|
|
|
|
 |
|
|
Les explications du livre vert |
"
M. Kadhafi
"
|
 |
LE MONDE EN BOULEVERSEMENT MAIS SANS CHANGEMENT
Le monde n'a pas changé
Les deux sociétés types actuelles, la société
capitaliste et la société marxiste, réunissent un
certain nombre de données qui sont la plupart du
temps, déterminées dans le fond comme dans la forme,
par les mêmes éléments. Comme cela se vérifie jusqu'à
ce jour nous pouvons en tirer la conclusion suivante :
"Le monde connaît des bouleversements mais il demeure
inchangé".
L'ensemble de ces données politiques, économiques et
sociales constituent la structure même de la société.
Elles ont tout d'abord caractérisé la société
capitaliste qui était alors le premier et l'unique
modèle auquel est venu ensuite s'ajouter celui de la
société marxiste.
Pour étudier l'évolution de la société marxiste nous
devons nous pencher tout d'abord sur sa structure et
nous demander si celle-ci est la même que celle de la
société capitaliste, si les données que renferment la
première société existent également dans la deuxième.
Si ces données ont disparu et ont été remplacées par
de nouvelles, cela signifie que la société a changé.
En revanche, si nous constatons l'existence des mêmes
données dans la deuxième société, cela veut dire que
les éléments constitutifs de la société capitaliste
(premier modèle) sont également ceux de la société
marxiste (deuxième modèle) même s'ils se présentent
sous un aspect différent. C'est donc qu'aucun
changement ne s'est produit.
Face à la structure politique, économique et sociale
de base du Premier modèle, structure qui forme un tout
dont les éléments sont indissociables, le marxisme se
proposait de provoquer un réel bouleversement
économique. Or, si nous examinons le Deuxième modèle
nous constatons que sa structure économique n'est
autre que le prolongement de la structure économique
du Premier modèle. Par conséquent, tout est demeuré
inchangé dans la mesure où la Première structure n'a
pas disparu.
Il en va de même de la structure sociale qui repose
sur les éléments fondamentaux suivants :
1) La nature de l'activité économique
2) Les rapports de production
3) L'organisation économique
Qui contrôle les forces économiques dans l'une ou
l'autre des deux sociétés ? Quel est son rôle ? Quels
sont ses droits ? Car comme chacun sait, l'économie ne
s'administre pas d'elle-même, elle doit être organisée
et dirigée. Par conséquent, quelle est la différence
entre les deux sociétés types que nous étudions, la
société capitaliste et la société marxiste, en matière
d'organisation économique ? a-t-elle disparu dans
l'une des deux ? S'est-elle modifiée ou est-elle
demeurée inchangée ?
A qui revient la production ? qui sont les
consommateurs ? Qui détient le pouvoir de décision
dans ce domaine ? Parmi les différentes données de
l'activité économique, prenons par exemple le cas de
la terre. A qui appartient-elle ? Comment est-elle
exploitée et par qui ? Où va le produit de son
exploitation ?
Avec l'avènement de la société marxiste qui cherchait
à se substituer à la société capitaliste, les
problèmes qui se posaient dans cette dernière, ont-ils
été résolus, ou se présentent-ils sous des aspects
différents ?
Afin de répondre à ces questions, nous avons analysé
la structure économique, politique et sociale de la
nouvelle société (deuxième modèle). Or, après l'avoir
comparée avec l'ancienne société (premier modèle), il
s'est avéré qu'elle était le reflet de la structure
sociale de cette dernière.
Capitalisme et marxisme sont en réalité les deux faces
d'une même monnaie.
Ainsi il nous suffit d'observer le capitalisme et de
permuter les éléments qui sont en notre possession
pour obtenir le marxisme. C'est également de cette
manière que l'on doit procéder si l'on veut établir
une comparaison entre les deux types de sociétés : En
vérité marxisme et capitalisme ne sont autres que les
deux faces d'une même monnaie.
Telle est la situation aujourd'hui : le monde revêt
deux aspects, capitalisme et marxiste, mais il demeure
inchangé.
L'activité économique est absolument identique dans
les deux types de sociétés ; on retrouve les mêmes
forces de production dans le système capitaliste et
dans le système marxiste : patrons et ouvriers
existent aussi dans la société marxiste à cette
différence près, et il s'agit d'une différence de
forme, qu'il n'y a qu'un seul patron et non plusieurs
comme dans la société capitaliste. Quant au fond, il
reste le même ; les salariés restent toujours des
salariés quel que soit le type de société. En réalité,
la classe ouvrière est passée du capitalisme au
marxisme sans enregistrer aucun changement.
La seule modification sensible porte sur la question
du patronat : aux patrons capitalistes et exploiteurs
du Premier modèle, balayés par la Révolution du
Prolétariat, s'est substitué un nouveau patron, à
savoir l'état marxiste.
Ce qui signifie que la classe capitaliste a été
supprimée pour être remplacée par l'Etat capitaliste
ou le système du Capitalisme d'Etat mis en place par
le modèle marxiste.
Il en va de même de la détention du poste de commande.
Dans le modèle capitaliste, où triomphe le secteur
privé, ce sont ceux qui possèdent des sociétés et des
entreprises – ceux qui exploitent – qui dirigent et
non leurs ouvriers. Dans le modèle marxiste, les
travailleurs sont également dirigés mais cette fois-ci
par leur propre gouvernement qui est aussi leur
patron. Ce qui signifie que dans les deux cas, les
forces laborieuses ne tiennent pas les commandes mais
qu'elles sont subordonnées soit à un patron
capitaliste qui les exploite, tel le patron d'une
société ou d'une usine (premier modèle), soit à un
nouveau patron, l'Etat marxiste (deuxième modèle).
Le fruit du travail fourni par les forces laborieuses
revient au patron, individu ou société, dans le
premier modèle et au nouveau patron à savoir : l'Etat
marxiste, dans le second. Les travailleurs ont-ils
enregistré un changement, en ce qui concerne la
répartition de la production ? En vérité, ils se
voient toujours dépossédés du fruit de leur labeur,
soit en faveur de la classe capitaliste, soit en
faveur de l'Etat capitaliste.
En effet, le produit de leur travail est réinvesti
soit par les patrons capitalistes, propriétaires de
sociétés ou d'usines, dans le premier modèle; soit par
l'Etat capitaliste. A cette différence près que dans
le modèle marxiste, le fruit du travail n'est pas
réinvesti dans les projets privés d'un particulier qui
chercherait ainsi à servir ses propres intérêts, mais
par le Gouvernement et sous ses directives. Si l'on
peut admettre que le marxisme a contribué à un certain
nivellement, celui-ci est loin d'être radical.
Dans le système capitaliste, la terre appartient à des
propriétés fonciers qui emploient des salariés de même
que l'usine appartient aux capitalistes sous le
monopole desquels travaillent des salariés.
Dans le système marxiste, en revanche, la terre
appartient à l'Etat, qu'il s'agissent des kolkhozes ou
des coopératives agricoles. Mêmes si la propriété
privée subsiste encore dans ce secteur, elle n'en est
pas moins en voie de disparition et ceux qui cultivent
la terre sont les ouvriers du gouvernement.
Le commerce, dans le modèle capitaliste, est
entièrement privé et le but de tout commerçant est de
réaliser des bénéfices aux dépens du consommateur.
