre, une mise en question du
systeme social sous l'un de ses aspects, une
incapacite des structures sociales a s'adapter face a
un defi qui met en cause leur fonctionnement.
Lorsque les economistes parlent de crise, ils pensent
premierement a un enchainement de desequilibres sur
les principaux marches, desequilibres qui ne
parviennent a se resoudre que lorsque les structures
de l'appareil productif se sont modifiees (par des
investissements,...) de telle maniere que l'appareil
puisse a nouveau fonctionner comme precedemment. En
d'autres termes, la crise y apparait comme un
phenomene de desequilibres quantitatifs entre flux et
stocks auquel un changement des proportions permet de
mettre fin. Et les theories des crises prevoient
generalement comment la presence-meme des
desequilibres appelle les modifications requises. Cer-
tes au concept de crise structurelle,moins bien
defini, qui implique davantage le mo-
dele d'organisation de la production,du travail, de la
consommation, ... Une telle crise appelle une
adaptation plus profonde des structures, laquelle est
plus lente a se realiser
,mais a ce niveau-la comme au precedent, on semble
compter sur la presence de mecanismes,de forces
latentes qui interviennent pour assurer ce retour a
l'equilibre.
Les specialistes d'autres disciplines analysent les
crises politiques, les crises de la famille,voir de la
civilisation.
La somme de ces analyses sectorielles ne nous donne
pas une image complete ou adequate de ce qui est en
fait l'essentiel: L'interrelation entre les differents
domaines de l'activite sociale. Si la crise economique
n'etait qu'economique et n'avaient toutes sortes de
prolongement... plus meme, si la croissance economique
pouvait se realiser sans provoquer toutes sortes de
dysfonctions, de tensions dans les domaines souvent
bien eloignes de l'economie, alors le probleme de la
crise ne serait pas tres grave.
En fait, l'harmonie d'un systeme social est faite de
relations entre des domaines de l'activite humaine
apparement eloignes l'un de l'autre: systeme de
production et struc-
ture familiale,enseignement et organisation
politique,... L'adequation entre tous les elements
d'un systeme social exige un long temps d'adaptation
et il est normal qu'une periode d'evolution rapide
soit marquee par toutes sortes de tensions,qui
engenderent elles-memes des changements successifs. La
crise apparait comme une situation ou les tensions,au
lieu de se resorber dans le cours dialectique du
developpement,s'accumulent au point de la menacer,
d'en renverser le sens.
LE DEVELOPPEMENT N'EST PAS
GARANTI
Si nous appelons developpement une
evolution positive des structures
techno-economiques,sociales,politiques, etc., il
importe de prendre conscience qu'un processus de
transformation de ces structures ne conduit pas
necessairement au developpement . Depuis plus de
trente ans, il est devenu traditionnel d'emvisager les
transformations de l'economie et de la societe dans
une perspective de developpement
La mesure de quelques parametres techno-economiques
faisant foi quant au sens du changement; aussi ne
parle-t-on de crise que depuis que ces parametres
flechissent.
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