Dans le modèle marxiste, le commerçant privé a été
aboli pour faire face au commerce d'Etat : aux
commerçants capitalistes s'est substitué le
gouvernement marxiste et ce sont des fonctionnaires
qui, intéressés aux bénéfices, ont assuré la gestion
de ces commerces.
Quel élément nouveau, la Révolution marxiste a-t-elle
apporté ?
Elle a changé les salariés employés par un patron du
secteur privé en salariés de l'Etat, refusant
d'admettre qu'il s'agissait là d'une injustice et
d'une duperie ; après avoir connu l'hégémonie et
l'exploitation des capitalistes, les salariés ont eu
en effet à se soumettre à l'Etat.
La production revient à la société (l'Etat marxiste)
et n'est plus le monopole de propriétaires fonciers ou
des capitalistes, les salariés ont eu en effet à se
soumettre à l'Etat.
La production revient à la société (l'Etat marxiste)
et n'est plus le monopole de propriétaires fonciers ou
des capitalistes. La terre appartient désormais à
l'Etat et non plus à des propriétaires fonciers.
Comme nous venons de le constater, même si le système
a été ébranlé, il n'a pas succombé pour autant.
Quelles conséquences pouvons-nous en tirer pour les
ouvriers ?
La situation est demeurée inchangée en ce qui les
concerne. Ils continuent à travailler un grand nombre
d'heures sur lesquelles une part importante est
prélevée, peu importe qui en est le bénéficiaire et
comment elle est réinvestie.
L'ouvrier est toujours un salarié qui est loin de
percevoir l'équivalent du nombre d'heures de travail
réellement effectuées. De plus, il n'est toujours pas
son propre maître.
Dans le modèle marxiste, le peuple ne peut disposer
librement de la terre. Elle est entre les mains du
gouvernement qui résout les problèmes qui s'y
rattachent comme il l'entend.
Ainsi peut-il soit abolir la propriété agricole privée
et la remplacer par des coopératives agricoles, des
kolkhozes ou bien des Sovkhozes, soit la conserver.
Tous les moyens de production sont entre les mains de
l'Etat capitaliste et non plus de la classe
capitaliste ; en d'autres termes, tout ce qui était
accompli par la classe capitaliste dans le premier
modèle est maintenant réalisé par l'Etat marxiste.
De même, pouvons-nous affirmer que l'Etat marxiste est
voué au même destin que la classe capitaliste…
Pourquoi ? Parce que l'Etat marxiste a repris les
obligations et comportements de la classe capitaliste
sous tous leurs aspects.
L'Etat marxiste est l'héritier de la classe
capitaliste dont il reproduit absolument toutes les
caractéristiques ; aussi, des événements tels que ceux
de Pologne, de Tchécoslovaquie ou de certaines régions
en Union Soviétique se sont-ils produits.
L'Etat capitaliste, dans le modèle marxiste, commence
à faire face à la même opposition populaire à laquelle
s'est déjà heurtée la classe capitaliste avec la
révolution de la classe ouvrière, rouage essentiel de
la production.
Les rapports qui existent entre les différentes forces
de production dans les deux modèles ne sont toujours
pas sains. Nous sommes en présence d'un conglomérat
réunissant des forces de production à des éléments
totalement improductifs tels que les patrons ou
l'Etat-patron. La force principale de production n'est
toujours pas maître d'elle-même.
Rien n'a changé entre les deux modèles. Néanmoins les
artisans de ce bouleversement marxiste ne considèrent
pas qu'ils n’ont fait que reproduire le capitalisme
sous une autre forme. Loin d'eux également la pensée
qu'ils ont accompli, par leur soulèvement, un pas en
arrière.
Ils estiment, bien au contraire, avoir réalisé un
progrès considérable en portant des coups définitifs
aux forces d'exploitation, en faveur de l'Etat
socialiste, en supprimant l'intérêt personnel et
l'égoïsme engendrés par l'activité économique
capitaliste ou en établissant un programme éducatif
qui condamne l'intérêt personnel et contribue à
détruire les germes d'égoïsme et le goût du profit qui
animent l'être humain. Ce faisant, ils étaient
convaincus que leur entreprise serait couronnée de
succès et que l'intérêt d'Etat se substituerait à
l'intérêt personnel des individus. Mais les individus
n'abandonnent pas aussi aisément leurs intérêts
personnels.
Aussi faut-il s'employer à combattre ces instincts
naturels ancrés en l'homme et à extirper les racines
de son patrimoine culturel, comme le prônent les
Chinois, en lui faisant abandonner intégralement
l'éducation qu'il a reçue et la mentalité qui s'est
forgée en lui afin qu'il soit prêt à accueillir cette
situation nouvelle créée par l'Etat marxiste.
Les marxistes estiment en effet, qu'en arrachant
toutes les racines issues de la société capitaliste,
l'homme pourra plus facilement s'adapter au modèle
marxiste.
Ainsi, tout homme qui sera attaché à la propriété
privée et voudra satisfaire ses propres intérêts, se
heurtera inévitablement à l'Etat qui, lui, s'emploie à
servir les siens. Il suffit alors de lui ôter tous ses
désirs et aspirations pour en faire un véritable
robot.
Il n'y a plus ensuite qu'à s'appuyer sur un bouton
pour que les robots se mettent à produire et à
s'entasser à l'endroit précis qui leur a été assigné,
pareils à des fourmis. Un robot ne mange pas, ne boit
pas, n'aime pas, ne rêve pas ; il n'exprime pas de
souhait ni n'aspire à se reposer ; il ne réalise pas
de performances, ni ne se distingue des autres.
Le recours à cette solution extrême a, depuis son
application, causé de très graves difficultés dont
seul l'usage constant de la violence a pu venir à
bout.
Ce qui prouve que la solution marxiste n'est viable
que si une main de fer s'abat sur la société tout
entière. Car il suffit du moindre relâchement de cette
étreinte pour que les hommes tendent à nouveau à
satisfaire leurs intérêts personnels.
Par conséquent, l'orientation adoptée par la société
marxiste implique l'instauration d'un Etat fort qui
concentre entre ses mains le pouvoir, la richesse et
les armes pour mieux contraindre toute la société à
abandonner ses intérêts personnels et à œuvrer à
l'avènement du communisme.
Cet état de fait a conduit à la mise en place d'un
appareil de gouvernement unique, le Parti communiste,
qui resserre son étau sur la société pour mieux la
guider vers ce nouvel objectif, à savoir : le
communisme. La liberté politique constitue donc le
plus grand danger pour la société marxiste car elle
procure aux masses la force nécessaire pour prendre
les rênes et renverser le gouvernement marxiste. Aussi
des partis communistes puissants ont-ils été créés
pour mieux dominer la société tout entière.
Toute tentative de rivaliser avec le Parti communiste
a alors été considérée, dans n'importe quel état
marxiste, comme l'œuvre de réactionnaires et de valets
de l'impérialisme. A plus forte raison, toute
insurrection contre cet état de fait par un Etat
marxiste s'est vue violemment réprimée car cela
revenait à laisser une porte ouverte à l'impérialisme
qui en profiterait pour faire pièce aux forces
progressistes.
La Yougoslavie a, par exemple, renoncé à cette
solution extrême. Il en va de même de la Chine qui se
fait taxer de révisionniste par les marxistes. Les
événements de Pologne, quant à eux, constituent une
véritable épée de Damoclès pour le système marxiste :
en se déclarant indépendant et en refusant de
reconnaître l'hégémonie du Parti communiste polonais,
les syndicats ouvriers acculent le Marxisme dans son
ensemble. Sans parler des conséquences que ces
événements pourraient avoir en Roumanie et en Hongrie,
voire même en Union Soviétique.
C'est ainsi que l'état, (le Gouvernement) se substitue
à la classe capitaliste pour contrôler l'économie tout
entière et placer l'activité économique au service de
ses intérêts.
La tâche du gouvernement, dans un système capitaliste,
consiste à préserver et à sauvegarder le capitalisme.
C'est pourquoi, il ne peut admettre l'avènement d'une
société marxiste que ce soit en Amérique ou en
Grande-Bretagne.
Le Gouvernement, dans un système capitaliste est le
garant du pouvoir politique et économique de ce
système ; il ne peut par conséquent être neutre à
l'égard de tout système qui entend s'ériger sur ses
ruines. Aussi s'attache-t-il à préserver la structure
politique, économique et sociale de la société
capitaliste afin de sauvegarder ses intérêts
économiques et de garantir le réinvestissement du
produit de l'activité économique au profit du
capitalisme.
Tel est également le rôle attribué au Gouvernement
marxiste ; sa tâche consiste à empêcher l'instauration
de tout système qui pourrait se substituer au
marxiste, à combattre toutes les forces qui lui sont
hostiles, sans oublier sa contribution à fonder un
capitalisme d'Etat dont il doit assurer la protection.
D'où la nécessité de forger un instrument politique
tel que le Parti communiste qui impose sa dictature
sur l'ensemble de la société.
Aucun des deux systèmes ne se soucie de démocratie.
Leur seule préoccupation, à tous deux, consiste en la
sauvegarde des intérets économiques de la catégorie
dominante, à savoir : la classe capitaliste dans la
société capitaliste et le gouvernement capitaliste
dans la société marxiste. Si l'on établit une
comparaison entre les deux systèmes, on constate
qu'ils sont absolument identiques, à quelques
exceptions près, quant à leur organisation politique,
elle est la même : de part et d'autre un peuple et un
gouvernement, partout une police et une armée ou
autres administrations gouvernementales.
Alors que dans le premier modèle le gouvernement a été
mis en place par la classe capitaliste afin de servir
ses intérêts et de sauvegarder ses capitaux, dans le
second il a été créé de toute pièce par le Parti
marxiste et non par le peuple. En admettant même qu'il
s'agit d'un gouvernement d'ouvriers, installé par les
ouvriers eux-mêmes, le simple fait qu'il existe prouve
que la société marxiste reproduit exactement la
structure de la société capitaliste, faite de deux
parties : le gouvernement et le peuple.
Dans un modèle comme dans l'autre, on tient le même
langage. Ici, ce sont les capitalistes qui parlent de
protéger le peuple et de défendre ses intérêts mais
cela ne les empêche pas de l'exploiter, autant que
faire se peut et de recourir, s'il le faut, à l'armée
et à la police pour sauvegarder le système capitaliste
en place. Là, dans la société marxiste, c'est le
gouvernement capitaliste qui prétend monopoliser, dans
l'intérêt du peuple, tous les capitaux extorqués à la
classe capitaliste par la Révolution. C'est de ce
peuple, c'est-à-dire tous les laissés-pour-compte,
dont il se sert pour constituer son armée, en faisant
valoir qu'elle a été conçue pour les défendre, alors
qu'elle est sensée assurer sa propre protection ainsi
que la sauvegarde de la doctrine marxiste. En effet,
ne voit-on pas cette armée livrer des guerres pour
servir les intérêts du gouvernements capitalistes en
place ?
Comme nous venons de le constater, rien ne distingue
les deux modèles, capitalistes et marxistes, quant à
l'organisation politique. Dans les deux cas, nous
sommes en présence d'un peuple et d'un gouvernement,
d'une armée et d'une administration publique ou
privée.
Quant au schéma économique il est également le même.
De part et d'autre, nous trouvons des salariés et des
patrons, une classe capitaliste et un gouvernement
capitaliste. Dans les deux systèmes, une partie de la
production des ouvriers est accaparée par des
capitalistes, qu'il s'agisse d'un individu ou d'un
gouvernement.
Si l'on nous donnait à choisir entre ces modèles, et à
conditions qu'il n'y en ait aucun autre, nul doute que
nous opterions pour le modèle marxiste dans la mesure
où il sert les intérêts de l'Etat tout entier grâce
aux sacrifices considérables consentis par l'ensemble
de la société.
L'emploi :
Afin d'établir une comparaison, en matière d'emploi,
entre les deux modèles objet de notre étude, nous
allons tout d'abord commencer par observer les courbes
relatives à la situation de l'emploi dans les deux
cas.
Dans la société capitaliste, la courbe qui reproduit
la situation de l'emploi est une ligne irrégulière,
allant de zéro à l'infini. Les points situés autour de
zéro à l'infini. Les points situés autour de zéro
correspondent aux sans-emploi que l'on voit envahir
les rues des villes capitalistes pour manifester
contre un système injuste qui les a privés de leur
droit au travail auquel ils peuvent prétendre au même
titre que d'autres.
La cruauté de cette injustice nous apparaîtra
clairement avec l'exemple suivant : prenons un
capitaliste propriétaire d'un immeuble de trente
appartements et trente familles de sans-abri
coexistant au sein d'une même société. N'est-ce pas en
dérobant la part de richesse nationale qui revenait à
ces derniers que le propriétaire a pu devenir un
privilégié et mettre toutes les chances de son coté ?
Il en va de même des chefs d'entreprises et des
ouvriers.
Prenons un autre exemple : supposons qu'un champ de
dix hectares soit à partager entre dix agriculteurs, à
raison d'un hectare pour chacun d'eux. Si l'un d'eux
s'empare des dix hectares, les neuf autres seront
privés de leurs droits ainsi que d'une source de
richesse. A l'échelle d'une nation, cela revient à
faire de la terre la propriété d'une poignée de gens
qui auront à leur service le restant de la population
agricole. Tel est également le cas de ceux qui ont
entre leurs mains le monopole de l'emploi, ces patrons
qui, après avoir arraché leurs entreprises aux
ouvriers, privent ces derniers de leur droit au
travail sachant que ceux-ci seront pieds et poings
liés sous l'emprise de la misère et du besoin. C'est
ainsi que se créent deux classes, une classe de
capitalistes et une classe d'asservis.
Dans le système capitaliste, la courbe de l'emploi se
présente en gros, sous la forme suivante :
Dans le Deuxième modèle en revanche, la société
marxiste, la situation de l’emploi peut être
représentée par une ligne droite obtenue en étirant
horizontalement la courbe ci-dessus. Dans ce système
chacun a, en effet, les mêmes chances face a l’emploi.
Cette droite peut prendre pour valeur, zéro ou toute
autre valeur, elle n’en demeure pas moins une droite,
ce qui signifie l’égalité des chances pour tous les
ouvriers en matière d’emploi.
Cependant, pour que chacun puisse trouver du travail,
le niveau de vie doit être maintenu a un niveau très
bas.
Tel est le bouleversement qui s’est opéré avec
l’avènement du marxisme : celui-ci a non seulement,
assuré l’égalité des chances face à l’emploi mais il a
de plus attribué la même valeur au travail manuel
qu’au travail intellectuel. Dans ce système, rien ne
distingue le médecin de l’ingénieur ou du simple
ouvrier.
Autre exemple :
Supposons que nous ayons cent dinars à partager entre
dix personnes. Si nous en donnons dix à chacune, notre
partage sera juste. Comment ce même partage
s’opérera-t-il dans la société capitaliste ? Il ne
fait aucun doute qu’il sera inéquitable : l’un des dix
accaparera cinquante dinars, un deuxième vingt dinars
et trois autres les trente dinars restants. Cinq
d’entre eux n’auront rien. Pourquoi ? Parce que
d’autres auront pris leur part. Au lieu d’avoir chacun
dix dinars, l’un en a pris cinquante et l’autre vingt.
C’est ce qui se passe en matière de partage des
richesses ou de répartition de l’emploi au sein de la
société capitaliste. Ceux qui détiennent des richesses
considérables et qui tirent toutes les ficelles en
matière d’emploi, le font aux dépens de l’immense
majorité qui est ainsi privée de tous ses droits.
Dès lors qu’ils comptent parmi eux un ouvrier riche,
les tenants du capitalisme le proclament aux grands
sons de trompette et passent sous silence le fait que
pour accumuler une telle fortune il a dddu
inévitablement s’emparer de la part d’autres individus
qui ont été réduits à la pauvreté par sa faute.
Les marxistes, quant à eux, crient au miracle parce
qu’ils ont réussi à supprimer le chômage et à fournir
un emploi à tous ceux qui sont en mesure de
travailler. Mais ce qu’ils ne disent pas, c’est qu’ils
ne sont pas parvenus à assurer le bien-être de tous
les travailleurs ni la satisfaction de leurs besoins.
Ils se sont contentés de donner du travail à chacun et
pour ce faire, de prélever, au profit de l’Etat
marxiste, une part de la production de chaque
travailleur. C’est ainsi qu’ils ont ramené le niveau
de vie des plus démunis au minimum et les ont
contraints à continuer à travailler.
Le but des marxistes actuellement, n’est pas de
garantir l’abondance mais de traverser l’étape qui les
conduira au communisme. Pour atteindre ce but, les
Marxistes ne lésinent pas sur les moyens et tous se
refusent à produire, à l’usurpation de la propriété,
la destruction de toutes les tendances naturelles et
une existence réduite au strict minimum, en passant
par la négociation de tout désir de luxe.
Tout doit être sacrifié pour que triomphe l’Etat
communiste. Pourquoi ? Afin que se traduise dans les
faits ce slogan marxiste : de chacun selon ses efforts
à chacun selon son travail.
- Mais quand cela arrivera-t-il ?
Lorsque la production aura atteint un tel niveau,
lorsqu’elle se sera accumulée à tel point qu’il sera
permis à tous de connaître le Paradis sur terre.
La production s’accumule-t-elle véritablement ?
Jusqu’à présent, la production n’a pas été accumulée,
mais au contraire, consommer. Depuis des dizaines
d’années que le marxisme est appliqué, aucun Etat n’a
réussi à constituer des stocks en prévision de la
société communiste.
C’est pourquoi un changement s'est opéré dans
l’idéologie marxiste. Il n’était plus possible de se
limiter à satisfaire les besoins de première
nécessité. Il fallait aller au-delà tant il est vrai
que des gens qui produisent depuis des dizaines
d’années, des gens qui ont consenti des sacrifices
considérables en abandonnant une part importante de
leur production pour que triomphe un jour le
communisme, des êtres qui ont été privés de toutes
leurs libertés par le Parti communiste, ne pouvaient
plus se contenter d’un niveau de vie aussi bas.
Cette nouvelle orientation a fait de la révolution
chinoise une cible de choix. A la suite de quoi Mao a
déclenché ce qui a été appelé <<la révolution
culturelle >>.
Tous les Etats marxistes ont alors été contraints
d’adopter le principe des stimulants. Ils se sont mis
à étudier le fonctionnement des entreprises
capitalistes aux Etats-Unis et en Europe occidentale,
s’efforçant de le transposer et de l’appliquer dans
leurs propres usines. S’ils remportent leur pari, le
dernier espoir que l’on pouvait fonder sur le marxisme
disparaîtra à jamais. Il n’aura été rien d’autre qu’un
simple soulèvement au sein d’un Etat capitaliste qui
s’est traduit par l’installation au pouvoir d’un parti
unique et puissant, le Parti communiste. Ce parti qui
s’était assigné la tâche d’abolir la propriété privée,
a fait de tous les travailleurs des salariés au
service d’un gouvernement qu’il a lui-même crée de
toute pièce. C’est ce gouvernement qu’il a chargé de
repartir la production et de prélever la part à
thésauriser. Or, la part de la production qu’il
parvient à prélever est entièrement engloutie dans les
frais de l’Etat et le budget, sans cesse croissant, de
la défense sensée permettre à tous ces Etats de faire
face à leur ennemi de toujours : le capitalisme.
Les marxistes se trouvaient ainsi acculés dans une
véritable impasse : le communisme et (ses nobles)
idéaux ne pourraient triompher tant que le système
capitaliste ne serait pas intégralement aboli.
Il fallait se rendre à l’évidence. C’est ce que firent
les partisans de cette nouvelle tendance qui a alors
commencé à se manifester. Tout devait être mis en
autres régimes marxistes, (sur le double plan
théorique et pratique) pour en finir à jamais avec le
système capitaliste et l’impérialisme dans le monde.
On a alors assisté au développement d’une nouvelle
thèse selon laquelle, tant que la moitié de la planète
vivrait sous l’hégémonie des forces impérialistes,
l’autre moitié n’accédera jamais au communisme,
contrainte qu’elle sera de prendre part à cette lutte
d’influence interminable – dont l’enjeu est la
domination de la planète tout entière – qui
l’éloignera toujours davantage de son but.
Ces théories ont occupé le devant de la scène jusqu’à
l’époque de Khroutchev et Union Soviétique, ainsi que
du vivant de Mao et de Chou En-lai en Chine. On
considérait en effet, à ce moment-là, que la guerre
entre le capitalisme et le marxisme était inéluctable
et qu'elle pouvait prendre les dimensions d'une guerre
atomique. Aussi se prépare-t-on activement au
déclenchement des hostilités comme à un fait
inévitable, si bien que tout Etat qui ne s'équipait
pas en prévision de cette guerre, était aussitôt
accusé de traître à la cause du marxisme-léninisme.
C'est dans les années quatre-vingts que les Chinois
furent les premiers à s'inscrire en faux contre de
telles thèses en démontrant qu'elles étaient
absolument erronées et que le monde avait le droit de
vivre dans l'harmonie.
Khroutchev était d’avis que l’Union sioviétique devait
nécessairement devenir un Etat puissant pour pouvoir
faire face à l’autre superpuissance qu’étaient les
Etats-Unis. Il considérait par ailleurs que son pays,
qui avait pris un retard considérable, devait prendre
exemple sur les Etats-Unis, leur ouvrir ses portes et
traiter avec eux.
L’ouverture qu’a connue alors l’Union soviétique est
devenue telle que les marxistes n’ont pas tardé à
crier au déviationnisme et de procéder à l’éviction de
Khroutchev. La politique, basée sur la coexistence
pacifique, qu’il avait mise en oeuvre n’a pas cessé
pour autant d’être appliquée même si les dirigeants
continuaient à faire valoir officiellement les mêmes
arguments qui avaient conduit à faire disparaþître
Kroutchev de la scène politique. En effet, les accords
SALT 1 et SALT 2, les nombreuses réunions d’Helsinki,
le dialogue qui s’est instauré entre les deux
superpuissances pour mettre un terme à la
prolifération des armes nucléaires et limiter la
course aux armements, sans oublier toutes les
rencontres qui ont contribué à l’instauration de la
détente puis de l’entente dans le monde, tout cela
n’est que le prolongement de la politique de
coexistence pacifique qui fait bondir sur son siège le
marxiste traditionnel, et qui cependant, s’impose
d’elle-même aux dirigeants marxistes.
Toutes les théories antérieures se trouvaient ainsi
balayées comme fétu de paille et n’étaient plus bonnes
qu’à mettre au rebus. Le marxisme en effet, n’avait
toujours pas remporté son défi : le système
capitaliste qui, selon eux, devait disparaître, était
toujours là. Contraints de poursuivre leur lutte
contre le capitalisme et d’exiger une contribution
toujours plus grande de la classe ouvrière pour
pouvoir réaliser les programmes qu’ils se sont fixés,
les marxistes ont vu fondre leur espoir d’accéder un
jour au communisme, tout ce qui aurait þddu lui être
consacré ayant été englouti dans l’édification d’un
Etat moderne assez puissant pour faire face à l’Etat
capitaliste.
Prenons le cas de l’Allemagne de l’Est par exemple :
Il est évident que cet Etat ne parviendra jamais à
accumuler la production nécessaire à l’instauration du
communisme tant qu’il y aura, à ses frontières, un
pays comme l’Allemagne de l’Ouest dont la puissance
s’accroît de jour en jour, et qui occupe aujourd’hui
le quatrième rang parmi les pays industrialisés :
C'est pourquoi la République Démocratique Allemande
est forcée de consacrer un effort de titan à
l’édification d’un Etat moderne et industrialisé assez
puissant pour faire face à la République Fédérale
Allemande. Mais cela n’est pas suffisant pour être
þýssur de l’emporter. Il faut également que la R.D.A.
parvienne à imiter la R.F.A. même dans les domaines
considérés comme bourgeois par les théories marxistes,
avec par exemple, l’introduction de la télévision en
couleur et la création de parcs d’attractions, tout en
continuant à consacrer une part importante au budget
de la défense et aux projets d’industrialisation.
Le gouvernement marxiste est ainsi condamné à
consacrer la part qu’il prélève sur le travail de la
classe ouvrière, à la défense, aux programmes
spatiaux, aux campagnes de propagande, à la
rémunération de ses fonctionnaires et à la
construction d’un Etat moderne puissant.
Ne pouvant parvenir à accumuler les richesses
produites, tout espoir de parvenir un jour au
communisme s’est évanoui à jamais. Aussi, les
marxistes ont-ils tþâché d’échapper à cette aporie en
lançant un nouveau slogan : « Renverser tout d’abord
le capitalisme pour pouvoir accumuler ensuite la
production ».
Mais se prépare-t-on vraiment à livrer bataille au
capitalisme ? Si tel est le cas, cette tendance semble
en contradiction flagrante avec les efforts visant la
limitation des armements stratégiques qui se sont
concrétisés par les accords SALT 1 et SALT 2 ainsi
qu’avec la Charte d’Helsinki.
En réalité, s’il est une chose que la société marxiste
redoute le plus, c’est bien la guerre. L’Union
soviétique n’entend nullement déclarer la guerre aux
Etats-Unis et fera tout ce qui est en son pouvoir pour
éviter le déclenchement des hostilités entre les deux
superpuissances. Dès lors que chacun des deux pays
possède une force de frappe capable de détruire une
dizaine de fois la planète, autant vaut-il ne pas
avoir à recourir aux armes. Telles sont les thèses
officielles défendues en Union soviétique, que les
marxistes s’efforcent de faire admettre à tous les
petits pays : un affrontement armé avec les Etats-Unis
est à redouter et à éviter à tout prix.
Encore un espoir qui s’envole ! En effet, pas plus que
ceux qui l’ont précédé, ce deuxième mot d’ordre n’a pu
être appliqué. Les deux superpuissances sont
condamnées à la coexistence pacifique.
Cependant, les marxistes sont en mesure de surmonter
toutes les crises idéologiques qu’ils traversent,
aussi profondes soient-elles, en procédant à des
analyses rationnelles dont nous venons de donner un
exemple. Bien que les conclusions auxquelles ils sont
parvenus, en ce qui concerne l’attitude à adopter
vis-à-vis du capitalisme, peuvent sembler suffisantes
pour balayer d’un coup toutes leurs théories, ils n’en
demeurent pas moins marxistes jusqu’au bout. Pourquoi
?
1°- Parce que le marxisme, quel qu’il soit, est leur
raison d’être. Ils ne peuvent de ce fait, reconnaître
qu’ils ont échoué. S’ils ont fait tout ce qu’ils ont
fait, c’est parce qu’ils étaient avant tout marxistes
et communistes.
2°- Chaque fois que les communistes éprouvent une
déception réelle susceptible de les faire renoncer à
leurs convictions les plus profondes, ils trouvent
aussitôt toutes les justifications possibles qui leur
permettront de dépasser la crise.
Le marxisme est devenu en tout point semblable au
capitalisme en ce sens que chaque fois que les thèses
marxistes sont démenties par la réalité des faits ou
chaque fois que leur argumentation ne résiste pas à
l’analyse, les marxistes jettent aussitôt l’anathème
sur ceux qui les appliquent en faisant valoir qu’ils
les ont mal interprétées et n’ont pas observé leurs
lois infaillibles. C’est ainsi qu’ils ont procédé pour
expliquer le mouvement ouvrier en Pologne. Ils n’ont
pas hésité à prétendre que l’interprétation faite dans
ce pays était erronée et que ses auteurs devaient
payer pour ne pas avoir observé les lois dictées par
le marxisme. Ils faisaient allusion par là, à ces
éléments qui, ayant violé les principes du marxisme,
doivent être tenus pour responsables des troubles et
de la prise du pouvoir par l’armée.
Mais pourquoi ne pas l'avoir pas dit plus tôt ?
Pourquoi avoir tant attendu pour accuser Gierek
d'anticommunisme ? Ne le consideraient-ils pas
jusque-là, comme l'un des militants communistes le
plus fidèle aux thèses marxistes-léninistes. Jamais il
n'a été mis sur le banc des accusés dans aucun congrès
du Parti ni même lors de la dernière réunion du
congrès du Parti communiste polonais qui s'est tenu
peu avant que les événements n'éclatent. Curieusement,
c'est lorsque la situation a explosé qu'il a disparu
de la scène politique !
C'est en ayant recours à ce genre de dialectique que
les marxistes parviennent à se maintenir en place et à
aller de l'avant. Le marxisme s'est ainsi perpétué par
tous les moyens aux côtés du capitalisme qu'il
n'espère plus pouvoir abolir un jour. Le marxisme a
donc fini par accepter la coexistence avec le
capitalisme qu'il a si bien imité en tout point,
distinguer entre l'Union soviétique et les Etats-Unis,
ni entre les deux Allemagne car on retrouve les mêmes
phénomènes et les mêmes caractéristiques partout. Il
est désormais impossible de différencier une
entreprise marxiste de l'entreprise capitaliste qui
lui a servi de modèle. Dans un système comme dans
l'autre, les ouvriers se mettent en grève pour
revendiquer une augmentation des salaires. Ici comme
là , ils appellent à la révolution pour renverser
l'adminstration qui les opprime. En Grande-Bretagne
comme en Tchécoslovaquie, les dissidents clament leur
droit à la liberté.
Après avoir étudié ces deux modèles, le moins qu'on
puisse dire c'est que le monde n'a guère changé !
Toutes les caratéristiques qui étaient celles du
Premier modèle nous les avons retrouvées dans le
second sous une forme à peine différente. Aussi en
arrivons-nous à été qu'un bouleversement des
apparences et rien d'autre !
En quoi consiste un véritable changement ?
La lutte que l'homme a menée en vue de la liberté et
du progrès, ne s'est pas arrêtée là. A ces deux
modèles dont nous venons de parler, est venu se
substituer un troisième dont nous allons étudier les
différentes composantes. Nous nous demanderons ensuite
si, grâce à ce nouveau modèle, l'homme a enfin accédé
au bonheur et à la liberté et si la lutte a enfin
couronnée de succès. Ce qui revient à nous demander
s'il a enfin pu opérer réellement le changement
radical qui soit une réalité concrète marquant la
victoire finale sur toutes les forces d'oppression.
S'il ressort de l'analyse de l'activité économique,
telle qu'elle est conçue dans la Troisième Théorie
Universelle ou telle qu'elle s'exerce dans cette
nouvelle société qui s'est édifiée sur les ruines des
deux autres, que les rapports traditionnels de
production ont été abolis au sein de ce nouveau
système économique ; que les différents facteurs de
production ont été réduits à un seul : les producteurs
; que, grâce à la révolution, ces derniers se sont
transformés en associés ayant chacun leur propre part
de la production qu'ils considèrent comme un bien
sacré ; que les patrons ont été chassés et que les
ouvriers assument désormais la gestion de leur
entreprise par l'intermédiaire de congrès de
production dont les décisions sont exécutées par des
comités populaires qu'ils ont eux-mêmes créés, alors
seulement nous aurons la ferme certitude que le
changement intervenu est un changement véritable et
non un changement superficiel.
Il est un fait que nul ne peut nier :
Cette révolution qui a fait de tous les travailleurs
des associés, a bel et bien surpprimé les rapports de
domination existant entre l'Etat et la classe
ouvrière, dans la société marxiste dans laquelle,
comme nous l'avons vu, le nombre d'heures de travail
ainsi que la participation aux bénéfices et à la
gestion sont établis par l'Etat. Avec le triomphe de
cette révolution, tous les rapports arbitraires
d'exploitation entre les travailleurs et tout autre
partie, quelle qu'elle soit, ont disparu à jamais. En
devenant des associés, les travailleurs ont nié par
là-même l'existence de toute autre force de production
et aboli ces rapports injustes qui prévalaient
jusqu'alors.
De même qu'il est indubitable que les ouvriers se sont
emparés de la gestion de leurs entreprises, qu'elles
relèvent du secteur public ou privé. Ils ont bel et
bien mis en place dans chacune d'entre elles, un
congrès de production qui détient le pouvoir de
décision ainsi qu'un comité de gestion qui est chargé
d'exécuter ces décisions. C'est ainsi que l'on assiste
véritablement à l'application du principe de la
participation : tous les travailleurs perçoivent la
part de la production qui leur revient et fournissent
en échange, la part de travail qui leur incombe. Les
travailleurs assument entièrement la gestion de leur
entreprise et leur droit à la production n'est plus
usurpé par le patron, l'administration ou qui que ce
soit. En instaurant des congrès populaires de
production et des comités populaires de gestion, les
travailleurs sont véritablement devenus maîtres de
leur sort.
Par conséquent, nous pouvons conclure qu'une nouvelle
situation est née qui n'a plus rien de commun avec la
précédente.
Dans une telle société, le problème du
réinvestissement de la production ne se pose plus du
tout : chaque producteur perçoit, en effet, la part
qui lui revient de la production obtenue par
l'entreprise dans laquelle il travaille et il est
libre d'en disposer librement.
Le problème de la terre, quant à lui, a été
entièrement résolu. Après avoir appartenu à des
féodaux puis à un Etat capitaliste omnipotent, la
terre est devenue la propriété de tous et de chacun en
ce sens que chacun peut l'exploiter personnellement
pour satisfaire ses besoins. Le système féodal a
disparu ainsi que le seigneur de la terre qui la
divisait selon son gré, en fermes collectives et en
coopératives. Tous les procédés de monopolisation de
la terre ont été abolis au profit d'un nouveau mode de
propriété défini dans le mot d'ordre suivant : << La
terre est la propriété de tous>>.
Il suffit, de prendre en considération le but de
l'activité économique dans cette nouvelle société,
pour nous rendre à l'évidence : un changement a
véritablement eu lieu ! En effet, l'activité
économique n'est plus tournée vers l'accroissement du
capital du groupe dominant mais vers la satisfaction
des besoins de tous. Les moyens de production ne sont
plus monopolisés par qui que ce soit. La production
elle-même est équitablement répartie entre les
véritables facteurs de production, à savoir : les
producteurs. Cela est également le cas des moyens de
production et de la matière première utilisée pour
produire.
Dans cette nouvelle société, plus personne ne peut
monopoliser l'emploi ni se réserver le droit de
répartir la production. Dans une telle société, chacun
oeuvre à la satisfaction de ses propres soins par qui
que ce soit. C'est ainsi que chacun paticipe à la
production et travaille en toute liberté, sans faire
l'objet d'aucune pression quelle qu'elle soit et de
qui que ce soit.
Qui protège le système de la Jamahiriya ?
Nous avons vu comment la classe capitaliste, qui
concentrit entre ses mains les capitaux de l'ensemble
de la société, a forgé un appareil politique destiné à
protéger le système qu'elle avait mis en place. Nous
avons pu constater la même chose dans les sociétés
marxistes. L'Etat capitaliste en place dans ces
sociétés, après s'être accaparé des richesses
extorquées à la classe capitaliste, a créé de toute
pièce un appareil politique sensé sauvegarder un
système basé sur le capitalisme d'Etat. Qu'en est-il,
à ce propos, dans la nouvelle société ?
Dès lors qu'aucun groupe n'a réussi à faire valoir ses
droits pour s'emparer du pouvoir et qu'un véritable
système démocratique a réellement été installé, il
était inévitable que la société, qui avait déjà entre
ses mains toutes les richesses, soit elle-même
l'appareil politique détenteur du pouvoir. Ainsi, en
devenant maître des richesses de son pays, le peuple
peut s'emparer du pouvoir qu'il mettra par la suite au
service de ses propres intérêts. Aussi longtemps que
la richesse ne sera pas répartie équitablement entre
tout un peuple, la démocratie ne pourra s'instaurer
dans quelque société que ce soit. Il suffit qu'un
groupe s'empare de la richesse de toute une société
pour qu'il crée aussitôt un régime dictatorial, quoi
qu'il en dise.
Quel que soit l'Etat que nous choisissons d'étudier,
il s'avère qu'aucun groupe exerçant une influence
assez importante dans la société en question, ne peut
tolérer l'instauration d'un système politique qui ne
serve pas ses intérêts. C'est le cas, par exemple, des
commerçants, des féodaux, des entrepreneurs et des
courtiers qui n'accepteront un régime que s'il agit
dans le sens de leurs intérêts. Nous pouvons constater
en effet que même les gouvernements formés par des
groupes de révolutionnaires, tels que le mouvement des
Officiers libres, comptent parmi la majorité des
membres de leur parlement, des commerçants, des
féodaux, des capitalistes et des courtiers qui ne
tardent pas à s'emparer du pouvoir et à balayer la
révolution.
Si nous prenons, par exemple le cas des pays arabes,
nous remarquons que ce phénomène s'est déjà produit
dans les moindres détails. Tous les mouvements
révolutionnaires de changement, tous les soulèvements
ont ainsi été emportés sans avoir même eu le temps de
réaliser une part de leurs objectifs.
C'est avec une grande difficulté que la Glorieuse
Révolution du Fateh a réussi à sonner le glas de
toutes ces pratiques. Fermement déterminés à ce que le
peuple soit maître de son sort, nous l'avons poussé à
prendre le pouvoir et à avoir confiance en lui tout en
le défendant contre les menées des classes
réactionnaires qui lui étaient hostiles si bien qu'il
a pris conscience de ses propres forces et de sa
capacité à gouverner.
Comment la production est-elle réinvestie ?
Nous avons vu comment les producteurs ne consomment
qu'une partie de leur production dans le système du
capitalisme de classe et une part qui se réduit au
strict minimum dans le système du capitalisme d'Etat.
Par son soulèvement contre le capitatlisme, le
marxixme se faisait fort de débarasser l'humanité tout
entière du spectre du capitalisme. Mais il n'en fut
rien. Loin d'avoir apporté une solution nouvelle, les
marxistes n'ont eu d'autre souci que de se retrancher
derrière leurs propres théories dans lesquelles ils
sont restés empêtrés. Quel que soit le parti ou le
gouvernement qui s'empare du pouvoir, il suffit qu'il
étende sa domination sur les masses populaires –
telles qu'elles sont définies dans les concepts de la
Jamahiriya – pour que le monde devienne un monde
bourgeois.
C'est pourquoi la révolution populaire devait
forcément avoir lieu. C'était le seul moyen pour
renverser les gouvernements et s'emparer du pouvoir
qu'ils détenaient eux-mêmes et leurs partis. Seule la
formule des congrès populaires qui décident et des
comités populaires qui assurent la gestion, pouvait
permettre de détruire les entreprises capitalistes qui
étaient le fait d'un Etat capitaliste ou d'une classe
capitaliste et de faire de la production la propriété
des producteurs. C'est ainsi que les producteurs ont
pu consommer la juste part qui leur revenait sur la
production pour l'investir ensuite dans la
satisfaction de leurs besoins. Un monde nouveau, un
monde libre venait de voir le jour.
Le système économique capitaliste (basé sur la libre
entreprise) a abouti à l'exploitation, à l'apparition
de classes séparées entre elles par de grandes
différences, à la guerre et au colonialisme.
La France, par exemple, fait tout ce qui est en son
pouvoir pour demeurer en Afrique. C'est pourquoi elle
livre une guerre inlassable dans de nombreux pays
d'Afrique. Pourquoi ? Cela n'est pas difficile à
comprendre : 75% des matières premières qu'elle
utilise proviennent d'Afrique. Nous disons qu'il
s'agit là, d'un vol manifeste et la France ne peut
nous contredire, elle qui a orchestré de nombreux
coups d'Etat et tué dans l'oeuf le mouvement
révolutionnaire pour le progrès et l'enseignement en
Afrique afin de conserver ces sources de richesse.
La société marxiste, pour sa part, ne se soucie
nullement de démocratie. La seule préoccupation des
marxistes est que le Parti communiste conserve le
pouvoir. Toute tentative visant à relâcher la pression
exercée sur les masses est à leurs yeux un acte erroné
et bourgeois, voire une tendance libérale
anti-socialiste. C'est pourquoi les membres des
assemblées populaires (les Soviets) sont tous, sans
exception, des membres du Parti.
Notre propos n'était pas d'accorder, dans cet exposé,
une grande part au capitalisme que nous considérons
comme un système corrompu et décadent. En effet, c'est
surtout le marxisme qu'il nous importait d'étudier,
lui qui prétendait par son soulèvement, délivrer le
monde entier des affres du capitalisme. Or, comme nous
avons pu le constater, il n'a pas tenu son parti. Il
n'a fait qu'instaurer l'Etat du parti unique qui a
adopté la dictature comme seul mode de gouvernement et
seule doctrine. C'est écrit noir sur blanc dans la
constitution et ne peut être interprété autrement.
Les marxistes précisent, cependant, que cette
dictature reconnue officiellement dans la constitution
est celle de la classe ouvrière. Mais quand les
ouvriers ont commencé à manifester en Pologne, il
s'est avéré clairement que la dictature en place était
la dictature du Parti marxiste et non celle des
ouvriers. On en veut pour preuve les affrontements qui
ont opposé les ouvriers au parti au pouvoir. Ces
événements ont démontré qu'il s'agissait bien de la
dictature du Parti sur les ouvriers, une dictature qui
leur impose de produire toujours davantage et les
contraint à renoncer à une grande part de leur
production qui est détournée au profit du Parti.
C'est ainsi que le Parti, fort de son armée, de sa
police et de son gouvernement, exerce sa dictature sur
les ouvriers et non le contraire.
Le gouvernement interdit aux ouvriers de se mettre en
grève, voire même d'observer le moindre arrêt de
travail. C'est lui qui fixe le nombre d'heures pendant
lesquelles ils sont tenus de travailler. En réclamant
que le nombre de jours de travail soit ramené à cinq,
les ouvriers ont prouvé, incontestablement, qu'ils ne
décidaient de rien, ni de leurs jours de travail, ni
de leurs heures de travail. Ils ont prouvé qu'ils
renonçaient à leur production contre leur gré et
qu'ils produisaient sous la contrainte.
En ne réussissant pas à proposer une véritable
solution de rechange au capitalisme, le marxisme a
conduit le monde dans une impasse d'où? seule, la
révolution populaire pouvait le tirer car elle est la
solution inéluctable.
Ainsi ce qui est arrivé n'est arrivé n'est rien
d'autre qu'un simple remodelage.
Les logements qui appartenaient à de grands
propriétaires de l'immobilier dans le système
capitaliste sont devenus la propriété du gouvernement
installé par le Parti communiste et représenté par la
municipalité.
De même, la terre qui appartenait aux féodaux est
devenue la propriété du Parti communiste.
Le pouvoir également est passé des mains de la classe
capitaliste à celles du Parti communiste.
Sans oublier l'armée qui, de capitaliste qu'elle
était, est devenue marxiste, et la production,
accaparée désormais par un nouveau patron, l'Etat
marxiste, qui s'est substitué à la classe ouvrière. La
gestion d'Etat a remplacé la gestion privée.
Tout cela n'a été qu'un simple remodelage et rien de
plus !
Marx n'a pas mieux réussi là ou d'autres philosphes,
avant lui, avaient échoué car le monde est demeuré
inchangé !
Un veritable changement signifie l'accès de l'humanité
tout entière à la liberté et au bonheur. Il implique
l'avènement d'un monde meilleur. Or, c'est justement
sur la définition de ce que peut être un monde
meilleur pour chacun d'entre eux que les hommes ont
achoppé jusqu'à present.
LES ETAPES SONT-ELLES INDISPENSABLES OU NON ?
LA LUTTE DES CLASSES ET LA CLASSE
La lutte des classes est liée à la théorie des phases
transitoires, tandis que la théorie que nous nous
proposons d'expliquer entend bruler les étapes, car
elle ne croît pas aux transitions. En effet ces
dernières ne sont pas une fatalité inevitable et rien
ne justifie les étapes que le marxisme prétend
necessaires,entre le capitalisme et le socialisme,
puis entre le socialisme et le communisme.
Cette manière de concevoir la Révolution, qui est
devenue l'un des principes fondamentaux de la
révolution marxiste elle-même, découle de l'analyse
que Karl Marx a faite de l'histoire. Selon ce penseur,
il y a eu une transition de l'ère esclavagiste (ou
société esclavagiste) à la société féodale et au
capitalisme, puis une autre qui a mené du féodalisme à
la bourgeoisie. De là, les marxistes ont conclu à la
nécessité d'une phase transitoire entre le capitalisme
et le socialisme, puis d'une seconde entre le
socialisme et le communisme. Or encore une fois, il
n'y a nul déterminisme en cela, car la volonté de
l'homme étant le vrai catalyseur de cette evolution,
elle seule peut créer ou annihiler toute chose. Il ne
faut pas voir de << Jamahiriya>>, dans quelque pays
que ce soit, feudal ou socialiste, monarchie ou
république.
Tout pays qui realize une revolution populaire
provoquée par une force révolutionnaire peut
immédiatement se transformer en une Jamahiriya et
instaurer le socialisme. Dès lors le gouvernement
disparaît, les classes s'estompent et les instruments
de gouvernement cèdent directement la place à une
<<Jamahiriya>>. Ce processus est xxxxxxxxxx n'importe
quel analyste arriverait à la même conclusion : toute
société capable de faire la révolution est en mesure
d'abolir l'ancien système et d'édifier une nouvelle
société sur-le-champ. Il n'est pas du tout besoin pour
cela de passer par quelque phase que ce soit.
Voici donc résolu l'un des problèmes majeurs de la
Révolution. L'analyse que nous venons d'exposer est
désormais confirmée surtout lorsqu'on observe que la
Révolution marxiste n'en finit plus de traverser une
phase transitoire entre le socialisme et le
communisme, phase qui peut très bien s'avérer
éternelle.
Si l'on reticent xxxxxxx 1917 comme l'année qui a
marqué le début de l'application de la révolution
marxiste, cela reviendrait à dire en effet que les
marxistes sont empêtrés dans la phase transitoire
entre socialisme et communisme depuis une soixantaine
d'années. Bien entendu ilsont toute une série de
slogans et d'explications à fournir à ce sujet.
Dès qu'ils l'auront franchie – avec succès -,
prétendent-ils, ils seront parvenus au communisme.
Alors s'instaurera une nouvelle situation qui aura
elle aussi ses slogans et ses explications.
Il n'en reste pas moins que toutes les analyses
indiquent clairement que ces theories ne sont que
supercherie. La dure réalité est qu'il est impossible
de passer du socialisme au communisme. Les récents
événements dans le monde ont infligé un démenti
flagrant à toutes les explications marxistes, à toutes
les thèses avancées sur le capital, l'ère de la
colonisation et de l'impérialisme.
Il est vrai que les événements étonnants auxquels nous
avons assisté et assistons encore ne pouvaient être
prévus au moment où la théorie marxiste et celle des
phases transitoires furent mises au point.
Ces théories sont bien ssur anti-capitalistes, mais
elles impliquent des étapes historiques dont le moins
qu'on puisse dire est qu'elles sont trop longues. Pas
moins d'une soixantaine d'années pour une seule étape,
celle séparant le socialisme du communisme, et nous
n'en voyons toujours pas la fin, car rien n'est venu
entre-temps confirmer les analyses marxistes.
Les marxistes croyaient par exemple que du fait des
bas salaires pratiqués, le capital s'accumulerait au
point que le système capitaliste connaisse une crise
dont l'apogée coinciderait avec le moment où le
conflit opposant propriétaires des moyens de
production et ouvriers serait le plus dur. Ainsi,
toutjours selon eux, le capitalisme est condamné à
s'écrouler tôt ou tard. Ce ne serait qu'une question
de temps, jugeons-en :
Le produit des capitalistes s'accumule puisque les
travailleurs produisent beaucoup et reçoivent des
salaires bas. La différence entre la valeur du produit
des ouvriers et les salaires qu'ils reçoivent est
prélevée par le capitaliste qui la réinjecte dans son
capital. Il y a donc accumulation puis hypertrophie du
capital, en d'autres termes une crise fatale au
capitalisme.
Seulement, ce n'est pas ce qui arrive en réalité dans
le monde capitaliste. Nous observons en effet que le
niveau de vie s'est en general élevé, ainsi que les
salaires. Rien ne laisse présager que la production
doive s'accumuler. Les programmes mis en oeuvre par
les états modernes absorbent tout excédent de
production. Ce phénomène d'accumulation semble
impossible dans les états capitalistes aussi bien que
dans les états marxistes, ce qui interdit toute crise
fatale chez les premiers et l'avènement du communisme
chez les seconds. Des facteurs très importants et dont
il faut tenir compte sont apparus entre-temps comme
les programmes d'armement, les programmes spatiaux et
même des programmes à vocation plus humaine et sociale
tells que la recherche médicale et scientifique (la
part de ces derniers dans les budgets nationaux est
malheureusement bien modeste). Ces divers secteurs
d'activité absorbent tous les excédents.
Les ressources actuelles sont insuffisantes pour
permettre de financer de tels programmes. Comment dans
ce cas, ajouter foi à des theories selon lesquelles la
production pourrait s'accroître au point de permettre
à ce mot d'ordre communiste << A chacun selon ses
besoins , à chacun selon ses efforts>> de se verifier
? Où que la production pourrait s'accumuler dans les
pays capitalistes, au point d'engager une crise ? Cela
n'est pas sérieux ! Cette fameuse phase de transition
entre socialisme et communisme ne semble pas avoir été
franchie. La théorie des phases transitoires ne rime à
rien ! En effet, ce à quoi nous avons pu assister, ce
n'est pas le passage d'une étape à une autre, mais à
une série d'événements qui se sont inscrits dans un
cercle vicieux.
Dès qu'elle se déclenche, la Révolution est prolétaire
ou communiste. Dirigée contre la société capitaliste
(la société tsariste par exemple)
|
 |
|

|
 | | |